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21/10/2017

Une colonne de feu de Ken Follett

 

Une Colonne de feu

de

Ken Follett

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« Nous l’avons pendu sur le parvis de la cathédrale de Kingsbridge. C’est là qu’ont habituellement lieu les exécutions. Après tout, si vous n’êtes pas capable de tuer un homme à la face de Dieu, mieux vaudrait sans doute ne pas le tuer du tout.

Le shérif l’a fait sortir du cachot de la halle de la guilde, mains liées dans le dos. Il marchait très droit, le visage pâle mais résolu, sans crainte.

La foule lançait des huées et des malédictions sur son passage. Il ne semblait pas la voir. Mais il m’a vu, moi. Nos regards se sont croisés et ce bref échange contenait toute une vie.

J’étais responsable de sa mort, et il le savait. »

Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge. Il espère pouvoir épouser Margery Fitzgerald. Mais certains puissants de sa ville natale en ont décidé autrement. Il se retrouve ainsi dans le camp adverse de son amour d’enfance. Et contraint face à la ruine de sa mère de rentrer au service d’Elisabeth, encore princesse. Et de devenir l'un de ses espions.

Nous suivons ainsi son parcours pendant plus de soixante ans. Soixante ans marqués par des complots, des trahisons, des coups bas, des actes de violence, des changements de règnes...

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J’attendais avec impatience la sortie de ce nouveau Ken Follett car j’ai toujours été intéressée par cette période troublée de l’Histoire. Grâce à Ned Willard et aux autres personnages qui gravitent autour de lui, nous assistons à maints événements déterminants : la Saint-Barthélémy, l’Armada, l’exécution de Marie Stuart, le complot de Guy Fawkes…. Et c’est là un des talents de cet auteur : il parvient à nous faire expérimenter tous ces épisodes, comme si nous étions à la fois spectateurs et même parfois acteurs.

Les pages se tournent toutes seules et nous naviguons de la Cour d’Angleterre à la Cour de France, des quartiers protestants de Paris aux ruelles de Séville…Nous croisons Elisabeth I, Mary Tudor, les Guise…Autant de noms rencontrés dans les pages des manuels d’histoire et qui prennent vie devant nous. J’ai été vraiment emportée par cette évocation.

A ces grands noms de l’Histoire s’entremêlent les personnages imaginés par l’auteur, sans que jamais cela paraisse surfait. Même si par rapport au déclenchement de la Saint-Barthélémy, j’ai eu un peu de mal à adhérer aux explications imaginées par Ken Follett. Certains de ses héros m’ont bien plu, notamment Ned Willard. Mais un des reproches que je pourrais faire est leur trop grand manichéisme. Comme dans les œuvres précédentes, il y a des vrais méchants, des méchants qui n’éprouvent jamais de culpabilité et enchaînent les mauvaises actions. Et face à eux des gentils, embourbés dans des dilemmes amoureux ou familiaux. Ce schéma somme toute classique peut lasser. Et j’aurais sans doute encore plus apprécié ce roman si les ressorts psychologiques avaient été plus fouillés.

L'écriture constitue un des autres bémols que j'aimerais souligner. Je l’ai trouvée parfois un peu trop simple.

Bref, vous l’aurez compris : malgré quelques réserves, je vous recommande vivement cette fresque passionnante.

Editions Robert Laffont, 2017, 922 pages

08/11/2016

Un Coupable presque parfait

Le Club des détectives Wells& Wong

tome 1:

Un coupable presque parfait

de

Robin Stevens

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"Ceci est le premier meurtre sur lequel ait jamais enquêté le club de détectives Wells& Wong, donc Daisy a bien fait de me fournir un nouveau carnet pour que je puisse y faire mon rapport. [...] J'imagine qu'il vaut mieux que j'inaugure ce nouveau carnet en donnant quelques explications à notre sujet. Daisy Wells est la présidente de notre club de détectives et moi, Hazel Wong, j'en suis la secrétaire. Daisy dit que cela fait d'elle Sherlock Holmes, et de moi Watson. Ce qui est probablement juste. Après tout, je suis bien trop petite pour être l’héroïne de cette histoire et a-t-on déjà entendu parler d'un Sherlock Holmes chinois?"

