15/09/2014

Les Autodafeurs tome 1: Mon frère est un gardien

Les Autodafeurs tome 1: Mon frère est un gardien

de

Marine Carteron

 

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"5 heures du matin sur une petite route de campagne

Le choc a été très violent. Le camion a surgi de nulle part et a percuté la voiture de plein fouet avant de l'envoyer par-dessus les glissières de sécurité terminer sa course contre un grand chêne.

Elle a fait plus de cinq tonneaux avant de s'immobiliser et maintenant c'est une épave; la roue avant gauche tourne encore tandis que la fumée commence à s'échapper du capot éventré.

Suspendu la tête à l'envers dans l'habitacle détruit, l'homme sait qu'il va mourir. Cela fait plus d'un an qu'il redoute ce moment. Depuis le jour où il a surpris les plans des Autodafeurs, il a su qu'ils ne le laisseraient pas se mettre en travers de leur chemin."

L'homme qui vient de mourir dans cet accident de voiture est le père d'Auguste Mars, 14 ans.

Et ce même Auguste, on le retrouve justement dans une très mauvaise position en ce début de roman. La police, le juge pour mineurs et la quasi-totalité des habitants de sa ville le considèrent comme un dangereux délinquant, coupable de vol, incendie criminel, violences...

Or, il a une très bonne explication à fournir pour l'innocenter. Mais s'il la donne, il trahirait un secret vieux de vingt-cinq siècles et mettrait en danger la Confrérie.

Il choisit donc de ne rien en faire et c'est à nous, lecteur, qu'il raconte tous les évènements qui ont suivi le décès accidentel de son père.

Cependant, sa voix n'est pas la seule qui retentit entre ces pages. En effet, il partage la narration avec sa petite sœur, Césarine Mars, 7 ans et "artiste" (le nom que lui a donné Auguste quand il a entendu pour la première fois parler du syndrome d'Asperger dont elle souffre).

"Mais bon, pour que vous compreniez mieux comment j'en suis arrivé là, il faut que je reprenne depuis le début, c'est-à-dire, là où tout a commencé.

P.-S: Ce que mon frère a oublié de vous dire, c'est qu'il n'en serait jamais arrivé là s'il m'avait écoutée; donc, en plus d'être un gardien, c'est aussi un idiot. Césarine Mars."

J'avais remarqué ce titre sur la blogosphère, notamment chez Loucy et je n'ai donc pas hésité longtemps avant de me lancer à son arrivée à la médiathèque.

Ce qui m'a immédiatement frappé dans ce texte, c'est le ton. Marine Carteron a su insuffler à la fois de l'authenticité et beaucoup d'humour à ses deux personnages principaux. On croit à chaque fois que ce sont bien un adolescent de 14 ans et une enfant de 7 ans qui s'adressent à nous. L'humour naît de la distance ironique qu'arrive à avoir Auguste et en ce qui concerne Césarine, de son absence totale de décalage et de sa tendance à tout prendre au pied de la lettre.

De plus, l'émotion n'est jamais loin dans leur propos. Elle affleure quand Césarine découvre le sens de du mot amitié avec la petite Sara ou quand Auguste parle de son père...

J'ai également été tout de suite happée par l'intrigue. Devant le désespoir de sa mère et de sa sœur, Auguste propose de déménager et de partir s'installer à la Commanderie avec leurs grand-parents. C'est dans cette maison de vacances qu'il va avoir ses rêves. A chaque fois, son père lui apparaît et l'enjoint à se souvenir du Livre et du rôle qui lui est échu.

La rentrée va aussi lui servir de "révélateur". La haine immédiate du "Négrier", son proviseur et l'attaque des frères Montague le poussent à se rapprocher de son professeur De Vergy. Lorsque celui-ci le ramène à la maison, il surprend une conversation entre sa mère et lui.

"Ton fils n'est au courant de rien. Tu sais très bien qu'après la mort de ton frère, Jean a respecté ton choix et a toujours refusé qu'on parle de la Confrérie à Auguste avant qu'il soit en âge de se battre et nous avons tous respecté ton désir. Mais, Julie, tu dois te rendre à l'évidence, l'assassinat de ton mari est un signe qui ne trompe pas. Nos ennemis se sont regroupés, ils sont en ordre de bataille et tout s'accélère autour de nous"

Ainsi, Auguste prend connaissance d'un secret vieux de vingt-cinq siècles, un secret que sa famille et leurs alliés tentent de protéger à tout prix. J'ai beaucoup apprécié le contenu de ce mystère, l'importance conférée au livre, à la mémoire...et cette idée de société de l'ombre prête à tous les sacrifices pour conserver le secret et le garder loin des Autodafeurs. Sans oublier le côté initiatique, le poids de la transmission...

L'intrigue monte crescendo. Au fil des jours, Auguste et Césarine se rapprochent de ce mystère...et du danger. Jusqu'à une explosion finale....

