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19/04/2018

La Disparition de Stephanie Mailer de Joël Dicker

La Disparition de Stephanie Mailer

de

Joël Dicker

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"A propos des événements du 30 juillet 1994.

Seuls les gens familiers avec la région des Hamptons, dans l'Etat de New York, ont eu vent de ce qui se passa le 30 juillet 1994 à Orphea, petite ville balnéaire huppée du bord de l'océan.

Ce soir-là, Orphea inaugurait son tout premier festival de théâtre, et la manifestation, de portée nationale, avait drainé un public important."

Ce soir-là, aux alentours de 20h, un homme cherchait désespérément sa femme partie courir et pas encore revenue. Elle allait être découverte morte devant la maison du maire. Victime sans doute d'avoir été le témoin de l'assassinat dudit maire et de sa famille.

Un coupable allait être trouvé. Mais 20 ans plus tard, lors du pot de départ d'un des inspecteurs chargés de l'enquête, une certaine Stephanie Mailer allait semer le doute. En affirmant que le meurtrier courrait toujours.

Alors, mystification d'une journaliste carriériste? Ou réelle révélation?

Les pistes allaient encore plus se brouiller suite à sa disparition...

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J'avais vraiment beaucoup aimé l'Affaire Harry Quebert. A la fois pour son intrigue alambiquée. Cette sorte d'immense labyrinthe où les impasses se multipliaient. Mais également pour la réflexion sur l'écriture et sur son pouvoir. Je me souviens encore du plaisir de me plonger dans cet ouvrage tous les soirs, pendant mon voyage à Amsterdam. Et de cette envie de n'arrêter qu'une fois l'énigme policière résolue. Aussi, j'ai été ravie de pouvoir emprunter ce nouvel opus dans ma médiathèque.

Comme pour le titre précédemment mentionné, Joël Dicker reprend le principe de deux schémas narratifs enchâssés: l'un qui se déroule dans le présent et l'autre dans le passé. On suit ainsi l'enquête autour de la disparition de Stephanie Mailer et, comme un écho, celle menée 20 ans plus tôt autour des tragiques quatre meurtres. Cette construction se révèle diablement efficace. En effet, elle maintient le lecteur en haleine et en même temps, elle nous éclaire sur la personnalité des différents protagonistes.

Les crimes ont été commis en 1994 lors du premier festival de théâtre d'Orphea. 20 ans plus tard, une menace de nouvelle "Nuit noire" plane sur les représentations de ce même festival. Je n'en dirai pas plus car je veux pas révéler les ressorts de l'histoire. Mais cet élément théâtral, au cœur de l'intrigue, se retrouve dans la structure du livre. Effectivement, le roman s'articule en trois parties: Dans les abysses, Vers la surface et Élévation. Trois parties qui nous font penser aux trois actes d'une pièce.

Dans ce drame en trois actes, le lecteur est confronté à une troupe conséquente. Les rôles sont nombreux, les tirades se succèdent et certains acteurs du passé deviennent véritablement des acteurs. Comme si la mise en abyme était poussée à son extrême.

Cette construction m'a beaucoup intéressée. Cependant, ce choix d'une distribution trop importante présente quelques bémols. En effet, je n'ai pas trouvé la psychologie toujours assez fouillée pour tous. Et certains des personnages m'ont semblé superflus. Comme si à trop multiplier les points de vue et les possibilités, l'auteur se perdait et nous perdait.

Pour nous conter la disparition de Stephanie Mailer, Joël Dicker recourt à une écriture cinématographique. Les plans s'enchaînent, les dialogues et les monologues aussi. Et voilà le lecteur totalement happé. C'est addictif: les pages se tournent toutes seules et on veut SAVOIR! COMPRENDRE! Jusqu'au rebondissement final...

Je dois avouer que je n'ai pas été complètement convaincue par les derniers chapitres. Certes, tout se tient et la résolution est bien ficelée. Néanmoins, certaines scènes m'ont paru de trop. Le ou les coupables s'étaient déjà dessinés et ces ultimes péripéties ne pouvaient plus perdre le lecteur. De même, l'épilogue final ne m'a pas emballée. J'apprécie l'idée de ne pas tout savoir du futur de ceux qui restent. Et de laisser libre cours à mon imagination.

Bref, vous l'aurez compris: malgré quelques réserves, ce roman a constitué un joli moment de lecture. Parfois, cela fait du bien de tout simplement se faire capter par une intrigue et de vouloir savoir à tout prix comment elle se finit.

