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07/05/2014

Challenge Première Guerre Mondiale-Récapitulatif

Challenge Première Guerre mondiale-Récapitulatif

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Voici le récapitulatif des participants et des billets autour du Challenge Première Guerre mondiale.

Si vous voulez nous rejoindre plus tard, n'hésitez pas!

Niveau Louis Pergaud:de 1 à 4 billets

Amosme

Billet de présentation

Eline

Billet de présentation

Niveau Charles Péguy: de 5 à 10 billets

Anne-Sophie

Billet de présentation

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

Fanny

Billet de présentation

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

Ingrid

Billet de présentation

Mon père est parti à la guerre de John Boyne

Une lettre de vous de Jessica Brockmole

Des vies derrière soi de Maxime Altero

Tia

Billet de présentation

Mon père est parti à la guerre de John Boyne

Niveau Alain-Fournier: de 10 à 15 billets

Constance

Billet de présentation

Lucie Chipounette

La chute des géants de Ken Follett

Rendez-vous au chemin des dames de Yves Pinguilly

Niveau Guillaume Apollinaire: plus de 15 billets

Bianca

Billet de présentation

14 de Jean Echenoz

Par un matin d'automne de Robert Goddard

Les carnets de guerre de Victorien Mars de Maxence Fermine

La chambre des officiers de Marc Dugain

Les âmes grises de Philippe Claudel

Mes soeurs et moi de Judith Lennox

Bifteck de Martin Provost

Dernier été à Mayfair de Theresa Revay

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

Céline

Billet de présentation

La chambre des officiers de Marc Dugain

La chute des géants de Ken Follett

Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot

Au-revoir là haut de Pierre Lemaître

Loucy

Billet de présentation

Mon père est parti à la guerre de John Boynes

14-18 une minute de silence pour nos arrière- grand-parents courageux de Thierry Dedieu

Léon et Louise de Alex Capus

 

 

 

30/04/2013

Jane Eyre de Charlotte Brontë

Jane Eyre

de

Charlotte Brontë

jane eyre,charlotte brontë

"Il était impossible de se promener ce jour-là. Le matin, nous avions erré pendant une heure dans le bosquet dépouillé de feuilles; mais, depuis le dîner (quand il n'y avait personne, Mme Reed dînait de bonne heure),le vent glacé d'hiver avait amené avec lui des nuages si sombres et une pluie si pénétrante, qu'on ne pouvait songer à aucune excursion"

Orpheline depuis son plus jeune âge, Jane Eyre a été recueillie par sa tante, la revêche Mme Reed. Cette dernière, ne la supportant plus, la place à l'orphelinat de Lowood. Les années passent...Jane grandit et se met à chercher un emploi de gouvernante. C'est ainsi que Mme Fairfax l'engage pour s'occuper de la jeune Adèle au manoir de Thornfield.

Jane se sent très vite chez elle là-bas. Quelques mois après son installation, elle fait la connaissance du propriétaire des lieux, le ténébreux Mr Rochester...

 

jane eyre,charlotte brontë

J'avais adoré Jane Eyre lorsque je l'ai lu la première fois, au début de mon adolescence. Depuis, j'ai regardé de nombreuses adaptations telles que celle avec Charlotte Gainsbourg ou la plus récente avec le très séduisant Michael Fassbender.

 

jane eyre,charlotte brontë

Aussi, quand Bianca m'a proposé une lecture commune, je me suis empressée d'accepter. Et je me suis replongée avec plaisir dans ce roman.

Dès les premières pages, j'ai été de nouveau frappée par le "je"narratif. Tout au long du parcours, on suit une héroïne qui s'exprime à la première personne et nous parle de sa vie. Ce schéma de narration confère un aspect très féministe à cette oeuvre, publiée en 1847, en pleine période victorienne.

Jane connaît une enfance très malheureuse, auprès des Reed. Elle a perdu ses parents alors qu'elle était bébé et a été confiée au frère de sa mère. Sur son lit de mort, ce dernier a fait jurer à sa femme de prendre soin de l'orpheline. Mme Reed s'est chargée d'elle avec réticence et la brime sans cesse. De même, elle est persécutée par ses cousins. Une crise de rebellion plus forte que les autres la conduit à être sévèrement punie. En effet, à dix ans, elle se retrouve enfermée dans la chambre rouge, celle où son oncle a rendu l'âme. Privée de lumière, elle commence à se raconter des histoires et croit voir des fantômes...Cette épreuve la rend même malade.

Quelque temps après, sa tante décide de la placer à l'orphelinat Lowood, dirigé par Mr Brocklehurst. Les conditions de vie sont épouvantables là-bas: on affame les enfants, le froid se fait en permanence ressentir...Et les épidémies sont courantes. L'une d'entre elles va d'ailleur coûter la vie à plusieurs pensionnaires.

