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Quand mon coeur bat un peu plus fort

  • Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery

    Anne de Green Gables

    de

    Lucy Maud Montgomery

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    "Madame Rachel Lynde habitait à l'endroit précis où la route principale d'Avonlea plongeait dans un petit vallon planté d'aulnes et de fuchsias, et traversé d'un ruisseau qui prenait sa source dans les bosquets de la vieille propriété des Cuthbert; il était connu pour ses méandres impétueux au début de sa course à travers bois, et ses sombres secrets de trous d'eau et de cascades; mais, une fois arrivé au vallon des Lynde, ce n'était plus qu'un ruisselet paisible, et parfaitement discipliné, car même un cours d'eau n'aurait pu passer devant la porte de Madame Rachel Lynde sans égard pour la bienséance et les bonnes manières; sans doute avait-il conscience qu'elle était là, assise derrière sa fenêtre, l'œil attentif à tout ce qui défilait, enfants et ruisseaux, et que si elle remarquait la moindre chose étrangère ou déplacée, elle ne trouverait pas le repos avant d'avoir découvert le pourquoi et le comment."

     

    Une petite fille sur un quai de gare. Assise sur sa valise, elle attend qu'on vienne la chercher. Elle espère tant de sa famille d'accueil.

    Cette petite fille, c'est Anne Shirley. Et, malgré quelques débuts compliqués, elle va conquérir toute la maisonnée des Pignons verts et Avonlea. Par la force de son imagination. Par sa manière de nimber de beauté et de poésie tout ce qui l'entoure, comme le Lac Scintillant. Par son bavardage. Par ses maladresses si drôles et si touchantes. Par son intelligence. Par sa force. Par son élan de vie auquel nul ne peut résister.

    Lire Anne de Green Gables, c'est entrer dans un cocon de douceur. C'est avoir un sourire sur les lèvres. C'est pleurer aussi. C'est retrouver une âme d'enfant et d'adolescent. C'est vouloir que la fin n'arrive jamais. Comme si achever ce roman, c'était quitter un environnement devenu sien et des personnages "âmes sœurs".

    Car l'autrice démontre un talent incroyable pour créer des protagonistes si vivants. Que ce soient Anne, Diana, Marilla, Matthew, Gilbert, Rachel ...Tous semblent s'animer sous nos yeux, avec leurs propres caractéristiques.

    Lucy Maud Montgomery maîtrise également l'art de la description bucolique. En effet, son ouvrage se révèle une véritable ode à la nature. Les saisons passent à Avonlea. Succession de paysages dont la beauté est célébrée et qui donnent envie de trouver refuge sur cette île du Prince Edward.

    Un des autres atouts de ce roman réside dans sa peinture du quotidien d'une communauté à la fin du 19ème siècle. Rythme soumis aux plantations. Spectacle de Noël. Catéchisme. Journées de labeur. Interactions sociales. On ressort de ces chapitres avec le sentiment d'avoir voyagé dans le temps.

    Pour autant, se dégage de ce récit une grande modernité. Sans doute dû à la plume de son autrice. Mais aussi à l'intemporalité d'Anne, qui fait partie de ces héroïnes marquantes dans le parcours d'une lectrice.

    Bref, vous l'aurez compris : maintenant, je rêve de retourner à Avonlea et ce livre a constitué un merveilleux coup de cœur. 

    Monsieur Toussaint Louverture, traduit par Hélène Charrier, 2020, 381 pages

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  • Persuasion de Jane Austen

    Persuasion

    de

    Jane Austen

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    "Sir Walter Elliot, of Kellynch-hall, in Somersetshire, was a man who, for his own amusement, never took up any book but the Baronetage; there he found occupation for an idle hour, and consolation in a distressed one; there his faculties were roused into admiration and respect , by contemplating the limited remnant of the earliest patents; there any unwelcome sensations, arising from domestic affairs, changed into pity and contempt, as he turned over the almost endless creations of the last century-and there , if every other leaf were powerless, he could read his own history with an interest which never failed-this was the page at which the favourite volume always opened:

    Elliot of  Kellynch-Hall."

    Il est des choix qu'on fait. Persuadés par ceux qu'on aime le plus.

    Il est des choix qui toujours nous interrogent. Cortège de tous ces "et si" qui auraient pu nous rendre heureux.

    Pour Anne Eliot, ce choix qu'elle regrette amèrement a eu lieu il y a huit ans. Quand elle a rejeté la demande en mariage de Frederic Wentworth. Malgré leur amour, elle s'est rangé à l'avis de ses plus proches qui jugeaient hasardeuses les perspectives du jeune homme dans la marine.

    Huit ans plus tard, elle n'a toujours pas trouvé de prétendant qui égale dans son cœur le capitaine. Elle dépend donc  toujours de son père, homme vaniteux par excellence et qui, suite à des dépenses bien trop fastueuses, se retrouve contraint de louer leur demeure familiale à un amiral. Un amiral qui se révèle être le beau-frère du fameux capitaine.

    Ainsi, Anne et Wentworth se rencontrent de nouveau.

    En ce début 2021, j'avais envie de relire quelques ouvrages aimés. Comme ce titre de Jane Austen que j'ai re-découvert en compagnie de ma chère Annie-Rose.

