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25/03/2013

La Marque de Caïn d'Anne Perry

La Marque de Caïn

de

Anne Perry

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"-Mr Monk? dit-elle

Il se retourna. Elle prit une profonde inspriration.

-Mr William Monk?

Il se leva du bureau sur lequel il travaillait. La logeuse avait dû faire entrer la dame par l'extérieur.

-Oui, Madame?

Elle avança encore d'un pas, indifférente au mouvement de ses larges jupons soutenus par une gigantesque crinoline qui vinrent buter contre la table basse. Sa toilette, de bonne coupe, était sans ostensation. La nouvelle venue semblait s'être vêtue à la hâte, sans prêter attention aux détails. Le corsage n'était pas tout à fait assorti à la jupe et le large ruban du chapeau ne tenait que par un gros noeud un peu lâche. Quant à l'expression de son visage au petit nez et à la bouche volontaire, elle trahissait une considérable nervosité"

C'est ainsi que Geneviève Stonefiled s'introduit chez William Monk pour lui demander de retrouver Angus, son mari, disparu depuis trois jours. La dernière fois qu'il a été aperçu, il voulait rendire visite à son jumeau Caleb, un homme "violent, brutal, dangereux, un paria, même parmi la pègre qui peuple les rives du fleuve, au-delà de Limehouse, là où il vit".

Monk accepte de mener l'enquête. Et bien vite, il est convaincu de la disparition d'Angus. Mais comment retrouver le corps? Et surtout, Caleb est-il vraiment le coupable?

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Comme vous le savez déjà, j'ai eu la chance de découvrir la série des William Monk grâce au challenge Anne Perry organisé par Syl. Je suis immédiatement tombée sous le charme de ce personnage hors du commun et voici la sixième aventure que je suis.

J'ai eu grand plaisir à retrouver le détective. Après s'être rapproché d'Hester Latterly, il se pose de multiples questions sur leur relation. Mais bien vite, il cède aux charmes d'une certaine Drusilla, l'exact opposé de l'infirmière. Un femme emplie de féminité et qui sait séduire....Une femme qui le met dans une situation fort délicate.

Mais, il peut compter sur le dévouement de ses amis et de l'astucieuse Hester. Cette dernière, depuis Des âmes noires, a pris conscience de ses sentiments. Malheureusement, elle ne peut agir sur eux...Et se retrouve dans l'attente.

Très vite, j'ai trouvé que ce tome se révélait un tome de transition. Anne Perry a nettement pris le parti de ne pas faire évoluer les intrigues amoureuses. Le triangle Hester-Monk-Rathbone n'est toujours pas résolu. Il en va de même pour l'attirance de Lady Callandra pour un médecin. Tout reste en suspense et j'espère que le prochain volume apportera des réponses....

L'intrigue policière ne m'a pas particulièrement convaincue. Pour la première fois, je me suis doutée assez vite de la clé de l'énigme.

Ce qui m'a plu en revanche, c'est le don, une nouvelle fois, d'Anne Perry pour ressusciter le Londres victorien. Elle nous entraîne dans une visite de la capitale, des beaux quartiers aux bas-fonds de Limehouse. On en apprend plus sur le miieu de la pègre, sur les risques de maladie... L'épidémie de typhoïde qu'Hester et Callandra tentent d'endiguer permet de mieux appréhender les conditions de vie des pauvres.

"Le cocher ne s'était pas trompé de beaucoup lorsqu'il avait évoqué la fièvre qui ravageait Limehouse: en fait, il ne s'agissait pas de la maladie respiratoire qu'est le typhus, mais de la typhoïde, trouble intestinal qui frappait dans les habitations et les taudis surpeuplés, diffusé par la malpropreté qui régnait"

La frontière entre la petite bourgeoisie et la pauvreté n'est jamais loin, comme le rappelle Geneviève Stonefield. Si elle s'inquiète tant de la disparition de son mari, c'est aussi parce qu'elle a peur de voir son affaire péricliter et de sombrer dans la misère.

Bref, vous l'aurez compris: un tome de transition quant à l'avenir des personnages récurrents, à l'intrigue moins bien ficelée que les précédentes mais qui permet une exploration des bas-fonds londoniens. J'attends avec plaisir mes prochaines retrouvailles avec Monk.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Syl, Shelbylee et Adalana.

