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20/05/2013

Le Crime de Parangon Walk

Le Crime de Parangon Walk

de

Anne Perry

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"L'inspecteur Pitt regarda la jeune fille, et un indicible sentiment de tristesse s'empara de lui. Bien qu'il ne l'eût pas connue de son vivant, il connaissait et chérissait tout ce qu'elle avait perdu à présent. "

Fanny Nash, une jeune fille, vient d'être violée et tuée dans une maison de Parangon Walk. Comme ce quartier huppé de Londres relève de son district, l'inspecteur Pitt est chargé de l'investigation.

Mais, très vite, il se heurte au mutisme et au rejet des résidents. Son enquête piétine...Une nouvelle agression a lieu...

Heureusement, il peut compter sur l'aide de Charlotte, sa femme et de sa belle-soeur, Emily.

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Quel plaisir de me replonger une nouvelle fois dans l'univers d' Anne Perry! Un auteur que j'ai redécouvert grâce au challenge de Syl à la rentrée 2012.

Cette fois-ci, en compagnie de Bianca et de Céline, je me suis lancée dans la troisième aventure des époux Pitt.

Une jeune femme s'est effondrée morte dans les bras de sa belle-soeur dans un quartier chic de la capitale anglaise. Est dépêché sur les lieux du crime l'inspecteur Pitt. Il fait ainsi la connaissance de la famille Nash et des autres habitants de Parangon Walk.

Tous les hommes peuvent être soupçonnés. Même le mari d'Emily...Au fil des interrogatoires, l'enquête s'enlise. Les riches résidents se soutiennent et préfèrent accréditer la thèse d'un coupable à rechercher parmi les domestiques ou les éventuels rôdeurs.

Mais Emily, comme dans le précédent opus, souhaite mener ses propres investigations. Elle convie ainsi sa soeur Charlotte à un thé chez elle. Et de fil en aiguille, la fait inviter aux autres garden-partys, thés...du quartier.

Ces deux enquêtes parallèles permettent une meilleure plongée dans le monde huppé de l'époque victorienne. En effet, grâce à Emily et Charlotte, on entre de plain-pied dans la haute-société londonienne.

Il existe une très forte rivalité féminine. Chacune se jauge, critique l'habillement de l'autre, se dispute les faveurs des hommes...

J'ai été également très choquée par l'attitude que les dames de la haute-société pouvaient avoir concernant le viol. C'est comme si la jeune fille l'avait cherché par son comportement dépravé.

"D'après vous, Fanny aurait mérité de se faire agresser? demanda Charlotte sans détour. [...]

Franchement, Mrs Pitt, ces choses-là arrivent rarement aux femmes...chastes! Elles évitent de se trouver dans ce genre de situation. Je suis sûre que vous n'avez jamais été attaquée! Pas plus que l'une d'entre nous, d'ailleurs!"

Une fois encore, Charlotte m'a énormément impressionnée. Anne Perry a su créer un personnage fort, digne, doté d'une grande moralité qui n'a pas peur de dire ce qu'elle ressent. Une vraie dame parmi toutes celles qui prétendent l'être.

Son attitude explique d'ailleurs l'attrait qu'elle exerce sur deux membres de la société de Parangon Walk: Lady Vespasia Cumming-Gould, la tante du mari d'Emily et le Français Paul Alaric, objet de toutes les attentions féminines. J'ai beaucoup apprécié ces deux nouveaux protagonistes: la première pour son intelligence, sa franchise, sa ressemblance avec Charlotte et le second pour son côté charmeur, protecteur...J'espère les retrouver dans de prochains volets.

L'évolution d'Emily m'a également intéressée. Autant je n'avais pas apprécié son côté très capricieux dans l'Etrangleur de Cater Street, autant je l'ai trouvée plus humaine et plus mature. C'est sans doute un des avantages des séries: donner la possibilité au lecteur de suivre les transformations des héros.

En revanche, j'ai regretté de ne pas voir assez Thomas Pitt. Je l'ai trouvé assez effacé.

