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30/10/2012

Le Mardi sur son 31

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 Bonjour,

Ce billet marque ma troisième participation au mardi sur son 31, une initiative lancée par Sophie. Il s'agit d'ouvrir, tous les mardis, le livre qu'on est en train de lire à la page 31 et de choisir une phrase.

Voici le passage que j'ai sélectionné:

"Je savais que ce serait ma dernière fête en tant qu'invitée. Regardant le domestique, sa cravate noire et son visage impassible, je m'imaginai dans son rôle, remplissant les verres et faisant semblant de ne pas entendre les conversations."

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Cet extrait est tiré du Manoir de Tyneford de Natasha Solomons, un roman que j'ai emprunté par hasard à la bibliothèque et qui me plaît pour l'instant beaucoup.

Il se révèle très significatif de l'intrigue. En effet, Elise Landau, jeune fille de la bourgeoisie viennoise, se voit contrainte de partir pour l'Angleterre, afin de fuir les persécutions que subissent les Juifs à Vienne dès 1938. Elle vient juste d'obtenir un visa, après avoir décroché un poste de domestique au manoir de Tyneford. Ainsi, elle participe à sa dernière fête en famille.

J'espère le finir ce soir et je reviens très vite vers vous pour vous livrer mes impressions définitives.


 

22/10/2012

L'Agence de Lorraine Fouchet: un changement de vie réussi

 

L'Agence

de

Lorraine Fouchet

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"Juliette entra sans frapper dans le bureau de Loïc, son rédacteur en chef. Elle adorait cette vaste pièce entourée de bibliothèques de bois blond remplies de livres"

Juliette, une jeune trentenaire, arrive à cumuler à grand peine sa carrière d'assistante de rédaction et de mère de famille. Elle doit s'occuper, en effet, de son fils de 10 ans, Aurélien, récemment diagnostiqué diabétique et de sa soeur Alice, âgée de 15 ans, à sa charge depuis la mort de leurs parents.

Elle revoit Sarah, son ancienne correspondante anglaise, venue s'installer récemment dans le Gers avec son mari, non loin de l'ancienne maison de la grand-mère de Juliette où elles passaient leurs vacances adolescentes. Son amie tente de la convaincre de quitter la capitale et de venir la rejoindre.

Et un jour, après avoir été virée de son job, notre héroïne décide de se lancer. Elle achète une ancienne école et fonde avec Sarah l'agence Changer tout.

"Notre agence s'adresse à tout le monde: les jeunes en début de carrière, les salariés qui désirent rebondir après cinquante ans, bref, tous ceux qui veulent aller au bout de leur rêve! Nous proposons à nos clients de les aider dans toutes leurs démarches, de leur dénicher leur travail et la maison idéale, de leur faire découvrir la région et ses trésors cachés, d'organiser de A à Z leur changement d'existence"

Malheureusement, l'arrivée de cette "étrangère" et de sa famille n'est pas du goût de tous les autochtones...

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Lorraine Fouchet est devenue médecin, conformément aux voeux de son père Christian Fouchet, ancien ministre du général de Gaulle (elle tient d'ailleurs son nom de la croix de Lorraine) et décédé d'un infarctus quand elle avait 17 ans.

Puis, un jour à 40 ans, elle a entendu à la radio la même phrase que son héroïne Juliette "On naît, on meurt, on rencontre l'amour ou on décide de changer de vie en une seconde". Et elle a décidé d'aller au bout de ses rêves et de devenir écrivain et scénariste.

Je n'avais jamais entendu parler d'elle avant de voir une critique de ce roman sur le blog Les Vacances de Léontine. La semaine dernière, j'ai trouvé l'ouvrage dans ma bibliothèque de quartier et je me suis lancée.

Je dois reconnaître que j'ai beaucoup aimé sa thématique principale: l'idée qu'il n'est jamais trop tard pour changer de vie et qu'il faut avoir le courage de parfois tout recommencer pour atteindre le bonheur. C'est quelque chose vers lequel on devrait tous tendre mais il est facile de l'oublier, un peu Juliette quand on est englués dans le quotidien. Et ce roman a l'art de nous remettre face à cette réalité.

Le style de Lorraine Fouchet est assez simple mais j'ai apprécié les multiples références qu'elle fait, notamment à la littérature jeunesse.

 " Tu t'appelles Pome, c'est plutôt toi qui es verte" (j'adore la série de Marie Desplechin)

Elle a l'art de crééer des personnages attachants, même si certains m'ont paru un peu caricaturaux (le maire méchant jusqu'au bout, la campagnarde métamorphe...). 