Cette partie m'a énormément marquée. Elle témoigne de la pauvreté dans laquelle certains enfants pouvaient être élevés. Elle sonne d'autant plus juste que Charlotte Brontë a elle-même connu cette situation. En effet, à l'âge de huit ans, elle est entrée avec ses trois soeurs aînées dans un pensionnat pour enfants de membres du clergé peu fortunés. Tout comme à Lowood, la nourriture et l'hygiène étaient quasi inexistantes et deux des soeurs en ont même perdu la vie.

Suite à cette épidémie, l'infâme Mr Brocklehurst doit réviser ses méthodes d'éducation. Le sort de Jane et de ses comparses s'améliore. Les années passent et bientôt, Jane, si elle ne veut rester à Lowood, doit chercher un emploi. Elle passe une annonce et se retrouve ainsi gouvernante auprès de la jeune Adèle au manoir de Thornfield.

Les mois s'écoulent paisiblement...Et un jour, paraît au manoir Mr Rochester. Très vite, Jane et lui se rapprochent.

Bien entendu, c'est cette partie qui m'a le plus intéressée. J'ai beaucoup aimé les échanges entre ces deux protagonistes. A cet aspect romantique se superpose une pointe de mystère. En effet, dès son arrivée, Jane a remarqué l'étrange Grace Poole. Une femme à laquelle elle prête un rire dément

"Au moment où je passais, un éclat de rire vint frapper mes oreilles. C'était un rire étrange, clair, et n'indiquant nulle joie [...]le bruit cessa quelques instants; puis recommença plus fort[...] cette fois, c'était un accès bruyant qui semblait trouver un écho dans chacune des chambres solitaires"

Ce rire s'accompagne bien vite de déplacements étranges, d'un incendie inexpliqué...Tous ces éléments confèrent une tonalité gothique à ce roman.

Jane quitte un jour le manoir (je vous laisse découvrir pourquoi) et se retrouve chez Saint-John et ses soeurs. Une partie qui m'a profondément ennuyée et dont j'avais évacué le souvenir à la première lecture. Sans doute car je la trouvais beaucoup trop moraliste. J'en suis même venue à détester le personnage de Saint-John, ce parangon de vertu glacial.

Certains passages m'ont également semblé trop datés:

"Il aurait été impossible de trouver chez aucun fermier anglais des jeunes filles plus décentes, plus respectables, plus modestes et mieux élevées; et c'est beaucoup dire: car, après tout, les paysans anglais sont les mieux élevés, les plus polis et les plus dignes de toute l'Europe. J'ai vu depuis des paysannes françaises et allemandes; les meilleures m'ont paru ignorantes, grossières et stupides, comparées à mes enfants de Morton" (NB: les Français en prennent souvent pour leur grade)

Il n'en demeure pas moins que Jane Eyre, même s'il n'a pas été un coup de coeur, demeure un grande oeuvre pleine de romantisme échevelé (l'histoire du cri). Mais aussi un très beau portrait d'héroïne en quête de bonheur et d'indépendance. Et une description très réussie de la condition des femmes dans les années 1840 (le veuvage, la folie, la nécessité de travailler quand on est pauvre, l'importance de l'apparence physique...)

Bref, vous l'aurez compris: ce roman ne m'a pas transportée comme lors de ma première lecture. Mais mon coeur de midinette aime toujours autant l'histoire entre Jane et Rochester. Si seulement on ne passait pas autant de temps en compagnie de ce raseur de Saint-John Rivers...

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca et des challenges des 100 livres à avoir lu, victorien, God save the livre 2013, des romans cultes, Au service de et la plume au féminin 2013.

 

Pocket, 2012, 760 pages, 3,90 €

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27/02/2013

Le Train de 16h50

Le Train de 16h50

de

Agatha Christie

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"Le souffle court, Mrs McGillicuddy trottinait le long du quai à la poursuite de son porteur. Mrs McGillicuddy était courtaude et replète, le porteur était grand et avançait à longues enjambées. S'il s'était chargé de la valise, Mrs McGillicuddy, qui venait de faire ses achats de Noël, croulait sous le poids d'une multitude de paquets. La lutte était donc inégale et Mrs McGillicudddy amorçait tout juste la ligne droite que déjà l'homme disparaissait, avalé par une courbe à l'autre extrémité du quai"

Le train démarre. Après un léger assoupissement, Mrs McGillicuddy se met à observer le paysage. Puis, elle remarque un train qui semble faire la course avec le sien. En observant de plus près, elle aperçoit, dans un compartiment, une femme étranglée par un homme brun. Elle avertit immédiatement le contrôleur, ainsi qu'à la station suivante le chef de gare.

Le voyage se poursuit. Mrs McGillicuddy est attendue dans le village de St Mary Mead où réside sa vieille amie Miss Marple.

