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thriller

  • Famille parfaite de Lisa Gardner

    Famille parfaite

    de

    Lisa Gardner

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    "Voilà une chose que j'ai apprise quand j'avais onze ans: la douleur a un goût. La question, c'est de savoir celui qu'elle a pour vous."

    Les Denbe semblent former une famille modèle, à la fois heureuse et prospère.
    Pourtant, derrière cette façade parfaite, bien des secrets se dissimulent.
    Un soir, ils disparaissent tous les trois. Emportés par des assaillants.
    Une détective, le FBI et des policiers vont faire équipe pour les sauver.
    Le compte à rebours est lancé.
    Au jeu des apparences tous ont beaucoup à perdre.

    Après ma mini-panne de lecture au début du confinement, j'avais retrouvé mon rythme quasi habituel. Aussi, quand j'ai commencé à abandonner en plein milieu plusieurs livres, je me suis tournée vers une valeur sûre. Un roman policier. Souvent, ce genre me redonne une impulsion. Et encore une fois, la recette a fonctionné.

    Je n'avais encore jamais lu de Lisa Gardner et j'ai apprécié l'efficience de sa mécanique narrative. Cette façon d'entrecroiser plusieurs voix et d'osciller entre l'enquête et le kidnapping. Comme deux facettes d'un même récit qui pourraient, selon l'issue, ne jamais se rencontrer.

    Cette façon également de faire craqueler petit à petit l'aspect si lisse des Denbe. Comme autant d'entailles dans leur réputation.

    J'ai pris un peu de temps à m'habituer au style sans fioritures. Ces phrases resserrées à l'essentiel qui se concentrent sur l'action. Ce n'est pas ce que je préfère habituellement mais j'ai trouvé que dans ce cas-là, cela fonctionnait plutôt bien.

    Certains personnages m'ont paru un peu  caricaturaux. Mais d'autres m'ont convaincue. Par leurs zones de flou. Par leur manière d'évoluer dans leur existence. Par leurs doutes. Par leurs rêves brisés. Plus je tournais les pages, plus j'avais envie de savoir ce que l'autrice leur réservait comme sort.

    J'ai nourri quelques soupçons sur le ou les coupables dans le dernier tiers. Mon intuition était la bonne. Mais, pour autant, cela ne m'a pas gâchée la découverte. Seul vrai bémol: les rebondissements de la conclusion qui m'ont laissée dubitative.

    Le Livre de Poche, 2015, 571 pages
  • Rituels d'Ellison Cooper

    Rituels

    de

    Ellison Cooper

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    "L'officier Wilson Tooby avala une gorgée de café brûlant, les yeux plissés dans la lumière froide du petit matin. Sa voiture de patrouille stationnait, moteur au ralenti, dans une rue résidentielle déserte bordée de cerisiers en fleurs. Les arbres formaient une voûte au-dessus de la route, projetant de longues ombres sur les pelouses et les façades des maisons parfaitement entretenues."

    Dans un quartier de Washington, deux flics patrouillent. Ils ont été appelés car selon les voisins, une mauvaise odeur se dégagerait d'une maison à vendre. Arrivés devant le bâtiment signalé, ils reconnaissent la même maison où un appel au secours aurait été passé. Ils décident donc de rentrer et là, en ouvrant la porte de la cave, une explosion retentit. Les voilà tous les deux blessés. Sur les lieux, les secours et la police découvrent une mise en scène macabre: un cadavre de jeune fille enfermée dans une cage et un chiot à côté, à bout de forces. D'étranges symboles mayas sont également présents sur la scène du crime.

    L'agent Sayer Altair, spécialiste en neurosciences, se voit confier l'enquête. Elle est bien loin de se douter de l'ampleur de ce qui l'attend. Enlèvements, menaces, rebondissements....voilà ce qui va accompagner son quotidien pendant quelques jours. Et surtout, face à elle, un criminel machiavélique et insaisissable.

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    Ce roman, je l'ai découvert grâce au Grand prix des lectrices Elle. Je n'ai pas encore pris le temps de vous parler de cette très belle expérience sur le blog mais j'essaierai de vous faire un retour sur mes six précédentes lectures. Rituels fait partie des ouvrages policiers de la sélection des sept titres que je dois découvrir et noter. Peut-être figurera t'il dans les livres retenus pour les relectures de janvier....Suspense...

