Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

album jeunesse - Page 5

  • Le Petit Chaperon qui n'était pas rouge

    Le Petit Chaperon qui n'était pas rouge

    un album de Sandrine Beau

    illustré par Marie Desbons

    Le-petit-chaperon-qui-nétait-pas-rouge.jpg

    "Il était une fois une petite fille qui vivait au bord d'une forêt, dans le nord de la Russie.

    Sa grand-mère, qui tricotait, la gâtait beaucoup.

    Elle lui avait fait un long manteau bleu, de petits gants bleus, et lui avait cousu une chaude chapka bleue. Si bien que tout le monde l'appelait le "Petit chaperon bleu".

    Au nord de la Russie, dans une maison près d'une forêt, vivent Anouchka, surnommée le Petit Chaperon bleu, en raison de la couleur de son manteau, de ses gants et de sa chapka, et sa maman.

    Un jour, cette dernière demande à sa fille d'amener un pot de miel à sa grand-mère qui habite de l'autre côté de la forêt.

    "Porte vite ce petit pot de miel à ta grand-mère malade. Elle t'attend. Et ne traîne pas en route, Anouchka! La forêt est profonde et pleine d'animaux dangereux."

    Et voici le Petit Chaperon bleu parti...

    En chemin, elle croise un abominable ours, un menaçant tigre de Sibérie et un agressif...lapin. Autant d'obstacles qui pourraient l'empêcher d'arriver à bon port.

    Mais c'est sans compter l'ingéniosité de notre héroïne.

    petit chaperon qui n'était pas.jpg

    Je suis très friande de contes détournés. Aussi, quand cet album librement inspiré du Petit Chaperon rouge, est arrivé à la médiathèque, je me suis précipitée dessus.

    Sandrine Beau a choisi de situer son conte en Russie. Comme dans l'original, une petite fille doit traverser une forêt emplie de dangers pour aller rendre visite à sa mère-grand. Mais en place de la galette et du petit pot de beurre, elle doit apporter un pot de miel et sa balalaïka pour jouer ses morceaux fétiches.

    Dans les bois, elle ne croise aucun loup. Mais un ours et un tigre qu'elle parvient à apprivoiser (je ne vous révèlerai pas par quels stratagèmes). Enfin, ultime étape de son voyage: un lapin qui pourrait se révéler beaucoup plus dangereux que prévu et nous faire penser au loup de la version originale...

    J'ai beaucoup apprécié ce choix d'"ennemi". Surtout que le lapin de prime abord ne paraît pas constituer une réelle menace...

    Tout comme j'ai aimé ce dénouement tellement inattendu et si drôle. Je ne vous en dirai pas plus afin de ne pas le gâcher mais sachez quand même que chacun peut y trouver son compte.

    L'auteure a donc accompli un beau travail de transposition à la fois humoristique et original.

    Cet album permet également de voyager en Russie grâce aux magnifiques illustrations de Marie Desbons. Tant les couleurs vives que les graphismes contribuent à cette évasion. Et que dire de la grande douceur qui se dégage de ces images?

    Bref, vous l'aurez compris: Le Petit chaperon qui n'était pas rouge constitue un hommage réussi et réjouissant au conte de Charles Perrault.

    Editions Milan, 2014

    Billet dans le cadre du challenge Il était...une fois les contes de fées de Bianca.

    challenge-il-etait-une-fois-les-contes-de-fees1.jpg

     

     

  • Les Quatre géants: un très bel album sur les quatre saisons

    Les Quatre géants,

    un album écrit par Zemanel

    et illustré par Aline Bureau

    les quatre géants,zemanel,aline bureau,album jeunesse,sélection prix des incorruptibles 20142015,ronde des saisons,quatre saisons

    "Là-bas, à l'horizon, marchent trois géants.

    L'un derrière l'autre, ils avancent à pas lents.

    Celui qui va devant porte un grand manteau blanc.

    Celui qui va derrière, un manteau rouge et vert.

    Et celui du milieu, un manteau jaune et brun.

    Un pas, puis un pas, encore un autre pas.

    Rien ne semble pouvoir arrêter ces trois-là.

    Devant eux, chante un oiseau.

    Tic tac, tic tac."

