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03/11/2013

Le Journal du Capitaine Wentworth

 

 

Le Journal du Capitaine Wentworth

de

Amanda Grange

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"Jeudi 5 Juin 1806

Me voici enfin en route vers le Somerset!

Harville et moi avons voyagé depuis la côte ensemble, nous étonnant de voir le vert des champs autour de nous, au lieu du bleu de la mer. Si l'on excepte l'alarmante tendance du sol à rester immobile sur nos roues plutôt qu'à rouler et tanguer comme tout élément qui se respecte, notre trajet a été assez confortable, et nous avons réussi à faire passer le temps en régalant deux gouvernantes, les soeurs Brown du récit de nos aventures en mer"

Ainsi débute le Journal du Capitaine Wentworth d'Amanda Grange qui a entrepris après Le Journal de Mr Darcy, le Journal du Colonel Brandon et le Journal de Mr Knightley de nous livrer les pensées intimes de mon héros austenien préféré.

Certes, j'aime vraiment beaucoup le ténébreux Mr Darcy. Mais comment résister à une déclaration telle que "Vous transpercez mon âme. Je suis partagé entre l'angoisse et l'espoir. Non, ne me dites pas qu'il est trop tard, que ces précieux sentiments ont disparu à jamais"?

Comme dans les précédents opus, la romancière reprend le principe du journal intime. Une bonne manière de suivre les espoirs et les tourments du narrateur.

En 1806, notre héros revient de ses premières campagnes. Après être entré dans la marine à l'âge de 13 ans, il a gravi les échelons et est devenu commandant. Il s'est également illustré dans plusieurs batailles et se retrouve à la tête d'un patrimoine financier, issu de quelques prises de guerre, qu'il entend bien dépenser.

En attendant d'être appelé pour entrer dans un nouvel équipage, il entend profiter de son séjour chez son frère dans le Somerset pour séduire de nombreuses jeunes filles. A un bal, il rencontre pour la première fois la famille Elliott. Frappé par le mépris affiché par le baronnet et par sa fille, il invite leur dame de compagnie à danser. Sous le charme, il apprend avec surprise qu'il a, en fait, valsé avec Miss Anne Elliott.

S'ensuivent alors de nombreuses conversations. Wentworth tombe amoureux et fait sa déclaration. Malheureusement, persuadée par sa famille, Anne renonce à l'épouser.

Sept années plus tard, après l'abdication de Napoléon, notre héros revient à la vie civile. A la tête d'un fortune confortable, il entend profiter de sa famille et trouver une épouse. Quelle n'est pas sa surprise quand il se rend compte que sa sœur a loué Kellynch Hall, la propriété de Sir Walter Elliott et qu'il va ainsi être contraint de revoir son ancien amour.

C'est ici que les deux trames se rejoignent. Je ne vous ferai donc pas un résumé de la suite...

J'ai beaucoup apprécié la première partie. Je trouve qu'Amanda Grange a réussi à imaginer un "jeune" capitaine Wentworth  tout à fait crédible. Ses échanges de plus en plus fournis et nécessaires avec Anne Elliott sont très plaisants à lire.

De même, la romancière a su rendre l'atmosphère qui devait régner dans un village anglais à cette époque. Certains habitants se révèlent d'ailleurs particulièrement savoureux. Je fais notamment référence à Mrs Frost, persuadée que les Français vont envahir le pays et qu'il faut sans cesse se protéger. Elle essaie donc de suivre les conseils de certains journaux pour se prémunir de ce potentiel danger, ce qui donne lieu à des situations très cocasses.

J'ai également apprécié qu'elle mette en scène une confrontation entre le capitaine Wentworth et Lady Russell.

Puis, on retrouve notre héros sept ans plus tard au moment où débute le roman de Jane Austen. Amanda Grange a tout à fait respecté le canevas original. Mais elle a rajouté des scènes, là où Jane Austen faisait des ellipses. Par exemple, le voyage auprès de son frère après l'incident de Lyme. (j'ai bien aimé les relations entre le pasteur et le capitaine).

Outre ces nouvelles péripéties, l'intérêt de ce roman réside dans le regard différent porté sur des évènements que nous connaissons bien. Là encore, toutes les pensées du héros sonnent juste et touchent (notamment lors de la rédaction de la fameuse lettre).

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un agréable moment en compagnie du capitaine Wentworth. Amanda Grange a su lui créer un passé intéressant et drôle tout en retrouvant l'esprit du personnage imaginé par Jane Austen.

