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des romans policiers

  • Famille parfaite de Lisa Gardner

    Famille parfaite

    de

    Lisa Gardner

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    "Voilà une chose que j'ai apprise quand j'avais onze ans: la douleur a un goût. La question, c'est de savoir celui qu'elle a pour vous."

    Les Denbe semblent former une famille modèle, à la fois heureuse et prospère.
    Pourtant, derrière cette façade parfaite, bien des secrets se dissimulent.
    Un soir, ils disparaissent tous les trois. Emportés par des assaillants.
    Une détective, le FBI et des policiers vont faire équipe pour les sauver.
    Le compte à rebours est lancé.
    Au jeu des apparences tous ont beaucoup à perdre.

    Après ma mini-panne de lecture au début du confinement, j'avais retrouvé mon rythme quasi habituel. Aussi, quand j'ai commencé à abandonner en plein milieu plusieurs livres, je me suis tournée vers une valeur sûre. Un roman policier. Souvent, ce genre me redonne une impulsion. Et encore une fois, la recette a fonctionné.

    Je n'avais encore jamais lu de Lisa Gardner et j'ai apprécié l'efficience de sa mécanique narrative. Cette façon d'entrecroiser plusieurs voix et d'osciller entre l'enquête et le kidnapping. Comme deux facettes d'un même récit qui pourraient, selon l'issue, ne jamais se rencontrer.

    Cette façon également de faire craqueler petit à petit l'aspect si lisse des Denbe. Comme autant d'entailles dans leur réputation.

    J'ai pris un peu de temps à m'habituer au style sans fioritures. Ces phrases resserrées à l'essentiel qui se concentrent sur l'action. Ce n'est pas ce que je préfère habituellement mais j'ai trouvé que dans ce cas-là, cela fonctionnait plutôt bien.

    Certains personnages m'ont paru un peu  caricaturaux. Mais d'autres m'ont convaincue. Par leurs zones de flou. Par leur manière d'évoluer dans leur existence. Par leurs doutes. Par leurs rêves brisés. Plus je tournais les pages, plus j'avais envie de savoir ce que l'autrice leur réservait comme sort.

    J'ai nourri quelques soupçons sur le ou les coupables dans le dernier tiers. Mon intuition était la bonne. Mais, pour autant, cela ne m'a pas gâchée la découverte. Seul vrai bémol: les rebondissements de la conclusion qui m'ont laissée dubitative.

    Le Livre de Poche, 2015, 571 pages
  • La Police des fleurs, des arbres et des forêts de Romain Puertolas.

    La police des arbres, des fleurs et des forêts

    de

    Romain Puertolas

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    En cet été moite de 1961, le village de P. est sous le choc. Le corps de Joël a été retrouvé demembré dans une cuve de l'usine de confiture locale.

    Un inspecteur de police de la ville est dépêché pour identifier le coupable.
    Très vite, il se rend compte que cette enquête ne va ressembler à nulle autre. Les réponses lui semblent bizarres. Les méthodes sont radicalement opposées aux siennes. La communication avec le reste du territoire se révèle coupée. Ainsi, seules les lettres peuvent circuler.

    Dans ce brouillage de repères, notre héros tente de se frayer un chemin vers la vérité.

    De Romain Puertolas, je ne connaissais qu'un roman. Un détective très très spécial dont la lecture m'avait ravie, autant pour son ton si drôle que pour sa résolution désarçonnante et bluffante.

    J'ai eu le plaisir de retrouver ces ingrédients dans La police des fleurs, des arbres et des forêts. Dès les premières pages, le lecteur est averti. Il doit s'attendre à un coup de théâtre final époustouflant.

    Pour nous narrer cette incroyable affaire, l'auteur a choisi de recourir à un récit entremêlé de lettres et de transcriptions d'enregistrements au magnétophone. Une option intéressante car elle permet à la fois de percevoir le fossé entre l'inspecteur et les villageois, de découvrir leurs dialogues et de détenir tous les éléments susceptibles de nous aider à trouver la clé de cette énigme avant le héros.

    J'ai apprécié ce pacte initial qui nous met en garde et tient en permanence notre curiosité en éveil.
    J'ai apprécié cette intrigue qui ne cesse de nous surprendre.
    J'ai apprécié la description de ce village de V., l'ambiance
    J'ai apprécié cette galerie de personnages.
    J'ai apprécié leurs répliques ubuesques, si drôles et si remplies de sens quand on atteint la fin.
    J'ai apprécié cette idée de pouvoir replonger dans ce roman avec un nouveau regard et une nouvelle grille d'interprétation. En repérant les indices qui auraient pu me mener vers la réponse.

    Bref, j'appartiens désormais au clan de ceux qui savent et de ceux qui ont pu se divertir avec ce livre si réussi. Vivement le prochain !

