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17/11/2015

La Sorcitresse de Philippe Arnaud

La Sorcitresse

de

Philippe Arnaud

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"Je me suis toujours dit que les parents devraient être punis quand ils donnent n'importe quel prénom à leur enfant. Pas une grosse punition, non: juste un truc du genre laver la vaisselle à perpétuité, histoire qu'ils n'oublient jamais leur erreur. Moi, ça fait bientôt dix ans que je dois répondre au pénible nom de Balthazar..."

Balthazar, le héros de cette histoire, a été envoyé à "Deuxième Chance", une maison de redressement, surnommée par ses pensionnaires "Double-Peine".

Après une première soirée en solitaire, il fait la connaissance de trois autres élèves: Romain, le Marseillais costaud; Timothée, le souffre-douleur et Charlotte, la si belle Charlotte qui invente son propre langage.

Très vite, ces quatre là deviennent inséparables.

A quatre, on est plus forts, on se serre les coudes, on se raconte tous les secrets de la terre et on est capables de tout affronter.

Même l'"alternance" de leur maîtresse "bellifique"par cette infâme sorcitresse.

Et si cette dernière fomentait un plan pour se débarrasser de sa rivale?

Nos quatre amis décident de tout mettre en œuvre pour sauver leur professeur adoré.

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Depuis les événements de vendredi, j'ai eu du mal à retrouver le chemin de la lecture. Trop d'images en tête, trop de doutes, trop de peurs aussi....

Et puis j'ai ouvert la Sorcitresse et la magie a opéré. Je suis retournée dans ce pays béni de l'enfance, celui des romans d'aventures, des copains à la vie à la mort,de l'espoir en pagaille, de l'entraide, des bagarres dans la cour de l'école...

Avec des accents à la Roald Dahl, Philippe Arnaud nous conte l'histoire de Balthazar et de sa bande. Une histoire sans doute de facture classique (un groupe d'amis lutte contre un méchant et essaie de déjouer ses projets ...)

Mais quelle inventivité à partir de cette trame déjà lue autre part! Rien qu'en termes de langage. Jeu de mots, parenthèses toujours à bon escient, réflexions désopilantes et néologismes savoureux (par le truchement de Charlotte et de ses "horriblique", "atterement"...) émaillent ainsi la narration. Pour le plus grand plaisir de nos zygomatiques!

Et que dire de l'infâme sorcitresse? J'adore quand les méchants sont de vrais méchants, laids, qui puent et qui font un peu peur...Et là, c'est exactement le cas! Jugez plutôt d'après cette description.

"Tim s'est fait pipi dessus rien qu'en la voyant. Elle trimballait des ongles de vingt centimètres, une peau toute ridée-avec des plissures par-dessus les rides-, et un nez crochu qui lui descendait jusque sous la bouche, avec des narines façon caverne. Quand elle souriait, ça puait dans toute la classe, un mélange de crotte de vieille chèvre puissance 10, de diarrhée humaine, de putois malade et de punaise écrasée. [...] Pour couronner le tout, elle n'avait que la peau sur les os. Le squelette apparaissait à travers. On aurait dit que c'était les orbites du crâne qui fixaient à travers."

Par conséquent, on suit avec délectation les tribulations de Balthazar, Charlotte, Romain et Tim... Maintes épreuves attendent nos amis: maison hantée, cave, méchants surveillants...Mais rien ne semble les démotiver. Pour le plus grand plaisir du lecteur qui adore les voir tourner en ridicule les adultes.

Bref, vous l'aurez compris: si vous cherchez une pilule de bonne humeur, ce livre est le remède parfait pour vous. N'hésitez pas à le prescrire à tous les enfants de 7 à 77 ans.

Sarbacane, collection Pépix, 2015, 190 pages

 

 

 

20/10/2015

La Meilleure nuit de tous les temps de Séverine Vidal

La Meilleure nuit de tous les temps

de

Séverine Vidal

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"Quand on tombe amoureux, on tombe pour de vrai.

Aimer, c'est s'écrouler dans les escaliers, c'est se fendre la cheville en deux, avoir l'os qui ressort et hurler à la mort en attendant les secours.

Niveau douleur, c'est à peu près ça.

La première fois, je n'ai vu que ses cheveux.

J'étais juste derrière elle en allant au collège, le jour de la rentrée. J'ai donc observé un moment ses boucles rousses, qui virevoltent quand elle marche. Et puis, je l'ai doublée sans oser me tourner vers elle. Pour rêver encore un peu. L'imaginer."

Le jour de la rentrée, Raphaël Durand tombe fou amoureux de la très belle Colombe.

Très vite, ils deviennent tous les deux inséparables.

"C'est fou de faire la connaissance de quelqu'un le 5 septembre et de ne plus pouvoir s'en passer le 6."

Mais c'est sans compter leurs parents qui, brusquement, leur interdisent de se retrouver.

Heureusement, Colombe a une idée géniale pour contrer ce diktat.

Et s'ils passaient la meilleure nuit de tous les temps?

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Vous vous rappelez sans doute à quel point j'ai eu un coup de cœur pour le magnifique Quelqu'un qu'on aime de Séverine Vidal. Et je poursuis mon exploration de son œuvre avec ce titre..

Dès les premières pages, j'ai été happée par cette histoire à la fois drôle et poétique.