Depuis son arrivée au pensionnat de Deepdean au cours de l'année 1934, Hazel Wong voue une admiration très forte à Daisy Wells et la suit dans toutes ses entreprises. La dernière en date: un club de détectives qui entend résoudre tous les mystères de l'école. Les deux amies ont notamment résolu le vol de cravate de leur comparse Lavinia.

Jamais elles n'auraient, en revanche, imaginé s'attaquer à un vrai meurtre. En effet, en allant chercher son pull au gymnase, Hazel tombe sur le cadavre de Miss Bell, leur professeur de sciences. Elle alerte Daisy et quand elles reviennent sur les lieux du crime, le corps a disparu...Débute alors pour elle une enquête complexe et dangereuse.

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J'avais entendu parler de ce roman par ma copinaute Emjy et j'ai été ravie de voir qu'il avait été traduit en français par Flammarion.

Lorsque j'étais plus jeune, j'appréciais beaucoup les séries Fantômette, Alice...où les enquêtes étaient menées et résolues par des filles. Et, en ouvrant cet ouvrage et en faisant la connaissance de Daisy et d'Hazel, j'ai eu l'impression de retrouver mon âme d'enfant.

A la manière d'une aventure d'Holmes et de Watson dont les deux jeunes filles se réclament, la narration revêt la forme de souvenirs consignés par Hazel, le double du docteur. L'occasion de découvrir toutes les péripéties qui sont survenues lors de ce mois d'octobre 1934 à Deepdean.

J'ai adoré d'emblée l'ambiance de ce pensionnat que j'ai trouvée très bien retranscrite. Au fil des pages, on suit le quotidien des élèves, leurs cours, leurs repas, leurs farces, leurs actes de bravoure, leurs séances de spiritisme, leurs cancans, leurs parties de hockey... Comme si on était devenues l'une d'entre elles et que nous aussi nous étions amoureuses de l'"Unique" ou nous nous promenions dans les couloirs de leur école.

Cependant, l'atmosphère n'est pas le seul atout de ce premier livre de Robin Stevens. En effet, elle montre de grandes qualités stylistiques et parvient, tour à tour, à insuffler du suspense ou à nous faire rire.

Le mystère qui entoure la mort de Miss Bell est très bien mené et jusqu'au bout, on ne devine rien. Comme nos deux enquêtrices de choc, en somme...

De même, Un coupable presque parfait évite l'écueil du tome de présentation. Certes, on fait la rencontre des deux protagonistes principales et de leur entourage. Mais c'est tellement bien maîtrisé que l'action ne ralentit pas pour autant.

Un des autres points forts de ce livre réside justement dans la qualité de ses personnages, à commencer par le duo de choc Daisy/Hazel. Un duo dans la lignée de tous ces binômes classiques Holmes/Watson, Poirot/Hastings...Une façon de rendre hommage sans aucun doute à tous ces grands auteurs de romans policiers (tout comme la scène finale de confrontation ou la mention de Miss Marple). Néanmoins, cet hommage est quelque peu détourné car, dans cette équipe, j'ai jugé Hazel plus douée que sa chef. Elle dénoue beaucoup de fils de l'intrigue, même si elle ne s'en attribue pas le mérite, surtout au regard de Daisy.

On s'attache à elles deux, à leur histoire, à leurs différences (l'une vient d'une grande famille anglaise alors que l'autre a laissé la sienne à Hong Kong)...Tout comme on apprécie voir évoluer les autres pensionnaires et leurs professeurs. Chacun d'entre eux permet d'ailleurs à l'auteur de nous décrire certains aspects de la société anglaise de l'époque. (la difficulté de trouver un travail, le poids des regards sur les étrangers...)

