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30/01/2017

Pas de pot pour la jardinière

Agatha Raisin tome 3: Pas de pot pour la jardinière

de

MC Beaton

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"En ce jour où Agatha Raisin, au volant de sa voiture, regagnait lentement son village de Carsely après de longues vacances, un hiver doux et humide avançait petit à petit vers le printemps. Elle se persuada qu'elle avait passé des vacances merveilleuses, loin de Carsely, ce trou ennuyeux à mourir. Elle était d'abord allée à New York, puis aux Bermudes, puis à Montréal, après quoi elle avait filé à Paris, avant de continuer vers l'Italie, la Grèce et la Turquie."

Après de longues vacances, pendant lesquelles elle s'est ennuyée à mourir, voici Agatha Raisin de retour à Carsely. Mais, très rapidement, elle se rend compte que beaucoup de choses ont changé, suite à l'arrivée de Mary Fortune, une très belle femme d'une quarantaine d'années, aussi talentueuse en pâtisserie qu'en jardinage. Son voisin, le ténébreux James Lacey, aurait d'ailleurs succombé à son charme....

Notre héroïne ne compte pas se laisser faire et elle entre en compétition avec sa nouvelle rivale....Jusqu'au soir où cette dernière est retrouvée morte, enfoncée la tête la première dans un des grands pots de fleurs de sa serre....

Débute alors une enquête compliquée où chacun, dans le village, pourrait avoir des raisons de tuer Mary.

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Quel plaisir de retrouver Agatha Raisin pour une troisième investigation! Et de la voir évoluer au fil de ses aventures.

Quand on avait fait sa connaissance, c'était une chargée de communication au caractère odieux et qui avait fait le vide autour d'elle. Sa retraite dans une paisible bourgade des Costwolds l'a amenée à se faire des amis et lui a appris à susciter de la sympathie et de l'intérêt.

"Agatha, trop préoccupée par le problème James-Mary, n'avait pas pris la mesure de sa popularité lors de la réunion de la société d'horticulture. Il faut dire qu'elle avait jamais été jusque là populaire."

Cependant, comme dans le premier tome, son esprit de compétition reste intact. Ce qui donne lieu à des scènes très drôles, notamment lors de la présentation de la plus belle fleur ou lors de la journée portes ouvertes des jardins de Carsely.

On rit également beaucoup lors des soirées au pub, avec les regards en coin, les pointes de jalousie d'Agatha et les remarques acerbes de sa femme de ménage.

Outre son humour et sa faculté à dépeindre l'évolution de son personnage principal, l'intérêt de cette série réside dans sa description de la vie dans un village typiquement anglais. Réunions du comité d'horticulture ou des dames de la paroisse, sorties au pub, kermesses, échanges autour de tasses de thé constituent autant d'occasions de saisir l'atmosphère faite de potins, d'entraide et parfois, de rejet. Tout comme c'est le cas quand des jardins sont dévastés par un mystérieux coupable à l'approche du concours d'horticulture. Aussitôt, on chuchote dans le dos des dernières venues, Agatha et Mary. Comme si c'était forcément la faute des "étrangères".

J'ai beaucoup apprécié le choix narratif opéré par MC Beaton dans ce volet. Opter pour l'arrivée d'une nouvelle venue/rivale d'Agatha sert, en effet, à la fois de déclencheur de situations cocasses, de révélateur de l'aspect parfois trop clanique de Carsely et de catalyseur pour l'intrigue policière.

C'est elle qui est assassinée et jusqu'aux dernières pages, il est quasiment impossible de savoir qui est le coupable. Ainsi, comme Agatha et James, je me suis promenée de fausse piste en fausse piste.

Bref, vous l'aurez compris: une fois encore, j'ai été séduite par ce troisième tome des Agatha Raisin et j'ai hâte de connaître la suite. Si vous êtes comme moi fans de "cosy mystery", alors cette série est faite pour vous! Rires garantis!

Albin Michel, 2016, 245 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Titine.

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19/01/2017

La Petite boutique des objets perdus d'Agnès de Lestrade, illustré par Sébastien Chebret

La Petite boutique des objets perdus

un album d'Agnès de Lestrade

illustré par Sébastien Chebret

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"Dans la petite boutique de Mara, on trouve des objets perdus. Pas perdus pour toujours puisque ici on les retrouve.

Sur les étagères de la boutique de Mara, les objets perdus attendent qu'on vienne les chercher.

Ils attendent des heures, des jours, des mois, parfois même des années."

Dans sa boutique, Mara recueille tous les objets perdus et espère qu'ils retrouveront leurs propriétaires.

Jour après jour, elle voit ainsi passer devant son comptoir des gens qui ont égaré leurs clés, leur chemin ou leur mémoire.

"Pour les clients fragiles, Mara a toujours un mot doux au bord des lèvres, une caresse au bout des doigts."

Mais derrière sa profonde empathie, Mara dissimule aussi des blessures....

Un soir, une vieille dame pousse la porte de son magasin. Dans ses mains, elle tient "un objet chaud [qui] sent bon la terre, gigote, palpite..." et le confie à notre héroïne.

"Je me demande comment on vit quand on a perdu son cœur, chuchote la vieille dame en sortant."