    Dès les premières pages, j'ai ri. Comme souvent aux débuts des romans de cette autrice. Elle croque à merveille des personnages hauts en couleurs étouffés par leurs défauts. Comme Sir Walter Elliot, le père d'Anne. Un homme qui ne jure que par son apparence et par sa bible personnelle: un livre sur les baronnets. Sous la plume de Jane, il devient un anti-héros parfait. Son ironie se porte également sur toute une galerie de protagonistes tout aussi réussis. Notamment les sœurs d'Anne. Ce qui donne lieu à des séquences fort drôles.

    Mais l'ironie se teinte aussi souvent de mélancolie. Contrairement aux autres héroïnes de Jane, Anne a atteint un âge où son avenir semble rétréci. A vingt-sept ans, ses chances d'union s'amenuisent. Et elle va sans doute mener une existence où elle sera tributaire du bon vouloir des siens.

    Mélancolie face au sort réservé.
    Mélancolie face au temps qui file. Une mélancolie d'autant plus prégnante dans les scènes avec les jeunes Musgrove.

    Mélancolie aux allures de nostalgie. Qui donne une tonalité différente à ce titre.

    Un titre où je me suis souvent demandé si Jane n'avait pas mis beaucoup d'elle dans cette Anne. Qui regarde son passé. Qui se rend utile à sa sœur mariée. Qui doit quitter sa maison adorée pour Bath.

    Persuasion constitue également une très belle histoire d'amour. Une histoire où on voit peu le héros. Il est ainsi absent plus de la moitié de l'intrigue. Mais, pour autant, chaque chapitre revient vers lui. Symbole des pensées qui étreignent Anne.

    Ce roman donne aussi l'occasion à Jane d'aborder la question de la marine. Le danger. L'attente. Les périodes de repos entre deux départs.

    Il y a également de belles promenades à Lyme face à la mer.
    Il y a une lettre sublime.
    Il y a un plaisir toujours intact à retrouver ses mots.

    Une belle manière d'entrer en 2021. Et la certitude de vouloir me replonger dès que possible dans les écrits de Jane. 
     
    Vintage Classics, Random House, 259 pages

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  • En thérapie

    En thérapie

     

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    Une femme de profil qui pleure. Gros plans sur ces larmes entremêlées de vie et de mort trois jours après le Bataclan.
    Dans la même pièce, il y a un homme assis. A l'écoute de cette femme et de tout ce qu'elle a besoin de déverser. Flot de paroles et de sanglots.
    Cet homme, c'est le psy Philippe Dayan. Nous sommes lundi 9h et c'est le moment où Ariane occupe l'espace.
    Jour après jour, vont se succéder ainsi dans son cabinet des patients. Un membre de la BRI qui fait partie des premiers rentrés au Bataclan. Une adolescente plâtrée qui a oublié les circonstances de son terrible accident. Un couple qui se déchire.
    Ils résistent. Ils se livrent. Ils accusent. Ils crient. Ils chuchotent. Scènes d'intensité apparemment accueillies avec le même calme et la même bienveillance par Dayan.
    Pourtant derrière ce mur d'écoute en retrait, apparaissent des fissures. Dans ses yeux. Dans ses expressions. Comme si face à ces confessions, lui même se perdait un peu. Être en crise qui chercherait lui aussi un moyen de se reancrer.

    Il y a ce cadre de l'existence du dedans qui jaillit et qui tente d'être réparée. Dans ce salon au canapé rouge.
    Il y a cette existence du dehors qui bruisse à la porte et fait parfois irruption. Rappel de tout ce qui se noue ici et ailleurs.

    Sept semaines de rencontres. Où les patients reviennent et évoluent dans cette atmosphère de l'après Bataclan qui cristallise tant de remises en question. Transfert, poids de la culpabilité, traumatismes enfouis se succèdent ainsi devant nos yeux. Portrait de générations combinées.

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    Je ne connaissais ni la version israélienne ni la version américaine qui ont inspiré cette série en 35 épisodes d'une vingtaine de minutes. Aussi, je n'avais aucune attente précise en commençant ce format et dès les premiers instants, j'ai été captée par ce huis-clos entre Ariane et Dayan. Par son intensité. Par la qualité de l'interprétation. Par les dialogues. Par les plans. Ballet de la caméra qui s'attache à nous livrer tout ce qui se joue sur leurs visages et dans cet impalpable que les silences habitent.  Et puis, j'ai enchaîné avec le second huis-clos. Et j'ai su que j'étais face à une série forte et intense. Qui émeut et fait réfléchir. Qui tutoie l'intime et l'universel.

    Les heures ont défilé et sur mon propre canapé, j'ai été scotchée par la qualité des acteurs tous aussi incroyables les uns que les autres. Frédéric Pierrot magistral dans ce rôle central, Mélanie Thierry, Reda Kateb, Céleste Brunnquell, Carole Bouquet, Clémence Poesy, Pio Marmai, Djemel Barek et Elsa Lepoivre nous tiennent captifs. Interprètes incarnés. J'ai été emportée aussi par la qualité des répliques et par la réalisation. Immergée par certains plans sous une vague d'émotions. Et j'ai quitté à grand regret cette série si réussie.

    Bref, vous l'aurez compris : je ne peux que vous recommander ce programme coup de cœur et j'espère qu'Eric Toledano et Olivier Nakache imagineront une deuxième saison. 

    En thérapie, saison 1, 2021, 35 épisodes

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