Bref, vous l'aurez compris: Un coupable presque parfait se révèle une réussite et je ne pourrais que le conseiller à ceux qui sont fans comme moi des policiers à atmosphère, avec une bonne dose d'humour british et de suspense. Vivement le deuxième tome!!

Flammarion Jeunesse, 2016, 348 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Titine.

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29/08/2016

Les mots entre mes mains de Guinevere Glasfurd

Les Mots entre mes mains

de

Guinevere Glasfurd

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"Amsterdam, 1635

Je fais le tour de sa chambre à tout petits pas. Ce que je cherche n'est pas là. Son horloge, ses documents, le verre où il range ses plumes sont envolés, disparus. Si j'ai déjà vu cette pièce vide sans m'en alarmer, aujourd'hui, cela ne fait que raviver ma douleur. Ce n'est ni de l'argent ni un souvenir que j'espère trouver; ce sont des mots, un billet écrit de sa main. Il n'y a rien. Il est parti sans prendre congé et a emporté toutes ses affaires avec lui."

Helena Jans van der Strom officie comme servante d'un libraire anglais. Très vite, elle se démarque de ses comparses par ses capacités intellectuelles et apprend seule à lire et écrire. C'est ainsi qu'elle se fait remarquer par le philosophe René Descartes, venu séjourner chez son maître. Bientôt, une idylle entre ces deux êtres qu tout sépare, débute...Mais les obstacles sont nombreux...Et leur relation pourrait leur coûter très cher...

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Je n'avais pas du tout entendu parler de ce roman avant que Préludes ne le propose sur Netgalley. Et j'ai été immédiatement attirée par la couverture et le sujet.

Pour écrire son premier ouvrage, Guinevere Glasfuld s'est inspirée de faits réels: Descartes et Helena ont bien entretenu une relation. Mais, comme il ne reste que peu de documents sur cet amour, elle a pu s'accorder un certain nombre de libertés et remplir les blancs elle-même.

On suit ainsi les deux amants des balbutiements de leur attachement en 1634 à la mort du philosophe en 1650 à Stockholm. L'occasion pour le lecteur de se plonger dans les Provinces-Unies de cette époque et d'en apprendre plus tant sur le quotidien que sur l'effervescence intellectuelle de certains milieux.

Tout nous est raconté par les yeux de cette domestique pas comme les autres. A la fois, elle remplit ses fonctions et nous livre une description très intéressante de la vie de "ceux d'en bas". Et, en même temps, grâce à ses facultés hors normes, elle nous dépeint (sans que cela ne sonne jamais faux) la genèse du Discours de la Méthode et les nombreux débats en cours chez les lettrés du 17ème siècle.

Cette partie m'a vraiment plu. Tout comme je me suis intéressée au destin de cette femme et à sa lutte pour se débarrasser du joug qui pesait sur elle. Que ce soit par un attachement condamné. Ou que ce soit par sa volonté de publier elle-même des œuvres.

Les pages se tournent toutes seules, on ne s'ennuie jamais une seconde et on ressort de ce livre en ayant l'impression d'avoir appris beaucoup de choses sur l'existence de Descartes et sur cette période de l'histoire.

Néanmoins, j'ai été gênée par la trop grande ressemblance avec la Jeune fille à la perle de Tracy Chevalier.  En effet, j'ai trouvé que Griet et Helena avaient beaucoup de points communs, ne serait-ce que par leur caractère, la relation qu'elles tissent avec deux génies, leur curiosité intellectuelle...

Bref, vous l'aurez compris: si vous cherchez un roman historique à la fois bien documenté et plaisant à lire, Les Mots entre les mains est pour vous.

Merci à Préludes et à Netgalley pour cette incursion dans les Provinces-Unies du 17ème siècle!

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Titine.

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