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20/05/2013

Gatsby de Francis Scott Fitzgerald

Gastby le magnifique

de

Francis Scott Fitzgerald

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"Quand j'étais plus jeune et plus vulnérable, mon père me donna un conseil que je n'ai jamais cessé de retourner dans ma tête depuis lors.

"A chaque fois qu'il te prendra l'envie d'émettre des critiques sur quelqu'un, m'a-t-il-dit, souviens-toi que tout un chacun ici-bas n'a pas joui des mêmes privilèges que toi""

Au printemps 1922, Nick Carraway, issu d'une famille aisée et respectable du Middle West, décide de partir faire carrière à New York dans le marché obligataire.

Il trouve à louer un pavillon à West Wegg, une ville de la périphérie.

Sa maison est voisine de la colossale propriété du mystérieux Gatsby. Un homme dont les fêtes attirrent toute la population locale et sur lequel les plus folles rumeurs courent. On le prétend cousin du Kaiser Guillaume, espion, meurtrier...

Personne ne sait vraiment qui il est. Jusqu'au jour où Nick reçoit une invitation à une de ses fêtes et fait sa connaissance...

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Cela faisait longtemps que je voulais relire Gastby. Un roman que j'avais adoré au sortir de l'adolescence et dont je voulais voir la prochaine adaptation au cinéma par Baz Luhrmann.

Aussi, j'ai été ravie quand Bianca et Fanny m'ont proposé de faire cette lecture commune.

Tout d'abord, j'ai beaucoup apprécié le mode narratif choisi par l'auteur. Toute l'histoire est contée par Nick Carraway. On ne découvre donc que les évènements auxquels il a assisté ou qui lui ont été relatés. Ce schéma induit des ellipses narratives. A certains moments, le lecteur ignore ce qui s'est passé entre tel et tel personnage. Et je trouve que ce mystère que chacun peut combler à sa manière confère beaucoup de charme à l'intrigue.

Grâce à son installation à West Egg, Nick renoue des liens avec sa cousine au second degré, Daisy, mariée à une de ses connaissances universitaires, Tom Buchanan.

"[Daisy] avait un beau visage mélancolique et semé de lumière-lumière de ses yeux, lumière de sa bouche passionnée-, mais sa voix avait une ferveur que ceux qui l'avaient aimée avaient du mal à oublier: une mélodie envoûtante, un chuchotis qui disait "écoutez-moi", l'assurance qu'elle venait de vivre des moments délicieux et passionnants dans l'heure qui allait suivre"

Le mariage des Buchanan ne semble pas des plus heureux. La maîtresse de Tom l'appelle sans cesse pendant le dîner. Quelques jours plus tard, Nick passe même une soirée en sa compagnie et celle de Tom.

Pendant le repas chez les Buchanan, Nick fait la connaissance de Jordan Baker, une golfeuse professionnelle. Il la retrouve à la première soirée à laquelle il est convié chez Gatsby.

"Je crois que lorsque je me rendis à ma première soirée chez Gatsby, j'étais un des rares à avoir été effectivement invité. Les gens n'étaient pas conviés; ils venaient. Ils montaient dans des voitures qui les emportaient à Long Island et ils se débrouillaient pour échouer devant la porte de Gatsby."

A cette soirée, Nick croise enfin le fameux Gatsby. Encore une fois, j'ai été bluffée par ce choix narratif de Fitzgerald. On patiente une soixantaine de pages avant de voir arriver le protagoniste éponyme du roman. Le lecteur a entendu toutes les théories qu'on raconte sur lui (tantôt il passe pour un espion, tantôt pour un meurtrier) et enfin, on le rencontre. Un homme au sourire incroyable, d'une trentaine d'années qui laisse planer le mystère sur lui.

Et tout le roman sera justement autour de la découverte de sa personnalité, de ses failles, de ses désirs...

Très vite, Nick noue des liens avec Gatsby. Et apprend la raison de leur rencontre. Gatsby souhaiterait revoir Daisy lors d'un thé chez Nick.

La scène des retrouvailles m'a semblé très belle. L'auteur sait trouver les mots qui sonnent juste pour décrire la tension éprouvée par Gatsby. Depuis cinq ans, tout ce qu'il a fait était pour impressionner son amour et après leur séparation, il va enfin la revoir. Sera t-il à la hauteur? La gêne qui s'installe est également très bien rendue. C'est un des moments que j'ai préférés dans ce roman.

L'histoire d'amour m'a également beaucoup touchée. Les sentiments de Gatsby pour Daisy sont magnifiques. L'idée de la lumière verte qui le guide m'a émue.