Éditions de Fallois, 2018, 640 pages

Billet dans le cadre du challenge de Bianca Un pavé par mois

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09/05/2017

De l'arsenic pour le goûter

De l'arsenic pour le goûter

Une enquête trépidante du club Wells & Wong

de Robin Stevens

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"Il est arrivé quelque chose d'atroce à Mr Curtis.

Je suis étonnée que ça m'affecte autant. Si, ce matin, on m'avait demandé ce que je pensais de lui, j'aurais répondu que Mr Curtis n'était pas un homme bien. Mais même le plus mauvais des hommes ne mérite pas un tel sort."

En ce samedi pluvieux du mois d'avril 1935, Hazel Wong, secrétaire et vice-présidente du club de détectives Wells& Wong, entame le récit des circonstances qui ont mené à la mort de Mr Curtis, empoisonné à l'arsenic lors d'un goûter d'anniversaire.

Une fois encore, Daisy et Hazel, nos deux détectives en herbe se retrouvent donc confrontées à un décès violent et une fois encore, elles décident de mener l'enquête. Sauf que cette fois-ci, le drame n'est pas survenu dans leur pensionnat de Deepdean mais dans le manoir de Fallingford, propriété de la famille de Daisy. Ce qui signifie que le coupable peut faire partie de ses proches. En effet, chacun d'entre eux a un bon motif... Une situation plus que compliquée pour notre investigatrice amateure...

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Je vous avais parlé récemment du premier volet des aventures de Wells & Wong. Depuis cette lecture, j'avais hâte de me plonger dans la suite. Aussi, quand elle est arrivée à la médiathèque, je me suis jetée dessus. Et je n'ai pas boudé mon plaisir.

Profitant des vacances d'avril, nos deux héroïnes ont délaissé leur pensionnat pour le manoir de Fallingford. L'occasion pour Daisy de fêter avec tous les siens son anniversaire. Toutefois, l'arrivée intempestive de Mr Curtis, un ami de sa mère, confère très vite à l'assemblée une atmosphère plus que glaciale. Les tensions s'accumulent quand on découvre son rapprochement amoureux avec Lady Hastings, la mère de Daisy. Et quand on l'aperçoit expertiser de nombreux meubles et tableaux dans la demeure.

La situation inconfortable atteint son paroxysme juste avant le goûter d'anniversaire de Daisy. Tout pourrait prendre un tour catastrophique pour la famille de cette dernière....Mais la mort suspecte de Mr Curtis enraye le mécanisme infernal. Tous auraient pu le tuer pour une raison bien particulière. Et, dans la maison isolée du reste du monde par la pluie, l'assassin pourrait encore sévir.

Je ne peux que saluer l'habileté narrative de Robin Wells. Même si elle reprend un schéma classique des "cosy mystery" (mise en situation/meurtre/enquête en huis-clos/dénouement lors d'une confrontation collective), elle sait instiller une bonne dose de suspense et induire en erreur son lecteur. De même, le fait d'avoir utilisé la même narratrice (Hazel Wong) mais d'avoir séquencé ce récit entre un retour rétrospectif (avec des réflexions à rebours) et un compte-rendu plus resserré et situé dans le moment présent des actions engagées après la mort de Mr Curtis se révèle très adroit. Cela casse le rythme et j'ai trouvé cela plutôt bienvenue.

Chaque personnage est bien campé. En quelques traits choisis, on parvient à saisir leurs ressorts psychologiques, leurs défauts aussi et leurs façons d'être. Certains se montrent plus drôles que d'autres (je pense notamment à Tante Saskia, la cleptomane qui égare des petites cuillères ou à Lord Hastings qui raffole de blagues plus ou moins douteuses).

De même, les rapports évoluent entre Daisy et Hazel. Elles se connaissent de mieux en mieux et cela se ressent dans la manière dont Hazel décrit sa camarade. Désormais, sa sensibilité et ses failles affleurent et lui ôtent un peu de son côté holmésien.

J'ai beaucoup apprécié également l'atmosphère so british de ce séjour dans le manoir de Fallingford, avec ses pièces pas toujours bien entretenues, son majordome un peu branlant, sa grande bibliothèque, ses tasses de thés et ses "sponge cake"...

Bref, vous l'aurez compris: ce roman est une vraie réussite et ravira tous les amateurs d'ouvrages policiers britanniques dans la lignée de ceux d'Agatha Christie ou de Patricia Wentworth. Vivement le troisième opus!!!

Éditions Flammarion, 2017, 348 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Martine.

