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13/10/2015

De Darcy à Wentworth

De Darcy à Wentworth

de

Sybil G.Brinton

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"On peut affirmer sans crainte de se tromper que presque tous les couples heureux en ménage ont en commun de souhaiter à leurs jeunes amis de faire également un mariage d'amour."

Georgiana Darcy ne semble pas se réjouir de ses fiançailles avec son cousin, le colonel Fitzwilliam. Tout comme ce dernier ne paraît pas enchanté par cette perspective.

Heureusement, Elizabeth confesse leur désarroi réciproque. Et, très vite, leur engagement est rompu. Au grand dam de leur tante Lady Catherine de Bourgh.

Soulagé, le colonel Fitzwilliam prend la route de Bath, en compagnie de Darcy et Elizabeth, tandis que Georgiana est reçue à Londres par Miss Bingley.

L'occasion pour nos deux héros de faire de nouvelles rencontres...Et pourquoi pas, de trouver le grand amour...

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Comme vous le savez, je nourris une grande passion pour l’œuvre de Jane Austen. Après avoir épuisé tous ses titres (certains, je les ai lus et relus et re-relus), j'ai donc été ravie de découvrir au début de mon blog les "austeneries". Notamment grâce à Alice et son blog Jane Austen is my wonderland. Je me suis plongée dans plusieurs ouvrages de ce type. Parfois, avec beaucoup de plaisir (comme pour Acting up ou Persuading Annie de Melissa Nathan ou comme pour Charlotte Collins de Jennifer Becton), parfois, avec un certain énervement (Les Filles de Mr Darcy)...Puis, je me suis un peu lassée...

Lorsque j'ai entendu parler de cette première "austenerie", parue en 1913, sur la blogosphère, mon intérêt a été émoustillé. Et j'ai été ravie qu'une amie me la prête.

Dans ce roman, Sybil G. Brinton s'est amusée à reprendre tous les protagonistes du panthéon austenien. Imaginez des chapitres où des héros aussi aimés que Darcy et le capitaine Wenwtorth se croisent!  Sans que cela paraisse télescopé ou artificiel.

Voilà un vaste défi que cet auteur a relevé avec un certain talent. Autour d'une intrigue centrée sur les amours de Georgiana Darcy et du colonel Fitzwilliam, elle parvient à évoquer les personnages  développés chez son modèle.  Sans qu'ils aient perdu leurs caractéristiques originelles. Ainsi, Elizabeth conserve son esprit vif et acéré, Emma sa maladresse et son aveuglement légendaire dans les histoires de cœur....

On apprend avec joie ce qu'ils sont devenus et certains connaissent une issue enfin heureuse...

Bel hommage que ce développement autour de tous les êtres austeniens marquants...

Bel hommage aussi que cette idée de reprendre les fils narratifs du panthéon austenien. Quiproquos amoureux, échanges épistolaires, mauvaises impressions, propositions de mariage repoussées.... Autant de péripéties qu'on suit avec plaisir...

C'est là le maître mot justement de Darcy à Wentworth: le plaisir. Plaisir de passer quelques heures en compagnie de ces héros qu'on affectionne...Plaisir aussi de retrouver des histoires qu'on a aimées.

En revanche, j'ai trouvé dommage que la plume ne soit pas aussi ironique et drôle que celle du modèle...

Bref, vous l'aurez compris: cette lecture se révèle agréable. Mais je la recommanderai plus aux fans de Jane Austen car j'ai peur que les néophytes se perdent devant le trop grand nombre de références.

Milady, 2015, 472 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England et dans le cadre du challenge Un pavé...par mois.

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03/11/2013

Le Journal du Capitaine Wentworth

 

 

Le Journal du Capitaine Wentworth

de

Amanda Grange

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"Jeudi 5 Juin 1806

Me voici enfin en route vers le Somerset!

Harville et moi avons voyagé depuis la côte ensemble, nous étonnant de voir le vert des champs autour de nous, au lieu du bleu de la mer. Si l'on excepte l'alarmante tendance du sol à rester immobile sur nos roues plutôt qu'à rouler et tanguer comme tout élément qui se respecte, notre trajet a été assez confortable, et nous avons réussi à faire passer le temps en régalant deux gouvernantes, les soeurs Brown du récit de nos aventures en mer"

Ainsi débute le Journal du Capitaine Wentworth d'Amanda Grange qui a entrepris après Le Journal de Mr Darcy, le Journal du Colonel Brandon et le Journal de Mr Knightley de nous livrer les pensées intimes de mon héros austenien préféré.

