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08/04/2013

Darcy dans l'âme d'Elizabeth Aston

Darcy dans l'âme

de

Elizabeth Aston

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"Par une chaude matinée de mai 1819, deux individus étaient en route vers la même destination: l'Inner Temple. Presque étrangers l'un à l'autre malgré leur lien de sang, ils se trouvaient dans des situations extrêmement différentes"

Cassandra Darcy vient de s'enfuir de Bath avec le jeune Mr Eyre. Désavouée par sa famille, elle doit rencontrer un lointain cousin, Horatio Darcy, devenu avocat et chargé de régler l'affaire. Mais elle refuse toutes ses propositions. Elle ne souhaite pas épouser son séducteur car elle ne le pense intéressé que par son argent et préfère essayer de subvenir à ses besoins.

Cependant, sans références dans une ville comme Londres, elle ne possède guère de chances de réussir. Heureusement, sa passion pour la peinture la pousse à entrer dans la boutique d'un coloriste où elle fait la rencontre de l'aimable Mrs Nettleton. Cette dernière lui propose une chambre dans les beaux quartiers pour une somme modique. Cassandra accepte avec plaisir.

Très vite, elle se rend compte pourtant que cette offre n'est pas sans présenter quelques dangers....

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J'avais déjà lu les deux précédents opus publiés chez Milady de cette auteure passionnée par l'oeuvre de Jane Austen. Autant j'avais détesté Les Filles de Mr Darcy que je n'avais pas su chroniquer, autant j'avais passé un très bon moment grâce aux Aventures de Miss Alethea Darcy.

J'ai retrouvé dans ce roman certains des traits qui m'avaient plu dans les Aventures. En effet, une fois encore, Elizabeth Aston s'intéresse à la condition féminine à l'époque Régence. Les jeunes filles de bonne famille doivent se résoudre au mariage, et souvent à un mariage arrangé par les familles.

Cassandra Darcy n'accepte pas ce destin. Loin de s'intéresser au prétendant sélectionné par une amie de ses parents à Bath, elle s'amourache de Mr Eyre et s'enfuit avec lui. Même si elle comprend très vite qu'il ne veut l'épouser que par intérêt, elle cède à ses avances. Et au grand étonnement de tous, refuse de se marier avec lui, une fois les accords trouvés. Il s'agit d'un geste très moderne. Un geste que j'ai trouvé même un peu trop anachronique. J'ai eu, en effet, beaucoup de mal à imaginer une jeune fille refuser une telle union à cette époque et préférer suivre un chemin périlleux. Son attitude pourrait conduire notre héroïne à vivre d'expédients et à accepter le pire, comme le rappelle son cousin lors de leur première entrevue houleuse.

"Je ne vois pas quelle activité vous pourriez exercer pour compléter votre revenu qui soit comparable à ma profession. De plus, avec une réputation entachée et sans aucune référence, il vous sera très diffcile de trouver un quelconque emploi. Pardonnez ma brutalité, mais je me dois d'être franc avec vous: l'activité à laquelle vous me semblez destinée, selon toute vraisemblance, est celle de courtisane"

Cassandra espère pouvoir vivre de sa passion et de son talent pour la peinture. Comme dans les Aventures de Miss Alethea Darcy, Elizabeth Aston explore la problématique de la femme artiste dans l'Angleterre du début du 19ème siècle. On retrouve ainsi les femmes qui veulent vivre de leur plume, pinceau...en butte aux préjugés masculins et féminins. Il leur faut beaucoup de courage pour oser s'affirmer et tenter de se faire connaître.

Comme dans les Filles et les Aventures, l'auteure reprend des lieux connus de l'oeuvre de la célèbre romancière anglaise. On voyage notamment avec plaisir à Bath, Pemberley...

Ces deux élements que l'on retrouve au fil des pages m'ont intéressée. En revanche, j'ai eu du mal à accrocher à l'intrigue. J'ai trouvé qu'elle était trop cousue de fil blanc. J'ai eu du mal à comprendre, par exemple, comment l'héroïne pouvait se révéler aussi naïve devant la gentillesse de sa logeuse...Pourtant, elle ne manque pas d'occasions pour découvrir la vérité!

De même, certaines histoires parallèles m'ont semblé par trop téléscopées.

J'ai eu également l'impression que le récit traînait en longueur et que tout s'accélérait brusquement (le rapprochement amoureux, la résolution des intrigues parallèles...). C'est dommage.

On assiste ainsi à un dénouement très théâtral, ce qui est est d'ailleurs souligné non sans humour par un des héros des Filles de Mr Darcy.

"Oh, c'est bien mieux que du théâtre, s'exclama Wytton en applaudissant"

Bref, vous l'aurez compris: ce roman m'a moins plu que les Aventures de Miss Alethea Darcy. J'ai apprécié le portrait des femmes artistes qu' Elizabeth Aston tente de dresser. Mais aussi les hommages aux romans de Jane Austen. En revanche, je me suis désintéressée des histoires que j'ai trouvées par trop cousues de fil blanc.

