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30/01/2013

Le Premier défi de Mathieu Hidalf de Christophe Mauri

Le Premier défi de Mathieu Hidalf

de

Christophe Mauri

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"Mathieu Hidalf se réveilla de très bonne humeur, parce que ce jour-là, pour la première fois, il fêtait ses dix ans. Bien sûr, dix ans, c'était trop peu pour être libre; c'était trop peu pour tomber fou amoureux; c'était trop peu pour devenir Prétendant elitien et trop peu encore pour déposséder son père du manoir de ses ancêtres"

"Le jour de son anniversaire n'était pas une date ordinaire. [...] Tout avait commencé par la nuit froide et pluvieuse de sa naissance. Il était venu au monde en plein coeur du cinquantième anniversaire du roi, auquel toute la noblesse du royaume était conviée. Et sans autre forme de procès, par ses hurlements stridents, Mathieu Hidalf avait gâché la fête. En souvenir de cet auguste moment, chaque année depuis ses trois ans, Mathieu organisait une catastrophe plus colossale que celle de l'année précédente, pour continuer à saboter l'anniversaire royal et continuer à humilier son père"

Ainsi, pour ses 8 ans, il a poussé les nymphettes du soleil à se mettre en grève pour la première fois de leur histoire. Le château royal s'est donc retrouvé plongé dans l'obscurité totale pendant sept mois. Et Mathieu Hidalf, enfermé par son père, dans la plus haute tour du domaine familial.

Ayant purgé sa punition, notre héros espère pouvoir accompagner ses proches à l'anniversaire du roi. Son père, le vice-consul, Rigor Hidalf souhaite à tout prix l'en empêcher, afin de prévenir toute nouvelle bêtise.

Mais c'est sans compter sur l'ingéniosité de son rejeton...

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J'ai eu la grande chance de rencontrer l'auteur Christophe Mauri lors d'une journée organisée par Gallimard Jeunesse. Il est revenu sur son parcours exceptionnel de jeune écrivain. En effet, il a adressé son premier manuscrit au prestigieux éditeur quand il avait 13 ans. Il n'avait pas été accepté mais avait reçu, néanmoins, les encouragements du comité de lecture. Il s'est obstiné et finalement, il a appris le jour de ses 22 ans que Le premier défi de Mathieu Hidalf serait publié.

Je trouve qu'il a su créér un personnage principal très attachant. Mathieu Hidalf se révèle tour à tour malin, vif, plein d'humour, très intelligent, d'une grande maturité tout en gardant un côté terriblement enfantin. On a sans cesse envie de le voir déjouer tous les pièges qui lui sont tendus pour le contrecarrer dans ses plans.

Et ces embûches se révèlent nombreuses. Du contrat autour de Bougetou, son chien aux quatre têtes en passant par les jumelles, les plus terribles baby-sitters...Les obstacles se multiplient pour la plus grande satisfaction du lecteur.

Autour de ce héros, gravite une multitude de protagonistes tous aussi savoureux les uns que les autres. Au premier rang, bien entendu, on retrouve la famille Hidalf. Je demande tout d'abord le père, un vice-consul qui rêve d'être un des personnages les plus importants de l'Etat et qui se creuse les méninges pendant onze mois de l'année pour trouver le cadeau d'anniversaire idéal pour le roi. Puis, la mère, une femme qui essaie d'aplanir les tensions et qui se révèle souvent beaucoup plus maligne que son époux. Et, enfin, j'invoque les trois soeurs: Juliette d'Or, la plus belle; Juliette d'Argent, la plus sage et Juliette d'Airain, la plus intelligente. Les tactiques élaborées par les enfants Hidalf sont toutes très drôles.

Cependant, l'aspect fortement humoristique de ce roman (j'ai souvent ri toute seule) ne doit pas faire oublier le bel univers fantastique imaginé par Christophe Mauri. On croise, en effet, des sorcières, des nymphettes et des Elitiens. Mathieu Hidalf rêve, depuis tout petit, de réussir le concours d'entrée de cette prestigieuse école de l'Elite et de devenir Prétendant, comme son ami Pierre Chapelier. Il voue notamment un culte à Louis Serra, le capitaine des Elitiens qui est parvenu dix ans auparavant à trouver un accord avec les terribles six frères Estaffe.

Malheureusement, le royaume semble voir grandir une menace. Dès son arrivée à la Cour, Mathieu sent une certaine tension parmi les Elitiens. Sa visite dans leur école ne va faire que confirmer cette impression de danger imminent.