Certes, j'aime vraiment beaucoup le ténébreux Mr Darcy. Mais comment résister à une déclaration telle que "Vous transpercez mon âme. Je suis partagé entre l'angoisse et l'espoir. Non, ne me dites pas qu'il est trop tard, que ces précieux sentiments ont disparu à jamais"?

Comme dans les précédents opus, la romancière reprend le principe du journal intime. Une bonne manière de suivre les espoirs et les tourments du narrateur.

En 1806, notre héros revient de ses premières campagnes. Après être entré dans la marine à l'âge de 13 ans, il a gravi les échelons et est devenu commandant. Il s'est également illustré dans plusieurs batailles et se retrouve à la tête d'un patrimoine financier, issu de quelques prises de guerre, qu'il entend bien dépenser.

En attendant d'être appelé pour entrer dans un nouvel équipage, il entend profiter de son séjour chez son frère dans le Somerset pour séduire de nombreuses jeunes filles. A un bal, il rencontre pour la première fois la famille Elliott. Frappé par le mépris affiché par le baronnet et par sa fille, il invite leur dame de compagnie à danser. Sous le charme, il apprend avec surprise qu'il a, en fait, valsé avec Miss Anne Elliott.

S'ensuivent alors de nombreuses conversations. Wentworth tombe amoureux et fait sa déclaration. Malheureusement, persuadée par sa famille, Anne renonce à l'épouser.

Sept années plus tard, après l'abdication de Napoléon, notre héros revient à la vie civile. A la tête d'un fortune confortable, il entend profiter de sa famille et trouver une épouse. Quelle n'est pas sa surprise quand il se rend compte que sa sœur a loué Kellynch Hall, la propriété de Sir Walter Elliott et qu'il va ainsi être contraint de revoir son ancien amour.

C'est ici que les deux trames se rejoignent. Je ne vous ferai donc pas un résumé de la suite...

J'ai beaucoup apprécié la première partie. Je trouve qu'Amanda Grange a réussi à imaginer un "jeune" capitaine Wentworth  tout à fait crédible. Ses échanges de plus en plus fournis et nécessaires avec Anne Elliott sont très plaisants à lire.

De même, la romancière a su rendre l'atmosphère qui devait régner dans un village anglais à cette époque. Certains habitants se révèlent d'ailleurs particulièrement savoureux. Je fais notamment référence à Mrs Frost, persuadée que les Français vont envahir le pays et qu'il faut sans cesse se protéger. Elle essaie donc de suivre les conseils de certains journaux pour se prémunir de ce potentiel danger, ce qui donne lieu à des situations très cocasses.

J'ai également apprécié qu'elle mette en scène une confrontation entre le capitaine Wentworth et Lady Russell.

Puis, on retrouve notre héros sept ans plus tard au moment où débute le roman de Jane Austen. Amanda Grange a tout à fait respecté le canevas original. Mais elle a rajouté des scènes, là où Jane Austen faisait des ellipses. Par exemple, le voyage auprès de son frère après l'incident de Lyme. (j'ai bien aimé les relations entre le pasteur et le capitaine).

Outre ces nouvelles péripéties, l'intérêt de ce roman réside dans le regard différent porté sur des évènements que nous connaissons bien. Là encore, toutes les pensées du héros sonnent juste et touchent (notamment lors de la rédaction de la fameuse lettre).

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un agréable moment en compagnie du capitaine Wentworth. Amanda Grange a su lui créer un passé intéressant et drôle tout en retrouvant l'esprit du personnage imaginé par Jane Austen.

Milady, 2013, 333 pages, 7,90 €

Billet dans le cadre des challenges Austenien, 19ème siècle, God save the livre 2013 et La plume au féminin.

 

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29/07/2013

I was Jane Austen's best friend

I was Jane Austen's best friend

de

Cora Harrison

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"Tuesday, 12 January 1796

Dearest Jane,

Yesterday I was up in the attic and discovered a bundle of my old journals-I spent half the night reading this one. I'm sending it to you because I think you will enjoy it too.

