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09/05/2017

De l'arsenic pour le goûter

De l'arsenic pour le goûter

Une enquête trépidante du club Wells & Wong

de Robin Stevens

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"Il est arrivé quelque chose d'atroce à Mr Curtis.

Je suis étonnée que ça m'affecte autant. Si, ce matin, on m'avait demandé ce que je pensais de lui, j'aurais répondu que Mr Curtis n'était pas un homme bien. Mais même le plus mauvais des hommes ne mérite pas un tel sort."

En ce samedi pluvieux du mois d'avril 1935, Hazel Wong, secrétaire et vice-présidente du club de détectives Wells& Wong, entame le récit des circonstances qui ont mené à la mort de Mr Curtis, empoisonné à l'arsenic lors d'un goûter d'anniversaire.

Une fois encore, Daisy et Hazel, nos deux détectives en herbe se retrouvent donc confrontées à un décès violent et une fois encore, elles décident de mener l'enquête. Sauf que cette fois-ci, le drame n'est pas survenu dans leur pensionnat de Deepdean mais dans le manoir de Fallingford, propriété de la famille de Daisy. Ce qui signifie que le coupable peut faire partie de ses proches. En effet, chacun d'entre eux a un bon motif... Une situation plus que compliquée pour notre investigatrice amateure...

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Je vous avais parlé récemment du premier volet des aventures de Wells & Wong. Depuis cette lecture, j'avais hâte de me plonger dans la suite. Aussi, quand elle est arrivée à la médiathèque, je me suis jetée dessus. Et je n'ai pas boudé mon plaisir.

Profitant des vacances d'avril, nos deux héroïnes ont délaissé leur pensionnat pour le manoir de Fallingford. L'occasion pour Daisy de fêter avec tous les siens son anniversaire. Toutefois, l'arrivée intempestive de Mr Curtis, un ami de sa mère, confère très vite à l'assemblée une atmosphère plus que glaciale. Les tensions s'accumulent quand on découvre son rapprochement amoureux avec Lady Hastings, la mère de Daisy. Et quand on l'aperçoit expertiser de nombreux meubles et tableaux dans la demeure.

La situation inconfortable atteint son paroxysme juste avant le goûter d'anniversaire de Daisy. Tout pourrait prendre un tour catastrophique pour la famille de cette dernière....Mais la mort suspecte de Mr Curtis enraye le mécanisme infernal. Tous auraient pu le tuer pour une raison bien particulière. Et, dans la maison isolée du reste du monde par la pluie, l'assassin pourrait encore sévir.

Je ne peux que saluer l'habileté narrative de Robin Wells. Même si elle reprend un schéma classique des "cosy mystery" (mise en situation/meurtre/enquête en huis-clos/dénouement lors d'une confrontation collective), elle sait instiller une bonne dose de suspense et induire en erreur son lecteur. De même, le fait d'avoir utilisé la même narratrice (Hazel Wong) mais d'avoir séquencé ce récit entre un retour rétrospectif (avec des réflexions à rebours) et un compte-rendu plus resserré et situé dans le moment présent des actions engagées après la mort de Mr Curtis se révèle très adroit. Cela casse le rythme et j'ai trouvé cela plutôt bienvenue.

Chaque personnage est bien campé. En quelques traits choisis, on parvient à saisir leurs ressorts psychologiques, leurs défauts aussi et leurs façons d'être. Certains se montrent plus drôles que d'autres (je pense notamment à Tante Saskia, la cleptomane qui égare des petites cuillères ou à Lord Hastings qui raffole de blagues plus ou moins douteuses).

De même, les rapports évoluent entre Daisy et Hazel. Elles se connaissent de mieux en mieux et cela se ressent dans la manière dont Hazel décrit sa camarade. Désormais, sa sensibilité et ses failles affleurent et lui ôtent un peu de son côté holmésien.

J'ai beaucoup apprécié également l'atmosphère so british de ce séjour dans le manoir de Fallingford, avec ses pièces pas toujours bien entretenues, son majordome un peu branlant, sa grande bibliothèque, ses tasses de thés et ses "sponge cake"...

Bref, vous l'aurez compris: ce roman est une vraie réussite et ravira tous les amateurs d'ouvrages policiers britanniques dans la lignée de ceux d'Agatha Christie ou de Patricia Wentworth. Vivement le troisième opus!!!