Ces éléments fantastiques m'ont fait penser à des romans que j'affectionne tels que Le Livre des étoiles (la très bonne trilogie d'Erik Lhomme) et bien entendu, Harry Potter. Je fais notamment référence à l'école de l'Elite, aux sorciers ou au transport par l'eau (qui m'a rappelé la poudre de cheminette)

Bref, vous l'aurez compris: un premier tome introductif très réussi et très drôle. J'ai hâte de retrouver Mathieu Hidalf dans ses prochaines aventures, de découvrir l'identité de l'amoureux de Juliette d'Or et surtout de savoir ce qu'il advient du royaume.

Gallimard Jeunesse, 2011, 256 pages, 13,20 €

 

 

 

29/01/2013

Charlotte Collins de Jennifer Becton

 

Charlotte Collins

de

Jennifer Becton

 

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"Le soleil brillait le jour des funérailles du révérend Collins, et Charlotte savait que son mari aurait trouvé douteux de la part du Tout-Puissant de laisser se dérouler les obsèques de l'un des serviteurs les plus dévoués de son Eglise par un temps si radieux."

1818, Charlotte Collins assiste aux funérailles de son époux.

Nous la retrouvons deux ans plus tard. Grâce à la rente laissée par le défunt, Charlotte a pu mener une vie indépendante. Elle est restée à Hunsford, près de Westerham, dans le Kent dans un pavillon loué à Lady Catherine de Bourgh.

Mais cette existence paisible va être troublée par l'arrivée de sa plus jeune soeur, Maria Lucas, désireuse de rencontrer des maris potentiels. Pour lui permettre de trouver un beau parti, Charlotte va devoir retourner dans la bonne société de Hunsford.

C'est ainsi qu'au fil des bals, des dîners et des soirées de carte, les deux soeurs vont faire la connaissance de deux américains: Mr Basford et Mr Westfield. Mais aussi du charmant Mr Edgington....

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Jennifer Becton est un auteur américain, féru de Jane Austen et de son oeuvre la plus célèbre: Orgueil et préjugés. Elle s'est ainsi attachée dans plusieurs romans à dépeindre la suite des aventures de personnages secondaires tels que Caroline Bingley, Maria Lucas ou Charlotte Collins/Lucas.

Je tenais tout d'abord à remercier Alice et les éditions Milady. J'avais postulé sans me faire trop d'espoirs au concours organisé sur Jane Austen is my wonderland et j'ai été ravie d'avoir été choisie! D'ailleurs, je me suis précipitée sur le roman dès qu'il est arrivé.

Depuis que j'ai découvert Orgueil et préjugés, j'ai toujours été choquée par le choix de vie que fait Charlotte Lucas. Elle se résoud à épouser Mr Collins pour ne pas rester à la charge de ses parents et devenir vieille fille. Un moyen pour Jane Austen de montrer le sort qui attendait certaines jeunes filles contraintes d'embrasser l'état matrimonial, même à contrecoeur, pour éviter de sombrer dans la pauvreté. Une note de pessimisme qui contraste fortement avec les unions heureuses de ses deux amies, Jane et Elizabeth.

Aussi, en commençant ma lecture, j'ai espéré que libérée de son pasteur de mari, Charlotte connaîtrait un destin plus heureux et digne de la citation de la grande romancière anglaise "J'estime que chacun a le droit de se marier par amour au moins une fois dans sa vie, si possible"

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Jennifer Becton a su rendre hommage à Jane Austen en reprenant plusieurs ressorts de ces différents romans. On retrouve ainsi la fuite de deux amants, le refus d'une première demande en mariage pour en accepter une autre...

Mais surtout, elle a su, selon moi, ressusciter l'ambiance qui devait régner dans un petit village anglais de cette époque. J'ai été particulièrement sensible au poids des convenances. Au début, je jugeais Charlotte trop guindée dans ses réactions envers la gent masculine mais la suite du roman m'a fait comprendre l'importance d'avoir une attitude dite irréprochable à cette époque.

A deux reprises, les deux soeurs sont mises au ban de la bonne société de Hunsford. 