I can't believe how much my life changed in that spring of 1791! It was like coming out of a dark room into bright sunlight. With you as a friend. I learned so much that year-about life,about love-and about how to have fun!"

Jenny Cooper envoie un de ses anciens journaux intimes à sa cousine Jane Austen: celui de l'année 1791. Une année déterminante où elle a découvert l'amour et la joie d'une famille affecteuse.

La première entrée remonte au 7 février 1791. Jenny est très inquiète de voir sa cousine délirer sous l'effet de la fièvre. Elle a l'impression qu'elle peut mourir de sa maladie et tente en vain de convaincre Mrs Crawley, la directrice de leur pensionnat, d'avertir Mr and Mrs Austen de son état.

Elle décide de braver les interdits et sort de nuit à Southampton à la recherche d'une boîte aux lettres. Des marins l'abordent et elle ne doit son salut qu'à l'intervention du Capitaine Thomas Williams qui la raccompagne à son école.

Deux jours plus tard, elle tombe à son tour malade. Mais sa missive aux parents de Jane est bien arrivée et ils accourent aussitôt au chevet des deux patientes...Ils les ramènent toutes deux à Steventon.

C'est ainsi que Jenny entame un séjour dans la famille Austen. Un séjour qui va se révéler déterminant pour elle...Et qui va la rapprocher de sa cousine.

Cela faisait longtemps que j'avais remarqué ce livre et Emmanuelle me l'a très gentiment offert lors du swap VO.

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Cora Harrison est une auteure irlandaise. Comme peu de choses sont connues sur l'adolescence de Jane Austen, elle a décidé de l'imaginer. Ainsi, elle a repris des personnes ayant réellement existé: la famille Austen, les élèves de Steventon, la cousine Eliza, les voisins les Bigg-Wither, le capitaine Williams, Jane Cooper ( rajeunie et rebaptisée Jenny pour ne pas faire trop redondant...) Et elle s'est inspirée de leur correspondance ou de certaines situations des romans de Jane Austen pour retracer leurs interactions.

J'ai beaucoup apprécié le schéma narratif. Je trouve que la forme du journal intime se révèle parfaitement adéquate pour restranscrire les émotions de la fin de l'adolescence. On oscille sans cesse entre exaltation, humour, inquiétude, tristesse, jalousie, enthousiasme..Les réflexions se révèlent souvent pleines d'esprit (sans oublier les notes intercalées de Jane Austen) De plus, comme Jenny est douée pour le dessin, le lecteur retrouve au fil des pages des esquisses de toutes les personnes évoquées.

Cela a été un réel plaisir de plonger dans l'univers de la famille Austen à Steventon. On en apprend ainsi plus sur l'adolescence (parfois supposée) de Jane Austen: ses interactions avec ses cinq frères (dont George, tenu à l'écart par ses parents en raison de son handicap mental), avec ses voisins, son goût pour les bals, son esprit déjà caustique à 15 ans, ses participations aux représentations théâtrales familiales, sa rencontre avec Tom Lefroy...

De même, on perçoit mieux le quotidien d'une famille anglaise dotée de peu de moyens financiers à la fin du 18ème siècle: les charges qui incombent à chacun, le devoir de faire un bon mariage, les questions sur chaque achat...

On sent qu'Orgueil et préjugés a influencé la romancière. En effet, Mr et Mrs Austen s'apparentent beaucoup au couple Bennett ; Cassandra à Jane Bennett; Jane à Elizabeth Bennett; Jenny à Catherine Morland (pour son innocence et sa douceur)...

De plus, à l'instar des livres de Jane Austen, plusieurs intrigues amoureuses se nouent. Notre héroïne se laisse impressionner par quelqu'un qui ne lui conviendrait pas. Avant de faire LA rencontre...Cassandra tombe aussi sous le charme d'un des pensionnaires de son père...

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un excellent moment à la lecture de ce roman, plein d'humour et d'esprit. Il devient même une des mes austeneries préférées. J'espère qu'il ne tardera pas à être traduit en français. En attendant, je me suis déjà commandée la suite: Jane Austen stole my boyfriend.

MacMillan, 2010, 342 pages

Billet dans le cadre du challenge Austenien et du challenge La plume au féminin 2013

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