Billet dans le cadre du challenge Anne Perry, challenge God save the livre 2013, challenge La Plume au féminin 2013 , challenge victorien et challenge du polar historique.

Editions 10/18, collection "Grands détectives", 2001, 444 pages, 8,80 €

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05/03/2013

Ralph's party

Ralph's party

de

Lisa Jewell

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"Smith raccrocha et jeta un coup d'oeil au salon. De nombreux colocataires potentiels avaient visité l'appartement. Pourtant, malgré ce défilé, tout semblait en ordre"

Deux copains d'enfance, Smith et Ralph partagent un appartement dans une jolie maison victorienne du Sud de Londres. Tous les opposent: l'un est calme, posé, doué pour les affaires, célibataire depuis cinq ans; l'autre est artiste, fêtard, sans cesse à la recherche de nouvelles conquêtes...Ils se retrouvent tous les soirs à zapper devant la télévision.

Pour briser leur quotidien, Smith a décidé de passer une annonce pour trouver un autre colocataire. Après plusieurs visites, c'est la jolie Jemina qui se présente. Elle est immédiatement choisie par Smith.

Très vite, Jemina tombe dans les bras de Smtih. Au grand dam de Ralph qui commence à nourrir des sentiments amoureux pour sa nouvelle colocataire.

Cette relation n'empêche pas Smith de continuer à avoir envie de Cerise, la bimbo du dernier étage. Laquelle entretient une idylle avec Karl, en couple depuis quinze ans avec Siobhan.

Les chassés-croisés amoureux se succèdent donc dans cette maison victorienne...

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J'avais reperé ce titre sur le blog de Bianca. Aussi, quand je l'ai vu en occasion chez Book-off, je n'ai pas hésité longtemps.

Lisa Jewell est un auteur anglais, spécialisé dans les romans de chik lit. Ralph's party constitue sa première oeuvre. Une oeuvre qui a été créée à partir d'un pari. En effet, Lisa Jewell avait écrit les trois premiers chapitres en échange d'un dîner dans un de ses restaurants favoris. Puis, dans son élan, elle a retravaillé et développé sa première mouture. Ce livre a ainsi été publié en 1999.

Il s'agit d'un ouvrage choral. Tour à tour, on suit les pensées des différents habitants de cette maison victorienne du Sud de Londres. J'ai toujours apprécié ce mode narratif et je trouve qu'il s'adapte parfaitement au thème principal du chassé-croisé amoureux.

Je me suis attachée à certains des protagonistes. Ralph m'a notamment beaucoup plu. Il représente l'archétype de l'adulescent artiste. Un homme au fort potentiel qui a du mal à mener une existence d'"adulte". Et qui n'arrive pas à réaliser ses rêves. Un homme dont le quotidien va être bouleversé par l'arrivée de la charmante Jemina.

Cette dernière m'a également séduite car elle ne correspond pas au profil des célibataires qu'on rencontre dans le style chik lit. A l'inverse des Bridget Jones et consoeurs, elle s'est toujours retrouvée engagée dans des histoires où ses partenaires ne tardaient pas à lui déclarer leur flamme et par conséquent, à la faire fuir.

Ceci constitue d'ailleurs un des atouts de cet ouvrage: reprendre les codes de chik lit tout en les détournant et parfois, en s'en écartant (je pense notamment à la fin)

Le style est simple, parfois sans doute trop simple (je pense à certaines expressions assez crues ou vulgaires)

Mais on passe un moment agréable en compagnie des habitants de cet immeuble. On partage certains morceaux de leurs existences, leurs doutes, leurs désirs, leurs maladresses, leurs sentiments...On se prend à espérer avec et pour eux...

Bref, vous l'aurez compris: ce livre, plein de rebondissements, procure un bon instant de détente. Si vous êtes en quête de légereté, il sera parfait pour vous. J'ai vu qu'une suite avait été imaginée par Lisa Jewell. Et je me laisserai peut-être tenter..

