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16/01/2017

Petits meurtres à Mangle Street

Petits meurtres à Mangle Street

de

M.R.C Kasabian

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"Cela fait soixante ans que je connais Sidney Grice. A l'époque, il était encore assez jeune, même s'il n'en avait pas l'air, et déjà célèbre en Angleterre, mais il n'avait pas encore atteint la renommée internationale qu'une série de films hollywoodiens ridicules (et erronés) allait lui offrir.

Dans l'ensemble, c'était un personnage assez orgueilleux qui aimait les feux des projecteurs, mais il était capable de s'indigner de certaines des anecdotes scandaleuses qui circulaient à son sujet."

Après le décès de son père, March Middleton est contrainte d'abandonner sa maison et de partir à Londres s'installer chez  le détective Sidney Grice, son parrain, qu'elle n'a encore jamais rencontré.

Très vite, ce dernier est sollicité pour le meurtre d'une jeune femme. En effet, sa mère entend prouver que son gendre n'est en rien coupable. Sidney Grice accepte de mener l'enquête, secondé par sa filleule.

Et s'ils avaient affaire à un des adversaires les plus retors de la carrière de Grice?

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Ce roman m'a été offert par ma copinaute Bianca pour mon anniversaire (encore merci!). Et j'ai eu le plaisir de le lire en sa compagnie au début du mois de janvier.

Comme tout premier tome d'une série, l'auteur installe pour nous le décor et les personnages.

J'ai été ravie de faire la connaissance du duo Grice/Middleton. Bien entendu, on sent bien qu'il doit beaucoup au tandem Holmes/Watson. Comme le célèbre docteur, Middleton retrace les aventures d'un détective et l'aide à conduire ses investigations. De même, Grice paraît doué d'une intelligence hors normes, d'un pouvoir de déduction incroyable et d'une insensibilité assez marquée.

Mais, loin de se contenter d'être de pâles reflets des créations de Conan Doyle, Grice/Middleton possèdent aussi leurs propres caractéristiques, à la fois pittoresques et cocasses. Sidney Grice, avec son œil de verre et sa perruque chancelante, ne jure que par le thé et par le végétarisme. Quant à March Middleton, elle ne correspond en aucun cas aux canons de la femme idéale victorienne. Elle boit du gin en cachette ou dans un lieu secret avec quelques amies et adore accompagner son parrain dans les recoins les plus mal famés de la capitale, à la recherche d'éventuels indices.

On suit avec plaisir ces deux nouveaux alliés dans leur quête. L'occasion pour M.R.C Kasabian de nous faire visiter Londres à la fin du dix-neuvième siècle et de nous montrer les profondes disparités sociétales. Même si le tableau ne m'a pas semblé aussi abouti que sous la plume d'Anne Perry, je n'ai pas boudé mon plaisir.

En revanche, je suis plus circonspecte concernant l'intrigue policière. Autant j'ai trouvé qu'elle s'enlisait au moment du procès, autant j'ai jugé qu'elle s'emballait trop à la fin et que le dénouement paraissait trop télescopé. C'est dommage.

Je regrette également que l'auteur nous plonge à différentes reprises dans le passé de son héroïne, lorsqu'elle assistait son père, médecin militaire, en Inde. Même si cet élément nous fait mieux saisir l'atypisme de March Middleton, le ressort amoureux ne m'a pas convaincu. Et je me demande bien où il va mener dans la suite de la série...

Bref, vous l'aurez compris: malgré quelques bémols, j'ai passé un agréable moment en compagnie de ce duo d'enquêteurs et je lirai sans doute le second tome quand il sera publié.

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca et dans le cadre du challenge A year in England de Titine.

City Editions, 2015, 404 pages

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08/11/2016

Un Coupable presque parfait

Le Club des détectives Wells& Wong

tome 1:

Un coupable presque parfait

de

Robin Stevens

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"Ceci est le premier meurtre sur lequel ait jamais enquêté le club de détectives Wells& Wong, donc Daisy a bien fait de me fournir un nouveau carnet pour que je puisse y faire mon rapport. [...] J'imagine qu'il vaut mieux que j'inaugure ce nouveau carnet en donnant quelques explications à notre sujet. Daisy Wells est la présidente de notre club de détectives et moi, Hazel Wong, j'en suis la secrétaire. Daisy dit que cela fait d'elle Sherlock Holmes, et de moi Watson. Ce qui est probablement juste. Après tout, je suis bien trop petite pour être l’héroïne de cette histoire et a-t-on déjà entendu parler d'un Sherlock Holmes chinois?"

