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04/04/2017

This is us-Saison 1

This is us

Saison 1

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"C'est un fait: un humain partage son anniversaire avec plus de 18 millions de personnes. Rien ne prouve que partager celui-ci crée des liens entre ces personnes. S'il y en a...Wikipedia ne les a pas encore découverts..."

C'est par ces quelques mots que débute une série qui marquera certainement mon année 2017!!!

En quelques plans, on fait la connaissance de Jack, Kevin, Randall et Kate qui ont la particularité d'être nés tous les quatre un 31 août.

Jack est heureusement marié à Rebecca qui doit accoucher de triplés; Kevin est un acteur de soap opera, enfermé dans un rôle qui ne lui convient plus; Kate lutte contre des problèmes de poids et semble s'oublier dans l'ombre de son frère...Quant à Randall, il est le père de deux enfants, mène une carrière professionnelle brillante et vient de retrouver la trace de son père biologique.

Quatre destins bien différents donc..Et pourtant...


Je n'en dirai pas plus sur l'histoire, de peur de gâcher les surprises de cette première saison.

Une des forces du scénario réside justement dans cette capacité à nous étonner en dessinant des liens inattendus.

A la manière d'un puzzle, tout prend sens. Un peu comme si l'existence de ces protagonistes formait une grande mosaïque sans cesse en évolution.

Jack, Kevin, Randall et Kate... Mais aussi Rebecca, William, le docteur K, Toby... s'animent devant nous, révèlent leurs joies, leurs peines, leurs doutes, leurs désirs, leurs failles. On ne peut d'ailleurs une fois encore que saluer le travail scénaristique qui a conduit à leur création. Alors que l'aspect choral aurait pu amener à un déséquilibre entre les personnages, il n'en est rien ici. En effet, chacun d'entre eux apporte sa pierre à l'édifice narratif et chacun se révèle attachant à sa manière.

Force de l'écriture donc...tant dans la genèse et l'évolution des héros que dans cette reconstruction et cette imbrication perpétuelles des moments clefs de leurs vies. Ainsi, certains scènes déjà entraperçues s'enrichissent en permanence. Un peu comme des tableaux repris sans cesse par un peintre pour leur donner la touche finale et jamais complètement achevés.

Force de l'écriture aussi dans la justesse des dialogues, dans ces phrases parfois d'apparence banales qui regorgent de sagesse et de beauté.

"J'aime penser que peut-être un jour, vous serez un vieillard comme moi...parlant à un jeune homme, lui expliquant comment vous avez pris le citron le plus acide que la vie ait à offrir pour en faire de la limonade."

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Cette scène entre le docteur K et Jack, qui revêt une importance capitale pour toute la série, fait partie de celles qui m'accompagneront longtemps. Comme beaucoup d'autres. Scènes de déclaration d'amour (comment ne pas rêver d'un mari comme Jack), scènes de bilan de vie (William, quel incroyable être!), scènes de partage familial (le judo), scènes de rencontres, scènes de pleurs...

This is us foisonne de pépites, de moments magiques qui sonnent tellement vrai et qui pourraient venir de nos propres existences. Car, forcément, Jack, Rebecca, William, Randall, Kevin, Kate, c'est un peu nous...Ils nous ressemblent ou ressemblent aux gens que l'on côtoie et leurs préoccupations ou leurs bonheurs font forcément écho aux nôtres.

La qualité du casting contribue à cet effet miroir et à cette affection quasi instantanée pour les rôles qu'ils incarnent. Tous sont extraordinaires, toujours dans le bon tempo. Comme s'ils étaient leurs personnages et non des acteurs.

Bref, vous l'aurez compris: ne passez pas à côté de This is us, cette série qui parle avec tellement de talent de la vie sous tous ses aspects et qui a été pour moi un immense coup de cœur! Vivement la saison 2!

 

 

 

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07/11/2016

La Différence invisible

La Différence invisible

de

Julie Dachez et Mademoiselle Caroline

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"Marguerite a 27 ans.

Elle aime les animaux, les journées ensoleillées, le chocolat, la cuisine végétarienne, son petit chien et le ronronnement des chats.

Tous les matins à 7h30, elle part travailler. Elle n'aime pas son travail, mais il faut bien bosser, et elle n'est pas la seule, après tout..."

