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04/11/2013

Silence à Hanover Close

Silence à Hanover Close

de

Anne Perry

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"-Commissariat de Mayfair! annonça le cocher d'une voix forte, avant même l'arrêt du cab.

Son ton laissait entendre qu'il n'appréciait guère ce genre d'endroit, même situé, comme celui-ci dans l'un des quartiers les plus élégants de la capitale."

L'inspecteur Pitt se rend au commissariat de Mayfair afin de s'entretenir d'une affaire vieille de trois ans. En effet, ses supérieurs hiérarchiques lui ont demandé d'enquêter sur le meurtre de Mr York, survenu dans sa belle demeure de Hanover Close. A l'époque, on avait conclu à un cambriolage ayant dérapé mais notre héros sent qu'il doit vérifier cette hypothèse et innocenter Veronica, la veuve.

Malheureusement, sa marge de manœuvre reste très réduite....

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Voici la neuvième aventure des Pitt que je lis avec mes copinautes Bianca, Fanny, Céline et Sybille. Et c'est toujours un plaisir de retrouver ce couple d'enquêteurs.

Contrairement aux opus précédents, ce roman ne s'ouvre pas sur une scène spectaculaire et macabre de découverte d'un cadavre. Cette fois-ci, la victime a été assassinée trois ans auparavant. Il s'agissait de Nicolas York, un diplomate. Comme sa veuve souhaite se remarier avec un autre membre du Foreign Office, les supérieurs hiérarchiques de Pitt veulent vérifier qu'elle n'a vraiment rien à voir avec ce décès.

L'inspecteur réalise très vite qu'il ne dispose pas de tous les éléments du dossier et qu'il est très surveillé.

Il parle de cette affaire à Charlotte en lui interdisant de s'en mêler. Mais la jeune femme et sa soeur, Emily, toujours plongée dans le chagrin consécutif à la perte de son époux, décident de contrevenir à cet ordre et de mener leurs propres investigations.

Avec l'aide de Jack Radley, déjà croisé dans Meurtres à Cardington Crescent, Charlotte s'introduit auprès des York. Quant à Emily, elle décide de se faire engager comme femme de chambre de Veronica York. Une situation qui n'est pas sans présenter quelques dangers...

Comme vous pouvez le voir, on retrouve le schéma habituel à cette série: d'un côté, Thomas et de l'autre, Charlotte et sa sœur. Tous les trois lancés sur des pistes différentes mais qui vont finalement, se rejoindre et révéler l'identité du ou des meurtriers (parfois l'avantage revient à Thomas, parfois à Charlotte).

Ce qui fait l'originalité de Silence à Hanover Close réside dans l'engagement d'Emily comme domestique, capable d'espionner 24h sur 24 les présumés coupables. Elle se retrouve ainsi confrontée à plusieurs dangers: se faire découvrir comme mystificatrice (avec tout ce que cela pourrait impliquer pour sa réputation dans le monde) et/ou se faire surprendre par le coupable. Devant cette double menace, les passages qui la concernent se révèlent d'autant plus intéressants et font que les pages se tournent à toute vitesse.

Son emploi de femme de chambre permet également à Anne Perry de dresser un portrait, encore plus en profondeur que dans les précédents volets, des conditions de vie des domestiques à l'époque victorienne.

De plus, dans cet ouvrage, la romancière dépeint l'existence d'une veuve (les couleurs à porter, le délai à observer avant de pouvoir faire son retour en société..) et souligne la difficulté pour elle de ne pas se sentir enterrée vivante.

Les scènes du quotidien des Pitt m'ont semblé plus nombreuses. Et j'ai bien aimé pouvoir m'attarder un peu plus dans leur maisonnée, notamment au moment des fêtes de Noël.

J'ai apprécié aussi de retrouver certains protagonistes secondaires, tels que Lady Vespasia et...Jack Radley. J'attends d'ailleurs beaucoup de l'évolution des relations de ce dernier avec Emily.

En ce qui concerne l'intrigue policière, elle m'a vivement intéressée. Je me suis promenée de fausse piste en fausse piste. Et, franchement, je ne m'attendais pas du tout à ce final...Même s'il semble tellement faire sens quand on le connaît.

Bref, vous l'aurez compris: un très bon cru (sans doute le meilleur) de la série des Pitt. Je l'ai dévoré en une journée et j'attends beaucoup du prochain!

