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01/12/2014

Southampton Row

Southampton Row

de

Anne Perry

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"-Je suis désolé, dit le préfet adjoint Cornwallis avec accablement. J'ai tout essayé, opposé tous les arguments moraux et légaux. Mais, face au Cercle intérieur, je ne suis pas de taille.

Debout au milieu du bureau inondé de soleil, Pitt était sidéré. Les vitres atténuaient à peine les claquements des sabots sur les pavés et les cris des cochers tandis que les bateaux de plaisance, croisaient sur la Tamise par cette belle journée de juin."

Après la conspiration de Whitechapel, Thomas Pitt a récupéré son grade de commissaire divisionnaire à Bow Street. Mais ce soulagement est de courte durée car, très vite, certainement sous l'influence du Cercle intérieur, notre héros se retrouve une nouvelle fois déchu. Comme lors du précédent opus, il rejoint les rangs de la Special Branch.

Sous les ordres de Narraway, il doit entreprendre une nouvelle mission: prévenir l'élection de Voisey, le présumé chef du Cercle intérieur et désormais son ennemi le plus implacable, au siège de South Lambeth.

Un challenge de taille pour notre ex-commissaire. Surtout qu'il ne connaît pas grand chose aux arcanes du monde politique. Certes, il va pouvoir compter sur le soutien de son beau-frère, Jack Radley, pour l'initier. Et sur celui de Tante Vespasia et d'Emily.

Cependant, à chaque faux pas, le danger le guette et menace ses proches....

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Vous vous en souvenez peut-être: après quelques aventures en demi-teinte, j'avais été favorablement impressionnée par le dernier tome La Conspiration de Whitechapel. Aussi, j'attendais beaucoup de ces retrouvailles avec les Pitt ce mois-ci.

Et je dois confesser que j'ai été quelque peu déçue. Notamment par la lenteur de la mise en place de l'intrigue. Dans les premiers chapitres, on assiste à la destitution de Thomas; au départ de Charlotte, Gracie et des enfants dans un endroit reculé à la campagne; au début des investigations sur Voisey...Et j'ai trouvé que cela traînait un peu en longueur.

Le meurtre de Maud Lamont donne une sorte d'impulsion à l'histoire et accélère quelque peu le rythme (sans jamais le rendre aussi palpitant que dans d'autres volets). Il permet également à Anne Perry d'évoquer le monde du spiritisme en cette fin de 19ème siècle. Techniques, astuces, séances, escroqueries, opposition avec l'Eglise anglicane sont ainsi abordés.

De même, on plonge dans l'atmosphère qui devait régner dans les sphères politiques au moment d'élections déterminantes. Au fil des pages, on comprend mieux les oppositions entre libéraux et conservateurs, l'importance de la question du Home rule. On assiste à des meetings, à des soirées entre candidats, à des renversements d'alliance...

Tout ce contexte m'a vivement intéressée. En revanche, j'ai regretté l'absence de Charlotte et de Gracie. Tout comme j'aurais aimé assister à plus de scènes avec Vespasia.

Ce qui m'a frappé dans ce tome, c'est sa tonalité sombre. Une tonalité déjà présente dans la Conspiration de Whitechapel mais qui se confirme ici. Thomas Pitt a engagé un combat contre un ennemi implacable.Tous les moyens sont bons pour mettre l'adversaire hors de nuire: chantage, menace, intimidation, pression sur les proches, surveillance...Le danger n'est jamais loin et avec l'introduction d'un rival de Voisey dans le Cercle intérieur, on a l'impression que la bataille va se révéler de plus en plus ardue. Je me demande d'ailleurs quels futurs obstacles vont se présenter et je pense ne pas être au bout de mes surprises.

Billet dans le cadre du challenge Anne Perry et d'une lecture commune avec Bianca, Céline et Fanny.