"Sur son chemin, [Charlotte] perçut les regards appuyés des gens qu'elle croisait. Personne ne lui adressa la parole [...] Tiraillée entre la colère [...], l'auto-apitoiement de se retrouver dans une telle situation, et la crainte de compromettre sa position déjà fragile dans la société, [elle] accéléra le pas, ses lourdes bottes faisant crisser le sol qu'elles foulaient"

A chaque fois, elles sont rejetées suite à une parole masculine. Et j'ai remarqué que celle-ci faisait toujours loi. On ne permettait ni à Charlotte ni à Maria de se justifier. Leur sort était scellé. Une belle façon d'illuster la difficile condition des femmes relativement bien nées mais sans le sou et dont la réputation devait rester intacte.

De plus, dans ce roman, Jennifer Becton reprend la problématique déjà développée dans Orgueil et préjugés, à savoir l'importance de se marier. Dans l'oeuvre originale, la plupart des unions sont heureuses, à l'exception de celle de Charlotte Lucas. Notre héroïne veut donc tout entreprendre pour préserver sa jeune soeur de liens matrimoniaux désastreux, contractés sans engouement. Mais, en même temps, elle espère elle-aussi tomber un jour amoureuse.

J'ai été contente de mieux apprendre à connaître ce protagoniste secondaire d'Orgueil et préjugés. L'écrivain a réussi à reprendre les aspects vieux jeu, froid, trop raisonnable de la création originale et à les faire évoluer. Notre héroïne s'ouvre progressivement au reste du monde, apprend à vivre et en devient des plus attachantes.

L'idée de mettre en scène deux Américains dans l'"Ancien Monde" m'a semblé amusante. Elle permet de souligner le côté rigide de la bonne société anglaise.

En outre, le personnage de l'oncle, Mr Basford, m'a enthousiasmé. J'ai retrouvé chez lui des traits de caractère des prétendants austeniens. 

Les autres personnalités ont également retenu mon attention. Elles m'ont tour à tour amusée, choquée...

En outre, j'ai  plutôt adhéré à l'intrigue imaginée par Jennifer Becton. Même si une des péripéties m'a paru par trop exagérée (je n'en dirai pas plus, afin de vous laisser le plaisir de la découverte)

Enfin, j'aimerais évoquer deux très belles scènes d'amour. Ou comment un effleurement de mains peut prendre l'aspect d'une magnifique déclaration. 

Bref, vous l'aurez compris: j'ai beaucoup aimé ce roman! Et je vous le conseille si vous désirez voir ce qu'il advient de la "pauvre"Charlotte Lucas ou tout simplement passer un très bon moment de lecture.

Milady, février 2013, collection Pemberley, 390 pages, 7,90 €

 

 

Orgueil et Préjugés et moi

 

Bonsoir à tous,

Hier, c'était le bicentenaire de la parution de Pride and Prejudice, le roman de mon auteur préféré. A cette occasion, Eiluned a proposé un questionnaire sur notre rapport à cette magnifique oeuvre, relayé dans la soirée sur deux de mes blogs favoris Jane Austen is my Wonderland et Les livres de Céline.

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Je ne peux pas m'empêcher d'y répondre à mon tour.

Voici ma relation avec Orgueil et Préjugés:

Comment s’est déroulée notre rencontre?

Ma rencontre s'est déroulée l'été de mes 13 ans. Comme chaque année, j'étais partie passer un mois dans la maison de ma grand-mère à la Teste-de-Buch, dans le Bassin d'Arcachon. J'étais déjà une grande lectrice à cette époque et pour combler mes besoins de lecture, ma mère nous emmenait souvent à la bibliothèque. Je ne savais pas vers quoi m'orienter et je me souviens que ma mère m'a mis entre les mains une édition d'Orgueil et Préjugés. Elle m'a alors dit "Je suis sûre que tu vas aimer"

Honnêtement, je n'étais pas convaincue par la couverture (une édition des années 70 un peu jaunie). Mais je me suis lancée dès notre retour et je n'ai reposé ce livre qu'une fois terminé! Un vrai coup de foudre qui ne s'est jamais démenti par la suite!

Mon adaptation télévisuelle et cinématographique préférée:

Pour l'instant, je n'ai vu que l'adaptation par la BBC de 1995 et celle par Joe Wright de 2005. Difficile de choisir honnêtement car je trouve que ces deux versions ont toutes les deux beaucoup de qualités!

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Celle de 1995 est beaucoup plus fidèle au roman et bien entendu, il y' a l'inoubliable Colin Firth. Mais celle de 2005 est juste sublime d'un point de vue visuel.  Certaines scènes m'ont beaucoup marquée telles que celle de la déclaration de Mr Darcy sous la pluie. Et la musique!!