Marguerite est une jeune femme qui mène une existence bien réglée où les imprévus n'ont pas leur place. Elle rencontre aussi beaucoup de difficultés à supporter le bruit ambiant et à s'intégrer auprès de ses collègues ou dans les soirées. Elle ne comprend pas non plus les codes sociaux et parfois, se retrouve dans des situations bien gênantes...Lassée de rendre invisible sa différence, elle va tenter de comprendre pourquoi elle ne peut pas rentrer dans le moule comme les autres.

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Cette bande dessinée, je l'ai remarquée dans les rayons de ma librairie et j'ai tout de suite été attirée par la couverture et le titre. Je l'ai donc commandée pour ma médiathèque et je me suis immédiatement plongée dans sa lecture quand elle arrivée dans nos rayons.

Dès les premières pages, on est immergés dans le quotidien de Marguerite, avec ses horaires bien huilés, sa routine...On sent bien sa différence, son stress, ses difficultés à vivre en société et à paraître "normale", sa douleur.... Les scènes de la vie s'enchaînent et à chaque fois, notre héroïne se retrouve en décalage et en souffrance. Avec ses collègues dans sa grande entreprise, avec son petit ami qui veut la présenter à tout son entourage...Jusqu'au jour où elle comprend grâce à Internet qu'elle est atteinte du syndrome d'Asperger. Après la délivrance initiale, s'ensuit tout un processus d'adaptation avec son entourage tant amical que professionnel.

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J'ai beaucoup aimé la découpe de cet album: cette idée d'un avant/après diagnostic. Parce qu'elle nous permet de mieux appréhender les implications d'un tel syndrome. Parce qu'elle nous fait saisir le poids du regard social. Parce qu'elle nous interroge aussi sur nos comportements, sur notre tolérance...

Au fil des pages et des trois ans d'expérience partagés, on se retrouve tour à tour touchés, agacés, indignés, émus, optimistes, abattus, parcourus par un élan de vie...

Cette gamme d'émotions qui nous transperce, on la doit aux mots de Julie Dachez, alias Marguerite. Mais on la doit aussi au talent de Mademoiselle Caroline, dont les dessins et les couleurs épousent au mieux les sentiments et les affres de Julie/Marguerite. Par un jeu de bulles, de  taille des cases, de grisaille, de rouge..., elle nous emmène au plus près de ce destin pas comme les autres.

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Bref, vous l'aurez compris: cette bande dessinée a été un coup de cœur pour moi et je vous la recommande. Et j'aimerais conclure ce billet par la très belle dédicace de Julie Dachez.

"C'est à vous que je souhaite dédier cette BD

Vous, les déviants.

Les "trop comme ceci" ou les "pas assez comme cela".

Vous qui, par votre simple existence, transgressez les normes établies.

Vous qui êtes un pied de nez au diktat de la "normalité".

Il n'y a rien à guérir chez vous, rien à changer. Votre rôle n'est pas de rentrer dans le moule, mais plutôt d'aider les autres-tous les autres-à sortir de celui dans lequel ils sont enfermés. Vous n'êtes pas là pour suivre une vie pré-établie mais, à l'inverse, pour emprunter votre propre chemin, et inviter ceux qui vous entourent à sortir des sentiers battus.

En embrassant votre identité profonde, en vous réconciliant avec votre singularité, vous devenez un exemple à suivre. Vous avez donc le pouvoir de faire voler en éclats ce carcan normatif qui nous étouffe tous et nous empêche de vivre ensemble dans le respect et la tolérance.

Votre différence ne fait pas partie du problème, mais de la solution.

C'est un remède à notre société, malade de la normalité."

Delcourt/Mirages, 2016, 196 pages

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27/04/2016

Je peux très bien me passer de toi de Marie Vareille

Je peux très bien me passer de toi

de

Marie Vareille

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"Journal de Constance Delahaye

13 février 2013-20h45

Anniversaire de Greg annulé à la dernière minute pour cause de migraine atroce. Je serai au lit d'ici quinze minutes avec Raison et sentiments et ma nouvelle tisane anti-gueule de bois verveine-menthe-citrate-de-bétaïne."