De même, l'intrigue se révèle sans doute trop touffue. Beaucoup d'événements surviennent, beaucoup de problèmes surgissent mais à chaque fois, tout se résoud facilement. J'ai eu beaucoup de mal à imaginer qu'il en serait de même dans la vie réelle. En revanche, les rapports entre les Gascons et la Parisienne m'ont bien fait sourire au début et je crois qu'ils reflètent pas mal ce qui pourrait advenir.

Bref, vous l'aurez compris: une lecture divertissante qui a le mérite de faire réfléchir sur les changements de vie qui parfois s'imposent car comme le rappelle l'exergue "la vie est trop courte pour être petite" (Christian Fouchet). 

Robert Laffont, collection "Best-sellers", 2003, 18 €

 

 


 

21/10/2012

Ne dîtes pas à ma mère que je suis voyante, elle me croit libraire à Vancouver

Ne dîtes pas à ma mère que je suis voyante, elle me croit libraire à Vancouver

de

Eileen Cook

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"Pour commencer, je tiens à apporter une précision essentielle: j'ai une excellente raison de pénétrer par effraction dans l'immeuble de mon petit ami. Sur un plan strictement légal, ce motif ne serait sans doute pas considéré comme recevable. C'est entendu, ce n'est pas comme si un incendie soudain avait piégé des enfants ou des chiots dans le bâtiment, par exemple. Rien d'aussi dramatique. Mais mon existence entière vacille au bord d'un gouffre et cette situation est bien assez atroce pour exiger une intervention urgente"

Sophie, libraire à Vancouver, vient de se faire quitter par Doug, son amoureux depuis six ans. Ne supportant pas cette situation, elle est prête à tout pour le récupérer.

Mais très vite, elle apprend qu'il a retrouvé quelqu'un, une certaine Melanie, journaliste et passionnée par le paranormal.

C'est alors qu'elle conçoit un plan diabolique: se rapprocher de sa rivale et lui faire croire qu'elle est voyante. Elle aura ainsi la possibilité de la manoeuvrer et de précipiter sa relation vers l'échec.

Très vite, rien ne se passe comme prévu et Sophie se retrouve dépassée par les évènements.

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Comme vous le savez, j'ai participé récemment à un swap autour de la chick-lit. Parmi les cadeaux que j'ai reçus de Ynausicaa, figurait ce livre dont j'avais entendu pas mal de bien sur la blogosphère. Je me suis donc empressée de le commencer.

Eileen Cook est une auteure américaine installée depuis des années à Vancouver. Elle tient un blog assez fameux.  Cet ouvrage constitue son premier roman.

Un premier roman qui m'a fait beaucoup rire. Dès le début, on est confrontées à des situations désopilantes. En effet, Sophie élabore tout un tas de stratagèmes (que je n'aurais jamais pu imaginer) pour récupérer Doug: voler ses chaussettes, déplacer sa voiture... et qui la mettent dans des situations embarrassantes. Par exemple, la scène introductive dans la buanderie de l'immeuble représente un morceau d'anthologie. 

Et au fil des chapitres (toujours précédés d'un extrait d'horoscope), l'écrivaine réussit à maintenir le cap de l'humour. L'action ne s'essoufle jamais. Certes, beaucoup de ressorts de l'intrigue paraissent cousus de fil blanc mais une fois qu'on l'a accepté, on ne s'ennuie jamais. On se divertit beaucoup, on est émus (notamment lors de la scène de visite de Sophie à la mère de son ex)...Les pages se tournent rapidement et on arrive très vite à une fin qu'on espérait, comme dans tout bon roman de chik-lit qui se respecte.

De plus, cet ouvrage qui se veut sans prétention s'offre le luxe de faire une critique du monde de la voyance et de ses dérives. 

"La plupart des médiums ont recours à quelques trucs élémentaires. L'un d'eux est une analysé générale du sujet dont on tire des conclusions logiques, fondées sur des indices visuels et les renseignements fournis par le consultant. Ensuite, ils construisent leur discours au petit bonheur. L'astuce consiste à débiter assez de généralités pour que des gens puissent appliquer l'information à leur existence"

En fait, le seul bémol vient de la traduction du titre original: Unpredictable se transforme en Ne dîtes jamais....Je trouve que cette version française très humoristique peut induire en erreur sur la place de la mère de Sophie dans l'histoire. On peut s'attendre à des rapports proches, non exempts de critiques, un peu comme dans Le Journal de Bridget Jones. Or, il n'en est rien.

Bref, vous l'aurez compris: si vous souhaitez passer un agréable moment de lecture, plongez-vous dans cette fiction légère vraiment réussie.

France Loisirs, collection "Piment", 2012, 361 pages