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Douce de Sylvia Rozelier

Douce

de

Sylvia Rozelier

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"La première fois que je t'ai vu, rien. Aucune inclination amoureuse, attirance, regards qui en disent long, tressaillement, accélération du rythme cardiaque, aucun signe ne pouvait nous laisser penser à cet instant, ni d'ailleurs quelques semaines plus tard, qu'un amour allait naître de notre rencontre, encore moins que cet amour occuperait notre vie, au point qu'elle n'en serait plus une véritable, morcelée, incendiée, dédoublée, que chacune de nos existences se trouverait bouleversée par cette sorte d'amour qui nous serait tout. L'amour ou."

A son travail, l'héroïne rencontre un homme. Un homme qui a priori n'a rien pour lui plaire. Pourtant, cet homme va lui inspirer une véritable passion. Et c'est ce récit qu'elle nous livre dans Douce.

A 19 ans, lors de vacances chez une amie, je me souviens avoir pris par hasard sur les étagères de sa bibliothèque familiale, Passion simple d'Annie Ernaux. Et d'avoir vécu un de mes plus beaux éblouissements littéraires. Comme si le monde de l'amour qui s'ouvrait juste pour moi prenait tout son sens dans cette attente emplie de désir, dans ces palpitations de la chair et dans ces brûlures du cœur.

Je n'avais pas spécialement prévu de lire Douce de Sylvia Rozellier. Du moins pas pour le moment. Et puis, lors de mes vacances à Bordeaux, j'ai été attirée par ce titre-là au rayon littérature française. Je l'ai ouvert et dès les premières signes, j'ai su qu'il fallait que je me le procure. Immédiatement. Il a attendu bien sagement mon retour chez moi. Et lors de ce samedi de mai aux allures de Toussaint, je l'ai ouvert et je ne l'ai refermé qu'une fois achevé. Tant j'avais été happée par cette chronique d'un amour absolu. Tant j'avais retrouvé les sensations qui m'avaient accompagnée lors de ma lecture de Passion simple.

Chez Sylvia Rozelier, ce qui frappe de prime abord, c'est sa musique. Cette façon qu'elle a de former ses phrases et d'épouser avec elles les moindres oscillations de nos êtres. Comme si elle savait retranscrire tout ce qui peut nous habiter voire nous hanter quand notre cœur ne nous appartient plus. Quand nous nous dépossédons de tout  pour faire corps avec l'autre. Comme si seul lui comptait. Comme si il fallait s'aliéner face à sa puissance.

Dans Douce, elle retrace toutes les étapes de la passion. De cette première rencontre non évidente à cette première fois. Des premières déclarations aux premières compromissions. Des mensonges aux trahisons. Le lecteur est entraîné dans ce tourbillon jusqu'à l'oubli de soi. Il vibre à l'unisson de ces deux personnages. Sortes de miroirs de lui-même et de tous ceux qui ont connu au moins une fois dans leur existence les ravages passionnels.

Ce livre, il vibre à chaque mot. 

Ce livre, il est empli de sensualité, de chair, de vie, de deuil, de larmes et de joie.

Ce livre, c'est l'histoire d'un très grand amour, infiniment destructeur mais que beaucoup rêvent d'expérimenter au moins une fois.

Ce livre, il parle de toutes ces choses infimes qui nous occupent quand elles viennent de l'objet aimé ou sont liées à lui.

Ce livre, il parle de souffrance et d'absence. De toutes ces brisures de notre âme qui peu à peu, nous anéantissent.

Ce livre a été pour moi un des plus beaux que j'ai jamais lus sur la passion. Entre l'espace-temps de ses pages, j'ai aimé, j'ai souffert et je me suis retrouvée. Rares sont les ouvrages qui savent aussi bien parler de nos fêlures et de ce qui fait battre nos cœurs.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai tant aimé cette radioscopie d'une passion. Et je sais déjà que je me plongerai prochainement dans les deux précédents ouvrages de Sylvia Rozelier.

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