21/04/2014

La Plantation de Leila Meacham

La Plantation

de

Leila Meacham

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"Sous le large bord de sa capeline, Elizabeth Toliver observait Silas, son fils cadet, qui depuis le porche, scrutait fébrilement l'allée bordée de chênes menant à la plantation familiale. En ce début d'octobre 1835, Elizabeth avait fort à faire dans la roseraie de sa vaste demeure. Armée d'un sécateur, elle taillait les Lancaster rouge qu'elle avait bien cru perdre..."

Après s'être fait déshériter par son père, Silas Tolliver, qui rêve de diriger sa propre plantation, accepte de partir avec son ami Jeremy au Texas.

Mais il a besoin d'argent pour entreprendre ce dangereux voyage et doit accepter le marché proposé par M. Wyndham, un riche propriétaire terrien. C'est ainsi qu'il rompt ses fiançailles et épouse Jessica Wyndham.

Une décision contestée par sa famille. Sa mère lui prédit même:

"Je vais te dire une chose, Silas William Toliver: si tu te maries selon les termes fixés par cet accord, tes terres du Texas seront maudites! Rien de bon ne peut sortir de ce qui est construit au prix d'un tel sacrifice, de l'égoïsme et de la cupidité."

Ignorant cette malédiction, Silas part.

Et c'est l'histoire de sa famille que nous allons suivre tout au long du 19ème siècle.

 

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L'année dernière, même si je n'en avais pas parlé sur ce blog, j'avais vraiment bien aimé les Roses de Somerset. Aussi, j'ai été ravie quand j'ai reçu, dans le cadre des Lectrices 2014 des Editions Charleston, ce prequel imaginé par Leila Meacham.

En effet, après avoir fini son premier roman, elle ne s'imaginait pas écrire la suite. Aussi, elle a plutôt suivi le conseil de son mari qui souhaitait savoir comment les Tolliver, Warwick et Dumont s'étaient installés au Texas.

Je trouve que c'est une très bonne idée car le lecteur comprend mieux l'origine des roses et les rapports entre les différentes familles. Sans oublier la fameuse malédiction qui prend tout son sens.

Mais La Plantation ne constitue pas seulement un roman "explicatif" des mystères qui pouvaient exister dans les Roses de Somerset.

Cet ouvrage se révèle également une grande fresque. Sans jamais donner l'impression d'assister à un cours, il nous éclaire sur tout un pan de l'histoire américaine. On suit ainsi l'expédition de ces pionniers à la recherche de terres exploitables dans le Texas. Une expédition dangereuse (les Indiens rôdent et menacent les convois) pour arriver dans un endroit hostile où les Mexicains, les Américains et les Indiens s'affrontent encore.

On découvre aussi le développement de cet Etat, la manière dont une ville naît et prend de l'ampleur, les codes sociaux en vigueur à l'époque, la vie pendant la Guerre de Sécession et les conséquences de cette dernière...

De plus, la question de l'esclavage est longuement abordée. Si Jessica Wyndham a été mariée contre son gré à Silas, c'était pour la punir de son engagement en faveur des esclaves En effet, elle avait décidé d'aider une passeuse à cacher l'un d'entre eux et à favoriser sa fuite. Un crime découvert par son frère et sa milice. Malgré cette union forcée et ce départ pour le Texas, Jessica n'oublie jamais sa lutte et continue de traiter d'égal à égal les Noirs qu'elle côtoie. En ce sens, elle s'oppose à sa famille, son mari, ses voisins....

J'ai beaucoup apprécié le personnage de Jessica. Sans conteste l'héroïne de cette saga. Une femme forte, aux idées arrêtées, capable de combattre pour ce qu'elle juge juste. Autour d'elle, gravitent plusieurs hommes: Silas, Jeremy, son fils, tous fascinés par son caractère et sa présence, et quelques femmes. Leurs points de vue s'enchaînent et permettent de mieux les connaître.

Je les ai tous appréciés, même les plus antipathiques. Ils m'ont accompagné la semaine dernière et j'avais grand plaisir à les retrouver le soir.

Amours, amitiés, trahisons, infidélités, combats, réussites, échecs, décès, secrets, révélations....peuplent toutes les pages de la Plantation. Sans jamais que cela paraisse exagéré, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre littéraire.

Bref, vous l'aurez compris: ce roman forme une très bonne saga, divertissante à lire.