Milady, 2013, 333 pages, 7,90 €

Billet dans le cadre des challenges Austenien, 19ème siècle, God save the livre 2013 et La plume au féminin.

 

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05/09/2013

From Notting Hill with Love..actually

Notting Hill with Love...actually

de

Ali McNamara

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"Je vois mal comment j'aurais pu m'imaginer à la place de Julia Roberts en émergeant du métro bondé: pas l'ombre d'un paparazzi. Deux touristes japonais en train de photographier un taxi noir londonien qui abandonnait là son passager, ça ne comptait pas vraiment"

Scarlett est une jeune Anglaise de 23 ans qui vit à Stradford-upon-Avon. Elle travaille dans l'entreprise familiale de pop-corn et doit se marier dans quelques mois à un fiancé bien sous tous rapports.

De plus, elle nourrit une véritable passion pour le cinéma et particulièrement les comédies romantiques. A tel point qu'elle tente de retrouver des similitudes dans sa vie quotidienne avec les films qu'elle affectionne.

Cet engouement inquiète fortement ses proches. Afin de la guérir de cette obsession, ils décident de la faire partir un mois à Londres. Elle doit garder la maison d'un couple dans le quartier de Notting Hill.

Après quelques hésitations, Scarlett accepte, bien déterminée à montrer à son entourage "que dans la majorité des cas, le cinéma était une expression tout à fait fidèle de la réalité"

Et si ces semaines dans la capitale anglaise lui prouvaient qu'elle avait raison?

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J'ai entendu parler pour la première fois de ce roman sur le blog d'Alice. Comme j'aime bien me plonger en vacances dans des lectures plus légères, je n'ai pas hésité longtemps avant de l'emporter avec moi en Andalousie.

Scarlett se révèle une héroïne très attachante. Elle a dépassé la centaine de visionnage pour des films comme Coup de foudre à Notting Hill ou Dirty Dancing. Et sa grande connaissance des comédies romantiques fait qu'elle ne peut s'empêcher de trouver (voire parfois de provoquer) des ressemblances entre des scènes cultes et son quotidien.

S'établit d'ailleurs très vite un jeu entre le lecteur et la romancière. De nombreuses situations ou répliques sont tirées de longs métrages et il nous appartient de découvrir lesquels avant que la réponse ne nous soit donnée par un des personnages ou par l'héroïne elle-même.

On s'amuser ainsi à dénicher des similitudes avec Coup de foudre à Notting Hill, Nuits blanches à Seattle, Elle& lui, Pretty Woman...

Cet hommage au 7ème art passe également par l'attribution de noms de personnages emblématiques à certains des protagonistes: Scarlett, les Bond...

De même, certaines stars de la comédie romantique font leur apparition au fil des pages. On croise ainsi tour à tour Kate Winslet, Hugh Grant, Richard Curtis...

Même si certaines péripéties paraissent très exagérées, on ne peut s'empêcher d'avoir le sourire aux lèvres. Un peu comme devant son écran télé, quand on assiste à certains retournements de situation invraisemblables.

Bref, vous l'aurez compris: si on accepte l'intrigue souvent rocambolesque et le dénouement attendu, From Notting Hill with Love...actually se révèle une lecture pétillante à souhait, parfaite pour passer un moment cocooning et qui donne envie de se replonger dans certaines comédies romantiques.

Editions Milady, 2013, 547 pages

En bonus, je ne peux résister à l'envie de vous mettre cette vidéo d'une plus belles scènes de Love actually.



Billet dans le cadre des challenges God save the livre 2013 et La plume au féminin 2013.

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08/04/2013

Darcy dans l'âme d'Elizabeth Aston

Darcy dans l'âme

de

Elizabeth Aston

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"Par une chaude matinée de mai 1819, deux individus étaient en route vers la même destination: l'Inner Temple. Presque étrangers l'un à l'autre malgré leur lien de sang, ils se trouvaient dans des situations extrêmement différentes"

Cassandra Darcy vient de s'enfuir de Bath avec le jeune Mr Eyre. Désavouée par sa famille, elle doit rencontrer un lointain cousin, Horatio Darcy, devenu avocat et chargé de régler l'affaire. Mais elle refuse toutes ses propositions. Elle ne souhaite pas épouser son séducteur car elle ne le pense intéressé que par son argent et préfère essayer de subvenir à ses besoins.