    Les trois géants continuent leur chemin. Soudain, ils s'arrêtent et le deuxième enlève son manteau  rouge et vert pour l'étaler sur la colline. Ainsi commence l'été.

    Puis, les trois géants reprennent leur chemin. Ils semblent guetter au loin quelqu'un qui ne vient pas. Cependant, ils continuent.

    Vient le tour du géant au manteau jaune et brun de poser sa pelisse et de lancer ainsi l'automne.

    La ronde des saisons se poursuit avec celui au manteau blanc.

    Mais toujours personne à l'horizon. Et si celui que tout le monde attend n'arrivait pas?

    les quatre géants,zemanel,aline bureau,album jeunesse,sélection prix des incorruptibles 20142015,ronde des saisons,quatre saisons

    J'ai découvert cet album grâce à la sélection du Prix des Incorruptibles 2014/2015 et je dois avouer que je suis immédiatement tombée sous le charme des illustrations d'Aline Bureau.

    Ses peintures nous entraînent dans un monde onirique empli de rêveries et de douceur. Les paysages se succèdent, au rythme des saisons, sous nos yeux enchantés.

    Tic-tac, Tic-tac...

    Le temps passe, immuable. Été, automne,hiver...

    les quatre géants,zemanel,aline bureau,album jeunesse,sélection prix des incorruptibles 20142015,ronde des saisons,quatre saisons

    Mais Zemanel insuffle un peu de désordre dans cette mécanique si bien réglée. Le petit dernier, alias le printemps, se cache. Et s'il venait à perturber cet ordre établi?

    J'ai trouvé le texte de cet album très poétique. Et j'ai beaucoup aimé l'idée de la personnification des saisons par des géants qui marchent sans cesse. Une belle manière pour les enfants de découvrir ou de redécouvrir la ronde des saisons tout en se laissant porter par un joli fil narratif à la chute facétieuse.

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai beaucoup apprécié cet ouvrage.

    Editions Père Castor/Flammarion, 2013, 13,50 €

     

  • Bulle de Justine Brax

    Bulle

    de

    Charlotte Demanie

     avec des illustrations de Justine Brax

    bulle.jpg

    "Bulle est aussi légère qu'une plume.

    Elle ne pèse rien.

    Elle a sûrement la tête vide

    Sans rien dedans

    Ou peut-être des nuages tout blancs

    D'ailleurs, quand on lui parle,

    cela rentre par une oreille

    mais ressort tout de suite par l'autre"

    Bulle est une petite fille pas comme les autres, sans cesse la tête dans les nuages. Pour l'ancrer dans le sol, sa famille a recours à toutes sortes de stratagèmes: lui faire porter plusieurs manteaux et un gros bonnet qu'elle que soit la saison, lui donner toujours la main dans la rue..

    bulle-2.jpg

    Mais un jour, Bulle se promène toute seule. Quand c'est le cas, "elle accroche [normalement] à ses poignets tous ses objets préférés [qui] l'aident à garder les pieds sur terre". Ce jour-là, elle oublie et s'envole doucement.

    Commence alors un merveilleux périple dans le ciel....

    J'ai beaucoup apprécié cette intrigue et ce personnage d'anti-héroïne, sans cesse plongée dans ses rêves. Bulle est une petite fille qui a beaucoup de mal à être dans la vie. Ses proches, par amour, tentent toujours de l'y ramener.

    bulle 1.jpg

    Mais, parfois, les nuages l'emportent et la petite fille se met à dériver dans un univers très poétique où elle croise tantôt des oiseaux, tantôt la lune..

    On connaît tous dans notre entourage des doux rêveurs, la tête dans les étoiles. Je les apprécie en général beaucoup car je trouve qu'ils savent toujours insuffler de la poésie dans notre quotidien.

    Cet album leur rend hommage et nous permet de voyager au pays des songes. Un pays sublimé tant par le texte tout en poésie et en finesse que par les illustrations de Justine Brax.

    C'est une artiste dont j'admire le talent. Elle livre ici des images riches en détails et aux couleurs chatoyantes qui s'accordent à merveille aux mots de Charlotte Demanie.

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai eu un gros coup de cœur pour Bulle et je vous recommande ce bel hommage au rêve.

    Editions De la Martinière Jeunesse, 2013, 14 €