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31/03/2013

L'Etrangleur de Cater Street

L'Etrangleur de Cater Street

de

Anne Perry

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"Charlotte Ellison se tenait au milieu du salon désert, le journal à la main. Son père avait commis l'imprudence de le laisser traîner sur la desserte. Il désapprouvait ce genre de lecture, préférant lui fournir des informations qui lui semblaient mieux convenir à l'éducation d'une jeune fille. Cela excluait les scandales, d'ordre politique ou personnel, les controverses de toute nature et bien entendu, les crimes: tout ce qui, en fait, présentait un intérêt!"

Londres, 1881, des femmes sont retrouvées etranglées dans le quartier de Cater Street. A chaque fois, on leur a arraché leurs vêtements et tailladé la poitrine. Charlotte Ellison, une jeune femme au caractère indomptable, entend parler de loin de ces crimes. Mais, un jour, le meurtrier s'attaque à une des jeunes servantes de la maison.

Une enquête débute. Une enquête menée par Thomas Pitt, un jeune inspecteur de Scotland Yard qui n'est pas insensible aux charmes de la belle Charlotte...

 

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Comme vous le savez, grâce à Syl, je me suis plongée récemment dans les aventures du ténébreux William Monk (j'en suis déjà au sixième tome). Mais une lecture commune avec Bianca et Céline m'a convaincue de m'intéresser à une autre série d'Anne Perry: celle des Charlotte et Thomas Pitt, entamée en 1979.

Voici donc le premier tome de leurs exploits. J'ai retrouvé avec plaisir le talent de l'auteure pour ressusciter une époque. L'action se situe trois décennies après les histoires de Monk, Latterly, Rathbone...Mais le carcan de la société victorienne se fait toujours autant sentir.

La description de la maisonnée Ellison et de la micro-société qui gravite autour nous permet de prendre conscience de la rigidité des codes sous le règne de Victoria. Cette rigidité s'applique plus particulièrement aux femmes qui ne peuvent être aussi instruites que les hommes ou bénéficier des même libertés.

Cette inégalité se révèle pleinement dans les révélations d'adultères et dans les justifications apportées par l'un des coupables. Charlotte rétorque même "Vous avez des règles de conduite pour vous-mêmes et d'autres pour nous"

J'ai justement adoré le caractère de l'héroïne. Une femme forte, franche, qui ne sait pas calculer et ne peut céder à aucune compromission. Bref, une femme qui ne correspond pas du tout à ce qui est attendu d'elle. Son comportement fait d'ailleurs peur à ses proches qui craignent de ne jamais la voir trouver le bonheur conjugal si elle ne parvient pas à mieux juguler ses émotions.

Dans ce premier tome, on assiste à son évolution sentimentale. Dès les premières pages, on apprend qu'elle est éprise de son beau-frère.

"Puis Dominic entra. Charlotte sentit sa gorge se serrer. Vraiment, elle aurait dû surmonter cela depuis longtemps! C'était absurde. "

Cette inclination ne passe pas inaperçue pour certaines femmes de sa famille. En effet, la demeure des Ellison comprend, outre Charlotte, quatre autres membres féminins. La grand-mère, acariâtre, qui reproche en permanence à sa bru le comportement de ses petites filles...La mère, Caroline, une femme au caractère bien trempé qu'elle a réussi à dissimuler depuis des années..La soeur aînée, Sarah, mariée à Dominic....Et enfin, la benjamine Emilie, très calculatrice et qui tente d'épouser Lord Ashworth...Toutes ces protagonistes sont autant de reflets de la condition féminine à l'époque victorienne. Une condition de moins en moins bien acceptée au fil des générations.

Face à elles, les hommes font pâle figure. A l'exception bien entendu de Thomas Pitt. J'ai pris beaucoup de plaisir aux scènes où le jeune inspecteur apparaissait. Je n'ai pas eu de coup de foudre comme pour William Monk mais j'apprécie son esprit vif, son sens de la répartie, son empathie. J'aurais grand plaisir à le retrouver dans de prochaines aventures.

J'ai également suivi avec intérêt l'enquête policière. Plusieurs fausses pistes se sont présentées à moi et comme certains personnages principaux, j'ai douté. Je ne m'attendais pas du tout à cette résolution.

Bref, vous l'aurez compris: je suis de nouveau conquise par une série imaginée par Anne Perry. Je pense d'ailleurs que je ne tarderai pas à ouvrir le second tome des Pitt.

Editions 10/18, 1997, collection "Grands détectives", 7,50 €

Un billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca, Céline et Virgule et dans le cadre des challenges: Anne Perry, God save the livre 2013, Victorien, La plume au féminin 2013 et polar historique.           