L'intrigue policière m'a tenue en haleine jusqu'au bout. Les rebondissements, les disparitions, les meurtres se multiplient...Et jusqu'aux dernières pages, on ne sait pas qui est (ou sont) le(s) coupable(s).

Comme dans les Ames noires, Anne Perry a donné des accents de tragédie grecque au dénouement.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un très bon moment en compagnie des Pitt et j'ai hâte de replonger avec eux dans le monde victorien des années 1880.

Editions 10/18, 2002, 316 pages, 7,50 €

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca et Céline et des challenges Anne Perry, God save the livre 2013, la plume au féminin édition 2013, victorien et polar historique.

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25/04/2013

La Septième aventure de Monk

Scandale et calomnie

de

Anne Perry

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"Assis dans son cabinet de Vere Street, sir Oliver Rathbone contemplait la pièce avec une insigne satisfaction. Il était au sommet de sa carrière. C'était sans conteste l'un des avocats les plus respectés d'Angleterre; le Premier ministre l'avait récemment recommandé à Sa Majesté qui avait jugé bon de l'anoblir en reconnaissance des services rendus à la justice"

Alors qu'il est en train de finaliser un procès, Oliver Rathbone reçoit la visite de la comtesse Zorah Rostova. Elle vient d'accuser publiquement la princesse Gisela d'avoir assassiné son époux, Friedrich, héritier déchu d'un petit Etat allemand. Or, pour l'instant, tout portait à penser que le prince était décédé des suites d'un accident de cheval...

Poursuivie pour diffamation, la comtesse Zorah souhaite qu'Oliver assure sa défense. Et, malgré le danger qui entoure cette affaire, l'avocat accepte.

Néanmoins, bien vite, devant les réactions de son entourage, il commence à douter..Et si Zorah se trompait? Et si finalement, elle se retrouvait accusée de meurtre?

L'étau commence à se resserrer...

 

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Voici la septième aventure de Monk que je parcours depuis mon inscription au très beau challenge de Syl autour d'Anne Perry.

C'est toujours un plaisir de retrouver le détective entouré d'Hester et d'Oliver. Cette fois-ci, le roman s'ouvre avec le personnage de l'avocat. Il vient d'être anobli par la reine et enchaîne les succès judiciaires.

Aussi, c'est avec surprise qu'on le voit accepter le cas proposé par la comtesse Zorah Rostova. Certes, il est fasciné par cette femme et ce qu'elle dégage. Mais, en même temps, il se rend compte du danger qui entoure l'affaire. Néanmoins, sa volonté de "voir chaque partie représentée par le meilleur avocat possible" l'emporte.

Bien vite, il réalise son erreur. Le mariage du prince Friedrich et de Gisela avait tout du conte de fées. Par amour pour elle, il avait renoncé au trône et depuis 15 ans, on les voyait ensemble partout...Toujours aussi épris l'un de l'autre...Cette histoire sentimentale m'a d'ailleurs tout de suite fait penser à celle du prince Edouard et de Wallis Simpson...

Les accusations de Zorah sont très mal perçues par le public. De plus, Rathbone peine à rassembler des preuves. Tout naturellement, il fait donc appel à Monk.

Ce dernier commence à mener l'enquête. Il se fait passer pour un ami du baron Stephan von Emden et intègre ainsi les cercles de la haute société. Ses investigations l'entraînent ainsi de la propriété des Wellborough, lieu du drame au fameux petit Etat en passant par Venise.

L'occasion pour nous lecteurs de voyager dans l'Europe des années 1850, juste après le mouvement révolutionnaire de 1848.

J'ai beaucoup aimé le passage sur Venise. Une très belle évocation du décalage entre la vie de la bonne société faite de bals, de parties de plaisir..et la situation des Vénitiens confrontés à l'occupation autrichienne.

En revanche, j'ai été étonnée par l'importance de l'histoire dans ce tome. Certes, Anne Perry aime toujours  nous reparler des grands événements qui ont touché ou touchent l'Angleterre (tels que la Guerre de Crimée). Mais, cette fois-ci, elle s'attarde beaucoup sur la vague des révolutions de 1848 et sur la problématique des Etats indépendants qui vont être rattachés à l'Allemagne. Le prince Friedrich semblerait avoir été victime soit d'un complot par les pro-annexion soit d'une erreur de personne (la princesse Gisela aurait été visée par les indépendantistes).