    Ce qui m'a immédiatement plu dans ce titre, c'est sa structure narrative. En effet, Ellison Cooper a eu recours à une construction sous la forme de courts chapitres (entre cinq et dix pages en général) et à un style marqué par des phrases efficaces et par de nombreux dialogues. Ainsi, les lieux et les situations se succèdent. De même que les points de vue des différents personnages. L'action ne retombe donc jamais et le lecteur est toujours en alerte. Un peu comme dans une très bonne série policière où les épisodes s'enchaîneraient sans laisser la possibilité au spectateur de reprendre haleine.

    L'enquête policière entremêle des réflexions sur les neurosciences, la gémellité et des emprunts aux rites chamaniques et aux rites de passage vers l'au-delà notamment dans les mythologies égyptienne et grecque. J'ai trouvé cela très original et j'ai apprécié que les actes du tueur en série soient imprégnés de ces éléments. En effet, j'ai eu l'impression d'avoir affaire à un criminel jamais encore rencontré dans ce genre littéraire.

    De plus, les rebondissements sont légion, ce qui continue d'égarer le lecteur jusque dans les ultimes chapitres. Néanmoins, je dois avouer que j'avais commencé à comprendre l'identité de ce ou ces tueurs retors un peu avant l'héroïne mais sans que cela ne gâche la poursuite de l'intrigue.

    Justement arrêtons nous quelques instants sur cette héroïne. Sayer Altair est une trentenaire marquée par plusieurs décès dans son entourage: ses parents alors qu'elle était encore enfant; son fiancé il y a trois ans. Elle correspond au modèle du flic brillant, dévoué à son travail et sans vie personnelle. Un modèle déjà rencontré maintes fois dans ce type de littérature. Sans que cela n'enlève pour autant l'intérêt qu'on peut lui porter. Cette jeune femme se révèle très vite attachante et on prend plaisir à la voir évoluer et s'ouvrir à plusieurs nouvelles personnes dans son entourage. Ellison Cooper a donc réussi ici son pari de donner vie à une protagoniste qu'on aimera retrouver dans les opus suivants.

    De même que je serai contente de revoir la galerie des personnages qui l'entourent: sa grand-mère, son coéquipier ou son voisin, par exemple. Beaucoup d'interactions restent encore à développer. Mais le potentiel existe bien déjà.

    Un des seuls bémols que j'ai rencontré lors de ma lecture réside justement dans une des qualités que je soulignais précédemment. Le style percutant empêche l'autrice de trop fouiller les descriptions et les ambiances. Par exemple, j'aurais aimé plus capter l'atmosphère dans les bureaux du FBI. Certes, on perçoit les problèmes de pression politique et la difficulté de s'affirmer en tant que femme. Mais cela aurait pu encore plus être mis en avant, sans pour autant alourdir l'action.

    Bref, vous l'aurez compris: malgré ce léger regret, j'ai beaucoup apprécié Rituels. Et j'ai hâte de me lancer dans la suite des aventures de Sayer et de ses comparses en 2019.

    Un grand merci au Grand Prix des lectrices Elle 2019 et au Cherche-Midi.

    Le Cherche-midi, 2018, 430 pages

     

     

     

  • L'Appât de Daniel Cole

    L'Appât

    de

    Daniel Cole

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    "Mercredi 6 janvier 2016

    9h52

    -Dieu n'existe pas.

    L'inspecteur principal Emily Baxter observait son reflet dans le miroir sans tain de la salle d'interrogatoire. Elle attendit que ceux qui l'espionnaient derrière et qui, à n'en point douter, ne perdaient pas une miette de la conversation interviennent via les haut-parleurs pour la reprendre.

    Mais rien. "

    L'inspecteur principal Emily Baxter est soumise à un interrogatoire par ses pairs. En effet, ces derniers attendent un éclaircissement sur la conclusion tragique de sa dernière enquête.

