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04/11/2018

Rituels d'Ellison Cooper

Rituels

de

Ellison Cooper

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"L'officier Wilson Tooby avala une gorgée de café brûlant, les yeux plissés dans la lumière froide du petit matin. Sa voiture de patrouille stationnait, moteur au ralenti, dans une rue résidentielle déserte bordée de cerisiers en fleurs. Les arbres formaient une voûte au-dessus de la route, projetant de longues ombres sur les pelouses et les façades des maisons parfaitement entretenues."

Dans un quartier de Washington, deux flics patrouillent. Ils ont été appelés car selon les voisins, une mauvaise odeur se dégagerait d'une maison à vendre. Arrivés devant le bâtiment signalé, ils reconnaissent la même maison où un appel au secours aurait été passé. Ils décident donc de rentrer et là, en ouvrant la porte de la cave, une explosion retentit. Les voilà tous les deux blessés. Sur les lieux, les secours et la police découvrent une mise en scène macabre: un cadavre de jeune fille enfermée dans une cage et un chiot à côté, à bout de forces. D'étranges symboles mayas sont également présents sur la scène du crime.

L'agent Sayer Altair, spécialiste en neurosciences, se voit confier l'enquête. Elle est bien loin de se douter de l'ampleur de ce qui l'attend. Enlèvements, menaces, rebondissements....voilà ce qui va accompagner son quotidien pendant quelques jours. Et surtout, face à elle, un criminel machiavélique et insaisissable.

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Ce roman, je l'ai découvert grâce au Grand prix des lectrices Elle. Je n'ai pas encore pris le temps de vous parler de cette très belle expérience sur le blog mais j'essaierai de vous faire un retour sur mes six précédentes lectures. Rituels fait partie des ouvrages policiers de la sélection des sept titres que je dois découvrir et noter. Peut-être figurera t'il dans les livres retenus pour les relectures de janvier....Suspense...

Ce qui m'a immédiatement plu dans ce titre, c'est sa structure narrative. En effet, Ellison Cooper a eu recours à une construction sous la forme de courts chapitres (entre cinq et dix pages en général) et à un style marqué par des phrases efficaces et par de nombreux dialogues. Ainsi, les lieux et les situations se succèdent. De même que les points de vue des différents personnages. L'action ne retombe donc jamais et le lecteur est toujours en alerte. Un peu comme dans une très bonne série policière où les épisodes s'enchaîneraient sans laisser la possibilité au spectateur de reprendre haleine.

L'enquête policière entremêle des réflexions sur les neurosciences, la gémellité et des emprunts aux rites chamaniques et aux rites de passage vers l'au-delà notamment dans les mythologies égyptienne et grecque. J'ai trouvé cela très original et j'ai apprécié que les actes du tueur en série soient imprégnés de ces éléments. En effet, j'ai eu l'impression d'avoir affaire à un criminel jamais encore rencontré dans ce genre littéraire.

De plus, les rebondissements sont légion, ce qui continue d'égarer le lecteur jusque dans les ultimes chapitres. Néanmoins, je dois avouer que j'avais commencé à comprendre l'identité de ce ou ces tueurs retors un peu avant l'héroïne mais sans que cela ne gâche la poursuite de l'intrigue.

Justement arrêtons nous quelques instants sur cette héroïne. Sayer Altair est une trentenaire marquée par plusieurs décès dans son entourage: ses parents alors qu'elle était encore enfant; son fiancé il y a trois ans. Elle correspond au modèle du flic brillant, dévoué à son travail et sans vie personnelle. Un modèle déjà rencontré maintes fois dans ce type de littérature. Sans que cela n'enlève pour autant l'intérêt qu'on peut lui porter. Cette jeune femme se révèle très vite attachante et on prend plaisir à la voir évoluer et s'ouvrir à plusieurs nouvelles personnes dans son entourage. Ellison Cooper a donc réussi ici son pari de donner vie à une protagoniste qu'on aimera retrouver dans les opus suivants.

De même que je serai contente de revoir la galerie des personnages qui l'entourent: sa grand-mère, son coéquipier ou son voisin, par exemple. Beaucoup d'interactions restent encore à développer. Mais le potentiel existe bien déjà.

Un des seuls bémols que j'ai rencontré lors de ma lecture réside justement dans une des qualités que je soulignais précédemment. Le style percutant empêche l'autrice de trop fouiller les descriptions et les ambiances. Par exemple, j'aurais aimé plus capter l'atmosphère dans les bureaux du FBI. Certes, on perçoit les problèmes de pression politique et la difficulté de s'affirmer en tant que femme. Mais cela aurait pu encore plus être mis en avant, sans pour autant alourdir l'action.

Bref, vous l'aurez compris: malgré ce léger regret, j'ai beaucoup apprécié Rituels. Et j'ai hâte de me lancer dans la suite des aventures de Sayer et de ses comparses en 2019.