Cette partie historique prend parfois trop le pas sur le reste de l'intrigue. J'ai notamment regretté le manque d'interaction entre les protagonistes principaux. Dans cette enquête, on les suit plus chacun en parallèle. Ils ne se réunissent que rarement.

Néanmoins, leurs relations évoluent...Monk et Rathbone semblent enfin réaliser l'importance d'Hester dans leur existence. Tous les deux sont fascinés par des femmes (Evelyn et Zorah). Mais ils vont se rendre compte qu'elles ne soutiennent pas la comparaison avec l'infirmière. Reste à savoir ce que pense Hester...

Cette aventure est également l'occasion pour Monk de retrouver une partie de ses souvenirs. Le séjour luxueux à Venise et dans le petit Etat va lui rappeler ses débuts dans la carrière de banquier.

"Ce luxe lui semblait naturel. Mais autre chose le tracassait. Il avait autrefois gagné des sommes d'argent qui faisaient du luxe une banalité quotidienne. Qu'est-ce qui l'avait poussé à y renoncer pour embrasser la carrière de policier? Sa dette était au coeur de l'affaire mais il avait beau se creuser la tête, il n'arrivait pas à la situer"

Un peu plus loin, il se souvient enfin de la nature de sa dette: son mentor l'avait sauvé d'un accusation infondée de détournement de fonds. Aussi, quand son mentor avait tout perdu, Monk s'était engagé dans la police pour tenter de faire régner la justice.

Dans ce tome, on retrouve le personnage de Victoria, la jeune femme victime d'un viol dans Vocation fatale et qui avait subi un avortement aux conséquences désatreuses pour sa vie future (elle ne pouvait plus avoir ni relations intimes ni grossesse). C'est un élément que j'ai apprécié. J'espère pouvoir recroiser ainsi dans les prochains livres d'autres protagonistes et assister à leur évolution.

Enfin, en ce qui concerne l'intrigue policière, elle trouve sa résolution lors du procès. Un procès fort en rebondissements..Il faudra beaucoup de talent à Rathbone, Monk et Hester pour tenter d'inverser la situation. Je n'en dirai pas plus. Si ce n'est que j'ai apprécié le fait que ce soit Hester qui découvre la clé de l'énigme...

Bref, vous l'aurez compris: je suis toujours avec autant de plaisir les aventures du détective amnésique. Mais cette enquête ne fera pas partie des mes préférées. Sans doute en raison du peu de scènes entre les protagonistes principaux.

Vivement le tome 8!

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Adalana, Shelbylee et Syl et dans le cadre des challenges Anne Perry, God save the livre 2013, La plume au féminin 2013, victorien et polar historique.

Editions 10/18, collection "Grands détectives", 2001, 414 pages, 8,80 €

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12/04/2013

Le Mystère de Callander Square

Le Mystère de Callander Square

de

Anne Perry

 

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"L'air automnal était doux et légèrement brumeux: sous le soleil de cette fin d'après-midi, les feuilles mortes formaient des taches jaunes sur l'herbe de Callander Square. Dans le petit jardin au milieu du square, deux hommes armés de pelles contemplaient une excavation à la surface du sol. Se baissant, le plus grand plongea les mains dans la terre humide. Avec précaution, il en sortit l'objet qu'il recherchait: un petit os ensanglanté.

-Ce serait quoi à ton avis? Trop gros pour un oiseau.

-Une bestiole, répondit le premier. Un chien qu'on aurait enterré là-dessous"

Mais les deux hommes se rendent vite compte, en poursuivant leur tâche, que cet os appartient au reste d'un bébé enterré et que sous le premier squelette, se dissimule un second cadavre de nourrisson.

Thomas Pitt se retrouve chargé de l'enquête.