Editions 10/18, 2012, 396 pages

 

 

09/11/2014

La Conspiration de Whitechapel

La Conspiration de Whitechapel

de

Anne Perry

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"La salle d'audience de l'Old Bailey était bondée. Tous les sièges étaient occupés et les huissiers refusaient du monde. On était le 18 avril 1892, le lundi après Pâques qui marquait également l'ouverture de la Saison à Londres. C'était aussi le troisième jour du procès du distingué John Adinett, militaire, accusé du meurtre de Martin Fetters, grand voyageur et spécialiste de l'Antiquité.

A la barre des témoins se trouvait Thomas Pitt, commissaire de police du poste de Bow Street."

Mais, même si l'accusé est condamné, Thomas Pitt voit sa réputation traînée dans la boue. Et il se retrouve rétrogradé et affecté à la Special Branch. Il doit quitter sa famille pour s'installer dans les taudis de l'East End et tenter de démasquer d'éventuelles conspirations.

Accablée de chagrin, Charlotte se reprend très vite et décide de mener sa propre enquête pour disculper son époux et le sortir des griffes du Cercle Intérieur. Elle peut également compter sur le soutien de Gracie, Tellman et Lady Vespasia.

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Comme vous vous en souvenez peut-être, j'avais été déçue par les derniers opus de la série des Pitt et notamment par Half Moon Street. Aussi, je nourrissais quelques appréhensions en entamant les premières pages de la Conspiration de Whitechapel.

Pour une fois, le roman ne s'ouvre pas une scène de meurtre, mais sur un procès. Pitt y intervient comme témoin et on se rend compte, lors de son interrogatoire, que l'avocat de la défense semble animé de la volonté de lui nuire.

Impuissant, il assiste à sa chute et se découvre contraint d'entrer dans la Special Branch et de déménager à Whitechapel.

Cette direction de l'intrigue donne l'occasion à Anne Perry de dresser un portrait des taudis de l'East End au bord de l'implosion. Mais à cette description de la misère de certains se joint le tableau de l'extrême richesse du Prince de Galles.

Ce dernier, qui guette en vain la mort de sa mère Victoria, mène un train de vie très luxueux. Trop luxueux d'ailleurs, ce qui l'entraîne à contracter de nombreuses dettes. Et à mécontenter toute une partie de l'intelligentsia. Entre une Reine trop effacée et un héritier trop gâté, certains commencent à penser qu'il vaudrait mieux lancer une révolution et remplacer le souverain par un Président. D'autres envisagent même de passer très rapidement à l'action.

Car, dans ce volume, plusieurs conspirations s'entremêlent: celle autour d'un renversement du pouvoir et celle autour de la révélation de la véritable identité de Jack l’Éventreur. (Anne Perry a repris ici la théorie selon laquelle les victimes n'auraient pas été choisies par hasard mais pour dissimuler une liaison royale et l'existence d'un bâtard).

On ne sait donc où donner de la tête et on retrouve le talent de la romancière pour nous promener de fausse piste en fausse piste. Et son art à créer des scènes tendues où tout peut déraper d'un instant à l'autre.

J'ai été ravie de redécouvrir au premier plan Charlotte et Gracie. Toutes les deux entreprennent des démarches pour sauver leur commissaire préféré. L'occasion pour Gracie de se rapprocher de l'inspecteur Tellman (ils partagent des scènes à la fois touchantes et drôles. Qui cédera et avouera le premier ses sentiments?).

La Conspiration de Whitechapel nous offre également la possibilité d'en apprendre plus sur le passé de Lady Vespasia, un de mes personnages préférés. J'ai aimé la voir participer à la Révolution à Rome et au mouvement d'émancipation italien.

Enfin, comme souvent, le final se révèle à la hauteur et laisse présager une intensification de la lutte contre le Cercle intérieur.

Bref, vous l'aurez compris: un très bon cru de la série et j'espère que Southampton Row continuera sur cette lancée.

