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13/07/2018

Rendez-vous avec le mal de Julia Chapman

Rendez-vous avec le mal

de

Julia Chapman

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"-Elle essaie de me tuer!

Au désespoir, Samson O'Brien résista à la tentation de se prendre la tête dans les mains. Les jointures blanchies par l'effort, il resserra sa prise sur son stylo à bille et sourit à la vieille dame, assise face à lui.

-Madame Shepherd, commença -t-il, je ne crois pas que...

-Mais si! J'en suis sûre, le coupa-t-elle. Je l'ai vue, vous comprenez. Et maintenant, elle veut que je disparaisse."

Un matin, à l'Agence de Recherche des Vallons, Samson O'Brien reçoit Mme Shepherd. Cette pensionnaire de la maison de retraite de Fellside Court est persuadée qu'on en veut à sa vie. Parce qu'une montre a disparu. Parce qu'elle a aperçu une chevelure blonde dans les couloirs la nuit. Plus elle fournit d'explications, plus elle semble s'embrouiller...Et plus, notre détective peine à la croire. Et si cette vieille dame ne perdait pas tout simplement la tête?

Pour cette raison, Samson refuse l'affaire. Aussi, quelques jours plus tard, quand il apprend le décès de celle qui aurait pu être sa cliente, les regrets l'assaillent...Malgré les déclarations du coroner, il décide donc de mener sa propre enquête et de faire la lumière sur les drames qui s'enchaînent à Fellside.

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Au début du mois de mai, j'ai eu l'occasion de découvrir Rendez-vous avec le crime et de vous en parler sur le blog. En dépit d'une introduction un peu longue, j'avais vraiment apprécié ce premier opus et cette première rencontre avec Samson, Delilah et les autres habitants de Bruncliffe. Aussi, lorsque j'ai reçu ce deuxième tome, je me suis immédiatement plongée dedans.

Cette fois-ci, l'aspect introductif est complètement gommé. Et, dès les premières lignes, par un jeu de dialogues, nous voilà immergés dans une des deux enquêtes qui vont occuper Samson et sa propriétaire Delilah. Même si, de prime abord, notre héros refuse de prendre au sérieux les déclarations de Madame Shepherd, la disparition brutale de cette dernière va l'amener à réviser ses doutes.

Quelques instants plus tard, un second client se présente: son bélier reproducteur aurait disparu. A la charge de Samson de le retrouver.

Deux pistes à suivre, deux lieux bien distincts: une maison de retraite et les champs de Bruncliffe, plusieurs acteurs qui interagissent...Tel est le défi narratif que s'est fixé Julia Chapman. Ce parti pris m'a totalement convaincue. Il nous permet d'explorer plusieurs strates sociales et géographiques de ce petit village du Yorkshire. De plus, s'entremêlent ainsi plusieurs registres. A une certaine tendresse vis-à-vis des occupants de Fellside Court répond un regard cocasse sur les "pieds nickelés" de la ferme.

Même si j'ai trouvé l'intrigue policière concernant la maison de retraite plus aboutie, je ne regrette pas la seconde qui m'a fait beaucoup rire et qui apporte un autre éclairage sur Samson, ce fils de fermier et sur son village d'enfance.

Une des qualités de cette série réside certainement dans sa galerie de personnages et dans l'évolution de leurs interactions. Loin de brusquer de possibles évolutions, l'autrice prend son temps. Des liens se renouent petit à petit, des revirements ont lieu...Et tout sonne juste. On prend plaisir à faire plus ample connaissance avec chacun de ces protagonistes. La dernière page tournée, on les quitte d'ailleurs à regret.

Les ingrédients du "cosy mystery" sont toujours bien présents. Cependant, notamment par le biais de Delilah et de ses gagdets, un certain vent de modernité souffle et "dépoussière" les traditionnelles enquêtes autour d'une tasse de thé.

Bref, vous l'avez compris: une fois encore, j'ai passé un très bon moment à Bruncliffe. Vivement novembre pour la suite!

Un grand merci à Filippa et aux éditions Robert Laffont pour cet envoi!

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec mon amie Bianca.

La Bête noire, Robert Laffont, 2018, 391 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20/06/2018

Agatha Raisin tome 11 L'enfer de l'amour

Agatha Raisin tome 11: L'enfer de l'amour

de

M.C Beaton

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" Le mariage idéal-comme un rêve devenu réalité. Agatha Raisin avait enfin convolé avec l'objet de tous ses fantasmes, son voisin James Lacey, et pourtant le bonheur n'était pas au rendez-vous."

Malgré les exhortations de ses amis Mrs Bloxby et de Sir Charles, Agatha a épousé James Lacey. Pour le pire mais surtout pour le meilleur. Très vite, des ombres viennent entacher leur union: James refuse qu'elle travaille ou n'accepte pas de partager son cottage. Il se rapproche également de Melissa. Ce qui suscite maintes crises et remises en question chez Agatha.