Éditions Flammarion, 2017, 348 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Martine.

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02/05/2017

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2017

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2017

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Je reviens ce soir avec un billet autour des romans que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2017.

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Commençons par une biographie sur Louis Jourdan, le dernier French lover d'Hollywood. Dans cet ouvrage, Olivier Minne entremêle habilement les souvenirs de l'acteur et ses impressions sur leurs rencontres dans sa demeure californienne. Ce mélange se révèle passionnant car il permet tant au lecteur de saisir l'homme derrière la star que de s'immerger dans l'âge d'or des studios hollywoodiens. On découvre ainsi le fonctionnement de ces grandes machines de production, des castings imposés, des producteurs omnipotents...On en apprend plus sur les tournages de certains films mythiques comme Lettre d'une inconnue d'Ophüls ou Gigi. Certains acteurs nous sont dévoilés autrement. Je pense notamment à James Dean, croisé lors d'une série de représentations théâtrales...et qui, des années plus tard, demeure toujours l'objet du mépris de Louis Jourdan. On quitte à regret cet homme du cinéma, d'une grande culture et à la langue particulièrement acérée. Bref, vous l'aurez compris: je ne peux que vous recommander ce titre que j'ai dévoré.

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Autre temps, autre lieu: Rouge Paris nous entraîne cette fois-ci sur les traces de Victorine Meurent, un des modèles les plus célèbres de Manet (elle a posé notamment pour Olympia ou Le Déjeuner sur l'herbe), devenue elle-même peintre. L'auteur Maureen Gibbon nous propose de s'attarder sur la relation de ces deux artistes, de leur rencontre au sommet de leur collaboration. Dans ce roman d'apprentissage, tout est vu par le prisme de la jeune femme. Ce qui donne un accent de sincérité voire de naïveté à la narration. En effet, la plupart du temps, on a l'impression d'entendre la voix de Victorine, 17 ans, qui pénètre dans un univers complètement opposé au sien. Cette initiation aux couleurs, au dessin, à la peinture...est bien rendue. De même, j'ai trouvé le traitement de sa relation avec Manet assez intéressante. En revanche, j'ai moins adhéré aux nombreuses réflexions assez crues qui coupent le récit. La sexualité et le désir sont liés à la force créatrice de ces deux artistes et en constituent un moteur. Il est donc normal que leurs ébats solitaires ou à deux voire à trois soient évoqués. Cependant, une fois ce point souligné et compris, j'ai jugé que certaines scènes n'apportaient rien de plus et finalement, amoindrissaient la qualité du récit. Bref, vous l'aurez compris: Rouge Paris constitue une lecture somme toute agréable mais dispensable.

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Pour finir, j'aimerais dire quelques mots du Palais d'épines et de roses de Sarah J. Maas. Je lis rarement des romans de fantasy mais pour une animation à destination des adolescents à la médiathèque, je me suis laissée tentée par ce titre. Feyre, une jeune femme de 19 ans, qui vit dans une masure avec sa famille tue, lors d'une chasse, un loup. Elle ne le sait pas encore mais cet acte la condamne à devenir la prisonnière d'un puissant seigneur magicien, mi-homme, mi-bête. Enfermée contre sa volonté dans son palais, notre héroïne se rapproche, au fil des jours, de son hôte...Vous l'aurez reconnu: l'auteur a transposé la Belle et la Bête dans un univers de fantasy.  Tout en gardant la trame originelle, elle insuffle des éléments de fantasy et crée un mélange plutôt réussi. Même si certains aspects trop "romance" m'ont parfois énervée, je n'ai pas boudé mon plaisir.  Bref, vous l'aurez compris: si vous cherchez une lecture divertissante, ce titre est idéal pour vous.

18/04/2017

Treize raisons

Treize raisons

une série Netflix de Brian Yorkey

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"Salut, c'est Hannah. Hannah Baker. Eh oui! Pas la peine de régler...ce sur quoi tu écoutes ça. C'est moi en direct et en stéréo. Pas de remboursement, pas de bis et cette fois-ci, absolument pas de réclamations. "

Hannah Baker, une jeune lycéenne, s'est suicidée quelque temps auparavant. Clay Jensen, un de ses camarades de classe, semble avoir du mal à se remettre de sa mort. Un soir, il trouve devant sa porte une boîte à chaussures. A l'intérieur: 13 cassettes audio. Il se met à écouter la première et reconnaît la voix de la disparue.

