26/08/2014

L'Héritage Boleyn de Philippa Gregory

L'Héritage Boleyn

de

Philippa Gregory

 

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"Jane Boleyn

Blickling Hall, Norfolk

Juillet 1539

Il fait chaud, aujourd'hui; un vent brulant souffle une puanteur pestilentielle sur les landes marécageuses. Mon époux vécût-il encore, ce temps inclément ne nous retiendrait point captifs, l’œil fixé sur l'aube crayeuse et morne, mais nous trouverait à la suite du roi dans les riches provinces du Hampshire et du Sussex, juchés sur de magnifiques montures, guettant l'océan."

Jane Boleyn se languit dans son manoir de Blickling Hall. En 1536, suite à son témoignage accablant, son époux George Boleyn et sa belle-soeur, Anne Boleyn ont été exécutés. Pour la récompenser de sa loyauté, le roi Henri VIII a préservé l'"héritage Boleyn" et lui a confié  la charge de dame d'honneur de la nouvelle reine Jeanne Seymour. Mais cette dernière est morte en couches et depuis, Jane Boleyn n'a plus de position à la cour. Elle espère être bientôt rappelée quand le souverain se remariera.

 

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Anne de Clèves par Hans Holbein le Jeune

 

Au même moment, dans le duché de Clèves, la jeune Anne pose pour le peintre Hans Holbein le Jeune. Ce dernier a pour mission de représenter toutes les prétendantes d'Henri VIII. Et Anne espère que son  portrait rencontrera l'agrément de ce roi.

"Cependant, son choix doit se porter sur moi. J'y suis absolument résolue. Cela seul me permettra d'échapper à cet endroit."

Pendant ce temps-là, à Norfolk House, Catherine Howard, une adolescente de 13 ans, confiée aux bons soins de sa grand-mère, compte les minutes qui la séparent de ses retrouvailles avec le fringant Francis Dereham.

 

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Catherine Howard

 

Trois femmes à un croisement de leur vie...Trois femmes dont le destin va être infléchi par le roi Henri VIII.

Ce dernier n'est plus que l'ombre du beau et fringant jeune homme décrit par la Cour en son début de règne. Il n'a jamais pu guérir d'une blessure reçue lors d'un tournoi en 1536 et se promène désormais avec une plaie purulente et nauséabonde à la jambe. De plus, il a dû renoncer à tout exercice et a vu son embonpoint doubler.

Aussi, quand il vient par surprise à la rencontre d'Anne de Clèves sur sa route vers la capitale et qu'il l'embrasse, il provoque chez sa promise une réaction de dégoût.  Elle ne peut s'empêcher de s'essuyer violemment la bouche et de cracher par terre.

Choqué, décontenancé, le roi Henri VIII ne sait comment réagir. Finalement, une des suivantes d'Anne de Clèves, la petite Catherine Howard, parvient à lui rendre un peu de sa majesté par un compliment adroitement placé.

Les épousailles d'Henri VIII et d'Anne de Clèves débutent donc sous de mauvais auspices. Le roi ne peut honorer sa femme. Et sa haine envers elle ne cesse de grandir. Alors que son attirance pour Catherine Howard ne cesse de s'accroître.

Par conséquent, il décide de trouver le moyen de se débarrasser de la duchesse allemande. Et s'il la faisait accuser de sorcellerie?

Dans cet ouvrage, on suit donc le règne d'Henri VIII entre 1536 et février 1542, date de l'exécution de Catherine Howard. Des années marquées par les dissensions entre Catholiques et Protestants, les luttes intestines pour le pouvoir entre le duc de Norfolk et Cromwell et deux mariages royaux.

Deux mariages avec deux femmes radicalement opposées. Ce qui est d'autant plus souligné par la construction narrative où les points de vue de Catherine et d'Anne s'enchaînent. A la naïveté, la coquetterie, le désir de vivre et de plaire, le pouvoir de séduction, l'imprudence de l'une répondent le sens du devoir, l'intelligence, le courage, la compassion de l'autre.

Deux pions soumis au bon vouloir des hommes qui disposent d'elle au gré des alliances et de leur bon plaisir. Deux pions souvent manipulés et utilisés pour accomplir les desseins de certains puissants.

