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15/11/2012

Discordance d'Anna Jörgensdotter

Discordance

de

Anna Jörgensdotter

 

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"Ca pourrait débuter par un conte. Il était une fois. Débuter au moment où Karin monte la mèche de la lampe à pétrole, dont la flamme vacille"

Septembre 1938, dans une petite communauté au pied du mont Kungsberg, vivent cinq frères et soeurs: Edwin, Otto, Karin, Sofia et Emilia.

Le récit commence au moment où un incendie ravage la maison de leur voisine. Et nous allons accompagner leurs existences sur deux décennies.

 

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Je tenais tout d'abord à remercier Babelio et les éditions JC Lattés pour m'avoir choisie lors de la dernière opération de Masse critique du début d'automne.

J'avais sélectionné cet ouvrage car je ne connais pas trop la littérature suédoise. Et puis, l'idée d'assister à l'évolution d'une fratrie pendant et après la Seconde Guerre mondiale m'intéressait.

Née en 1973, Anna Jörgensdotter, également poétesse et musicienne, vit dans la région de Sandviken, décor de ce récit. Ceci explique l'importance des descriptions des paysages, de l'opposition ville/campagne...

Pour montrer les différents chemins qu'empruntent ses cinq protagonistes, l'auteure a eu recours à la structure du roman choral.

"Nos récits s'entrelacent telles les bandes de lirettes dans la trame d'un tapis. Et chacun y reste pris. Jusqu'à l'usure. En devient partie intégrante.L'idée de départ était peut-être autre que le résultat, ou alors nous sommes parfaits-un récit parfait, sur tout, sur rien. Sur la vie telle qu'elle a été. Mais jamais sur ce qu'elle aurait pu être"

Et je trouve que cette construction donne une certaine force à l'ensemble. Ces monologues intérieurs offrent la possibilité de voir la "discordance" se créer au sein de cette fratrie.

De plus, j'ai beaucoup aimé le fait qu'on puisse percevoir, au fil des pages, les mutations de la société suédoise. Suivre cinq jeunes gens de sexe différent permet également de se rendre compte de l'évolution du rapport hommes/femmes.

Cette oeuvre s'articule aussi autour de deux thématiques fortes: le deuil et le mariage. Rien de bien étonnant, étant donné que nous sommes plongés dans une histoire de famille. Ce qui m'a en revanche frappé, c'est l'idée qu'il n'y pas de mariage heureux. En effet, aucune des unions décrites ne fonctionne. Toutes sont empreintes d'échec et de tristesse.

Malheureusement, je n'ai pas accroché avec les personnages principaux. Peut-être car je les ai trouvés un peu trop nombreux et certains, à l'instar d'Emilia, pas assez exploités.

De même, le style de l'écrivaine m'a a semblé parfois trop décousu. Certains passages m'ont paru aussi de trop.

En outre, je me suis sentie à certains moments perdue en raison de tous les retours en arrière et les sauts d'un protagoniste à l'autre.

Bref, vous l'aurez compris: je ressors de cette fresque familiale avec un avis mitigé.

JC Lattès, 2012, 22,50 €

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

Je ne connais pas la littérature nordique, encore moins suédoise, les seuls auteurs que j'ai lus sont Ibsen, en fac, autant dire, y'a des lustres et Karen Blixen il y a peu ! Chez elle justement, il y a de longues descriptions de paysages, de situations ou objets et une histoire dans laquelle on rentre dans le vif tardivement, j'avais trouvé ces passages ennuyeux, apparemment c'est le cas aussi ici. Et à lire ton impression mitigée, je préfère passer mon chemin, je pense que ça ne plaira pas non plus

Écrit par : Bianca | 16/11/2012

En effet, mon impression est vraiment mitigée quant à ce roman. Et je ne te le conseille pas spécialement.
Je pense que je réitérerai l'expérience de la littérature nordique. J'ai entendu beaucoup de bien de Herbjorg Wassmo (la trilogie de Dina, Cent ans...)et d'Ann B Radge.

Écrit par : Claire | 17/11/2012

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