Editions 10/18, 2007, 394 pages

Billet dans le cadre d'une LC avec Bianca, Céline, Fanny, Soie et Sybille et dans le cadre du challenge Anne Perry de Syl

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05/10/2014

Half Moon Street

Half Moon Street

de

Anne Perry

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"La brume montait en volutes de la surface argentée du fleuve, étincelant dans les premières lueurs de l'aube. Sur sa droite, contre le ciel perlé, se dressait l'arche sombre de Lambeth Bridge. Des péniches suivaient le courant descendant en direction du port de Londres, vers des docks encore invisibles dans le brouillard."

Debout sur une dalle de pierre humide, le commissaire Pitt observe une petite barque sur laquelle le cadavre d'un homme, habillé en robe verte, a été menotté. Comme si le meurtrier avait voulu livrer une parodie de l'Ophélie de Millais.

Alors que les soupçons se portaient d'abord sur un diplomate disparu, notre héros se rend très vite compte qu'il a affaire au corps d'un photographe renommé. Mais qui aurait pu en vouloir à cet artiste apparemment bien sous tous rapports?

Pour les besoins de cette enquête délicate, Thomas va tantôt arpenter les salons bourgeois, tantôt se mêler aux acteurs d'une troupe de théâtre.

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Comme à chaque début de mois, me voici de retour avec mon billet autour de la série des Thomas et Charlotte Pitt.

Et, contrairement à Bedford Square, je dois tout de suite avouer que j'ai été moins convaincue par cet opus.

Certes, comme souvent, ce tome permet à Anne Perry de se livrer à une radioscopie de la société victorienne anglaise. A la suite du commissaire, on découvre ainsi les réunions artistiques d'Oscar Wilde, les rencontres photographiques de Hampstead, la vie d'une troupe de théâtre...Ces investigations se révèlent également l'occasion de rappeler certains combats de cette fin du 19ème siècle, tels que le droit au divorce des femmes.

Et comme souvent, j'ai été conquise par le talent de cet écrivain à ressusciter cette époque.

Toutefois, j'ai été moins séduite par ses tentatives de confrontation avec la société américaine et française.  Par le biais de Samuel Ellison, beau-frère américain de Caroline, nouvellement débarqué à Londres et par le biais des lettres de Charlotte en voyage à Paris, elle essaie, en effet, de souligner les différences de ces trois pays. Mais tout m'a semblé un peu trop plaqué et assez maladroit.

En l'absence de Charlotte, de Grace et d'Emily, j'ai apprécié en apprendre un peu plus sur Caroline Ellison et sur son irascible belle-mère. Caroline est un personnage que la romancière a su formidablement faire évoluer et qu'on prend plaisir à voir heureuse avec son mari, Joshua. Finalement, suivant une voie assez parallèle à celle de sa fille cadette, elle a su se débarrasser du carcan de la société et choisir un mariage d'amour.

Et, n'est-ce pas ce justement que lui reproche le plus Mariah Ellison? Au fil des pages de Half Moon Street, de nombreuses révélations sont faites sur le passé de cette protagoniste. Et on comprend que cette femme n'a pas osé défier ses pairs et combattre un ordre établi. Un moyen pour Anne Perry de mettre en lumière toutes celles qui ont subi le joug de leur mari.

En ce qui concerne l'intrigue policière, je ne lui ai pas trouvé grand intérêt. Je n'ai pas compris ce début de recherches sur la disparition du diplomate. Tout comme j'ai eu l'impression que souvent, l'enquête passait en second voire troisième plan avant de trouver une issue assez mal tournée.

Bref, vous l'aurez compris: même si j'ai goûté l'arrière-plan historique et l'évolution des rapports entre Caroline et Mariah, je n'ai pas pris autant de plaisir que d'habitude avec cet opus de la série. Vivement la Conspiration de Whitechapel et le retour de Charlotte et de Grace!

Editions 10/18, 2006, 284 pages

Billet dans le cadre du challenge Anne Perry et d'une lecture commune avec Bianca, Céline, Fanny, Sybille et Soie.

 

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