Cependant, sans références dans une ville comme Londres, elle ne possède guère de chances de réussir. Heureusement, sa passion pour la peinture la pousse à entrer dans la boutique d'un coloriste où elle fait la rencontre de l'aimable Mrs Nettleton. Cette dernière lui propose une chambre dans les beaux quartiers pour une somme modique. Cassandra accepte avec plaisir.

Très vite, elle se rend compte pourtant que cette offre n'est pas sans présenter quelques dangers....

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J'avais déjà lu les deux précédents opus publiés chez Milady de cette auteure passionnée par l'oeuvre de Jane Austen. Autant j'avais détesté Les Filles de Mr Darcy que je n'avais pas su chroniquer, autant j'avais passé un très bon moment grâce aux Aventures de Miss Alethea Darcy.

J'ai retrouvé dans ce roman certains des traits qui m'avaient plu dans les Aventures. En effet, une fois encore, Elizabeth Aston s'intéresse à la condition féminine à l'époque Régence. Les jeunes filles de bonne famille doivent se résoudre au mariage, et souvent à un mariage arrangé par les familles.

Cassandra Darcy n'accepte pas ce destin. Loin de s'intéresser au prétendant sélectionné par une amie de ses parents à Bath, elle s'amourache de Mr Eyre et s'enfuit avec lui. Même si elle comprend très vite qu'il ne veut l'épouser que par intérêt, elle cède à ses avances. Et au grand étonnement de tous, refuse de se marier avec lui, une fois les accords trouvés. Il s'agit d'un geste très moderne. Un geste que j'ai trouvé même un peu trop anachronique. J'ai eu, en effet, beaucoup de mal à imaginer une jeune fille refuser une telle union à cette époque et préférer suivre un chemin périlleux. Son attitude pourrait conduire notre héroïne à vivre d'expédients et à accepter le pire, comme le rappelle son cousin lors de leur première entrevue houleuse.

"Je ne vois pas quelle activité vous pourriez exercer pour compléter votre revenu qui soit comparable à ma profession. De plus, avec une réputation entachée et sans aucune référence, il vous sera très diffcile de trouver un quelconque emploi. Pardonnez ma brutalité, mais je me dois d'être franc avec vous: l'activité à laquelle vous me semblez destinée, selon toute vraisemblance, est celle de courtisane"

Cassandra espère pouvoir vivre de sa passion et de son talent pour la peinture. Comme dans les Aventures de Miss Alethea Darcy, Elizabeth Aston explore la problématique de la femme artiste dans l'Angleterre du début du 19ème siècle. On retrouve ainsi les femmes qui veulent vivre de leur plume, pinceau...en butte aux préjugés masculins et féminins. Il leur faut beaucoup de courage pour oser s'affirmer et tenter de se faire connaître.

Comme dans les Filles et les Aventures, l'auteure reprend des lieux connus de l'oeuvre de la célèbre romancière anglaise. On voyage notamment avec plaisir à Bath, Pemberley...

Ces deux élements que l'on retrouve au fil des pages m'ont intéressée. En revanche, j'ai eu du mal à accrocher à l'intrigue. J'ai trouvé qu'elle était trop cousue de fil blanc. J'ai eu du mal à comprendre, par exemple, comment l'héroïne pouvait se révéler aussi naïve devant la gentillesse de sa logeuse...Pourtant, elle ne manque pas d'occasions pour découvrir la vérité!

De même, certaines histoires parallèles m'ont semblé par trop téléscopées.

J'ai eu également l'impression que le récit traînait en longueur et que tout s'accélérait brusquement (le rapprochement amoureux, la résolution des intrigues parallèles...). C'est dommage.

On assiste ainsi à un dénouement très théâtral, ce qui est est d'ailleurs souligné non sans humour par un des héros des Filles de Mr Darcy.

"Oh, c'est bien mieux que du théâtre, s'exclama Wytton en applaudissant"

Bref, vous l'aurez compris: ce roman m'a moins plu que les Aventures de Miss Alethea Darcy. J'ai apprécié le portrait des femmes artistes qu' Elizabeth Aston tente de dresser. Mais aussi les hommages aux romans de Jane Austen. En revanche, je me suis désintéressée des histoires que j'ai trouvées par trop cousues de fil blanc.

Milady, collection "Pemberley", 2013, 8,70 €

Ce billet marque ma participation aux challenges God save the livre 2013 et La plume au féminin édition 2013.

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