Mais le thème principal de ce roman m'a semblé être surtout l'attente. Gatsby attend de retrouver Daisy, attend qu'elle se décide. De son côté, Nick attend de passer du statut de spectateur à celui d'acteur. C'est comme s'il observait en permanence sa vie au lieu de la vivre.

De cette attente ressort une impression de gâchis. Tous ces personnages passent à côté de leur existence.

Daisy m'a énervée. J'avais déjà eu cette sensation la première fois que j'avais lu le roman et elle s'est confirmée. On peut se demander pourquoi Gatsby conserve de tels sentiments à son égard alors qu'elle ne le mérite pas. C'est comme si ses illusions de jeunesse ne voulaient pas s'effacer devant la réalité.

De plus, ce roman est l'occasion de découvrir des aspects de la vie new yorkaise de l'après-guerre: les coulisses de la mafia, l'atmosphère qui devait régner dans la bonne société, les fêtes, l'impact de la prohibition...

De même, j'aimerais évoquer le style de Fitzgerald. Je l'ai trouvé tout simplement très beau. Certaines phrases restent longtemps en mémoire. Certaines scènes aussi du coup.

"Gatsy avait foi en la lumière verte, l'avenir orgasmique qui année après année s'efface devant nous. Il se dérobe alors à nous, mais qu'importe...demain nous courrons plus vite, nous tendrons nos bras plus loin...Et un beau matin...

C'est ainsi que nous avançons, esquifs luttant contre le courant, refoulés dans le passé, sans cesse"

Bref, vous l'aurez compris: j'ai beaucoup aimé ce roman. Si vous ne l'avez pas encore découvert, je vous le conseille vivement car on ne peut ressortir indemne de sa lecture. On est touchés et surtout, on ne peut s'empêcher de réfléchir sur l'existence.

Lu dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca et Fanny

Lu dans le cadre des challenges des 100 livres et des romans cultes.

Pocket, 2013, 221 pages, 2,90 €

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30/04/2013

Jane Eyre de Charlotte Brontë

Jane Eyre

de

Charlotte Brontë

jane eyre,charlotte brontë

"Il était impossible de se promener ce jour-là. Le matin, nous avions erré pendant une heure dans le bosquet dépouillé de feuilles; mais, depuis le dîner (quand il n'y avait personne, Mme Reed dînait de bonne heure),le vent glacé d'hiver avait amené avec lui des nuages si sombres et une pluie si pénétrante, qu'on ne pouvait songer à aucune excursion"

Orpheline depuis son plus jeune âge, Jane Eyre a été recueillie par sa tante, la revêche Mme Reed. Cette dernière, ne la supportant plus, la place à l'orphelinat de Lowood. Les années passent...Jane grandit et se met à chercher un emploi de gouvernante. C'est ainsi que Mme Fairfax l'engage pour s'occuper de la jeune Adèle au manoir de Thornfield.

Jane se sent très vite chez elle là-bas. Quelques mois après son installation, elle fait la connaissance du propriétaire des lieux, le ténébreux Mr Rochester...

 

jane eyre,charlotte brontë

J'avais adoré Jane Eyre lorsque je l'ai lu la première fois, au début de mon adolescence. Depuis, j'ai regardé de nombreuses adaptations telles que celle avec Charlotte Gainsbourg ou la plus récente avec le très séduisant Michael Fassbender.

 

jane eyre,charlotte brontë

Aussi, quand Bianca m'a proposé une lecture commune, je me suis empressée d'accepter. Et je me suis replongée avec plaisir dans ce roman.

Dès les premières pages, j'ai été de nouveau frappée par le "je"narratif. Tout au long du parcours, on suit une héroïne qui s'exprime à la première personne et nous parle de sa vie. Ce schéma de narration confère un aspect très féministe à cette oeuvre, publiée en 1847, en pleine période victorienne.

Jane connaît une enfance très malheureuse, auprès des Reed. Elle a perdu ses parents alors qu'elle était bébé et a été confiée au frère de sa mère. Sur son lit de mort, ce dernier a fait jurer à sa femme de prendre soin de l'orpheline. Mme Reed s'est chargée d'elle avec réticence et la brime sans cesse. De même, elle est persécutée par ses cousins. Une crise de rebellion plus forte que les autres la conduit à être sévèrement punie. En effet, à dix ans, elle se retrouve enfermée dans la chambre rouge, celle où son oncle a rendu l'âme. Privée de lumière, elle commence à se raconter des histoires et croit voir des fantômes...Cette épreuve la rend même malade.

