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10/07/2014

Maisie Dobbs de Jacqueline Winspear

Maisie Dobbs

de

Jacqueline Winspear

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"La mince jeune femme fut la dernière à franchir le tourniquet à la station de métro de Warren Street. Jack Barker l'aurait de toute façon remarquée. Vêtue d'une longue veste bleue marine et d'une jupe plissée assortie qui laissait voir de jolies chevilles, elle avait indéniablement ce que la vieille mère de Jack appelait du "maintien". Elle marchait, épaules rejetées en arrière et tête droite, tenant comme elle pouvait un porte-documents un peu fatigué tandis qu'elle enfilait ses gants"

A Londres, en 1929, Maisie Dobbs est une jeune femme qui vient de s'établir toute seule comme détective privé.

Un mois après son installation, elle se voit confier sa première affaire. Un certain M. Davenham s'inquiète des absences répétées de sa femme les mardis et jeudis après-midi et souhaite découvrir les raisons qui entourent ces disparitions mystérieuses.

"Je la découvrirai pour vous cette vérité. Mais nous devons nous mettre d'accord sur un point-quand je vous remettrai mon rapport, et que vous saurez la vérité, il nous faudra évoquer ensemble l'avenir"

Maisie part donc sur les traces de Mrs Davenham. Elle est bien loin de se douter que cette enquête va la mener vers une ferme emplie de blessés de guerre. Et que surtout, elle va réveiller des souvenirs bien douloureux....

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J'ai entendu parler pour la première fois de cette héroïne, née sous la plume de Jacqueline Winspear en 2003, dans le cadre du mois anglais. Mais les quelques billets lus à cette occasion m'ont convaincue et je n'ai pas tardé à m'acheter ce premier opus.

Une fois lancée dans cet ouvrage policier, je dois avouer que j'ai été quelque peu décontenancée. En effet, j'ai trouvé que le début s'étirait en longueur et ne présentait pas grand intérêt.

Puis, au fil des pages, je me suis habituée à cette lenteur, à cette absence d'intrigue policière proprement dite et au peu d'action.

Ce qui prédomine dans Maisie Dobbs, ce n'est pas tant le crime et sa résolution. Non, ce qui prend le dessus, c'est tout le ressort psychologique (les liens entre les différents protagonistes, leur évolution...)

On découvre tout le passé de notre héroïne lors d'un flashback qui occupe le second tiers du livre.

Au début de l'adolescence, elle est engagée dans la demeure de Lord et Lady Crampton . Fascinée par la bibliothèque, elle décide de se lever en secret toutes les nuits plus tôt pour farfouiller dans les étagères et apprendre. Un soir, elle est surprise par sa maîtresse.

Au lieu de se faire congédier, elle se voit proposer un marché: elle continuera à assurer ses devoirs de domestique tout en consacrant désormais un après-midi tous les quinze jours à ses études.

Les années passent...L'apprentissage de Maisie se poursuit. Apprentissage savant certes....Mais apprentissage également des relations, de l'amitié, de l'amour...

La guerre éclate. Maisie s'engage comme infirmière sur le front. Et tout son monde va se trouver bouleversé...

Je me suis attachée à cette jeune femme si avide de culture, si droite, si pure, si intègre, si intelligente, si volontaire...Et c'est à partir de là que j'ai commencé à réellement apprécier ce roman.

De même, j'ai aimé faire la connaissance de toutes la galerie de personnages secondaires qui gravite autour d'elle: Billy Beale, Lady Rowan, Maurice Blanche....Autant d'hommes et de femmes que je prendrais plaisir à retrouver dans le prochain volet.

De plus, Jacqueline Winspear se révèle très talentueuse à restituer l'atmosphère qui devait régner en ce début de 1929. La crise n'a pas encore éclaté. Le choc du premier conflit ne s'est bien entendu pas estompé. Chacun sait que, désormais, tout peut basculer du jour au lendemain.

Choc physique...Choc moral...Aucun des protagonistes ne s'est remis de cette guerre totale. Tous-pour diverses raisons- en sont ressortis profondément meurtris.

"Je dors pas, voilà tout. C'est comme ça depuis que je suis rentré de France. Ça fait des années. Il suffit que je ferme les yeux pour que tout revienne [...] Je sens presque l'odeur du gaz. Parfois, je n'arrive plus à respirer. Et quand je finis par m'endormir, c'est pour me réveiller en train de lutter pour respirer. Et puis, il y'a ces battements dans ma tête. On ne les oublie jamais ces grondements-les obus qui explosent..."

Les cicatrices se portent partout: tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Pour ceux qui ne supportent plus de se confronter au monde extérieur, des endroits ont été créés pour panser leurs plaies. A l'instar de cette "Retraite", refuge de nombre gueules cassées, où l'enquête va redémarrer...

Bref, vous l'aurez compris: malgré un début qui ne m'a pas enthousiasmée, j'ai passé un très bon moment en compagnie de ce premier volet des aventures de Maisie Dobbs. Et je pense que je ne tarderai pas à me plonger dans la suite.

Le Livre de Poche, 2007, 381 pages, 6,95 €

Billet dans le cadre du Challenge Première Guerre mondiale

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03/06/2014

Les Croix de bois de Roland Dorgelès

Les Croix de bois

de

Roland Dorgelès

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"Les fleurs à cette époque de l'année, étaient déjà rares, pourtant on en avait trouvé pour décorer tous les fusils du renfort et la clique en tête entre deux haies muettes de curieux, le bataillon, fleuri comme un grand cimetière, avait traversé la ville à la débandade."

