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01/09/2014

Bedford Square

Bedford Square

de

Anne Perry

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"Pitt, en chemise de nuit, se pencha à la fenêtre de sa chambre et aperçut l'agent de police sur le trottoir. L'homme leva la tête vers lui; dans la lueur jaunâtre du bec de gaz, ses traits reflétaient une tension et une tristesse que le seul fait de réveiller le commissaire de Bow Street à quatre heures du matin n'expliquait pas."

A quatre heures du matin, un agent de police vient réveiller Pitt car on a trouvé un cadavre sur le perron d'une maison de Bedford Square. Quand le commissaire arrive sur les lieux du crime, il est fort surpris de constater que la victime est morte devant la porte du général Balantyne.

Immédiatement, il se doute que l'homme assassiné a un lien avec le vieux militaire. On a notamment retrouvé sur lui une tabatière appartenant à l'officier. Mais comment expliquer ce rapport?

Parallèlement, il est chargé par Cornwallis, son supérieur, de mener une enquête discrète sur un chantage qu'il subit.

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Bedford Square de nos jours

Comme en début de chaque mois, me voici de retour avec mes copinautes pour une lecture commune autour de la série des Pitt. Après avoir été beaucoup déçue par les deux précédents opus (Ashworth Hall et Brunswick Gardens), j'attendais beaucoup de Bedford Square.

Et, heureusement, j'ai été plus convaincue par ce tome des aventures de Thomas et de Charlotte.

Dans ce volume, le commissaire est confronté à un chantage de grande ampleur visant six personnalités importantes du royaume et qu'on menace à chaque fois de perdre leur réputation. Un chantage qui le touche d'autant plus près que Cornwallis, son chef qu'il apprécie beaucoup, fait partie des victimes.

J'ai bien aimé cette intrigue policière. Contrairement à Brunswick Gardens, je n'avais pas du tout anticipé le ou les coupables et j'ai été surprise par le dénouement. Anne Perry, après nous avoir mené de fausse piste en fausse piste, nous offre un final fort. Très fort même.

De plus, j'ai été ravie de retrouver au premier plan Charlotte. Autant je l'avais trouvée effacée les mois derniers, autant elle joue un rôle primordial dans le déroulé de l'enquête. Dès qu'elle apprend que le cadavre a été trouvé sur le perron du général Balantyne, elle accourt pour lui porter assistance. Un très beau geste, à la mesure de la relation forte qui s'est tissée entre ces deux êtres tant dans le Mystère de Callander Square que dans Mort à Devil's Acre. J'ai aimé assister à leurs promenades dans les allées du British Museum ou à Regent's Park, à leurs échanges...Et j'espère que la romancière nous permettra de les revoir ensemble prochainement. Ou du moins, qu'elle réintroduira la figure du général Balantyne. La quintessence de l'homme d'honneur, courageux, allant au devant du danger avec ses soldats, fier, juste...Un homme qui nourrit de tendres sentiments pour Charlotte mais qui préfère les taire afin de ne pas gâcher leur rapport privilégié.

Anne Perry a vraiment eu une belle idée d'évolution de ses personnages en les rapprochant ainsi. De même, une autre paire retient l'attention dans Bedford Square: celle formée par Gracie et Tellman. Depuis Ashworth Hall, on avait compris que Tellman était tombé sous le charme de la bonne des Pitt. Une idylle qui se confirme dans ce volume. Même si, pour l'instant, la jeune femme ne semble pas encore au diapason.

Tellman voit d'ailleurs ses certitudes fortement ébranlées au fil de ses investigations. Non seulement, il réalise ses sentiments pour Gracie. Mais la muraille des préjugés qu'il entretenait vis-à-vis des privilégiés commence aussi à se fissurer...

J'aimerais également souligner, comme à chaque fois, le talent de reconstitution d'Anne Perry. Elle parvient dès les premières pages à nous plonger dans la fin de ce 19ème siècle, en pleine période victorienne. Une époque où la réputation vaut tout et où le moindre faux pas peut vous marquer à jamais...