                              

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25/03/2013

La Marque de Caïn d'Anne Perry

La Marque de Caïn

de

Anne Perry

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"-Mr Monk? dit-elle

Il se retourna. Elle prit une profonde inspriration.

-Mr William Monk?

Il se leva du bureau sur lequel il travaillait. La logeuse avait dû faire entrer la dame par l'extérieur.

-Oui, Madame?

Elle avança encore d'un pas, indifférente au mouvement de ses larges jupons soutenus par une gigantesque crinoline qui vinrent buter contre la table basse. Sa toilette, de bonne coupe, était sans ostensation. La nouvelle venue semblait s'être vêtue à la hâte, sans prêter attention aux détails. Le corsage n'était pas tout à fait assorti à la jupe et le large ruban du chapeau ne tenait que par un gros noeud un peu lâche. Quant à l'expression de son visage au petit nez et à la bouche volontaire, elle trahissait une considérable nervosité"

C'est ainsi que Geneviève Stonefiled s'introduit chez William Monk pour lui demander de retrouver Angus, son mari, disparu depuis trois jours. La dernière fois qu'il a été aperçu, il voulait rendire visite à son jumeau Caleb, un homme "violent, brutal, dangereux, un paria, même parmi la pègre qui peuple les rives du fleuve, au-delà de Limehouse, là où il vit".

Monk accepte de mener l'enquête. Et bien vite, il est convaincu de la disparition d'Angus. Mais comment retrouver le corps? Et surtout, Caleb est-il vraiment le coupable?

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Comme vous le savez déjà, j'ai eu la chance de découvrir la série des William Monk grâce au challenge Anne Perry organisé par Syl. Je suis immédiatement tombée sous le charme de ce personnage hors du commun et voici la sixième aventure que je suis.

J'ai eu grand plaisir à retrouver le détective. Après s'être rapproché d'Hester Latterly, il se pose de multiples questions sur leur relation. Mais bien vite, il cède aux charmes d'une certaine Drusilla, l'exact opposé de l'infirmière. Un femme emplie de féminité et qui sait séduire....Une femme qui le met dans une situation fort délicate.

Mais, il peut compter sur le dévouement de ses amis et de l'astucieuse Hester. Cette dernière, depuis Des âmes noires, a pris conscience de ses sentiments. Malheureusement, elle ne peut agir sur eux...Et se retrouve dans l'attente.

Très vite, j'ai trouvé que ce tome se révélait un tome de transition. Anne Perry a nettement pris le parti de ne pas faire évoluer les intrigues amoureuses. Le triangle Hester-Monk-Rathbone n'est toujours pas résolu. Il en va de même pour l'attirance de Lady Callandra pour un médecin. Tout reste en suspense et j'espère que le prochain volume apportera des réponses....

L'intrigue policière ne m'a pas particulièrement convaincue. Pour la première fois, je me suis doutée assez vite de la clé de l'énigme.

Ce qui m'a plu en revanche, c'est le don, une nouvelle fois, d'Anne Perry pour ressusciter le Londres victorien. Elle nous entraîne dans une visite de la capitale, des beaux quartiers aux bas-fonds de Limehouse. On en apprend plus sur le miieu de la pègre, sur les risques de maladie... L'épidémie de typhoïde qu'Hester et Callandra tentent d'endiguer permet de mieux appréhender les conditions de vie des pauvres.

"Le cocher ne s'était pas trompé de beaucoup lorsqu'il avait évoqué la fièvre qui ravageait Limehouse: en fait, il ne s'agissait pas de la maladie respiratoire qu'est le typhus, mais de la typhoïde, trouble intestinal qui frappait dans les habitations et les taudis surpeuplés, diffusé par la malpropreté qui régnait"

La frontière entre la petite bourgeoisie et la pauvreté n'est jamais loin, comme le rappelle Geneviève Stonefield. Si elle s'inquiète tant de la disparition de son mari, c'est aussi parce qu'elle a peur de voir son affaire péricliter et de sombrer dans la misère.

Bref, vous l'aurez compris: un tome de transition quant à l'avenir des personnages récurrents, à l'intrigue moins bien ficelée que les précédentes mais qui permet une exploration des bas-fonds londoniens. J'attends avec plaisir mes prochaines retrouvailles avec Monk.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Syl, Shelbylee et Adalana.

Billet dans le cadre du challenge Anne Perry, challenge God save the livre 2013, challenge La Plume au féminin 2013 , challenge victorien et challenge du polar historique.

