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  • Pressentiments de Katherine Webb

    Pressentiments

    de

    Katherine Webb

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    "Ma très chère Amélia,

    Nous avons ici une matinée de printemps splendide en ce jour qui sort un peu de l'ordinaire. La nouvelle servante arrive aujourd'hui. Vu la réputation qui la précède, j'avoue éprouver une certaine nervosité, mais je suis sûre que cette Cat Morley ne peut être entièrement mauvaise."

    Mai 1911, dans le village de Cold Ash Holt, le pasteur et sa femme s'apprêtent à accueillir une domestique supplémentaire. Ils ont quelque peu hésité à l'engager car elle vient de purger une courte peine de prison.

    En 2011, en Belgique, le cadavre d'un soldat mort pendant la Première Guerre mondiale est retrouvé, avec dans ses poches deux lettres signées d'une certaine H. Canning.

    "Je vous demande instamment de m'écrire. De me dire ce que vous savez sur ce qui s'est passé cet été-là. Je vous en supplie! Même si vous pensez que vos réponses ne m'apporteront pas la tranquillité, je dois savoir. Vivre dans la peur et le soupçon est intolérable, bien que j'aie porté ce fardeau ces quatre dernières années"

    Intriguée par le contenu de ses missives, Leah, une journaliste, entreprend de mener une enquête. Une enquête qui va la ramener à cet été 1911 dans le village de Cold Ash Holt.

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    Je n'avais jamais entendu parler de ce roman avant de le trouver lors d'une de mes pérégrinations en librairie. J'ai été immédiatement attirée par le titre et la couverture et je l'ai dévoré.

    Le récit se déroule sur deux époques différentes: 1911 et 2011. Mais très vite, c'est l'intrigue du passé qui l'emporte sur celle du présent (tant en terme d'intérêt qu'en terme de volume).

    On suit essentiellement le destin de deux femmes. D'un côté, Cat Morley, très éprouvée par son incarcération et qui ne supporte pas sa situation de servante et de l'autre, Hester Cannelly, une jeune femme issue d'un milieu aisé, très naïve et qui souffre de l'indifférence de son mari.

    Avec ces deux protagonistes, Katherine Webb parvient à brosser un portrait de la condition féminine en Angleterre en ce début de 20ème siècle. Cat et Hester sont toutes les deux, et pour des raisons très différentes, enfermées dans leur vie. Alors que Cat essaie de changer le cours de son destin, Hester subit plus le sien.

    Le personnage de Cat Morley permet également d'évoquer le combat des femmes pour obtenir le droit de vote. En effet, Cat est une suffragette et se retrouve emprisonnée à la suite d'une manifestation. En cellule, elle subit d'atroces souffrances telles que le gavage.

    Mais une autre thématique est également développée dans ce roman: celle de la croyance dans des fées de la nature. Une croyance qui se répand (elle touchera notamment Conan Doyle) et qui passionne soudainement le pasteur Cannelly et qui le pousse à inviter Robin Durrant, un théosophe. L'arrivée de cet inconnu va bouleverser l'équilibre du presbytère.

    J'ai justement aimé cette atmosphère lourde de secrets, de tabous, de désirs enfouis, de menaces....Et j'ai trouvé que l'arc narratif de 2011 ne faisait pas le poids face à cette ambiance. Je n'ai jamais réussi à vraiment m'intéresser à Leah que je trouve inconsistante face à Cat et Hester. Je me demande même si elle n'a pas été créée pour justifier ce retour dans le passé et épaissir un peu le mystère qui entoure cet été 1911.

    De même, j'aimerais souligner un autre bémol: le choix du titre. Je préfère l'anglais "the unseen" qui rend mieux compte de l'importance de ces fées de la nature dans l'intrigue et du rôle qu'elles vont jouer dans ce drame.

    Bref, vous l'aurez compris: Pressentiments constitue une saga familiale réussie.

    Pocket, 2014, 499 pages, 8,10 €

     

     

  • Le Fil de soie de Cécile Roumiguière

    Le Fil de soie

    de

    Cécile Roumiguière

    illustré par Delphine Jacquot

     

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    "Et pique et coud, et pique et coud.

    Marie-Lou suit des yeux les doigts de Mamilona.

    Ils courent vite, sans hésiter, sur le tissu argenté.

    Sa me amala oro khelena...

    Sa grand-mère marmonne un chant dans une langue inconnue"

    Tous les soirs, après l'école, Marie-Lou retrouve sa grand-mère.

    "A l'école, Marie-Lou n'est pas la reine. Elle s'emmêle dans les chiffres, elle peine à lire les lettres et les mots".

    Aussi, elle accueille avec plaisir tous ces moments d'intimité partagée avec son aïeule. Elle la regarde coudre et admire sa dextérité.

    Le temps passe. Pour son premier anniversaire à deux chiffres, Marie-Lou veut que sa grand-mère lui révèle les secrets qu'elle semble dissimuler.