     

  • Rituels d'Ellison Cooper

    Rituels

    de

    Ellison Cooper

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    "L'officier Wilson Tooby avala une gorgée de café brûlant, les yeux plissés dans la lumière froide du petit matin. Sa voiture de patrouille stationnait, moteur au ralenti, dans une rue résidentielle déserte bordée de cerisiers en fleurs. Les arbres formaient une voûte au-dessus de la route, projetant de longues ombres sur les pelouses et les façades des maisons parfaitement entretenues."

    Dans un quartier de Washington, deux flics patrouillent. Ils ont été appelés car selon les voisins, une mauvaise odeur se dégagerait d'une maison à vendre. Arrivés devant le bâtiment signalé, ils reconnaissent la même maison où un appel au secours aurait été passé. Ils décident donc de rentrer et là, en ouvrant la porte de la cave, une explosion retentit. Les voilà tous les deux blessés. Sur les lieux, les secours et la police découvrent une mise en scène macabre: un cadavre de jeune fille enfermée dans une cage et un chiot à côté, à bout de forces. D'étranges symboles mayas sont également présents sur la scène du crime.

    L'agent Sayer Altair, spécialiste en neurosciences, se voit confier l'enquête. Elle est bien loin de se douter de l'ampleur de ce qui l'attend. Enlèvements, menaces, rebondissements....voilà ce qui va accompagner son quotidien pendant quelques jours. Et surtout, face à elle, un criminel machiavélique et insaisissable.

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    Ce roman, je l'ai découvert grâce au Grand prix des lectrices Elle. Je n'ai pas encore pris le temps de vous parler de cette très belle expérience sur le blog mais j'essaierai de vous faire un retour sur mes six précédentes lectures. Rituels fait partie des ouvrages policiers de la sélection des sept titres que je dois découvrir et noter. Peut-être figurera t'il dans les livres retenus pour les relectures de janvier....Suspense...

    Ce qui m'a immédiatement plu dans ce titre, c'est sa structure narrative. En effet, Ellison Cooper a eu recours à une construction sous la forme de courts chapitres (entre cinq et dix pages en général) et à un style marqué par des phrases efficaces et par de nombreux dialogues. Ainsi, les lieux et les situations se succèdent. De même que les points de vue des différents personnages. L'action ne retombe donc jamais et le lecteur est toujours en alerte. Un peu comme dans une très bonne série policière où les épisodes s'enchaîneraient sans laisser la possibilité au spectateur de reprendre haleine.

    L'enquête policière entremêle des réflexions sur les neurosciences, la gémellité et des emprunts aux rites chamaniques et aux rites de passage vers l'au-delà notamment dans les mythologies égyptienne et grecque. J'ai trouvé cela très original et j'ai apprécié que les actes du tueur en série soient imprégnés de ces éléments. En effet, j'ai eu l'impression d'avoir affaire à un criminel jamais encore rencontré dans ce genre littéraire.

    De plus, les rebondissements sont légion, ce qui continue d'égarer le lecteur jusque dans les ultimes chapitres. Néanmoins, je dois avouer que j'avais commencé à comprendre l'identité de ce ou ces tueurs retors un peu avant l'héroïne mais sans que cela ne gâche la poursuite de l'intrigue.

    Justement arrêtons nous quelques instants sur cette héroïne. Sayer Altair est une trentenaire marquée par plusieurs décès dans son entourage: ses parents alors qu'elle était encore enfant; son fiancé il y a trois ans. Elle correspond au modèle du flic brillant, dévoué à son travail et sans vie personnelle. Un modèle déjà rencontré maintes fois dans ce type de littérature. Sans que cela n'enlève pour autant l'intérêt qu'on peut lui porter. Cette jeune femme se révèle très vite attachante et on prend plaisir à la voir évoluer et s'ouvrir à plusieurs nouvelles personnes dans son entourage. Ellison Cooper a donc réussi ici son pari de donner vie à une protagoniste qu'on aimera retrouver dans les opus suivants.

    De même que je serai contente de revoir la galerie des personnages qui l'entourent: sa grand-mère, son coéquipier ou son voisin, par exemple. Beaucoup d'interactions restent encore à développer. Mais le potentiel existe bien déjà.

    Un des seuls bémols que j'ai rencontré lors de ma lecture réside justement dans une des qualités que je soulignais précédemment. Le style percutant empêche l'autrice de trop fouiller les descriptions et les ambiances. Par exemple, j'aurais aimé plus capter l'atmosphère dans les bureaux du FBI. Certes, on perçoit les problèmes de pression politique et la difficulté de s'affirmer en tant que femme. Mais cela aurait pu encore plus être mis en avant, sans pour autant alourdir l'action.

    Bref, vous l'aurez compris: malgré ce léger regret, j'ai beaucoup apprécié Rituels. Et j'ai hâte de me lancer dans la suite des aventures de Sayer et de ses comparses en 2019.

    Un grand merci au Grand Prix des lectrices Elle 2019 et au Cherche-Midi.

    Le Cherche-midi, 2018, 430 pages