Selon lui, "il s'[agirait] probablement de quelque malheureuse servante séduite, qui [aurait] accouché seule, et l'enfant [serait] mort. Elle [aurait] dû l'enterrer en cachette et garder son chagrin pour elle-même, de peur de se retrouver à la rue sans travail et sans références pour un autre emploi"

Mais, l'affaire est-elle vraiment si simple? Quels secrets dissimulent réellement "les façades majestueuses" de Callander Square?

 

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Après l'Etrangleur de Cater Street, voici la seconde aventure du couple Pitt que je lis avec Bianca et Céline.

Nous retrouvons nos héros, deux ans après les funestes événements qui ont entouré leur rencontre. Ils se sont mariés, en dépit de la position sociale plus élevée de la jeune femme. Et vivent très pauvres mais très heureux. Comme nous l'apprenons rapidement, Charlotte attend même un heureux évènement.

Ce qui explique l'attitude de son mari...Au début de son enquête, il souhaite, en effet, lui cacher la macabre découverte de Callander Square. Mais, Charlotte l'apprend par le journal et décide de lui porter secours. Elle sollicite l'aide de sa soeur Emily, désormais Lady Ashworth pour mener des investigations parallèles. Et se retrouve très vite engagée  par  un des habitants de Callander Square, le général Balantyne, pour retracer les souvenirs de guerre de sa famille.

Ainsi, nous lecteurs, disposons de trois niveaux d'entrée qui nous permettent d'appréhender chacun des suspects de façon différente et de mieux cerner l'importance de la hiérarchie sociale. Par Emily, nous disposons du traitement et du regard d'une égale. Par Thomas, nous avons accès tant aux domestiques qu'aux maîtres. Mais nous percevons nettement le peu d'égards devant sa position. Par Charlotte, en revanche, nous voyons surtout les Balantyne et certains domestiques.

A ces trois regards croisés se superposent de temps en temps ceux de certains des résidents de Callander Sqaure: le général Balantyne, Lady Augusta, Reggie Southeron...

Cette multitude de narrateurs nous permet donc de nous faire une meilleure idée de la vie dans la haute société londonienne dans les années 1880.

Les rapports entre les maris et femmes sont très bien esquissés et complètent la vision qu'on pouvait se faire après avoir parcouru L'étrangleur de Cater Street. Une nouvelle fois, les épouses sont contraintes de fermer les yeux et de tenir leur rang.

Dans la haute société, on s'entraide. En témoignent les nombreux échanges entre les privilégiés de Callander Square.

De même, ce roman nous offre la possibilité de mieux saisir les rapports entre les maîtres et les domestiques. Dans certaines maisonnées, il ne vaut mieux pas être servante. L'attitude de Reggie Southeron, un personnage lubrique et repoussant, vis-à-vis de ses employées féminines en est la preuve.

"La discrétion et le bon goût étaient les deux piliers d'un attitude de gentleman. Il existait des fonctions que tout le monde connaissait, mais dont on ne s'entretenait pas en société. Assouvir ses instincts avec les servantes en faisait partie. C'était normal, c'était dans la nature d'un homme: même si l'on vous soupçonnait de se livrer à cette activité, cela ne méritait pas de commentaires"

De plus, l'intrigue policière m'a semblé très intéressante. Au fil des pages, des morts surviennent. La tension monte jusqu'à la dramatique confrontation finale...Cette fois-ci, Thomas Pitt ne résoud pas l'énigme par hasard.

Anne Perry a su trouver une solution pertinente et parfaitement en adéquation avec les thématiques qu'elle développait dans ce roman. Je n'en dirai pas plus afin de préserver le suspense.

Bref, vous l'aurez compris: ce deuxième volet des aventures des Pitt m'a bien plu (mon coeur reste néanmoins fidèle à William Monk). L'auteur a su ressusciter, comme à son habitude, l'époque victorienne et créér une galerie de protagonistes intéressante.

Voici les billets de Bianca et de Céline.

Si vous voulez nous rejoindre pour la troisième enquête le 10 mai, vous êtes les bienvenus.

 

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Editions 10/18, 1997, collection "Grands détectives", 382 pages, 8,70 €

Lu dans le cadre des challenges Anne Perry, God save the livre 2013, victorien, la plume au féminin 2013 et polar historique.

 

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