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07/04/2017

Nuage d'Alice Brière-Haquet

Nuage

un album d'Alice Brière-Haquet

illustré par Monica Barengo

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"Il y a des matins comme ça où ça ne va pas, on ne sait pas pourquoi.

Dès le réveil, un nuage dans la tête nous cache le soleil.

On voudrait l'ignorer, se contenter de passer...

Mais son ombre se pose même sur les jolies choses."

Parfois, un nuage se pose sur nos têtes, sans que l’on sache pourquoi. Parfois, il s’évanouit. Parfois, au contraire, il s’installe pour une journée et embrume notre cœur ou nos pensées. Avant de disparaître le lendemain et laisser, entre le cœur et la tête, une fleur qui s’est ouverte.

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Cet album aborde la thématique des ennuis et des chagrins qui peuvent obscurcir nos quotidiens. Heureusement, après la tempête, vient souvent l'éclaircie...

J'ai été immédiatement conquise par le sujet. Quel joli choix de métaphore filée que ce nuage pour parler de ces soucis qui nous occupent parfois. Chaque phrase, chaque mot sonnent juste. Ils se font tour à tour pudiques ou sensibles. Les silences s'installent entre les pages pour mieux laisser glisser tous ces non-dits, tous ces souvenirs, tous ces regrets qui forment nos perturbations météorologiques internes.

"Lorsqu'il pleut un peu trop fort, forcément, ça déborde. Alors, il se peut qu'une goutte ou deux se glissent dans nos yeux."

On s'immerge avec bonheur dans cet océan de poésie et de douceur.  Un bonheur encore plus renforcé par les illustrations sépia, aux allures parfois de brume, qui ne rentrent pas toujours dans les pages.

Bref, vous l'aurez compris: je ne peux que vous recommander ce livre bijou.

EditionsPassePartout, 2016

 

 

19/01/2017

La Petite boutique des objets perdus d'Agnès de Lestrade, illustré par Sébastien Chebret

La Petite boutique des objets perdus

un album d'Agnès de Lestrade

illustré par Sébastien Chebret

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"Dans la petite boutique de Mara, on trouve des objets perdus. Pas perdus pour toujours puisque ici on les retrouve.

Sur les étagères de la boutique de Mara, les objets perdus attendent qu'on vienne les chercher.

Ils attendent des heures, des jours, des mois, parfois même des années."

Dans sa boutique, Mara recueille tous les objets perdus et espère qu'ils retrouveront leurs propriétaires.

Jour après jour, elle voit ainsi passer devant son comptoir des gens qui ont égaré leurs clés, leur chemin ou leur mémoire.

"Pour les clients fragiles, Mara a toujours un mot doux au bord des lèvres, une caresse au bout des doigts."

Mais derrière sa profonde empathie, Mara dissimule aussi des blessures....

Un soir, une vieille dame pousse la porte de son magasin. Dans ses mains, elle tient "un objet chaud [qui] sent bon la terre, gigote, palpite..." et le confie à notre héroïne.

"Je me demande comment on vit quand on a perdu son cœur, chuchote la vieille dame en sortant."

Cet album, je l'ai découvert par hasard, en farfouillant dans les rayons d'une librairie. C'est le titre qui a retenu mon attention...Je l'ai donc ouvert et, aussitôt, la magie a opéré...

Comme souvent, j'ai été happée par l'infinie poésie du texte d'Agnès de Lestrade.

En quelques phrases, elle nous dépeint une île refuge dans une petite ville comme beaucoup d'autres. Une île refuge où Mara, naufragée elle-même d'un drame, s'est abritée et aide les autres à récupérer ce qu'ils ont égaré.

S'ensuit un défilé de clients aux problématiques toutes différentes et pour lesquels il existe toujours une solution.

Cette succession de cas permet à l'auteur de jouer avec le langage, tantôt en reprenant des expressions courantes (avec le verbe perdre), tantôt en faisant appel à la connivence de son lecteur (le chat de la mère Michel).

Au fil des pages, on s'amuse donc. On s'attendrit. On s'émeut...

"Les deux lacs vides se remplissent de larmes."

Aux mots tout en finesse et en sensibilité répondent les illustrations réalistes de Sébastien Chebret. Même si je n'ai pas été forcément sous le charme des ses dessins, je trouve qu'ils apportent un contrepoids intéressant et qu'ils ancrent cette histoire dans un quotidien qui pourrait être le nôtre, avec des objets et des êtres chers perdus. La réflexion autour de cette thématique s'en trouve donc encore plus renforcée.

Bref, vous l'aurez compris: même s'il n'a pas été un coup de cœur, je vous conseille cet album optimiste, émouvant et qui ne vous laissera pas indifférent.

Alice Editions, 2016

 

25/10/2016

Chez moi de Davide Cali et Sébastien Mourrain

Chez moi

de

Davide Cali

illustré par Sébastien Mourrain

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"J'ai toujours eu du mal à considérer un lieu, une ville, une maison comme mon "chez-moi". Mais tout le monde a besoin d'avoir un "chez-soi", non?"

De la maison de son enfance à la capitale, de New York à une cabane de pêcheurs, on suit les différents "chez-soi"qui ont peuplé la vie du narrateur.

"Parfois, on a besoin de faire le tour du monde, simplement pour revenir au point d'où on est parti"

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Dans cet album, Davide Cali trace le portrait d'un artiste qui peine à trouver son "chez-soi". Au fil des années, il déménage ainsi de lieu en lieu, perpétuellement insatisfait. Jusqu'au jour où, peut-être, il trouve enfin un sens au mot "chez-moi". Pour combien de temps...nul ne le sait!

On suit avec beaucoup d'intérêt cette quête d'identité, cette redéfinition incessante des envies, ce besoin de s'ancrer quelque part et d'utiliser cette expression toute simple "chez-moi". Un "chez moi" dont la définition se fait autre selon l'âge qui passe, selon les expériences, selon les rencontres.

Forcément, cet ouvrage résonne en nous adultes, nous interroge sur notre vie, sur nos choix. Avec une infinie poésie.

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A chaque nouvelle destination, on marque une pause à l'aide d'une double-page d'illustrations qui nous permet de mieux saisir ce nouveau foyer du narrateur. C'est là d'ailleurs que le travail de Sébastien Mourrain revêt toute son importance. Il remplit les blancs laissés par Davide Cali dans son texte et nous permet, avec ses dessins tout en finesse et en sobriété, de mieux capter l'environnement de notre héros.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai beaucoup aimé cet album, à la fois poétique et porteur de sens. Et je ne pourrais que le conseiller à tous.

Actes Sud, 2016