Peut-être parce qu'il est impossible de ne pas s'attacher à Raphaël dont le quotidien a été tourneboulé depuis la rentrée...

Peut-être parce que l'amour entre Raphaël et Colombe frappe par sa sincérité et sa pureté...

Peut-être parce qu'il fait résonner en nous d'anciennes amourettes d'enfance...

Peut-être parce qu'on est surpris par la tournure de l'intrigue...

Peut-être parce qu'on aurait adoré à l'âge des héros connaître cette meilleure nuit de tous les temps (et quelle nuit!)....

Peut-être parce qu'on oscille entre le rire et les émotions...

Peut-être parce que ce roman parle avec une telle justesse et une telle sensibilité d'amour, de famille, de colère, de révolte enfantine...Bref, de vie...Tout simplement... et c'est là peut-être que réside sa plus grande force....

Bref, vous l'aurez compris: j'ai beaucoup aimé cet ouvrage qui évoque avec talent la force du premier amour.

"Quand on tombe amoureux, on tombe pas vraiment. On s'envole."

Rouergue, 2012, 87 pages

 

 

 

 

 

08/06/2015

L'île du crâne d'Anthony Horowitz

L'île du crâne

de

Anthony Horowitz

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"A l'heure du dîner au 3, villa Wiernotta.

M. et Mme Eliot étaient à table avec leur fils David. Le repas se constituait ce soir-là d'un grand plat de chou cru assaisonné de sauce au fromage. M. et Mme Eliot ne mangeaient jamais de viande. L'atmosphère était franchement glaciale. L'après-midi même, dernier jour du premier trimestre, David était rentré au collège avec son carnet scolaire. La lecture n'en avait été guère réjouissante."

Pour la énième fois, David Eliot vient d'être renvoyé de son collège. Excédés, ses parents ne savent plus quoi faire de lui. Quand un courrier arrive à leur domicile...

Miracle! Il s'agit d'une proposition émanant de Groosham Grange: "Comme l'indique la brochure ci-jointe, nous sommes un pensionnat et nous offrons un environnement unique à des enfants âgés de douze à seize ans, qui se sont montrés réfractaires aux méthodes modernes d'enseignement."

Emballés par cette offre, les Elliot acceptent immédiatement. Et voilà David envoyé dans une école très étrange sur la sinistre île du crâne.

Heureusement, il n'est pas le seul néophyte. En effet, deux autres cas l'accompagnent: Jill et Jeffrey.

Très vite, les trois amis vont être confrontés à des phénomènes étranges.

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Groosham Grange

Cela faisait longtemps que je me disais que je devrais me lancer dans ce classique de la littérature jeunesse anglaise mais je n'avais jamais encore eu l'opportunité.

Ce qui m'a immédiatement frappée dans cet ouvrage, ce sont ses ressemblances avec Harry Potter. Pour preuve, on retrouve: un contexte familial difficile, une missive adressée par une mystérieux pensionnat, un groupe de trois nouveaux (deux garçons et une fille), des phénomènes étranges, des créatures extraordinaires....

A croire que JK Rowling s'est inspirée de cet ouvrage publié en 1983 pour écrire son œuvre fondatrice....Mais elle a su créer un univers marquant, à côté duquel Groosham Grange paraît quelque peu fade.

Pourtant, indéniablement, ce roman présente de nombreuses qualités. A commencer par le sens du rythme impulsé par Anthony Horowitz. J'ai découvert qu'il avait participé aux scénarii de nombreuses adaptations d'Agatha Christie pour la télévision. Et cela se ressent dans son écriture très cinématographique, tant au niveau du découpage, des dialogues que des descriptions. L'action ne souffre aucun temps mort.

Pourtant, l'auteur parvient en quelques mots choisis à bien camper ces personnages. Et que dire de cette galerie de protagonistes quelque peu atypiques? Autour de David, Jill et Jeffrey, évoluent des professeurs et des élèves pas comme les autres.

C'est ce que nos héros vont observer et accepter/rejeter au fil des pages. Ils vont mener une enquête sur le fonctionnement étrange de ce collège et croiser lors de leurs pérégrinations quelques sorciers ou vampires.

Sous ces dehors fantastiques, l'Ile du crâne questionne également les thèmes de la différence et de l'acceptation de soi. Chacun à Groosham Grange a sans doute subi le rejet d'autres personnes avant d'intégrer la communauté. Et si, justement, le bonheur ne venait pas après avoir reconnu et assumé sa vraie nature?

Je ne peux pas clore ce billet sans aborder la question de l'humour. Même s'il se pare d'une certaine aura mystérieuse, ce roman comporte avant tout une tonalité très drôle. En témoigne une des scènes introductives où Mme Eliot subit physiquement les maladresses de son compagnon. J'ai eu l'impression en les parcourant d'assister à des sketch so british à la Mr Bean.

Bref, vous l'aurez compris: l'Ile du crâne constitue un bon divertissement, bien construit et bien écrit. Malheureusement, il souffre de la comparaison avec Harry Potter. Par conséquent, je ne sais pas si je me lancerai dans la suite des aventures de David et Jill.

Le Livre de Poche, 180 pages

Billet dans le cadre du mois anglais organisé par Titine, Lou et Cryssilda.

 

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