Cet album, je l'ai découvert par hasard, en farfouillant dans les rayons d'une librairie. C'est le titre qui a retenu mon attention...Je l'ai donc ouvert et, aussitôt, la magie a opéré...

Comme souvent, j'ai été happée par l'infinie poésie du texte d'Agnès de Lestrade.

En quelques phrases, elle nous dépeint une île refuge dans une petite ville comme beaucoup d'autres. Une île refuge où Mara, naufragée elle-même d'un drame, s'est abritée et aide les autres à récupérer ce qu'ils ont égaré.

S'ensuit un défilé de clients aux problématiques toutes différentes et pour lesquels il existe toujours une solution.

Cette succession de cas permet à l'auteur de jouer avec le langage, tantôt en reprenant des expressions courantes (avec le verbe perdre), tantôt en faisant appel à la connivence de son lecteur (le chat de la mère Michel).

Au fil des pages, on s'amuse donc. On s'attendrit. On s'émeut...

"Les deux lacs vides se remplissent de larmes."

Aux mots tout en finesse et en sensibilité répondent les illustrations réalistes de Sébastien Chebret. Même si je n'ai pas été forcément sous le charme des ses dessins, je trouve qu'ils apportent un contrepoids intéressant et qu'ils ancrent cette histoire dans un quotidien qui pourrait être le nôtre, avec des objets et des êtres chers perdus. La réflexion autour de cette thématique s'en trouve donc encore plus renforcée.

Bref, vous l'aurez compris: même s'il n'a pas été un coup de cœur, je vous conseille cet album optimiste, émouvant et qui ne vous laissera pas indifférent.

Alice Editions, 2016

 

16/01/2017

Petits meurtres à Mangle Street

Petits meurtres à Mangle Street

de

M.R.C Kasabian

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"Cela fait soixante ans que je connais Sidney Grice. A l'époque, il était encore assez jeune, même s'il n'en avait pas l'air, et déjà célèbre en Angleterre, mais il n'avait pas encore atteint la renommée internationale qu'une série de films hollywoodiens ridicules (et erronés) allait lui offrir.

Dans l'ensemble, c'était un personnage assez orgueilleux qui aimait les feux des projecteurs, mais il était capable de s'indigner de certaines des anecdotes scandaleuses qui circulaient à son sujet."

Après le décès de son père, March Middleton est contrainte d'abandonner sa maison et de partir à Londres s'installer chez  le détective Sidney Grice, son parrain, qu'elle n'a encore jamais rencontré.

Très vite, ce dernier est sollicité pour le meurtre d'une jeune femme. En effet, sa mère entend prouver que son gendre n'est en rien coupable. Sidney Grice accepte de mener l'enquête, secondé par sa filleule.

Et s'ils avaient affaire à un des adversaires les plus retors de la carrière de Grice?

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Ce roman m'a été offert par ma copinaute Bianca pour mon anniversaire (encore merci!). Et j'ai eu le plaisir de le lire en sa compagnie au début du mois de janvier.

Comme tout premier tome d'une série, l'auteur installe pour nous le décor et les personnages.

J'ai été ravie de faire la connaissance du duo Grice/Middleton. Bien entendu, on sent bien qu'il doit beaucoup au tandem Holmes/Watson. Comme le célèbre docteur, Middleton retrace les aventures d'un détective et l'aide à conduire ses investigations. De même, Grice paraît doué d'une intelligence hors normes, d'un pouvoir de déduction incroyable et d'une insensibilité assez marquée.

Mais, loin de se contenter d'être de pâles reflets des créations de Conan Doyle, Grice/Middleton possèdent aussi leurs propres caractéristiques, à la fois pittoresques et cocasses. Sidney Grice, avec son œil de verre et sa perruque chancelante, ne jure que par le thé et par le végétarisme. Quant à March Middleton, elle ne correspond en aucun cas aux canons de la femme idéale victorienne. Elle boit du gin en cachette ou dans un lieu secret avec quelques amies et adore accompagner son parrain dans les recoins les plus mal famés de la capitale, à la recherche d'éventuels indices.

On suit avec plaisir ces deux nouveaux alliés dans leur quête. L'occasion pour M.R.C Kasabian de nous faire visiter Londres à la fin du dix-neuvième siècle et de nous montrer les profondes disparités sociétales. Même si le tableau ne m'a pas semblé aussi abouti que sous la plume d'Anne Perry, je n'ai pas boudé mon plaisir.

En revanche, je suis plus circonspecte concernant l'intrigue policière. Autant j'ai trouvé qu'elle s'enlisait au moment du procès, autant j'ai jugé qu'elle s'emballait trop à la fin et que le dénouement paraissait trop télescopé. C'est dommage.

Je regrette également que l'auteur nous plonge à différentes reprises dans le passé de son héroïne, lorsqu'elle assistait son père, médecin militaire, en Inde. Même si cet élément nous fait mieux saisir l'atypisme de March Middleton, le ressort amoureux ne m'a pas convaincu. Et je me demande bien où il va mener dans la suite de la série...

Bref, vous l'aurez compris: malgré quelques bémols, j'ai passé un agréable moment en compagnie de ce duo d'enquêteurs et je lirai sans doute le second tome quand il sera publié.

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca et dans le cadre du challenge A year in England de Titine.

City Editions, 2015, 404 pages

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