Editions Charleston, 2014, 525 pages, 22,50 €

 

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20/04/2014

L'Amour au subjonctif

L'Amour au subjonctif

de

Pascal Ruter

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"Voilà les enfants...Que dis-je, les enfants? Les jeunes, oui! Vous pouvez constater que je suis calme et prête à vous écouter.

Je ne suis pas là pour vous accabler, ni pour vous juger. Je suis là pour comprendre. Vous comprendre. Ou essayer, en tout cas. Ce n'est pas pour me vanter, mais je crois vous avoir toujours soutenus dans les périodes difficiles et les épreuves, comme j'ai partagé votre joie dans les moments de grâce. "

La principale convoque les élèves pour comprendre comment au bout d'une semaine ils ont pu rentrer tout seul de leur voyage scolaire en Italie sans leurs professeurs.

Et c'est le récit de ce périple pas comme les autres que nous sommes invités à découvrir...

J'ai commandé ce roman pour le fonds adolescent de la médiathèque où je travaille et quand il est arrivé, je l'ai immédiatement emprunté. J'étais amusée par le sujet car je vais moi aussi partir bientôt à Rome (fin juin-début juillet) avec un groupe de 11-17 ans.

"La vérité, c'est que nous avons tous confusément senti, à ce moment-là, qu'il se passerait d'une drôle de façon ce voyage, comme s'il était engagé sur des rails un peu tordus. Comme s'il était miné depuis le départ. Et tutti quanti."

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Pour raconter cette histoire, Pascal Ruter a décidé de multiplier les points de vue. Plusieurs voix d'adolescents s'entremêlent ainsi.

On fait d'abord la connaissance de Roméo. Roméo est fou amoureux de Juliette depuis la maternelle. Il a appris tous les dialogues de la pièce de Shakespeare pour la séduire mais dès qu'elle s'approche de lui, il ne peut prononcer aucune phrase bien sentie...Il bafouille, rougit....Et se dissimule en permanence derrière ses Ray Ban. Il espère cependant que ces cinq jours vont lui donner enfin l'occasion de faire la conquête de l'adolescente.

"Chaque fois que je la rencontre le matin, c'est comme la traversée du triangle des Bermudes avec un brouillage de données et la navigation à vue. J'ai remarqué que chaque fois que je croise son regard, j'ai de l'aquarelle plein les yeux, et je me mets à fuir de partout. "

J'ai beaucoup apprécié les parties de Roméo, cet adolescent pas comme les autres aux références littéraires et cinématographiques prononcées, ce Pierre Richard en culottes courtes dont toutes les tentatives de séduction tournent court et donnent lieu à des scènes d'anthologie.

Juliette, quant à elle, se rêve future romancière et passe son temps à observer ses comparses et les professeurs. C'est grâce à elle qu'on surprend toutes les interactions de ces accompagnateurs pas comme les autres. Même si elle m'a moins fait rire que Roméo, j'ai aimé son ton souvent cynique et sa façon de décrire les autres.

A ces deux protagonistes s'ajoute une galerie de personnages secondaires haut en couleurs: Merlin, un kleptomane qui tente d'oublier l'absence d'un frère; Anna en quête de ses parents; Zoé un peu perdue dans la vie; Tarzan, le conducteur du car fan du soap opéra Coeurs déchirés et grand séducteur devant l'éternel...

Chacun d'entre eux porte une fêlure que nous découvrons au fil des pages. Mais ces "cœurs déchirés", que le voyage en Italie va tenter de réparer, ne baissent jamais les bras et nous font souvent rire...Un peu comme dans les films italiens dont Roméo est si fan (on a d'ailleurs le droit à un bel hommage à la Dolce Vita dans la fontaine de Trevi)

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Très souvent, j'ai parcouru ce roman le sourire aux lèvres, amusée par l'enchaînement de catastrophes, de gaffes....et par les réflexions de ces adolescents de 15 ans.

Mais je dois avouer que j'ai moins accroché aux derniers chapitres trop fantaisistes...Je ne m'attendais pas à une telle résolution du mystère de la disparition des trois accompagnateurs...

Bref, vous l'aurez compris: L'amour au subjonctif (je vous laisse découvrir le sens du titre..)constitue un roman très drôle et qui donne très envie de repartir en Italie sur la route de Rome et de Pompéi.