Jusqu'au jour où James disparaît. Laissant derrière lui sa maison saccagée.

Tout se complique encore plus quand le cadavre de Melissa est retrouvée chez elle. Et si James avait pris la fuite en raison de sa culpabilité?

Passé l'abattement premier, Agatha décide de tout entreprendre pour disculper son mari. Heureusement, lors de ses investigations, elle peut compter sur le fidèle Sir Charles.

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Cela faisait quelque temps que je ne vous avais pas parlé de cette chère Agatha. Pourtant, je continue à suivre ses tribulations, tantôt en anglais, tantôt en français.

Dans cette nouvelle aventure, notre héroïne m'a fait furieusement penser sur certains plans à Scarlett O'Hara. Comme cette dernière, elle a toujours voulu James. Malgré l'antagonisme de leurs caractères...Malgré leurs désirs radicalement opposés...James restait son objectif. D'autres hommes passaient dans sa vie, plus assortis mais elle les repoussait pour son cher voisin. D'ailleurs, si je filais encore plus la métaphore, je dirais que, par rapport à Agatha, James serait Ashley et Sir Charles Rhett.

Ce ressort m'a paru encore plus évident dans cet opus. Le mariage avec James apporte son lot de désillusions à Agatha. Et quand James part, Sir Charles apparaît. Pour l'accompagner, la soutenir. Sans jamais la juger. Je ne sais pas ce que MC Beaton réserve à l'avenir pour ces deux protagonistes mais j'aimerais les revoir plus souvent ensemble ou même assister à leur rapprochement. Affaire à suivre...

Comme vous l'avez compris, j'apprécie donc beaucoup le duo Agatha/Sir Charles. Non seulement MC Beaton donne un tournant intéressant à leurs relations, mais elle place leur paire sous le signe de l'humour. Comme pour le tome à Malte, leur répliques font toujours mouche. Et on les regarde évoluer, le sourire aux lèvres.

Un des autres atouts de cette série réside dans la galerie des personnages qui évolue autour de nos héros. Au fil des tomes, nous avons appris à mieux connaître Mrs Bloxby, Bill Wong, Roy Silver... Et, maintenant, quand ils apparaissent, ils semblent familiers. Comme des cousins éloignés qu'on verrait de temps en temps et qu'on aurait plaisir à redécouvrir autour d'une tasse de thé.

Une fois encore, l'ambiance d'un petit village anglais m'a semblé très bien retranscrite. Entraide, potins, jalousie, disputes et rabibochages restent toujours les maître mots.

En revanche, j'ai trouvé que l'intrigue policière passait trop au second plan. Certes, la mort de Mélissa et les entretiens avec ses précédents époux présentent un contrepoint intéressant à l'union ratée de James et Agatha. Comme une sorte de miroir déformant de leur propre enfer conjugal. Cet effet se révèle très intéressant. Néanmoins, comme l'enquête se centre surtout sur les dérives psychologiques de la victime et les brutalités de ses maris, il y a moins de rebondissements ou de chausse-trappes. Et la résolution arrive de façon trop abrupte. J'espère que MC Beaton parviendra à recréer un équilibre entre la dimension relationnelle et l'aspect policier dans les prochains livres.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai apprécié cette excursion dans les Costwolds et je retrouverai avec grand plaisir Agatha Raisin pour une douzième aventure.

Un grand merci à Mariane et aux éditions Albin Michel pour cet envoi!

Albin Michel, 2018, 353 pages

 

 

 

 

 

 

04/05/2018

Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman

Rendez-vous avec le crime

de

Julia Chapman

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"Brouillard. Brume. Ou même bruine. Un nuage épais s'enroule comme une écharpe autour du réverbère de la gare, assourdit sa lueur. Sortis de nulle part, des rails jumeaux émergent de la purée de pois, tandis que le néant avale doucement le bout du quai. L'endroit se trouve trop loin de la mer pour que ce soit le haar ou le fret-comme on appelle localement la brume marine apportée par le vent d'est-mais quel que soit le nom qu'on lui donne, cela confère à l'ombre sombre de ce début de matinée des relents de mort."

Richard Hargreaves attend sur un quai de gare, au petit matin. Mais, au moment où arrive son train, une ombre surgit dans son dos et le pousse sur la voie. Personne n'a assisté à ce crime et tout le monde est persuadé que le défunt s'est suicidé. Tout le monde....sauf ses parents. Sa mère profite du retour de Samson O' Brien, un ancien flic, qui a décidé de se lancer dans une carrière de détective et d'ouvrir une agence dans son village natal. Elle lui confie sa première enquête et le conjure de trouver la vérité.