    "Il y'a des choses que les mots ne savent pas dire, ma Lou. Mon secret, je te l'ai déjà donné. Un jour, tu le trouveras, tu n'auras besoin de personne pour ça."

    Et en effet, un soir, notre héroïne résout enfin le mystère...

     

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    Cela faisait quelque temps que j'avais remarqué cet album, notamment sur le blog de la tentatrice Moka. Aussi, je l'ai commandé pour la médiathèque où je travaille et je me suis jetée dessus quand il est arrivé.

    Marie-Lou est une petite fille qui éprouve des difficultés scolaires. Elle aime s'échapper tous les soirs auprès de sa grand-mère et la regarder créer des robes. Souvent, quand Mamilona coud, elle entame la même rengaine. Un air dont Marie-Lou ne comprend pas les paroles mais qui la fascine. Souvent, elle pose des questions sur la chanson...Et à chaque fois, elles restent sans réponse.

    Jusqu'au soir où Marie-Lou déroule un fil et découvre sur des broderies l'histoire de son aïeule.

    Je me suis laissée entraîner par cette intrigue tour à tour tendre, poétique et triste. Cécile Roumiguière nous parle avec beaucoup de justesse de l'amour qui peut unir une petite fille à sa grand-mère, de la pudeur qu'on peut éprouver à interroger nos proches sur leur passé et de l'importance de la transmission.

     

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    J'ai aimé cette idée du fil si nécessaire à la couture-le métier de Mamilona- et qui en même temps, symbolise et raconte son destin. J'ai même été jusqu'à comparer Mamilona à une des Parques, ces maîtresses romaines de la destinées qui déroulent le fil de notre destin et décident à un moment de le trancher.

    Au texte finement ciselé de Cécile Roumiguière répondent les images tout en délicatesse de Delphine Jacquot. Je ne connaissais pas cette illustratrice et j'ai été bluffée par son talent. On a l'impression de voir de la vraie dentelle que l'on pourrait toucher tant le trait est fin. De plus, chaque page regorge de détails qui tantôt nous invitent au rêve tantôt nous font des clins d’œil. Mais qui définitivement, nous plongent dans un univers qui n'appartient qu'à elle.

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai été vraiment séduite par cet album touchant où les chants et les silences s'entremêlent habilement.

    Editions Thierry Magnier, 2013, 15,50 €

    En bonus, je vous rajoute un lien vers cette vidéo de présentation.


     

     

     

  • Mon mois de mars à la manière de Moka

    Mon mois de mars à la manière de Moka

     

    mon mois de mars à la manière de moka

    Un week-end avec mon père et mon frère/Un restaurant d'un autre temps/L'univers loufoque du Grand Hôtel Budapest/Les pires crêpes de Paris/Que j'aime marcher dans la capitale sous le soleil/Une exposition autour des albums de Geoffroy de Pennart/Le rire des enfants quand on leur raconte des histoires/Sans oublier celui des parents/J'aime conter/Un gâteau "magic"/Vive les sushis/Des sourires/Refaire le monde en terrasse avec une de mes meilleures amies/Rire, toujours rire/Un vernissage d'une exposition...atypique/Des échanges de sms/Une London box qui fait écho à un week-end programmé avec ma mère/Partir pour trois jours dans cette ville que j'adore/Marcher, marcher,marcher/Regarder/Admirer/S'asseoir sur un banc/Se sentir bien/La Saatchi Gallery/Décidément, je ne comprends rien à certaines œuvres contemporaines/Une Cène revisitée/Apprendre à mieux connaître l'amie de mon frère/Vive les hamburgers/Mon premier taxi anglais/Une journée à Windsor/Que la campagne anglaise est belle/Une maison de poupée extraordinaire/Une balade sur les traces de William et Harry à Eton/Des photos, toujours des photos/Des petits déjeuners pantagruéliques/Un moment de lecture privilégié dans Holland Park/Leighton House ou comment être transportée à l'époque victorienne/Élémentaire, mon cher Watson/Une visite du 221 B Baker Street/Selfried/Les charity shops/Des nouvelles robes/Un recueil de nouvelles avec les adolescents qui prend sa forme définitive/Une organisation de voyage défaillante/Tenter de trouver des solutions/Une journée inattendue et très sympa/Trois aller-retours à la Gare de Lyon/Finalement, Rome, ce sera fin juin/Un voyage dans le ciel pour les bébés lecteurs/Une rencontre un soir avec Karine Giebel/Avoir envie de découvrir ses œuvres/Être admirative de ces gens qui se consacrent à leur passion/La mort d'un des héros d'une des séries que je suivais/Des cœurs poétiques/"La vie, c'est comme une boîte de chocolats. On ne sait jamais sur quoi on tombe"/Des phrases cultes/Une soirée entre amis/Un jeu de pistes qui se dessine/Rire, encore rire/Une animation avec les adolescents réussie/Quelques moments magiques comme cette lecture de La grande fabrique des mots accompagnée à la guitare/L'art de perdre et de gagner des paris/Avril, déjà...