Deux pions tour à tour espionnés et aidés par une troisième femme qui occupe également le devant de la scène dans ce roman: Jane Boleyn qui a trahi sa belle-sœur et son époux pour conserver son rang et qui se sert des deux femmes pour conforter sa position à la Cour et dans les faveurs d'Henri VIII et du duc de Norfolk.

Mais dispose telle de tant de marge de manœuvre? Et ne se leurre telle pas finalement?

Trahison, désir, passion, complots, alliances, jalousie...constituent autant d'ingrédients de ce roman historique.

On s'attache à Anne et Catherine (même si la seconde m'a paru souvent trop frivole, j'ai été émue par son destin et celui de Thomas et Francis).

On s'indigne de la condition des femmes à cette époque.

Et, même si on connaît le sort réservé à ces héroïnes, on est happés par ce récit, habilement découpé et écrit.

Bref, vous l'aurez compris: un roman historique très intéressant et qui m'a permis de mieux découvrir les dernières années du règne d'Henri VIII.
Archipoche, 2011, 500 pages

Billet dans le cadre du challenge un pavé par mois de Bianca

 

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22/08/2014

Sans elle d'Alma Brami

Sans elle

de

Alma Brami

 

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"Moi, je m'appelle Lea et je suis immortelle.

Immortelle, c'est quand on devrait mourir à un moment et qu'on n'est pas mort, après c'est fini, on a dépassé la mort, on l'a plantée, elle a pris quelqu'un d'autre à la place.

Je m'appelle Léa...Léa, c'est plein de couleurs, un peu rose, un peu vert, un peu bleu, mais tout pastel...Léa, c'est doux, c'est soyeux.

Je m'appelle Léa, je suis blanche comme du lait. Je m'appelle Léa et je ne peux plus mourir. Même si je voulais, même si je faisais tout pour, je ne peux plus."

A 10 ans et après avoir perdu son père dans l'année, Léa se retrouve confrontée à la mort de sa petite sœur, Solène, renversée par une voiture.

"Quand ma mort a pris Solène à ma place, j'ai arrêté de courir, j'ai dit à ma mort de me prendre comme prévu, et que c'était juste un jeu, mais ma mort, elle a dit que c'était trop tard, qu'on ne peut pas revenir en arrière et que j'aurais dû y penser avant."

Sans Solène "la plus belle, la plus douce", sa mère plonge dans le désespoir.

Sans Solène, Léa se sent bien seule.

Sans Solène, les jeux et les cadeaux n'ont plus le même goût.

Sans Solène, Léa se retrouve livrée à elle-même.

Sans Solène, elle doit faire l'apprentissage de l'âge adulte à vitesse accélérée.

Sans Solène, elle doit retrouver le chemin de l'espoir.

Mais, sans elle, est-ce que la vie peut retrouver ses habits de bonheur?

Dans ce premier roman, Alma Brami emprunte la voix d'une jeune fille de 10 ans, Léa, éprouvée par le deuil. D'une plume chirurgicale, elle nous parle de la nécessaire reconstruction qui survient après des drames familiaux de cette envergure.

Avec des mots à la fois simples et qui nous touchent en plein cœur, l'héroïne nous parle de sa culpabilité. Elle a réussi à échapper à cette voiture. Mais pas sa sœur. C'était elle, la grande, celle qui aurait dû protéger et elle n'a pu empêcher cette catastrophe.

Chez elle, sa mère s'est murée dans le silence de sa chambre. Dans cet appartement/mausolée de celle qui n'est plus, plus aucun son ne se fait entendre.

Pourtant, Léa tente de retrouver le fil du dialogue avec la seule qui lui reste. Mais ni les mots ni les pleurs ne peuvent rien changer. Alors, Léa trouve des moyens pour survivre. Apprend à s'habiller et à faire ses nattes toute seule. A aller toute seule à l'école. A voler des morceaux de pain à la cantine pour pouvoir manger le soir.

Elle lutte, lutte pour se débarrasser de ses peurs, de ses souvenirs à la fois doux et sombres qui lui donnent le cafard...

Mais Léa rêve aussi. A des ailes qui lui pousseraient dans le dos et lui permettraient de rejoindre son père et Solène.

On la suit au jour le jour dans ce combat surhumain. On la voit avancer, trébucher, refuser l'aide de ceux qui l'aiment profondément (Kevin et sa grand-mère)...On espère que tous ses efforts vont enfin payer...Et on guette d'éventuelles réactions de celle qui semble définitivement éteinte.