Editions 10/18, collection "Grands détectives", 378 pages, 8,10 €

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Fanny, Céline, Sybille et Bianca et dans le cadre des challenges Anne Perry, God save the livre 2013, 19ème siècle, La plume au féminin et Victorien.

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03/11/2013

Le Journal du Capitaine Wentworth

 

 

Le Journal du Capitaine Wentworth

de

Amanda Grange

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"Jeudi 5 Juin 1806

Me voici enfin en route vers le Somerset!

Harville et moi avons voyagé depuis la côte ensemble, nous étonnant de voir le vert des champs autour de nous, au lieu du bleu de la mer. Si l'on excepte l'alarmante tendance du sol à rester immobile sur nos roues plutôt qu'à rouler et tanguer comme tout élément qui se respecte, notre trajet a été assez confortable, et nous avons réussi à faire passer le temps en régalant deux gouvernantes, les soeurs Brown du récit de nos aventures en mer"

Ainsi débute le Journal du Capitaine Wentworth d'Amanda Grange qui a entrepris après Le Journal de Mr Darcy, le Journal du Colonel Brandon et le Journal de Mr Knightley de nous livrer les pensées intimes de mon héros austenien préféré.

Certes, j'aime vraiment beaucoup le ténébreux Mr Darcy. Mais comment résister à une déclaration telle que "Vous transpercez mon âme. Je suis partagé entre l'angoisse et l'espoir. Non, ne me dites pas qu'il est trop tard, que ces précieux sentiments ont disparu à jamais"?

Comme dans les précédents opus, la romancière reprend le principe du journal intime. Une bonne manière de suivre les espoirs et les tourments du narrateur.

En 1806, notre héros revient de ses premières campagnes. Après être entré dans la marine à l'âge de 13 ans, il a gravi les échelons et est devenu commandant. Il s'est également illustré dans plusieurs batailles et se retrouve à la tête d'un patrimoine financier, issu de quelques prises de guerre, qu'il entend bien dépenser.

En attendant d'être appelé pour entrer dans un nouvel équipage, il entend profiter de son séjour chez son frère dans le Somerset pour séduire de nombreuses jeunes filles. A un bal, il rencontre pour la première fois la famille Elliott. Frappé par le mépris affiché par le baronnet et par sa fille, il invite leur dame de compagnie à danser. Sous le charme, il apprend avec surprise qu'il a, en fait, valsé avec Miss Anne Elliott.

S'ensuivent alors de nombreuses conversations. Wentworth tombe amoureux et fait sa déclaration. Malheureusement, persuadée par sa famille, Anne renonce à l'épouser.

Sept années plus tard, après l'abdication de Napoléon, notre héros revient à la vie civile. A la tête d'un fortune confortable, il entend profiter de sa famille et trouver une épouse. Quelle n'est pas sa surprise quand il se rend compte que sa sœur a loué Kellynch Hall, la propriété de Sir Walter Elliott et qu'il va ainsi être contraint de revoir son ancien amour.

C'est ici que les deux trames se rejoignent. Je ne vous ferai donc pas un résumé de la suite...

J'ai beaucoup apprécié la première partie. Je trouve qu'Amanda Grange a réussi à imaginer un "jeune" capitaine Wentworth  tout à fait crédible. Ses échanges de plus en plus fournis et nécessaires avec Anne Elliott sont très plaisants à lire.

De même, la romancière a su rendre l'atmosphère qui devait régner dans un village anglais à cette époque. Certains habitants se révèlent d'ailleurs particulièrement savoureux. Je fais notamment référence à Mrs Frost, persuadée que les Français vont envahir le pays et qu'il faut sans cesse se protéger. Elle essaie donc de suivre les conseils de certains journaux pour se prémunir de ce potentiel danger, ce qui donne lieu à des situations très cocasses.

J'ai également apprécié qu'elle mette en scène une confrontation entre le capitaine Wentworth et Lady Russell.

Puis, on retrouve notre héros sept ans plus tard au moment où débute le roman de Jane Austen. Amanda Grange a tout à fait respecté le canevas original. Mais elle a rajouté des scènes, là où Jane Austen faisait des ellipses. Par exemple, le voyage auprès de son frère après l'incident de Lyme. (j'ai bien aimé les relations entre le pasteur et le capitaine).

Outre ces nouvelles péripéties, l'intérêt de ce roman réside dans le regard différent porté sur des évènements que nous connaissons bien. Là encore, toutes les pensées du héros sonnent juste et touchent (notamment lors de la rédaction de la fameuse lettre).