Depuis son arrivée au pensionnat de Deepdean au cours de l'année 1934, Hazel Wong voue une admiration très forte à Daisy Wells et la suit dans toutes ses entreprises. La dernière en date: un club de détectives qui entend résoudre tous les mystères de l'école. Les deux amies ont notamment résolu le vol de cravate de leur comparse Lavinia.

Jamais elles n'auraient, en revanche, imaginé s'attaquer à un vrai meurtre. En effet, en allant chercher son pull au gymnase, Hazel tombe sur le cadavre de Miss Bell, leur professeur de sciences. Elle alerte Daisy et quand elles reviennent sur les lieux du crime, le corps a disparu...Débute alors pour elle une enquête complexe et dangereuse.

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J'avais entendu parler de ce roman par ma copinaute Emjy et j'ai été ravie de voir qu'il avait été traduit en français par Flammarion.

Lorsque j'étais plus jeune, j'appréciais beaucoup les séries Fantômette, Alice...où les enquêtes étaient menées et résolues par des filles. Et, en ouvrant cet ouvrage et en faisant la connaissance de Daisy et d'Hazel, j'ai eu l'impression de retrouver mon âme d'enfant.

A la manière d'une aventure d'Holmes et de Watson dont les deux jeunes filles se réclament, la narration revêt la forme de souvenirs consignés par Hazel, le double du docteur. L'occasion de découvrir toutes les péripéties qui sont survenues lors de ce mois d'octobre 1934 à Deepdean.

J'ai adoré d'emblée l'ambiance de ce pensionnat que j'ai trouvée très bien retranscrite. Au fil des pages, on suit le quotidien des élèves, leurs cours, leurs repas, leurs farces, leurs actes de bravoure, leurs séances de spiritisme, leurs cancans, leurs parties de hockey... Comme si on était devenues l'une d'entre elles et que nous aussi nous étions amoureuses de l'"Unique" ou nous nous promenions dans les couloirs de leur école.

Cependant, l'atmosphère n'est pas le seul atout de ce premier livre de Robin Stevens. En effet, elle montre de grandes qualités stylistiques et parvient, tour à tour, à insuffler du suspense ou à nous faire rire.

Le mystère qui entoure la mort de Miss Bell est très bien mené et jusqu'au bout, on ne devine rien. Comme nos deux enquêtrices de choc, en somme...

De même, Un coupable presque parfait évite l'écueil du tome de présentation. Certes, on fait la rencontre des deux protagonistes principales et de leur entourage. Mais c'est tellement bien maîtrisé que l'action ne ralentit pas pour autant.

Un des autres points forts de ce livre réside justement dans la qualité de ses personnages, à commencer par le duo de choc Daisy/Hazel. Un duo dans la lignée de tous ces binômes classiques Holmes/Watson, Poirot/Hastings...Une façon de rendre hommage sans aucun doute à tous ces grands auteurs de romans policiers (tout comme la scène finale de confrontation ou la mention de Miss Marple). Néanmoins, cet hommage est quelque peu détourné car, dans cette équipe, j'ai jugé Hazel plus douée que sa chef. Elle dénoue beaucoup de fils de l'intrigue, même si elle ne s'en attribue pas le mérite, surtout au regard de Daisy.

On s'attache à elles deux, à leur histoire, à leurs différences (l'une vient d'une grande famille anglaise alors que l'autre a laissé la sienne à Hong Kong)...Tout comme on apprécie voir évoluer les autres pensionnaires et leurs professeurs. Chacun d'entre eux permet d'ailleurs à l'auteur de nous décrire certains aspects de la société anglaise de l'époque. (la difficulté de trouver un travail, le poids des regards sur les étrangers...)