Le Livre de Poche, 1999, 6,80 €, 349 pages

Lu dans le cadre du challenge God save the livre 2013

03/03/2013

Un Oscar Wilde crépusculaire

Le Testament d'Oscar Wilde

de

Peter Ackroyd

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"Hôtel d'Alsace, Paris                                                                                                       

                                                                                                                                  9 août 1900

Ce matin, je me suis rendu une fois de plus à la petite église de Saint-Julien-le-Pauvre. Le curé, un homme charmant, est persuadé que je suis la proie d'un immense chagrin; un jour, alors que j'étais agenouillé devant l'autel, il s'est approché de moi à pas feutrés et m'a murmuré à l'oreille: "Vos prières, Monsieur, peuvent être exaucées par la grâce de Dieu". Je lui ai répondu à vois haute-je ne sais pas murmurer-que mes prières ont toujours été exaucées; que c'est justement la raison pour laquelle je viens chaque jour dans son église avec une nouvelle requête. Après cela il m'a laissé tranquille."

Paris, 1900, Oscar Wilde entame, sous forme de journal intime, le récit de sa vie. Il est installé dans la capitale française depuis trois ans.

Son inspiration s'est tarie. Il vivote dans une petite chambre parisienne, reçoit de jeunes amants, emprunte sans cesse de l'argent à ses amis...

Et surtout, il souffre de plus en plus de son oreille. Chaque matin, il se réveille, les draps recouverts de pus...

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Je n'avais jamais entendu parler de cette oeuvre avant de la voir dans la PAL de Bianca et de lui proposer d'en faire une lecture commune. J'ai toujours été fascinée par la personnalité brillante, ironique d'Oscar Wilde et je connaissais moins son existence après sa "chute".

Peter Ackroyd est un écrivain, romancier, essayiste et critique littéraire britannique. Dans ce roman, il s'est attelé à reconstituer les derniers mois de la vie d'Oscar Wilde.

Ce dernier a été libéré de prison le 19 mai 1897, après deux ans de travaux forcés pour homosexualité. Le lendemain, il embarque pour la France. A Dieppe, il rédige la Ballade de la geôle de Reading. Puis, il part pour Paris où il va passer la fin de sa vie.

Dès les premières pages, on est confrontés à un Oscar Wilde "crépusculaire", dans le sens où on se retrouve face à un homme qui a perdu tout son esprit caustique, brillant; un homme poursuivi et moqué. Un homme "dépourvu de passé".

"Depuis le jour où je me suis éloigné des portes de la geôle de Reading dans un fiacre aux rideaux baissés, j'ai découvert une liberté que je ne pouvais comprendre alors. Je suis dépourvu de passé. Mes triomphes de jadis ne comptent plus. Mon oeuvre est tombée dans l'oubli. [...] Comme l'enchanteur gisant aux pieds de Viviane, je suis "désormais étranger à la vie et n'ai plus ni usage, ni nom, ni gloire". [...] Je ne suis qu'un "reflet": le sens de ma vie n'existe plus désormais que dans l'esprit des autres"

Oscar Wilde a perdu toute inspiration. Il se révèle désormais incapable d'écrire la moindre ligne. Et il pense que ses "confessions" vont peut-être l'aider à retrouver le goût de l'écriture.

Au fil des quatre mois et demie d'entrées dans son journal, défilent ainsi les épisodes marquants de sa vie. On découvre les relations proches qu'il entretenait avec sa mère, sa scolarité à Oxford, son mariage avec Constance, ses premiers émois homosexuels, les bas-fonds londoniens, son idylle avec Bosie, ses procès...A ces épisodes du passé, s'entremêlent des tranches de vie parisienne qui nous montrent le poète moqué, las, malade...

Peter Ackroyd a eu raison de choisir le journal comme mode narratif. Il plonge ainsi plus facilement le lecteur dans les supposées pensées d'Oscar Wilde.

L'atmosphère plombée, retranscrite avec brio, m'a énormément marquée. J'ai eu beaucoup de mal à avancer cet ouvrage, tant j'avais l'impression d'être confrontée à un homme dont les masques sont tombés et qui se trouve au crépuscule de sa vie.

L'époque est très bien resuscitée. Je pense tant à celle de Londres: les fêtes, les bals, les soirées au théâtre, les bas-fonds qu'à celle de Paris et d'une certaine bohême.

Bref, vous l'aurez compris: un roman dur, triste sur la fin de l'existence d'un homme fascinant. Un roman qui m'a surtout envie de me replonger dans l'oeuvre d'Oscar Wilde, voire de me lancer dans une de ses biographies.

Editions 10/18, 1991, 245 pages, 6,50 €

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca, du challenge God save the livre 2013 et du challenge Victorien.

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