Notre héros se lance donc à corps perdus dans son investigation. Richard Hargreaves n'est pas le seul mort récemment. Un randonneur et un ouvrier agricole ont aussi péri dans ce qui semble être des accidents.

Le point commun de ces trois hommes: tous les trois se sont inscrits au même site de rencontres amoureuses et ont participé au même speed dating. Ce site est tenu par Delilah, la propriétaire du local de l'agence de détectives. Une ancienne amie de Samson qui nourrit de forts ressentiments à son égard.

Pourtant, ils vont conjuguer leurs forces et tenter tous les deux de comprendre qui frappe les membres du site.

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Comme vous le savez peut-être déjà, j'aime beaucoup les aventures d'Agatha Raisin. J'en ai déjà parlé d'ailleurs à plusieurs reprises sur le blog. Aussi, quand j'ai vu qu'une nouvelle série, dans l'esprit "cosy mystery" allait être publiée à la Bête noire, j'ai été ravie. Je tiens à remercier les éditions Robert Laffont pour leur envoi. Aussitôt reçu, aussitôt entamé.

Pour tout vous confesser, j'ai mis quelques chapitres à entrer pleinement dans l'intrigue. En effet, malgré la scène choc du prologue, j'ai trouvé que l'histoire tardait à prendre de l'ampleur. En revanche, dès que cela a été le cas, j'ai été captée et je n'ai pas pu m'arrêter.

Cette entrée en matière un peu plus ardue tient sans doute au caractère introductif de ce tome. Comme il s'agit du premier livre, nous sommes invités à faire connaissance avec tous les personnages et avec Bruncliffe, leur village du Yorkshire. Il faut prendre la mesure de chacun et s'habituer à ce nouveau lieu. Une fois tous ces éléments posés, l'envie de rester là-bas avec toute la communauté se fait tellement forte que les dernières pages se tournent à regret.

Dans cette enquête, il y a deux héros: Samson et Delilah. J'ai jugé ce choix de prénoms intéressants car il m'a fait penser à la Bible. Et je me demande si, comme dans cette histoire, Delilah va trahir Samson et choisir le camp de ses ennemis. Ou, au contraire, si l'autrice va prendre le contrepied de cette légende et en faire une alliée de Samson, envers et contre tout.

Tout part mal entre eux au début de cet ouvrage. Samson, sorte de fils prodigue, est parti il y a des années du village et il n'est jamais revenu, malgré la mort de son meilleur ami, le frère de Delilah. Tout le monde, à commencer par notre héroïne, le considère comme un traître. En découlent certaines scènes villageoises très drôles.

Mais, sans le savoir, Delilah a accepté Samson comme locataire de son rez-de-chaussée. Cette proximité forcée va les rapprocher. Tout sonne juste entre eux et on sent que Julia Chapman se réserve le droit d'explorer plusieurs pistes relationnelles dans les opus suivants. J'ai hâte de savoir ce qu'ils deviendront l'un pour l'autre.

Autour d'eux, gravite toute une galerie de protagonistes savoureux. Certains ne sont encore qu'esquissés, d'autres, au contraire, sont approfondis. Je pense notamment à Ida Capstick, la femme de ménage de Delilah. Elle m'a fait beaucoup rire et j'apprécie sa générosité bourrue.

Pour nous dérouler le fil de son intrigue, l'autrice a choisi une structure narrative chorale. Même si on entend surtout les points de vue de Samson et Delilah, se greffent parfois ceux d'Ida, de certaines victimes ou même du meurtrier. Ainsi, le lecteur est toujours tenu en haleine et il en apprend plus sur chacun de ses narrateurs.

L'équilibre entre mystère et humour est bien respecté. Aux scènes comiques se succèdent des séquences qui relancent l'enquête. Celle-ci m'a semblé maîtrisée. Cependant, je dois confesser que, vers la fin, je me doutais de l'issue et mes suspicions se sont avérées justes.

De même, la description de la vie dans un petit village constitue une réussite. On sent bien le poids de la communauté (dans le rejet quasiment en bloc de Samson dans les premiers chapitres) et en même temps, le soutien qu'elle représente pour ceux qui en font partie. Le chemin des rumeurs est également dépeint avec beaucoup de véracité. Tout comme les événements qui rythment les semaines à Bruncliffe (le tournoi de fléchettes)

Bref, vous l'aurez compris: j'ai vraiment passé un très bon moment avec Samson et Delilah et j'ai hâte de les retrouver dans un prochain titre. Si, comme moi, vous êtes fans de résolutions de meurtres à l'heure du thé et d'humour so british, n'hésitez pas à prendre ce rendez-vous avec le crime.

Robert Laffont, 2018, 383 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec mon amie Bianca