Didier Jeunesse, 2014, 281 pages, 14,20 €

 

 

19/04/2014

Mes habitudes de lecture

Mes habitudes de lecture

mes habitudes de lecture

 Après avoir vu ce tag circuler sur de nombreux blogs que j'apprécie (Bianca, Céline, Loulitla...), j'ai eu envie d'y répondre à mon tour.

1. Est-ce que tu as un endroit préféré chez toi pour lire?

J'adore lire allongée sur mon canapé rouge dans mon salon. C'est sans doute l'endroit où je m'adonne le plus à cette activité chez moi.

2. Marque-page ou n'importe quel morceau de papier?

J'aime beaucoup les marque-pages. J'en achète très souvent, notamment dans les musées ou les châteaux que je fréquente. Mais, même si j'en possède plein, il m'arrive très souvent d'en être dépourvue au moment où je dois marquer l'endroit où je me suis arrêtée dans ma lecture.

Du coup, j'utilise le plus souvent ce qui me tombe sous la main (billets de train, programmes, tickets de cinéma...)

3. Est-ce que tu peux t'arrêter de lire n'importe où dans un livre ou dois-tu attendre la fin d'un chapitre?

Généralement, je préfère attendre la fin d'un chapitre. Mais, comme je lis dans les transports en commun, je suis souvent obligée de m'arrêter à une page que je ne choisis pas.

Quand je suis trop frustrée, cela m'est déjà arrivé de continuer de lire en marchant ou de m'arrêter sur un banc pour pouvoir connaître la suite.

4. Est-ce que tu manges ou tu bois quand tu lis?

Je me prépare souvent un thé ou une tisane avant de commencer à lire l'après-midi ou en fin de soirée. Et très souvent, je laisse ma boisson refroidir car je suis happée par ma lecture et j'en oublie l'environnement autour de moi.

5. Multi-tâches: musique ou télévision en lisant?

Je n'arrive pas à regarder la télévision en même temps que je lis. Cela parasite trop mon attention.

En revanche, j'aime bien écouter de la musique, de préférence classique...J'accompagne aussi parfois ma lecture de bandes originales de films (Pride and Prejudice, Out of africa...) ou de chansons "douces" (Tiny Ruins, James Vincent McMorrow...).


6. Un livre à la fois ou plusieurs?

Je préfère me consacrer à un seul livre. Mais comme je ne choisis pas toujours mes lectures pour le travail, je parcours parfois deux ouvrages en même temps: l'un "obligatoire" dans la journée et l'autre "pour le plaisir" le soir avant de me coucher.

7. Lire à la maison ou ailleurs?

Je n'ai pas tellement de préférences pour la lecture.

Je peux lire tant chez moi que sur le trajet, sur un banc....Dès que j'ouvre mon roman, la magie s'opère...

8. Lis-tu à voix haute ou en silence dans ta tête?

Je lis en silence dans ma tête.

Mais parfois, j'aime partager certains paragraphes avec ceux qui m'entourent et je leur lis à voix haute.

Pour mon travail (je suis bibliothécaire jeunesse), je lis aussi souvent à voix haute lors des accueils, des animations....Et je prends beaucoup de plaisir à le faire. Je trouve notamment que les albums prennent une autre dimension quand on les lit à vois haute.

9. Est-ce qu'il t'arrive de sauter des pages ou même de jeter un coup d’œil plus loin dans un livre?

Cela ne m'arrive que très rarement. Quand un livre m'ennuie profondément et que je dois l'achever.

Je ne commence jamais non plus par les dernières phrases d'un ouvrage. J'aurais trop peur de perdre le plaisir de la découverte...

10. Casser la tranche ou la garder intacte?

Quand j'étais plus jeune, je voulais à tout prix garder mes livres en parfait état. Puis, avec les années, j'aime l'idée de les voir légèrement abîmés. Cela leur donne vie, je trouve...

Néanmoins, j'évite de les poser sur la tranche.

11. Est-ce que tu écris dans tes livres ou jamais?

Je n'écris jamais dans mes livres. Mais, comme j'aime garder certaines citations, je les note dans un carnet si j'en ai un à proximité.

Récemment, j'ai également fait l'achat de marque-pages adhésifs chez Hemma pour noter les endroits où retrouver certaines citations quand je n'ai pas de carnet sous la main.