Ainsi commence le roman Les Croix de Bois. Il tire son nom de toutes les croix, faites à la va-vite, que l'on pouvait trouver au-dessus des cadavres des soldats français et allemands.

Rolend Dorgelès entend, avec cet ouvrage, rendre hommage à tous ces combattants de la Première Guerre mondiale. Et on le sent bien dès les premiers chapitres.

En effet, on assiste à une succession de scènes toutes représentatives du front: l'arrivée des nouvelles recrues, la première nuit dans les tranchées, l'appel, les permissions....Autant de succédanés de ce que pouvait être la vie de ceux qui ont été appelés ou se sont engagés.

A ces scènes de la vie quotidienne s'entremêlent des scènes de combat ou d'attente de l'ennemi.

Des scènes qui nous parlent de l'absurdité des batailles et de la cacophonie des ordres.

Des scènes qui nous disent tout de la peur des hommes et de la tristesse de voir leurs compagnons tomber.

Des scènes inoubliables qui restent longtemps ancrées dans la mémoire et qui nous rappellent ce qu'a subi toute une génération.

"Nous acceptons tout: les relèves sous la pluie, les nuits dans la boue, les jours sans pain, la fatigue surhumaine qui nous fait plus brutes que les bêtes, nous acceptons toutes les souffrances, mais laissez-nous vivre, rien que cela, vivre...Ou seulement le croire jusqu'au bout, espérer toujours, espérer quand même. Maintenant et à l'heure de notre mort, ainsi soit-il..."

Adolescente, j'avais déjà lu ce roman mais je ne me souvenais pas de cette structure si particulière. Quand je l'ai repris pour cette lecture commune avec ma copinaute Céline, je dois avouer que j'ai été quelque peu désarçonnée par ce rythme et cette absence d'"intrigue".

Puis, je me suis attachée à ce groupe de soldats, je me suis fondue dans leur bataillon, j'ai vécu leur quotidien, j'ai prié avec eux sur la colline...et je me suis laissée prendre par le style de Roland Dorgelès, par son humanité et par sa faculté à donner du souffle même aux situations les plus triviales.

Ce qui donne encore plus de force à ce récit, c'est le sentiment de vécu qui se dégage de ces pages. On se rend bien compte que l'auteur a mis beaucoup de lui et de son expérience dans son œuvre.

"Maintenant, on savoure la moindre joie, comme un dessert dont on est privé. Le bonheur est partout: c'est le gourbi où il ne pleut pas, une soupe bien chaude, la litière de paille sale où l'on se couche, l'histoire drôle qu'un copain raconte, une nuit sans corvée...[...] Pareil aux enfants pauvres, qui se construisent des palais avec des bouts de planche, le soldat fait du bonheur avec tout ce qui traîne."

Ce sentiment de vécu amplifie d'ailleurs encore plus l'horreur de certaines séquences. Celle du tunnel creusé...Celle du soldat blessé qui appelle au secours et que tout le monde laisse mourir...Celle du cimetière...

On ressort des Croix de Bois profondément choqués et émus. Avec la conviction de ce "plus jamais".

Et je ne vous dis rien des pages finales qui prennent, au regard de l'histoire, une résonance particulière.

Bref, vous l'aurez compris: je vous recommande vivement cette lecture.

Le Livre de Poche, 288 pages, 5,10 €

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Céline et du Challenge Première Guerre mondiale.

 

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07/05/2014

Challenge Première Guerre Mondiale-Récapitulatif

Challenge Première Guerre mondiale-Récapitulatif

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Voici le récapitulatif des participants et des billets autour du Challenge Première Guerre mondiale.

Si vous voulez nous rejoindre plus tard, n'hésitez pas!

Niveau Louis Pergaud:de 1 à 4 billets

Amosme

Billet de présentation

Eline

Billet de présentation

Niveau Charles Péguy: de 5 à 10 billets

Anne-Sophie

Billet de présentation

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

Fanny

Billet de présentation

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

Ingrid

Billet de présentation

Mon père est parti à la guerre de John Boyne

Une lettre de vous de Jessica Brockmole

Des vies derrière soi de Maxime Altero

Tia

Billet de présentation

Mon père est parti à la guerre de John Boyne

Niveau Alain-Fournier: de 10 à 15 billets

Constance

Billet de présentation

Lucie Chipounette

La chute des géants de Ken Follett

Rendez-vous au chemin des dames de Yves Pinguilly

Niveau Guillaume Apollinaire: plus de 15 billets

Bianca

Billet de présentation

14 de Jean Echenoz

Par un matin d'automne de Robert Goddard

Les carnets de guerre de Victorien Mars de Maxence Fermine

La chambre des officiers de Marc Dugain

Les âmes grises de Philippe Claudel

Mes soeurs et moi de Judith Lennox

Bifteck de Martin Provost

Dernier été à Mayfair de Theresa Revay

Mauvais genre de Chloé Cruchaudet

Céline

Billet de présentation

La chambre des officiers de Marc Dugain

La chute des géants de Ken Follett

Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot

Au-revoir là haut de Pierre Lemaître

Loucy

Billet de présentation

Mon père est parti à la guerre de John Boynes

14-18 une minute de silence pour nos arrière- grand-parents courageux de Thierry Dedieu

Léon et Louise de Alex Capus