Editions 10/18, collection "Grands détectives", 2001, 444 pages, 8,80 €

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17/02/2013

Des âmes noires de Anne Perry

Des âmes noires

de

Anne Perry

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"Très droite sur sa banquette, Hester Latterly ne perdait rien du paysage vallonné des Basses-Terres d'Ecosse qui défilait derrière la vitre.

Le soleil de ce début d'octobre venait de percer le voile du brouillard qui troublait l'horizon. Il était à peine plus de huit heures et les champs couverts d'éteules baignaient encore dans la brume matinale, si bien que les arbres majestueux semblaient flotter au-dessus du sol, privés de leurs racines. "

Après avoir aidé son amie Lady Callandra Daviott à élucider le meurtre d'une infirmière dans Vocation fatale et exercé un emploi d'infirmière particulière, Hester Latterly vient de répondre à l'annonce d'une famille bourgeoise d'Edimburgh. Elle devra accompagner Mrs Farraline lors d'un voyage en train à Londres et la ramener six jours plus tard en Ecosse.

Hester est immédiatement bien accueillie par la famille et notamment par l'aînée Oonagh. Cette dernière la met en garde sur les médicaments que doit prendre sa mère dotée d'un coeur fragile.

Le soir, débute le voyage en train. Les deux femmes ont une conversation fort plaisante avant qu'elles ne décident de se reposer. Malheureusement, pendant la nuit, Mrs Farraline décède.

A l'arrivée à Londres, Hester, bouleversée, répond aux questions de la famille de sa patiente et des contrôleurs.

Très vite, des soupçons naissent autour des origines de la mort. Et tout semble désigner Hester, surtout après la découverte de la magnifique broche de Mrs Farraline dans ses bagages.

Elle est arrêtée.

William Monk part immédiatement pour Edimbourgh pour tenter de prouver son innocence. Il est vite rejoint par l'avocat Oliver Rathbone.

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Je poursuis avec déléctation la découverte des aventures de William Monk que j'ai découvert grâce au très beau challenge Anne Perry organisé par Syl.

Cette fois-ci, notre héros se trouve confronté à l'arrestation d'une femme devenue primordiale à ses yeux, avec laquelle il entretient des rapports de rivalité/complicité. Cette situation permet ainsi de faire évoluer l'intrigue amoureuse qui se joue entre Monk, Latterly et Rathbone.

Dans les volumes précédents, nous en avons déjà plus appris sur les sentiments des deux derniers. Mais l'arrestation de Hester sert de déclencheur pour Monk. Il s'interroge enfin sur ses rapports avec elle. On suit ainsi le cheminement de ses émotions tout au long du roman.

Avoir choisi de placer son héroïne dans une situation dramatique se révèle également très habile dans la tension que peut éprouver le lecteur. Nous savons qu'Hester est innocente. Mais la multiplication des preuves à son encontre et le souvenir de cet innocent pendu dans une des précédentes aventures ne peut nous empêcher d'avoir peur pour elle et de partager les inquiétudes de ses amis.

La description de la captivité d'Hester souligne une nouvelle fois le talent de l'auteur à nous plonger dans l'époque victorienne. Nous ressortons de cet ouvrage avec une meilleure idée des conditions de vie des prisonniers sous le règne de Victoria.

Anne Perry se révèle aussi très douée dans l'évocation de la vie bourgeoise à Edimbourgh. Il faut dire que la famille Farraline fournit un bon exemple. Elle tient sa richesse d'une entreprise d'imprimerie. L'aîné exerce le poste très en vue de procurateur général. Une des filles est réputée être la plus belle de la ville.

Cependant, très vite, face aux investigations poussées de Monk, le vernis craquèle et tous apparaissent tels qu'ils sont vraiment. Certains des membres m'ont alors fait penser à ceux des familles maudites qu'on retrouve dans la mythologie grecque (les Atrides). D'autres, au contraire, se sont révélés beaucoup plus complexes, attachants et héroïques qu'ils n'apparaissaient de prime abord.

Mais cette idée de tragédie antique ne m'a jamais quitté jusqu'au dénouement final...

L'intrigue policière m'a d'ailleurs semblé bien construite. Sans doute est-ce dû au choix de placer l'héröine dans une situation dramatique...De plus, je n'ai compris que dans le dernier quart, l'identité du coupable.

Bref, un très bon cru des aventures de William Monk que je retrouverai avec plaisir dans un prochain tome.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Syl, Shelbylee et Adalana, du challenge Anne Perry, du challenge Victorien et du challenge God save the livre.

10/18, collection "Grands détectives", 478 pages, 8,80 €

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