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02/03/2015

La Bibliothèque des coeurs cabossés

La Bibliothèque des coeurs cabossés

de

Katarina Bivald

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"Chère Sara,

J'espère qu'Une jeune fille démodée de Louisa May Alcott te plaira. C'est une histoire charmante, même si elle est peut-être un soupçon plus moralisatrice que les Quatre filles du Docteur March.

Inutile d'envisager de me rembourser. J'avais ce livre en double depuis des années? je suis ravie qu'il ait trouvé un nouveau foyer et qu'en plus, il fasse tout le chemin jusqu'en Europe. Moi, je ne suis jamais allée en Suède, mais je suis sûre que ce doit être un très beau pays."

Depuis deux ans, Amy et Sara échangent des lettres autour de leur amour de la littérature et de leur vie et doivent enfin se rencontrer à la faveur d'un voyage de Sara. Cette dernière a décidé de quitter sa Suède natale et de passer tout un été chez Amy, dans la petite bourgade de Broken Wheel, en Iowa.

Mais, quand Sara arrive à destination, elle apprend avec stupeur qu'Amy est décédée des suites d'une longue maladie. Elle se retrouve donc seule et perdue dans ce village de l'Amérique profonde.

Au fil des jours, elle se familiarise avec tous les habitants hauts en couleurs et entreprend de donner une seconde vie aux livres bien aimés d'Amy en créant une librairie.

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Cela faisait quelque temps que je voyais de très bonnes critiques autour de ce roman "feel good" sur la blogosphère. Après l'avis de ma copinaute Bianca, celui de ma collègue Mathilde a achevé de me convaincre de me lancer dans cet ouvrage.

J'ai immédiatement accroché avec l'histoire. Dès les premières pages, on est happés par le destin de Sara. Cette jeune Suédoise de 28 ans vient d'être virée de son emploi de libraire et a décidé de rompre avec son quotidien monotone et de se lancer dans un périple chez une inconnue. Une fois parvenue à son but malheureusement, elle découvre que sa correspondante est morte. Alors qu'elle est timide de nature, elle va donc devoir prendre sur elle et se lier avec les autres habitants de Broken Wheel.

Certes, cette intrigue n'est pas novatrice. Ce n'est pas la première fois-que ce soit dans un roman ou dans un film-que la protagoniste principale se révèle une femme effacée et qui manque cruellement de confiance en elle. Généralement, au fil des pages, elle s'ouvre aux autres et trouve le bonheur.

"Si sa vie avait été un roman, elle n'aurait sans doute même pas été un personnage secondaire. Or elle se serait sans problème contentée d'un second rôle. Personnage principal, c'était probablement trop demander, mais quand même avoir une apparence et quelques traits de personnalité décrits à la hâte en deux ou trois lignes lorsqu'elle croisait la véritable héroïne. Pouvoir être une personne avec un nom et quelques répliques."

Sara est une héroïne qui ne va pas déroger à cette règle. L'épreuve de se retrouver abandonnée en Iowa va lui servir de révélateur et la pousser à se dépasser et à trouver enfin ce qui pourrait rendre son existence satisfaisante.

A l'aide des livres d'Amy, elle va fonder une librairie. J'ai beaucoup apprécié toute cette partie dans le magasin. Et notamment toutes les présentations qu'elle établit, des livres irrésistibles aux fins tristes à celle autour de la vie dans les petites villes.  Grâce à ces sélections et aux échanges épistolaires entre Amy et Sara, on découvre de nombreux titres et de nouvelles envies littéraires.

Autour de Sara, comme dans toute comédie romantique qui se respecte, on trouve toute une galerie de personnages pittoresques. De Grace, la femme forte tenancière d'un bar à Caroline, confite en religion et très rigoriste, tous apportent une touche à la fois humoristique et émouvante.

De même, comme souvent dans ce genre, on assiste à de nombreux rebondissements, tous plus farfelus les uns que les autres, mais qui nous donnent le sourire.

Finalement, le seul reproche que je pourrais émettre concerne la fin. Je l'ai trouvée trop précipitée. Forcément, on s'attend à un tel dénouement mais l'auteur aurait pu prendre son temps pour y parvenir. Certaines scènes m'ont manquée...

Bref, vous l'aurez compris; j'ai passé de très bons moments en compagnie de Sara, de l'ombre d'Amy, de Tom, de Jen...et je vous recommande cette lecture si vous souhaitez vous détendre.

Editions Denoël, 2015, 481 pages

Billet dans le cadre du challenge Un pavé par mois de Bianca

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15/11/2012

Discordance d'Anna Jörgensdotter

Discordance

de

Anna Jörgensdotter

 

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"Ca pourrait débuter par un conte. Il était une fois. Débuter au moment où Karin monte la mèche de la lampe à pétrole, dont la flamme vacille"

Septembre 1938, dans une petite communauté au pied du mont Kungsberg, vivent cinq frères et soeurs: Edwin, Otto, Karin, Sofia et Emilia.

Le récit commence au moment où un incendie ravage la maison de leur voisine. Et nous allons accompagner leurs existences sur deux décennies.

 

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Je tenais tout d'abord à remercier Babelio et les éditions JC Lattés pour m'avoir choisie lors de la dernière opération de Masse critique du début d'automne.

J'avais sélectionné cet ouvrage car je ne connais pas trop la littérature suédoise. Et puis, l'idée d'assister à l'évolution d'une fratrie pendant et après la Seconde Guerre mondiale m'intéressait.

Née en 1973, Anna Jörgensdotter, également poétesse et musicienne, vit dans la région de Sandviken, décor de ce récit. Ceci explique l'importance des descriptions des paysages, de l'opposition ville/campagne...

Pour montrer les différents chemins qu'empruntent ses cinq protagonistes, l'auteure a eu recours à la structure du roman choral.

"Nos récits s'entrelacent telles les bandes de lirettes dans la trame d'un tapis. Et chacun y reste pris. Jusqu'à l'usure. En devient partie intégrante.L'idée de départ était peut-être autre que le résultat, ou alors nous sommes parfaits-un récit parfait, sur tout, sur rien. Sur la vie telle qu'elle a été. Mais jamais sur ce qu'elle aurait pu être"

Et je trouve que cette construction donne une certaine force à l'ensemble. Ces monologues intérieurs offrent la possibilité de voir la "discordance" se créer au sein de cette fratrie.

De plus, j'ai beaucoup aimé le fait qu'on puisse percevoir, au fil des pages, les mutations de la société suédoise. Suivre cinq jeunes gens de sexe différent permet également de se rendre compte de l'évolution du rapport hommes/femmes.

Cette oeuvre s'articule aussi autour de deux thématiques fortes: le deuil et le mariage. Rien de bien étonnant, étant donné que nous sommes plongés dans une histoire de famille. Ce qui m'a en revanche frappé, c'est l'idée qu'il n'y pas de mariage heureux. En effet, aucune des unions décrites ne fonctionne. Toutes sont empreintes d'échec et de tristesse.

Malheureusement, je n'ai pas accroché avec les personnages principaux. Peut-être car je les ai trouvés un peu trop nombreux et certains, à l'instar d'Emilia, pas assez exploités.

De même, le style de l'écrivaine m'a a semblé parfois trop décousu. Certains passages m'ont paru aussi de trop.

En outre, je me suis sentie à certains moments perdue en raison de tous les retours en arrière et les sauts d'un protagoniste à l'autre.

Bref, vous l'aurez compris: je ressors de cette fresque familiale avec un avis mitigé.

JC Lattès, 2012, 22,50 €