J'aimerais rajouter un petit mot sur les personnages qui entourent nos deux héros. L'auteure a su créer une belle galerie de protagonistes. Des vrais "Méchants" (le Négrier, les Montague), des amis atypiques (Néné et Sara), un professeur fascinant (De Vergy que j'espère voir plus dans le prochain tome...)...

Bref, vous l'aurez compris: un roman pour adolescents extrêmement bien ficelé, au ton à la fois enlevé, humoristique et émouvant dont j'attends la suite avec impatience.

Editions du Rouergue, 2014, 329 pages

 

 

 

 

13/09/2014

Peaky Blinders

Peaky Blinders

une série de Steven Knight

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A Birmingham, en 1919, règne le clan des Peaky Blinders. Un clan surnommé ainsi en raison des rasoirs qu'ils ont l'habitude de cacher dans les visières (peak en anglais) de leur casquette. Un clan à la tête duquel on retrouve l'ambitieux Tommy Shelby, revenu complètement métamorphosé de la Première Guerre mondiale.

Lors de la scène inaugurale, on le voit demander la bénédiction pour son cheval de la part d'une "sorcière"chinoise. Un cheval qui remporte plusieurs courses et qu'il veut utiliser pour gagner des paris.

Une manière de se faire remarquer par Will Kimber, le gangster qui a la main mise sur les jeux aux courses dans cette partie de l'Angleterre.

De plus, avec sa bande, Tommy vient de trouver tout un stock d'armes, notamment des carabines, des fusils et des mitraillettes qui pourraient vivement intéresser l'IRA.

Mais ce stock déclenche aussi l'arrivée de l'inspecteur en chef Chester Campbell, dépêché par Churchill pour empêcher d'éventuels débordements.

S'engage alors entre les deux hommes une partie de bras de fer.

Une partie de bras de fer qui pourrait bien être arbitrée par la belle Grace, nouvellement engagée pour tenir le bar dans le pub des Shelby....

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Récemment, j'ai parlé des séries que j'avais regardées lors de mon été. A cette occasion, Alexandra m'a conseillé de me lancer dans Peaky Blinders. Je n'en avais jamais entendu parler et j'ai décidé de regarder le premier épisode.

Immédiatement, j'ai été happée par l'intrigue.

Dès le pilote, dans une atmosphère crépusculaire, tout en gris et tonalités sombres, on est confrontés à toutes les problématiques qui vont traverser la première saison.

Poids de la guerre/Amour partagé et non partagé/Lutte d'influence entre les différentes bandes mafieuses/Importance de la famille/Honneur/Trahison/Violence/Fidélité aux idéaux...Autant de thèmes qui jalonnent ces six heures de programme.

Les scènes s'enchaînent, aussi somptueusement filmées les unes que les autres, sans jamais laisser la place à un temps mort. Le drame guette à chaque coin de rue. Tout comme la violence. Mais, malgré cet aspect profondément tragique, Peaky Blinders n'est pas dépourvu de quelques éclats de bonheur.

Et que dire du final parfaitement maîtrisé? Et de cette ultime scène de gare extrêmement choquante? De ce fondu qui laisse encore un peu d'espoir et qui nous plonge dans l'attente de la suite? Et si...?

Mais cette histoire très bien huilée ne serait rien sans la réalisation brillante de Steven Knight (chaque plan fait sens) et sans le casting impeccable (Cillian Murphy en tête)

J'ai également apprécié la bande-son très rock'n roll (omniprésence de titres de Nick Cave et de Jack White). Les créateurs ont veillé à ce qu'elle ne prenne jamais le pas sur les dialogues ou l'intensité des scènes. Et je le souligne d'autant plus que ce n'est pas toujours le cas dans les productions télévisuelles actuelles.

Bref, vous l'aurez compris: je vous conseille vivement cette série, inspirée de faits réels et que je placerai dans la lignée de Boardwalk Empire.

Merci Alexandra pour la découverte! Et vivement la saison 2!

BBC 2, 2013, saison 1 (6 épisodes)

 

 

11/09/2014

Talents à découvrir Cultura 2014

Talents à découvrir Cultura 2014

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Lundi dernier, je me suis rendue à la Maison de l'Amérique latine, boulevard Saint-Germain à Paris, pour assister à la remise des Talents à découvrir.

En effet, depuis 2001, l'enseigne Cultura a lancé cette opération qui consiste à mettre en avant pendant un an dans leurs magasins six talents. Six talents parmi six auteurs ayant publié leur premier roman.

Participe à cette belle initiative un jury composé de quelques 150 lecteurs (salariés, clients, blogueurs...).