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un agréable moment en compagnie du capitaine Wentworth. Amanda Grange a su lui créer un passé intéressant et drôle tout en retrouvant l'esprit du personnage imaginé par Jane Austen.

Milady, 2013, 333 pages, 7,90 €

Billet dans le cadre des challenges Austenien, 19ème siècle, God save the livre 2013 et La plume au féminin.

 

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22/10/2013

Meurtres à Cardington Crescent

Meurtres à Cardington Crescent

de

Anne Perry

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"On était au coeur de l'été. Mrs Peabody transpirait, hors d'haleine, emprisonnée dans son corset rigide. La longue tournure de sa jupe, à la dernière mode, l'empêchait de courir après son chien, un animal indocile qui galopait en direction des grilles de fer forgé du cimetière"

Un jour, alors qu'elle promène son chien, Mrs Peabody fait une découverte macabre dans le cimetière de Bloomsburry. Elle retrouve un buste de femme emballé dans un paquet. Aussitôt alerté, l'inspecteur Pitt est dépêché sur les lieux du crime. Après quelques heures de recherches, tous les membres épars sont réunis mais il s'avère impossible d'identifier la jeune femme.

Alors que l'enquête piétine, un autre drame se joue quelques quartiers plus loin. Emily et Lord Ashworth séjournent dans la famille de ce dernier. La jeune femme est de plus en plus malheureuse car elle assiste au rapprochement de son mari avec une des habitantes. Elle tente de se battre pour préserver son couple.

Mais, un matin, elle retrouve George, mort dans son lit. Tout porte à penser qu'il a été empoisonné...Et naturellement, les soupçons se portent sur sa veuve...

Heureusement qu'elle peut compter sur le soutien de sa sœur Charlotte qui va tenter de démasquer le vrai coupable!

 

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Cela faisait plus de trois semaines que je n'arrivais pas à lire un roman. Trop de fatigue, de travail....Et puis, hier soir, j'ai tenté de me plonger dans cette intrigue des Pitt et le miracle a opéré...J'ai passé la matinée sur mon canapé à le finir. Merci donc à mes copinautes d'avoir organisé cette lecture commune qui m'a redonné le déclic!

Comme d'habitude, le roman s'ouvre sur la découverte d'un cadavre assassiné sauvagement. Cette fois-ci, le corps a été découpé en plusieurs morceaux et empaqueté. Il s'agit d'une jeune femme dont le visage ne peut plus être identifié. Pitt se lance dans l'enquête mais bien vite, il piétine....

Au même moment, sa belle-soeur Emily, hébergée par Eustace March, voit son mari s'éloigner d'elle. Elle décide de se battre et séduit par la même occasion un célibataire présent dans la maison. Ces efforts ne restent pas vains et elle sent son mari revenir à elle.

Malheureusement, elle le retrouve mort le lendemain dans son lit. Le médecin dépêché sur les lieux conclue très vite à une attaque cardiaque provoquée par un empoisonnement à la digitaline.

Pour son entourage, elle constituerait une coupable idéale. Afin de la sauver, Charlotte et Thomas conjuguent leurs efforts....

L'intrigue se déroule ainsi en majeure partie dans la demeure bourgeoise des March. Lors de ce huis-clos étouffant, Charlotte va découvrir bien des secrets de famille...

Les seules échappées vont nous mener dans des quartiers sordides de la capitale à la rencontre de jeunes parturientes ou d'enfants abandonnés à un triste sort.

Car, une fois encore, grâce aux différentes pistes suivies, Anne Perry parvient à dresser un portrait de la société victorienne des années 1880 et de la place de la femme dans ce monde.

Certaines se battent pour tomber enceinte et ne pas subir l'opprobre de la famille de leur époux alors que d'autres doivent abandonner leurs enfants et parfois les condamner.

Cette peinture n'alourdit en rien l'histoire policière. Jusqu'au bout, on doute, on se questionne avant le final surprenant qui permet aux deux crimes d'être résolus.

J'ai également pris du plaisir à retrouver certains personnages récurrents (Lady Vespasia, Emily que j'ai trouvée plus humaine...) C'est l'avantage de lire dans l'ordre cette série. On peut assister ainsi à l'évolution de tous les protagonistes et de leurs interactions.

Bref, vous l'aurez compris: un huitième opus réussi. Vivement le prochain!

Editions 10/18, collection "Grands détectives", 381 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Fanny, Bianca, Céline et Sybille et des challenges Anne Perry, God save the livre 2013 et 19ème siècle

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