Quelque temps après, sa tante décide de la placer à l'orphelinat Lowood, dirigé par Mr Brocklehurst. Les conditions de vie sont épouvantables là-bas: on affame les enfants, le froid se fait en permanence ressentir...Et les épidémies sont courantes. L'une d'entre elles va d'ailleur coûter la vie à plusieurs pensionnaires.

Cette partie m'a énormément marquée. Elle témoigne de la pauvreté dans laquelle certains enfants pouvaient être élevés. Elle sonne d'autant plus juste que Charlotte Brontë a elle-même connu cette situation. En effet, à l'âge de huit ans, elle est entrée avec ses trois soeurs aînées dans un pensionnat pour enfants de membres du clergé peu fortunés. Tout comme à Lowood, la nourriture et l'hygiène étaient quasi inexistantes et deux des soeurs en ont même perdu la vie.

Suite à cette épidémie, l'infâme Mr Brocklehurst doit réviser ses méthodes d'éducation. Le sort de Jane et de ses comparses s'améliore. Les années passent et bientôt, Jane, si elle ne veut rester à Lowood, doit chercher un emploi. Elle passe une annonce et se retrouve ainsi gouvernante auprès de la jeune Adèle au manoir de Thornfield.

Les mois s'écoulent paisiblement...Et un jour, paraît au manoir Mr Rochester. Très vite, Jane et lui se rapprochent.

Bien entendu, c'est cette partie qui m'a le plus intéressée. J'ai beaucoup aimé les échanges entre ces deux protagonistes. A cet aspect romantique se superpose une pointe de mystère. En effet, dès son arrivée, Jane a remarqué l'étrange Grace Poole. Une femme à laquelle elle prête un rire dément

"Au moment où je passais, un éclat de rire vint frapper mes oreilles. C'était un rire étrange, clair, et n'indiquant nulle joie [...]le bruit cessa quelques instants; puis recommença plus fort[...] cette fois, c'était un accès bruyant qui semblait trouver un écho dans chacune des chambres solitaires"

Ce rire s'accompagne bien vite de déplacements étranges, d'un incendie inexpliqué...Tous ces éléments confèrent une tonalité gothique à ce roman.

Jane quitte un jour le manoir (je vous laisse découvrir pourquoi) et se retrouve chez Saint-John et ses soeurs. Une partie qui m'a profondément ennuyée et dont j'avais évacué le souvenir à la première lecture. Sans doute car je la trouvais beaucoup trop moraliste. J'en suis même venue à détester le personnage de Saint-John, ce parangon de vertu glacial.

Certains passages m'ont également semblé trop datés:

"Il aurait été impossible de trouver chez aucun fermier anglais des jeunes filles plus décentes, plus respectables, plus modestes et mieux élevées; et c'est beaucoup dire: car, après tout, les paysans anglais sont les mieux élevés, les plus polis et les plus dignes de toute l'Europe. J'ai vu depuis des paysannes françaises et allemandes; les meilleures m'ont paru ignorantes, grossières et stupides, comparées à mes enfants de Morton" (NB: les Français en prennent souvent pour leur grade)

Il n'en demeure pas moins que Jane Eyre, même s'il n'a pas été un coup de coeur, demeure un grande oeuvre pleine de romantisme échevelé (l'histoire du cri). Mais aussi un très beau portrait d'héroïne en quête de bonheur et d'indépendance. Et une description très réussie de la condition des femmes dans les années 1840 (le veuvage, la folie, la nécessité de travailler quand on est pauvre, l'importance de l'apparence physique...)

Bref, vous l'aurez compris: ce roman ne m'a pas transportée comme lors de ma première lecture. Mais mon coeur de midinette aime toujours autant l'histoire entre Jane et Rochester. Si seulement on ne passait pas autant de temps en compagnie de ce raseur de Saint-John Rivers...

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca et des challenges des 100 livres à avoir lu, victorien, God save the livre 2013, des romans cultes, Au service de et la plume au féminin 2013.

 

Pocket, 2012, 760 pages, 3,90 €

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21/04/2013

Challenge les 100 livres à avoir lu au moins une fois

Challenge les 100 livres à avoir lu au moins une fois

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Après nous avoir demandé quels étaient les 100 romans à avoir lu au moins une fois dans sa vie, Bianca a décidé de lancer un challenge autour de la liste finale.

Ce défi ne comporte pas de niveau ni de date de fin. Même les billets rétroactifs comptent...Il suffit de rajouter à chaque fin d'avis le magnifique logo concocté par l'organisatrice.

Si vous voulez vous joindre à aventure, voici le lien vers le blog de Bianca et la liste des 100 ouvrages retenus, l'occasion de belles découvertes ou redécouvertes...