Constance et Chloé se sont toutes les deux connues à un club de lecture. Outre leur passion pour la littérature, elles partagent aussi une certaine propension aux échecs sentimentaux. Alors que Chloé collectionne les histoires d'un soir, Constance traverse une période de désert affectif. A l'approche de la trentaine, elles décident donc de passer un pacte: Chloé s'exilera à la campagne pour se consacrer à l'écriture d'un roman sans laisser aucun homme l'approcher et, au contraire, Constance séduira un inconnu pour une nuit.

Et si cet engagement réciproque leur permettait de vraiment influer sur le cours de leurs existences respectives?

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Voilà déjà quelque temps que j'apercevais sur la blogosphère de très bonnes critiques autour de cet ouvrage. Aussi, quand il est arrivé dans la médiathèque parisienne que je fréquente, j'ai été ravie de pouvoir l'emprunter.

Dès les premières pages, je suis tombée sous le charme de cette intrigue.

Sans doute car elle aborde la question que toute trentenaire se pose à un moment ou à un autre: fais-je les bons choix?

En effet, Constance et Chloé cumulent les erreurs, aussi bien sentimentales que professionnelles. Et, page après page, elles vont tenter d'apprendre à enfin prendre les bonnes décisions. Celles qui se révéleront bénéfiques pour leur futur.

Roman d'apprentissage donc, roman de quête également...De son identité, de son bonheur.

A ces thématiques essentielles de développement de soi se greffent des intrigues amoureuses, dignes de toute bonne chick-litt. Premier rendez-vous, mauvais choix, maladresse dans les approches, aveuglement des personnages...Autant d'ingrédients dignes des meilleures comédies romantiques que l'on retrouve au fil des chapitres.

On s'interroge, on rit beaucoup (notamment lors des cours de séduction de Constance alias Icequeen)...On cherche aussi les références littéraires et cinématographiques. En effet, il m'a semblé que Marie Vareille, tout au long de son intrigue, distillait de nombreux hommages. A commencer par celui de la première page: la comparaison implicite entre Constance-Chloé et Elinor-Marianne Dashwood de Raison et sentiments.

Un des autres atouts de ce roman réside dans son schéma narratif : une alternance de points de vue entre Constance et Chloé. Et deux modes de récit pour suivre leur parcours: des fragments du journal intime de Constance et une narration à la première personne pour Chloé. J'ai trouvé ce procédé stylistique très habile car non seulement, il dissocie bien les deux voix mais il empêche toute tendance à la répétition et donc toute lassitude.

Autour des deux héroïnes évolue toute une galerie de personnages attachants. De Guillaume, l'ex dépassé de Chloé à Vincent, le voisin viticulteur à Mamie Rose, la grand-mère résolument moderne ou Charlotte, la meilleure amie de Chloé, tous pourraient appartenir à notre entourage. Par conséquent, tous sonnent juste.

De même, j'ai beaucoup apprécié la mise en abîme autour de l'écriture. Comme si Chloé se faisait le double de Marie Vareille.

"Depuis que je suis toute petite, depuis que Mamie Rose m'a mis mon premier livre entre les mains, j'ai su ce que je voulais faire de ma vie. Je voulais raconter des histoires qui font rire les enfants, qui finissent bien, des romans dans lesquels on se blottit pour oublier la réalité. Je voulais emmener les rêveurs, dans des contrées lointaines, quand tout le monde dort depuis longtemps, qu'il ne reste plus que le murmure des pages qu'on tourne dans le silence de la nuit, encore un chapitre, juste un seul, un dernier."

Bref, vous l'aurez compris: j'ai eu un coup de cœur pour Je peux très bien me passer de toi. Un roman résolument feel-good qui conjugue romantisme et réflexions autour du temps qui file et des réalisations personnelles à mener. Je sais déjà que je me replongerai avec plaisir dans d'autres titres de cet auteur...et que ce livre, je vais beaucoup l'offrir à mes amies qui se reconnaitront sans doute un peu dans Constance ou Chloé voire les deux.

Et pour conclure, cette jolie citation d'Oscar Wilde qui sert d'épigraphe.

"Never love anyone who treats you like you're ordinary"

Editions Charleston, 2015, 317 pages

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