Cette année, ce jury présidé par Gilles Legardinier, a décidé de sélectionner:

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-Un jeune homme prometteur de Gautier Batistella

Présentation de Grasset :Tout commence à Labat, petit village des Pyrénées. Orphelin rêveur et blessé par un premier amour déçu, le narrateur quitte son frère et leur enfance buissonnière pour monter à l’assaut de la capitale. Que cherche ce Rastignac en herbe démangé par la vocation romanesque ? Une mère inconnue, la liberté, une revanche, la gloire peut-être. Mais au lieu du noble parnasse littéraire dont il avait rêvé, il découvre un univers de fauxsemblants : celui des grands imposteurs du monde des lettres. Bien décidé à s’en débarrasser, le voici embarqué dans une quête dangereuse qui l’entraînera au-delà de lui-même, au bout du monde et au bord de la folie.

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-Constellation d'Adrien Bosc

 Présentation de Stock: Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n’est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend « nécessaire » ce tombeau d’acier ? Et qui sont les passagers ? Si l’on connaît Marcel Cerdan, l’amant boxeur d’Édith Piaf, si l’on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l’auteur lie les destins entre eux.

« Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante-huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit. »

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-Le cercle des femmes de Sophie Brocas

Présentation de Julliard: Alors que leur aïeule Alice vient de mourir, trois de ses descendantes ainsi qu’une de ses amies se retrouvent dans sa demeure afin d’y trier ses affaires. Lia, l’arrière petite-fille, âgée de vingt ans, découvre la correspondance de son arrière grand-mère et par la-même, un lourd secret précieusement gardé par la défunte. Cette succession de lettres révèle une aïeule méconnue et l’humanise enfin. Face à cette découverte, chacune s’interroge sur ses propres comportements et se demande si les non-dits de leur aïeule n’auraient pas des incidences sur les trois générations de femmes qui lui ont succédé. Un court roman qui nous démontre que les secrets de famille peuvent avoir une influence certaine sur toute une filiation.

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-Le clan suspendu de Etienne Guéreau

Présentation de Denoël: Ismène, Polynice, Antigone et Hémon sont les enfants de la deuxième génération. Ils vivent dans le Suspend, un village dans les arbres accroché à dix mètres de hauteur. La vie quotidienne y est régie selon des rites immuables, des traditions bien ancrées – comme celle qui consiste à répéter inlassablement Antigone , la tragédie qu’il faut connaître sur le bout des doigts – et surtout, une règle stricte : ne jamais descendre du Suspend. Car en bas règne l’ogresse, une créature sanguinaire à l’affût de ceux qui s’aventurent sur son territoire…

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-La fractale des raviolis de Pierre Raufast

Présentation  d' Alma: Il était une fois une épouse bien décidée à empoisonner son mari volage avec des raviolis. Mais, alors que s’approche l’instant fatal, un souvenir interrompt le cours de l’action. Une nouvelle intrigue commence aussitôt et il en sera ainsi tout au long de ces récits gigognes. Tout ébaubi de voir tant de pays, on découvre les aventures extraordinaires d’un jeune garçon solitaire qui, parce qu’il voyait les infrarouges, fut recruté par le gouvernement ; les inventions stratégiques d’un gardien de moutons capable de gagner la guerre d’Irak ; les canailleries d’un détrousseur pendant l’épidémie de peste à Marseille en 1720 ou encore la méthode mise au point par un adolescent sociopathe pour exterminer le fléau des rats-taupes.

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-Le bonheur national brut de François Roux

Présentation d' Albin Michel: 10 mai 1981, François Mitterrand est élu, la France est saisie d’émoi. Parmi les témoins de cet évènement historique, Paul et sa bande : ils ont dix-sept ans, s’apprêtent à passer leur bac et chacun fête à sa façon l’avènement de la gauche au pouvoir. Paul, élève médiocre, vient d’un milieu bourgeois, son père est gynécologue et souhaite voir son fils poursuivre des études de médecine. Rodolphe, fils d’ouvrier communiste, politisé depuis son plus jeune âge, élève brillant, militant socialiste convaincu, rêve d’embrasser une carrière politique flamboyante. Benoît qui vit avec ses grands-parents agriculteurs n’a d’autre ambition que de faire des photos et d’aider à la ferme. Quant à Tanguy, dont la mère a dû gérer seule la petite entreprise familiale, il rêve d’ascension sociale.

 

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De gauche à droite: Adrien Bosc, Etienne Guéreau, Gautier Battistella, Pierre Raufast

Je suis repartie ravie de cet événement.. et avec une PAL alourdie de ces six romans. Est-ce que vous avez-lu certains de ces titres? Vous me conseilleriez  de commencer par lequel?

Pour l'instant, je pense bientôt entamer La fractale des raviolis. Le titre m'a immédiatement frappée et puis, je dois reconnaitre que j'ai été intriguée par le rat-taupe qui accompagne la dédicace de Pierre Raufast. De même, j'ai beaucoup aimé l'échange informel que nous avons pu avoir sur les blogs....

Tout comme j'ai apprécié les discussions avec les quatre autre blogueurs présents (Camille, Sabine, Sophie et Kevin), les libraires de l'enseigne de Plaisir et certains membres de l'équipe Cultura.

Bref, un beau moment autour de la littérature.

N'hésitez pas à aller découvrir le billet de Camille autour des talents.