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17/04/2017

La Conspiration du globe de Thierry Bourcy et François-Henri Soulié

La Conspiration du globe

de

Thierry Bourcy et François Henri-Soulié

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"N'eût été la violente querelle qui éclata au cours du quatrième acte entre deux marchands de chevaux, pris de boisson, la représentation d'Hamlet pouvait être considérée comme un succès. Les spectateurs avaient ri aux bons endroits, hurlé en vain pour sauver Polonius et frémi à l'arrivée du fantôme. Quand aux deux invités exceptionnels de Shakespeare, deux princes venus du Danemark, ils avaient semblé fascinés par la pièce."

En ce début du mois de mars 1603, les émissaires Rosencrantz et Guildenstern ont été envoyés par le roi du Danemark pour mener à bien des négociations secrètes avec la reine Elizabeth I. A la demande de William Shakespeare, rencontré dix ans auparavant, ils ont assisté à la représentation d'Hamlet où le dramaturge a créé deux personnages éponymes.

Justement, à la suite d'une méprise, les deux comédiens interprètes de ces rôles sont retrouvés morts dans les coulisses. Afin de faire la lumière sur ce double assassinat, la reine réquisitionne Lord Dawson, le commandant de sa garde, et dépêche Lady Dorchester, une de ses dames de compagnie, à Prague pour chercher le capitaine Kassov. Ce dernier s'était distingué dans la résolution du crime du prince Tsycho Brahé et la souveraine tient à mettre toutes les chances de son côté pour enrayer la crise diplomatique qui couve.

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Je n'avais pas lu Le songe de l'astronome, le premier volet des aventures du capitaine Kassov. Mais, en parcourant les allées de Gibert Jospeh avec mes copinautes Titine et Emjy jeudi dernier, j'ai immédiatement été attirée par le ce titre. En effet, j'espère pouvoir visiter ce fameux théâtre lors de mon prochain séjour londonien. Aussitôt acheté, aussitôt lu.

J'ai été ravie de retrouver cette période de l'histoire qui m'a toujours fascinée. Contrairement à la série des Marston dont j'avais précédemment parlé sur le blog, ce roman se situe dans le dernier mois de l'existence de la reine Elizabeth I. Désormais, au Conseil, elle s'appuie sur le fils de son fidèle Sir William Cecil, sir Robert qu'elle a surnommé méchamment le "Pygmée" et dont elle admire les qualités politiques. Lors de plusieurs scènes, notamment dans la salle du Trône , le lecteur est convié à partager le point de vue royal. Ne serait-ce que lors des épineuses négociations avec le Danemark.

Cependant, l'aspect gouvernemental n'est pas le seul thème abordé. En effet, les deux auteurs ont pris le parti de s'attarder sur un des fleurons du règne d'Elizabeth I, à savoir le théâtre. Lors d'une représentation  d'Hamlet, deux comédiens sont tués. L'occasion pour le lecteur de mieux découvrir le fonctionnement du Globe, le rythme des représentations, les répétitions, les interactions entre Shakespeare et sa troupe... J'ai beaucoup apprécié toute cette partie et mon envie de visiter ce lieu artistique n'a fait que croître.

Pour lier ces deux aspects, politique et artistique, Thierry Bourcy et François-Henri Soulié ont eu recours à un habile procédé narratif: un double meurtre par méprise des protagonistes des deux princes danois. Comme si la création du dramaturge lui échappait et prenait vie en réservant le même sort aux deux émissaires du roi du Danemark, Rosencrantz et Guildenstern. Ce ressort de l'intrigue m'a bien plu.

Néanmoins, je regrette que les deux auteurs n'aient pas réussi à brosser des personnages aussi intéressants que leur description de l'époque. Peut-être est-ce dû à la multiplicité des figures dépeintes. Certains sont esquissés avec plus de soin et retiennent davantage l'attention, tels que Lady Dorchester qui m'a fait penser à la Milady de Dumas. D'autres, même s'ils sont présentés par quelques détails pittoresques, ne suscitent pas le même intérêt. Par exemple, je suis complètement passée à côté du neveu du capitaine, Matteus, dont le côté jeune premier trop accentué, ne m'a pas convaincue.

Quant à l'histoire policière, elle sert plus de prétexte finalement à plonger le lecteur dans cette Angleterre du début du 17ème siècle, à la fin d'un règne et d'en saisir l'atmosphère, sur fonds de conspiration et d'instabilité.

Bref, vous l'aurez compris: la Conspiration du Globe m'a permis de passer un moment de lecture agréable et je me laisserai peut-être tenter par les prochaines aventures de Kassov.

Editions 10/18, 2017, 258 pages

Billet dans le cadre du challenge de Titine A year in England.

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