Bref, vous l'aurez compris: un tome qui, même s'il ne fait pas partie des plus réussies des aventures de Pitt, convainc plus que les précédents et permet de passer un très bon moment.

Editions 10/18, 2006, 286 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca, Céline, Fanny, Soie et Sybille et dans le cadre des challenges Anne Perry chez Syl et 19ème siècle chez Fanny.

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03/08/2014

Brunswick Gardens de Anne Perry

Brunswick Gardens

de

Anne Perry

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"Pitt frappa à la porte du préfet de police adjoint et attendit. Ce devait être une affaire urgente sinon Cornwallis ne l'aurait pas convoqué. Depuis qu'il avait été promu commissaire de Bow Street, Pitt n'avait pas suivi d'affaires personnellement, à moins qu'elles n'aient menacé d'embarrasser des gens importants, ou qu'elles n'aient représenté un danger politique, comme le meurtre dans Ashworth Hall, cinq mois plus tôt, en octobre 1890."

Cinq mois après les tragiques évènements de Ashworth Hall, Thomas Pitt est convoqué par son supérieur pour traiter d'une affaire délicate. En effet, une jeune femme vient d'être retrouvée morte chez le révérend Parmenter. Et ce dernier pourrait bien être derrière cette apparente chute accidentelle dans les escaliers.

Afin d'éviter un scandale pour l'Eglise, Pitt se précipite sur les lieux. Force est de reconnaître que la victime, Miss Unity Bellwood, a sans doute été poussée.

Débute alors pour lui une délicate enquête. D'autant plus qu'il retrouve parmi les membres de la maisonnée, un certain Dominic Corde, le beau-frère de Charlotte et surtout son premier amour...

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Après le précédent opus Ashworth Hall dont je n'avais pas apprécié l'intrigue policière mais dont j'avais goûté l'évolution des rapports entre les personnages (notamment Gracie et Tellman), j'avais hâte de retrouver Charlotte et Thomas dans leurs nouvelles aventures.

Mais, dès les premières pages, j'ai eu du mal à entrer dans ce volet. Un crime a été commis dans la demeure d'un éminent révérend. Tout porte à penser qu'il serait le coupable. On l'aurait en effet entendu se disputer avec son assistante et cette dernière aurait crié "Non, révérend".

Cependant, malgré les preuves qui s'accumulent, Pitt a du mal à croire à la culpabilité de l'homme d'église et continue ses investigations.

On suit donc ses tâtonnements, ses allées et venues dans la maison, ses démarches pour en apprendre plus sur le passé de la belle Unity Bellwood...Le tout sur fond de querelles religieuses.

En effet, à cette intrigue policière, vient se greffer un débat autour de l’Église protestante et catholique, mais surtout autour de la religion mise à mal par les théories de Darwin... Un thème que j'ai eu du mal à trouver intéressant. J'aurais préféré qu'on s'appesantisse plus sur celui du féminisme, étant donné les combats menés par la victime.

En revanche, j'étais heureuse de revoir Dominic Corde car je me demandais avec curiosité ce qu'il était advenu du premier amour de Charlotte. Comme d'habitude, j'ai été impressionnée par le talent d'Anne Perry à imaginer l'évolution de ses protagonistes.

Dommage qu'elle ne se soit pas plus appesantie sur celle de Gracie, Tellman, Charlotte...Cette dernière est quasiment absente dans ce tome, même si elle parvient à trouver la solution de l'énigme.

Une solution que j'avais trouvée assez rapidement, tant elle rappelait un ressort déjà utilisé par la romancière.

Bref, vous l'aurez compris: Brunswick Gardens constitue une déception. J'espère que Bedford Square, le cru de septembre, sera plus à la hauteur.

Editions 10/18, 2005, 441 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca, Céline, Fanny, Sybille, Belette et Lara et dans le cadre des challenges Anne Perry et 19ème siècle.