    Cinq semaines plus tôt, entre les piliers du pont de Brooklyn, un réseau de filins d'acier retient prisonnier le corps brisé de William Fawkes. Un mot est gravé sur son torse mutilé: "Appât". Ce cadavre est le premier d'une longue série de meurtres entre les États-Unis et le Royaume-Uni. Chaque meurtre étant le miroir de celui arrivé dans l'autre pays. Et, à chaque fois, les cadavres portent la mention "appât" ou "marionnette" sur leur corps mutilé.

    Devant l'envergure de cette affaire, des mesures spéciales de collaboration sont prises. L'inspecteur principal Baxter se trouve ainsi dépêchée aux États-Unis pour joindre ses forces à celles de deux agents spéciaux américains.

    Mais qui tire vraiment les ficelles? C'est ce que nos trois investigateurs de choc vont tenter de deviner. Et si, dans cette gigantesque toile, ils se perdaient aussi et devenaient eux-mêmes des appâts ou des marionnettes?

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    En début de semaine, je vous parlais du premier tome de cette série et je vous disais à quel point j'avais été happée par ce volet et cette course contre la montre haletante. Si bien que j'ai immédiatement entamé L'Appât, une fois Ragdoll refermé . Afin de ne pas me séparer des personnages et parce que j'avais besoin de savoir ce qui les attendait.

    La scène d'ouverture se déroule, cette fois-ci, dans le présent. On retrouve Emily Baxter dans une salle d'interrogatoire. Elle doit répondre de la fin de sa dernière enquête. Même si le lecteur n'apprend pas grand chose de ce qui s'est passé, il comprend bien vite que les événements ont été d'une telle ampleur qu'ils nécessitent un déploiement des forces policières hors normes pour tout classer.

    Avec ce procédé, dès le début, déjà, Daniel Cole fait monter la tension d'un cran. Et la scène inaugurale du flash-back cinq semaines en arrière aux prémisses de ladite affaire ne calme en rien nos nerfs. Avec une précision quasi chirurgicale, il dépeint la toile d'araignée dans laquelle est venu s'enferrer William Fawkes.

    William Fawkes? Un des inspecteurs de Ragdoll? Assassiné ainsi? Et mutilé? Est-ce possible? Avec notre auteur, tout peut arriver. Et c'est bien là le problème. Ou l'attrait justement de ses romans. Reprendre des schémas parfois classiques de trios/duos d'inspecteurs et leur injecter du sang neuf, les remettre sans cesse en question, tuer certaines possibilités dans l’œuf...

    De bout en bout, il malmène son lecteur, il le mène de chausse-trappe en chausse-trappe, il le perd dans les méandres de cette toile, il le plonge dans certaines scènes d'horreur... Telles des marionnettes, nous sommes  complètement manipulés par lui.

    Comme dans Ragdoll, au climax, nous sommes dans une situation d'attente et de stress insoutenables. Comme, dans Ragdoll aussi, la conclusion m'a paru arriver trop vite et m'a semblé aussi un peu en-dessous du reste de l'intrigue. Sauf, bien entendu, cette fameuse dernière page....Ou l'ultime jeu du chat et de la souris avec le lecteur. Un protagoniste réapparaît seulement là...Et il nous faut compter les jours jusqu'au troisième volet.

    Une fois encore, si on excepte le bémol sur la fin, j'ai été frappée par la maîtrise de Daniel Cole, par son sens de l'histoire, par sa manière de nous surprendre (cette incroyable scène de l'église!!!) et par son écriture très cinématographique.

    De même, il se révèle toujours aussi talentueux dans le portrait de ses personnages. Nous en retrouvons certains que nous voyons évoluer; nous en découvrons d'autres...Mais, toujours, ils nous paraissent complexes, bien loin des prototypes manichéens de certains ouvrages policiers...Parfois, leurs zones d'ombre les dévorent et les rapprochent dangereusement de certaines frontières...

    Un des autres attraits de ce tome réside dans la description de l'opposition entre les forces policières ou spéciales des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Opposition d'organisation, de style...Et pourtant, sont-elles si différentes que cela quand on creuse un peu?

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai été aussi conquise par l'Appât que par Ragdoll. Vivement la sortie du tome 3!

    Merci aux éditions Robert Laffont pour ce titre!

    La Bête noire, 2018, 478 pages

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec mon amie Bianca et dans le cadre de son challenge Un pavé par mois.

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