Ce roman, de moi-même, je n'aurais peut-être pas été vers lui. Mais, voilà, une de mes meilleures amies me l'a placé entre les mains. Et Léa m'a accompagnée pendant quelques 170 pages.

C'est là le tour de force d'Alma Brami. On ne peut que plonger dans ce monologue profondément poignant. Qui nous prend aux tripes. Qui nous fait réfléchir sur ceux qui comptent. Sur la vie, la mort, le deuil, l'espoir...

Bref, un roman autour d'un sujet essentiel et qui ne vous laissera pas indifférent.

Mercure de France, 2008, 176 pages (il existe aussi en version poche chez Folio)

 

 

 

 

20/08/2014

Book tag autour des réseaux sociaux

Book tag autour des réseaux sociaux

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Bonjour,

Je reviens aujourd'hui avec un tag proposé par ma copinaute Céline autour des réseaux sociaux. J'ai trouvé le principe sympa et même si je ne désigne personne, je serai ravie de venir vous lire si vous le reprenez.

1. Twitter: un livre que j'ai adoré mais avec peu de pages!

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Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig

Quand j'étais adolescente, j'ai connu une période où je lisais beaucoup de nouvelles de cet auteur et je me souviens avoir dévoré cette confession d'amour. Quelle magnifique histoire! Et quelle plume!

2. Facebook: Un livre qui m'a été massivement recommandé

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Alex de Pierre Lemaître: depuis qu'il est sorti, ce roman policier remporte un très grand succès dans la médiathèque où je travaille et quelques amateurs de polars me l'avaient chaudement recommandé. Aussi, après m'être passionnée pour Au-revoir là-haut et avoir été happée par les intrigues de Robe de marié et de Travail soigné, je me suis lancée. Et, malheureusement, je n'ai pas accroché comme je le pensais. Au contraire, j'ai été déstabilisée par les scènes de grande violence et par l'intrigue en elle-même. Dommage!

3. Tumblr: Un livre lu avant qu'il ne devienne populaire

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J"avais commandé lors de sa publication pour la section adolescents le premier tome de Hunger Games. Il était sorti deux semaines avant et je n'en avais pas vraiment entendu parler. Je me souviens l'avoir ouvert un dimanche matin et avoir plongé dans le monde de Katniss. Je n'ai pu le reposer qu'une fois achevé. Quelle torture de devoir attendre le tome 2!

4. Myspace: un livre à propos duquel je suis incapable de me rappeler si j'ai aimé ou non

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Généralement, je me souviens des impressions que me laissent les livres. Même si l'intrigue s'est effacée, je sais, en revoyant la couverture, si j'ai apprécié ou non la lecture.

Néanmoins, pour rebondir sur ce que disait Céline, je crois que je citerai aussi un roman de Gaston Leroux: Le fauteuil hanté. Je ne garde aucun souvenir de la sensation que j'ai eu en le découvrant.

5. Instagram: un livre avec une belle couverture

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Je ne sais pas si c'est le cas pour vous mais, souvent, je suis plus attirée par les couvertures anglo-saxonnes que par les françaises. Même si je reconnais que les éditeurs hexagonaux se bonifient de plus en plus et savent multiplier les tentations. Parfois, je me surprends même à acheter un roman car j'ai été attirée par le titre et l'illustration de la couverture.

Mais si je devais choisir un ouvrage, je dirais Les amants papillons, un album de Benjamin Lacombe. Le premier que j'ai découvert de cet artiste et le premier que j'ai adoré. L'histoire et les dessins sont somptueux.

6. Youtube: un livre que j'aimerais voir adapter en film

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Question très difficile...J'ai longtemps hésité mais finalement, mon choix se porte sur Madame Hemingway de Paula McLain.

Parce que j'ai été touchée par cette histoire

Parce que les Années folles

Parce que Paris...

7. Goodreads: un livre que je n'ai de cesse de recommander à tout le monde

Orgueil-et-prejuges.gif

Sur cette question, je rejoins Céline et je dirais Orgueil et Préjugés de Jane Austen. Le coup de foudre de mes 13 ans qui ne s'est jamais démenti depuis lors.