"Oh, Jane! Je viens d'assister à un meutre"

Le lendemain matin, les deux vieilles demoiselles s'attendent à voir l'assassinat à la une des journaux. Mais rien...Elles alertent la police qui ne trouve pas de corps et pense que Mrs McGillicuddy a "exagéré la gravité [...] de la scène qu'elle a décrite"

Toutefois, Miss Marple ne se laisse pas décourager....Et elle débute, avec l'aide de Lucy Eyelesbarrow, une de ses jeunes connaissances, sa propre enquête.

 

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En voyant Bianca parler de la Dernière énigme, j'ai eu très envie de me plonger à mon tour dans un Agatha Christie. Adolescente, j'adorais cet auteur et j'avais dévoré plusieurs volumes des aventures du célèbre détective belge. Mais, autant j'avais une vraie prédilection pour Hercule Poirot, autant je n'étais pas du tout attirée par les intrigues mettant en scène Miss Marple. Je la trouvais trop envahissante, trop fouineuse...

Et ce roman m'a prouvé que j'avais tort. Je resterai toujours fidèle à Hercule mais je me permettrai quelques incursions dans l'univers de Jane.

J'ai trouvé le point de départ de l'intrigue très fort: un témoin assiste à un meutre commis dans un train, aucun corps n'est retrouvé et tout reste à trouver prouver.

Les premières démarches n'aboutissent à rien. L'amie de Miss Marple aurait-elle rêvé? Notre enquêtrice est certaine du contraire

"Posément, comme un général projetant une campagne [...], Miss Marple passa en revue les éléments, qui plaidaient en faveur d'une initiative de sa part , et ceux qui s'y opposaient. Dans la colonne des "pour", on relevait:

1. Ma longue expérience de la vie et de l'âme humaine

2.Sir Henry Clithering et son filleul (aujourd'hui à Scotland Yard si je ne m'abuse)

3. Le deuxième fils de mon neveu Raymond, David, qui travaille, j'en suis pratiquement certaine, dans les chemins de fer britanniques

4. Leonard, le fils de Griselda, qui est si calé en cartes géographiques"

Une fois son plan de bataille établi et ses premiers pions avancés, Miss Marple va rechercher l'aide d'un alliée. Elle la trouve en la personne de Lucy Eyelesbarrow, son ancienne garde-malade. Cette jeune femme se fait engager au manoir de Rutherford Hall comme gouvernante/cuisinière.

Ce domaine pourrait, en effet, abriter le corps mystérieusement volatilisé. Lucy se met donc en quête d'indices, observe attentivement ses employeurs...

Comme vous vous en doutez, cette persévérance va se révéler payante...Bien vite, Lucy découvre un cadavre. Et l'enquête officielle peut enfin démarrer. Reste à déterminer l'identité de la victime étranglée et bien entendu, du coupable.

Les investigations se poursuivent, les meurtres se multiplient, les fausses pistes s'enchaînent...Et la reine du crime se montre de nouveau à la hauteur de sa réputation. Jusqu'aux dernières pages, je n'ai pas soupçonné l'identité du meutrier.

J'ai beaucoup aimé l'idée de Miss Marple ayant besoin de quelqu'un pour la seconder. Le choix d'une jeune aide apporte un peu de piment, dans le sens où elle va faire tourner bien des têtes à Rutherford Hall. C'est d'ailleurs un des éléments que j'apprécie chez Agatha Christie: outre sa faculté à construire des intrigues incroyables, elle imagine de jolies histoires de coeur.

De plus, les personnages secondaires m'ont beaucoup intéressée. Certains de leurs défauts (la radinerie du père que l'on retrouve chez deux des rejetons) m'ont bien amusée.

Même si elle est sans doute moins présente que dans d'autres tomes, Miss Marple interagit avec eux, notamment lors d'une scène de thé où l'écrivain montre tout son talent pour décrire l'hypocrisie de la bonne société. Mais notre héroïne n'est pas dupe. Elle observe, comprend et analyse avec un grand discernement les relations entre chacun. Pour émettre ses jugements, elle a souvent recours aux comparaisons avec les habitants de son village (un tic qui m'agaçait au plus haut point quand j'étais adolescente mais qui m'a fait sourire à plusieurs reprises lors de cette lecture)

"Savez-vous à qui vous me faites penser? Au jeune Thomas Eade, le fils de mon directeur de banque. Il adore choquer son monde"

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman policier habilement construit et plein d'humour so british. Ce ne sera définitivement pas la dernière aventure de Miss Marple dans laquelle je me lancerai!

Le Livre de Poche, 2009, 254 pages, 5,20 €

Lu dans le cadre du challenge Au service de... et du challenge God save the livre 2013 d'Antoni.

 

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