Bref, vous l'aurez compris: Un coupable presque parfait se révèle une réussite et je ne pourrais que le conseiller à ceux qui sont fans comme moi des policiers à atmosphère, avec une bonne dose d'humour british et de suspense. Vivement le deuxième tome!!

Flammarion Jeunesse, 2016, 348 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Titine.

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24/10/2016

La Maison du péril

La Maison du péril

de

Agatha Christie

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"De toutes les stations balnéaires du sud de l'Angleterre, St Loo est, si vous voulez mon avis, la plus agréable. Surnommée à juste titre la Reine des plages, elle évoque irrésistiblement la Riviera. Pour moi, la côte de Cornouailles est toute aussi prodigue en séductions variées que la Côte d'Azur-sinon plus."

Hercule Poirot et son ami le capitaine Hastings se retrouvent en villégiature à St Loo. Sur la terrasse de leur hôtel, ils font la connaissance de la ravissante Miss Nick Buckley. Cette dernière a déjà échappé à quatre tentatives de meurtre: un tableau qui se décroche, des freins qui lâchent, un rocher qui tombe et une balle perdue. Autant de raisons qui poussent le célèbre détective à sortir de sa retraite. Il entend prévenir tout drame. Mais parfois, même le plus ingénieux des hommes ne peut empêcher l'inévitable. Surtout dans la maison du péril...

"-Sur ces vieilles maisons, pèse parfois comme une malédiction, observa [Poirot]

-Oui, monsieur, c'est le mot. Une malédiction, approuva Ellen non sans exaltation. Le mal rôde, tout comme les mauvaises pensées et les mauvaises actions. C'est comme la moisissure dans les maisons, ça ne part pas. Ça flotte comme une odeur. On la sent et j'ai toujours su qu'ici il y aurait un drame."

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L'hôtel Imperial de Torquay qui a inspiré le Majestic Hotel de St Loo

Chaque année, je retrouve avec plaisir la plume d'Agatha Christie et, chaque fois, je me dis que je devrais lire plus souvent un de ses ouvrages.

Dans la Maison du Péril, on retrouve Hercule Poirot en vacances avec le capitaine Hastings. Même s'il a pris la décision de ne plus mener d'enquête, on se doute bien que cette résolution va céder face à un événement dans les chapitres suivants. Et on ne peut que s'amuser de ses discours qu'on devine déjà vides de sens...

"Mes petites cellules grises fonctionnent toujours avec ordre et méthode. Mais j'ai décidé de prendre ma retraite, mon bon ami, et c'est ter-mi-né! Je ne suis pas comme ces vedettes qui n'en finissent pas de faire leurs adieux. En toute générosité, je dis: laissons leur chance aux jeunes. Il n'est pas exclu qu'ils parviennent  à faire du travail convenable. Au fond de moi-même, je n'y crois pas un instant, mais accordons-leur cependant le bénéfice du doute."

En effet, il suffit d'une jeune inconnue, victime d'une balle perdue sur la terrasse de leur hôtel, pour que ce fin limier renonce à toute velléité de repos. Il faut reconnaître que l'affaire est bien délicate. Autour de cette héritière, gravite tout un tas de personnages qui auraient intérêt à la faire disparaître.

Comme à son habitude, Agatha Christie nous mène de fausse piste en fausse piste. La victime n'est d'ailleurs pas celle attendue...Tout comme le/les coupables se révèlent pour le moins surprenants. Poirot a trouvé un ou des adversaires à sa taille et, comme souvent, il le ou les confrontent lors d'un final réunissant tous les protagonistes dans la fameuse maison du péril.

Même si l'intrigue policière est très bien ficelée et m'a surprise par son dénouement, je n'ai pas connu autant de plaisir de lecture que pour d'autres opus. Peut-être parce que j'ai trouvé les dialogues un peu moins savoureux...Peut-être parce que les suspects m'ont paru un peu fades et pas assez bien campés...

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un bon moment avec ce roman policier mais il ne rejoindra pas la liste de mes ouvrages préférés de la Reine du Crime.

Le Livre de Poche, 222 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Titine et du challenge Agatha Christie de George.

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