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Je dirai donc que j'aime beaucoup ces deux versions. Je ne compte plus les fois où je les ai vues!

J'aimerais maintenant découvrir la version avec Laurence Olivier et Greer Garson.

 

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Mes incarnations préférées des personnages:

 

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Keira Knightley dans le rôle de Elizabeth Bennett (film de 2005)

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Colin Firth dans le rôle de Mr Darcy (même si je trouve que Matthew MacFayden est vraiment charmant) (adaptation BBC de 1995)

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Rosamund Pike dans le rôle de Jane Bennett (film de 2005. Elle correspond tout à fait à l'image que je me faisais de Jane en lisant le roman. Une femme d'une grande beauté et d'une grande douceur)

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David Bamber dans le rôle de Mr Collins (version 1995. Encore une réussite de casting. Il est aussi horrible que je me le figurais!)

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Donald Sutherland dans le rôle de Mr Bennett (film de 2005)

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Alison Steadman dans le rôle de Mrs Bennett (adaptation BBC de 1995. Aussi horripilante que la Mrs Bennett décrite par Jane Austen)

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Crispin Bonham-Carter dans le rôle de Mr Bingley (version 1995)

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Barbara Leigh-Hunt dans le rôle de Lady Catherine de Bourgh (version 1995)

Je vais vous épargner la suite des personnages. De toutes les façons, les castings de ces deux versions sont très bien faits. A l'exception de Mr Wickham. Je n'ai pas été convaincue par les deux choix. J'aurais préféré  Greg Wise qui joue Willoughby dans le Raison et sentiments d' Ang Lee.

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Le roman que j'aime le moins dérivé de Pride and Prejudice:

Sans conteste pour l'instant Les Filles de Mr Darcy d'Elisabeth Aston. J'ai trouvé qu'il n'avait vraiment rien à voir avec l'oeuvre dont il se prétendait la suite.

Le roman que j'aime le plus dérivé de Pride and Prejudice:

J'ai beaucoup aimé Acting up de Melissa Nathan que j'ai découvert grâce à Alice.

 

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Je souhaiterais évoquer aussi Le Journal de Mr Darcy d'Amanda Grange, qui m'a fait passer un très bon moment! J'avais l'impression de suivre les pensées d'un de mes personnages fétiches.

 

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Le personnage que j'aime le moins dans Orgueil et Préjugés:

Mary Bennett, la soeur de loin la plus ennuyeuse de la fratrie. Je déteste ses leçons de vie, sa façon de sermonner tout le monde tout le temps!

Cependant, je dois avouer que j'aurais détesté avoir une mère comme Mrs Bennett.

Mon personnage préféré:

J'en ai trois:

-Elizabeth Bennett, une héroïne fine, intelligente, vive... à laquelle je rêvais de ressembler quand j'étais adolescente.

-Mr Darcy: ah! Mr Darcy! Qui n'a jamais rêvé rencontrer un tel homme?

-Mr Bennett: j'ai une certaine tendresse pour ce personnage coincé dans cette famille de filles et qui n'aspire qu'à la tranquillité. J'aime son côté pince sans rire et la grande tendresse qu'il témoigne toujours avec pudeur à Elizabeth.

Les phrases que j'adore:

Il y'en a tellement!

Je citerai bien entendu la première:

"C'est une vérité universellement reconnue qu'un célibataire pourvu d'une belle fortune doit avoir envie de se marier, et, si peu que l'on sache de son sentiment à cet égard, lorsqu'il arrive dans une nouvelle résidence, cette idée est si bien fixée dans l'esprit de ses voisins qu'ils le considèrent sur-le-champ comme la propriété légitime de l'une ou l'autre de leurs filles."

Mais aussi celle de ce dialogue entre Mr et Mrs Bennett:
"-Oh ! Mr. Bennet, parler ainsi de ses propres filles !... Mais vous prenez toujours plaisir à me vexer ; vous n'avez aucune pitié pour mes pauvres nerfs !
- Vous vous trompez, ma chère ! J'ai pour vos nerfs le plus grand respect. Ce sont de vieux amis : voilà plus de vingt ans que je vous entends parler d'eux avec considération."

Et celle d'une des déclarations:

"En vain ai-je lutté. Rien n'y fait. Je ne puis réprimer mes sentiments. Laissez-moi vous dire l'ardeur avec laquelle je vous admire et je vous aime."

Pour clore ce billet, je ne peux résister au plaisir de rajouter un des morceaux que j'adore de la bande originale de 2005.