Un grand merci au Grand Prix des lectrices Elle 2019 et au Cherche-Midi.

Le Cherche-midi, 2018, 430 pages

 

 

 

06/08/2018

Ragdoll de Daniel Cole

Ragdoll

de

Daniel Cole

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"Lundi 24 mai 2010,

Samantha Boyd se faufila sous le ruban de signalisation de la police et, tandis qu'elle se redressait, jeta un œil vers la tristement célèbre Haute Cour criminelle de Londres. Perchée à la pointe du dôme d'Old Bailey, la statue de la Justice ne lui apparaissait plus désormais comme un symbole de puissance et d'intégrité, mais pour ce qu'elle était vraiment: une femme désespérée ayant perdu toutes ses illusions, prête à sauter dans le vide et à s'écraser sur le sol."

En ce 24 mai 2010, le jury doit rendre son verdict lors du procès de Naguib Khalid. On accuse cet homme d'être le célèbre Tueur crématiste, "le serial killer le plus prolifique de toute l'histoire de Londres: vingt-sept victimes en vingt-sept jours." Mais le jury le déclare innocent de ces crimes. Wolf, l'inspecteur en charge de l'enquête ne peut le supporter et se précipite dans le box de l'accusé. Il le démolit à coups de poings...et se fait mettre à pied pour cette grave erreur. Pourtant, il avait raison et Naguib était bien coupable...

Après une traversée du désert qui a causé la fin de son couple et lui a valu un séjour en hôpital psychiatrique, Wolf vient d'être réintégré dans ses fonctions. Voilà qu'on l'appelle en pleine nuit. Un "cadavre" composé de six victimes démembrées et rassemblées par des points de sutures a été découvert en face de chez lui. Ce "Ragdoll", comme le surnomme la presse, pointe d'ailleurs un doigt vengeur vers sa fenêtre.

De plus, on apprend qu'une liste a été communiquée par le tueur. Une liste de six noms avec les dates de leur exécution. Wolf serait le dernier à être assassiné.

Débute alors une course-poursuite pour Wolf et ses coéquipiers. Face à eux, un ennemi comme jamais ils n'ont encore vu....Prêt à tout et capable de tout. Et si c'était la dernière enquête de Wolf?

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J'ai pu assister récemment à la remise du premier prix Bête noire des Libraires. Il a récompensé l'Appât, le second tome la série de Daniel Cole. Et il m'a furieusement donné envie de me lancer dans le premier opus. Aussitôt entamé, aussitôt dévoré.

Dès les premières pages, on est happés par l'intrigue. Pour son premier roman, l'auteur démontre, en effet, un grand sens de la narration. Chaque chapitre s'emboîte à merveille avec le précédent, recomposant un peu plus à chaque fois le puzzle de cette mécanique infernale. Et, bien entendu, chaque chapitre nous amène à lire le suivant, et encore le suivant. Dévorés que nous sommes par la volonté de comprendre qui est ce tueur à l’œuvre.

A ce grand sens de la narration s'allie une écriture cinématographique. Daniel Cole va à l'essentiel. Son style est serré et nerveux. Ce qui correspond-je trouve-à merveille tant avec le sujet que le milieu décrit.

Pour autant, il ne néglige pas de creuser ses personnages. J'ai particulièrement apprécié les paires de Wolf/Baxter et de Baxter/Edmunds. Ces duos de briscard/débutant où, tour à tour, Baxter joue deux rôles différents. Une manière de saisir la complexité de cette inspectrice et de sentir toutes ses failles.

De même, j'ai beaucoup apprécié l'absence de manichéisme dans la peinture de tous ces protagonistes. Certes, un tueur, comme nul autre, sévit. Mais les camps du bien et du mal sont loin d'être profondément séparés. Chacun présente ses zones d'ombre et nul n'est à l'abri de ce pacte faustien.

L'auteur nous perd dans les méandres de son intrigue. Le suspense, avec cette liste de six victimes à faire disparaître, monte graduellement. Jusqu'à un climax insoutenable. Quand la résolution arrive, même si je l'ai jugée moins forte que le reste, elle nous laisse pantelants.

Et énervés également. Car Daniel Cole nous avait donné plusieurs indices, au fil des pages...Mais derrière les images toutes plus saisissantes que les autres, comment les percevoir?

Bref, vous l'aurez compris: j'ai adoré ce polar aux accents faustiens, au rythme haletant et aux personnages bien campés  Par conséquent, je ne peux que vous en recommander la lecture!

La Bête noire, Robert Laffont, 2017, 453 pages

Merci à la Bête noire et aux éditions Robert Laffont pour cette découverte!

Billet dans le cadre du challenge Un pavé par mois de Bianca.

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