"Mange un truc. Installe-toi.

Parce que je vais te raconter l'histoire de ma vie.

Plus précisément, pourquoi ma vie s'est arrêtée.

Et si tu écoutes cette cassette..., tu en es une des raisons. "

13 cassettes pour 13 raisons que nous allons découvrir en compagnie de Clay Jensen au fil de ces 13 épisodes.

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Cette nouvelle série Netflix, je l'attendais avec impatience. Parce que j'avais beaucoup apprécié le roman de Jay Asher dont elle est adaptée/Parce que j'étais curieuse aussi de voir comment ce sujet à la fois si douloureux et si nécessaire du harcèlement et de ses conséquences allait être traité sur petit écran.

En soi, le sujet du harcèlement au lycée n'est pas novateur. On le retrouve dans beaucoup de "teen movies" mais il y est plus souvent abordé de manière optimiste car les héros s'en sortent, après maintes péripéties.

Là, il n'en est rien. Dès les premières images, on assiste à la chronique d'une mort annoncée et au mécanisme implacable qui a conduit au décès d'Hannah Baker. Un peu comme dans une tragédie grecque où les personnages principaux tentent de s'affranchir de leur destin et échouent. Il en va de même pour notre protagoniste qui voit toutes ses portes de sortie se fermer les unes après les autres.

"Si ça s'était passé autrement, ça ne serait peut-être jamais arrivé"

Voici une question lancinante qui revient tout au long du visionnage, aussi bien chez le spectateur que chez ceux qui écoutent les cassettes, transformés en audience malgré eux. J'ai beaucoup aimé cette idée du double niveau d'écoute car elle nous permet encore plus de nous identifier aux autres qui ne sont pas forcément nous mais dont certaines lâchetés humaines peuvent faire miroir avec les nôtres (je n'évoque bien entendu que les raisons les moins "graves").

Cette assimilation peut donc jouer le rôle d'un électrochoc pour le public et servir le propos didactique de cette série, à savoir la lutte contre toutes les formes de harcèlement.

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Mais il ne faut pas réduire Treize raisons à la nécessité de se battre et de porter secours à ceux qui sont plongés dans la solitude par des bourreaux ordinaires.

Non, cette série constitue également à une enquête. Une enquête sur tous les crimes qui ont pousséHannah Baker au suicide. A l'inverse du roman qui se concentrait sur le contenu des cassettes et l'impact sur Clay, la série permet de développer les interactions entre tous ceux concernés au premier plan et d'accroître le suspense. On pressent parfois la gravité de certains rebondissements mais on ne les devine jamais tout à fait.  On s'interroge aussi sur qui détient vraiment la vérité: Hannah? les autres? un peu des deux? De même, on mesure mieux l'impact du geste de l'héroïne et comment sont gérés la douleur et la culpabilité par son entourage.

J'ai bien aimé ce parti pris narratif, même si je dois avouer que je n'ai pas toujours été convaincue par la pertinence de certains ajouts. Je pense notamment à certaines scènes entre le directeur et le conseiller dans les toilettes ou celle entre un professeur et le même conseiller. Peut-être est-ce dû à la prestation de ces acteurs...Qui ne m'ont pas toujours semblé justes.

En revanche, le casting "adolescent" est incroyable. Tous, avec en tête Dylan Minette (Clay) et Katherine Langford (Hannah Baker), incarnent à merveille leurs personnages. J'ai également été bluffée par Kate Walsh, la mère d'Hannah qui aurait pu en faire trop dans le registre de la douleur mais demeure impeccable en femme broyée par le chagrin et minée par les doutes.

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Malgré sa tonalité profondément tragique, 13 raisons parvient à offrir de belles séquences, un peu comme si elles épousaient les battements du cœur d'Hannah, toujours sur le fil de l'espoir. Je fais notamment référence à celles entre Hannah et Clay, dans le cinéma où il travaille ou aux après-midis "chocolat" avec Jessica et Alex au Monet. On se laisse prendre nous aussi au jeu et on espère, malgré tout...Et la chute n'en est que plus terrible.

Bref, vous l'aurez compris: je ne peux que vous recommander cette série, sans faux-semblants, autour du harcèlement et qui parvient, malgré son sujet douloureux, à ménager quelques ilots de poésie.

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