Milady, collection "Pemberley", 2013, 8,70 €

Ce billet marque ma participation aux challenges God save the livre 2013 et La plume au féminin édition 2013.

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12/11/2012

Lecture commune: Les Aventures de Miss Alethea Darcy d'Elizabeth Aston

Les Aventures de Miss Alethea Darcy

de

Elizabeth Aston

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"La fenêtre coulissa sans un bruit, sans qu'aucun couinement ni grincement ne viennent rompre le silence de l'aube. Alethea enjamba le rebord, se pencha pour ramasser son baluchon de vêtements, puis hissa l'autre jambe pour aller se percher à près de cinq mètres du sol. Elle jeta un dernier coup d'oeil dans la chambre à coucher. La silhouette immobile sur le lit ronflait doucement, un bras sur les couvertures, les cheveux ébouriffés"

Alethea, fille de Mr Darcy et d'Elizabeth Bennett, après avoir été rejetée par l'homme qu'elle aimait, a épousé Mr Napier. Or, son mari, aux abords charmants, dissimule une nature sombre et tyrannique. Ne pouvant plus supporter ses sévices et l'enfermement dans laquelle il la condamne, notre héroïne décide de s'échapper. Accompagnée de Figgins, sa fidèle femme de chambre, elle s'enfuit, déguisée en homme. Son périple va ainsi l'entraîner de Paris à Venise.

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Elizabeth Aston est une auteure britannique passionnée par Jane Austen. Elle a d'ailleurs étudié à Oxford avec Lord David Cecil, un des biographes les plus célèbres de cette dernière.

J'avais déjà eu l'occasion de découvrir Les Filles de Mr Darcy, la suite qu'elle avait imaginée à Orgueil et préjugés. Et franchement, je dois avouer que j'avais été déçue. Tout d'abord, parce que je n'avais pas retrouvé mes héros préférés, exilés pour une mission diplomatique à Constantinople.Et ensuite, parce que l'intrigue  me semblait cousue de fil blanc.

Aussi, lorsque ce roman est sorti, je me suis dit que je ne me plongerai pas dedans. Et puis, j'ai lu une critique positive sur le blog Jane Austen is my wonderland d'Alice. Et lorsqu'Audel a lorganisé une lecture commune sur Livraddict, je me suis lancée.

Tout d'abord, je dirai la même chose qu'Alice. Il faut oublier que cet ouvrage est censé être une suite de l'oeuvre la plus célèbre de Jane Austen. Hormis le nom de Darcy, cette intrigue n'a vraiment rien en commun avec celle de mon écrivain préfèré.

J'ai trouvé que l'histoire était une fois de plus cousue de fil blanc. Comme dans toute romance, on se doute très vite de la conclusion.

Mais la construction, qui alterne entre le points de vue d'Alethea et de Titus Maningtree, apporte un rythme intéressant et permet au lecteur d'avoir une meilleure vue d'ensemble.

Les personnages m'ont semblé plus fouillés. J'ai eu un vrai coup de coeur pour Alethea, une jeune fille qui cherche à tout prix à se débarrasser du carcan de la société. Le fait qu'elle se travestisse en homme, tout comme sa fidèle Figgins, protagoniste également attachante, souligne le contraste entre la condition des femmes et des hommes à cette époque. Alethea ne cesse de nous répéter au fil des pages la liberté qu'elle ressent à être ainsi déguisée. De même, son habit comme les raisons de sa fuite amènent Titus à réfléchir sur la place des femmes.

"Non, mais les choses étaient différentes pour un homme. Une existence dénuée d'aventures hasardeuses et de péril devenait pénible, et même s'il ne ressentait plus le désir effréné d'attaquer un ennemi à la guerre, il aspirait encore à une vie pleine de défis et de vives émotions. Ces dames faisaient face à leurs propres risques; ceux de l'accouchement et de la maladie, et peut-être, celui des désaccords conjugaux"

Ce discours sur la condition féminine au début du 19ème siècle constitue un des points forts de ce roman. Tout comme le sens de la reconstitution qui semble habiter Elizabeth Aston tout au long des pages. J'ai eu l'impression d'apprendre beaucoup de choses sur l'existence et les moeurs des artistocrates anglais fortunés de cette époque, sur l'impact de Waterloo sur les gentleman de la haute société, sur le marché de l'art (les pillages en Italie des Titien, Tintoret...), sur Venise, sur les voyages dans les Alpes, facilités par la route construite par Bonaparte....

Bref, vous l'aurez compris: ce livre n'est pas doté d'une intrigue complexe mais il permet de se divertir tout en s'instruisant.

Audel, merci d'avoir organisé cette lecture commune!

Milady, 2012, 520 pages