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02/07/2014

Ashworth Hall de Anne Perry

Ashworth Hall

de

Anne Perry

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"Pitt regarda le corps de l'homme allongé sur l'allée pavée. A quelques mètres de là, dans Oxford Street, attelages et fiacres filaient à toute allure sur la chaussée mouillée. Les lampes des réverbères ressemblaient à des lunes pâles, dans l'obscurité naissante du crépuscule gris d'octobre."

Alors qu'il enquête sur le meurtre d'un agent infiltré, Pitt se voit confier une nouvelle mission: assurer la sécurité d'une rencontre secrète organisée à Ashworth Hall, le manoir de sa belle-sœur Emily, entre les protestants et catholiques irlandais.

Pour accomplir cette lourde tâche, il va heureusement bénéficier du soutien de son épouse, de sa fidèle servante Gracie. Sans oublier celui (forcé) de son adjoint Tellman, transformé pour l'occasion en valet.

Mais au fil des heures, l'atmosphère devient de plus en plus orageuse. Et la conférence pourrait prendre des allures dramatiques...

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Comme chaque mois, j'ai retrouvé avec plaisir les Pitt pour ma lecture commune avec mes copinautes. J'attendais beaucoup de cet opus. Notamment en termes d'évolution des relations. Et de présence plus marquée de Charlotte et de Gracie.

Dans ce sens, on peut donc dire qu' Ashworth Hall a répondu à mes espoirs. En effet, dès les premières pages, on sent que Charlotte va jouer un rôle plus important dans l'intrigue. Non seulement elle seconde Pitt dans ses investigations mais elle aide aussi sa sœur à recevoir les épouses des conférenciers. Et il y'a fort à faire tant les tensions entre catholiques et protestants irlandais sont palpables même au niveau de leurs compagnes.

Et que dire de Gracie? Gracie, maintenant devenue une jeune femme de 20 ans, vit ses premiers émois amoureux. J'ai trouvé cela très émouvant. Mais j'ai surtout adoré ses échanges avec Tellman.

Un Tellman contraint de devenir le valet de Pitt alors qu'il honnit tout ce qui touche à la caste des domestiques. Outre le ressort comique évident de leur association rapprochée et de cette répartition des rôles, ce choix d'Anne Perry nous permet de plonger dans le monde d'en-bas.

Celui de toutes les petites mains qui contribuent au fonctionnement d'un manoir de la taille d'Ashworth Hall et au bien-être de leurs maîtres. J'ai adoré en apprendre plus sur tous les usages en vigueur, sur les astuces utilisées pour effacer telle tache, sur les escaliers à emprunter...Et cela m'a quelque peu rappelé Downton Abbey, une de mes séries cultes.

A cet aspect toujours très réussi de description de la société victorienne se superpose une dimension plus politique. En cette fin de siècle, les enjeux irlandais occupent le devant de la scène. Après les échecs notamment de Gladstone, cette réunion secrète semble revêtir une grande importance. L'occasion pour la romancière d'évoquer les pièges sans cesse tendus, les inventions historiques, les fausses croyances... Autant d'éléments qui gangrènent la situation et rendent quasiment impossible toute réconciliation.

En revanche, je dois confesser que j'ai eu souvent du mal à me repérer entre les différents noms.

A ce bémol vient s'en ajouter un autre relatif à l'intrigue policière. Elle m'a semblé peu intéressante finalement et sa résolution trop alambiquée.

Bref, vous l'aurez compris: même si cet ouvrage n'est pas le meilleur cru de la série, j'ai passé un bon moment en compagnie des époux Pitt et je les retrouverai avec plaisir au début du mois d'août. J'ai hâte de découvrir comment certaines relations vont évoluer.

Editions 10/18, 2005, 315 pages

Billet dans le cadre du Challenge Anne Perry et d'une lecture commune avec Bianca, Céline, Fanny, Sybille, Soie, Lara et Belette (je rajouterai les liens dès mon retour)

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