Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

livre de poche - Page 6

  • La Plume empoisonnée de Agatha Christie

    La Plume empoisonnée

    de

    Agatha Christie

    plume em.jpg

    "Quand enfin on m'extirpa de ma gangue de plâtre, quand les médecins m'eurent tiraillé tout leur soûl, quand à force de cajoleries les infirmières m'eurent amené à remuer prudemment les membres et quand je fus écoeuré jusqu'à la nausée de les entendre me parler en bêtifiant comme si j'étais un nouveau-né dans ses langes, Marcus Kent me déclara qu'il fallait que j'aille m'installer à la campagne"

    Après un grave accident, notre héros est contraint au repos complet. Son médecin lui conseille vivement de partir à la campagne. Accompagné de sa soeur Joanna, il s'établit donc à Lymstock dans un charmant cottage.

    Cependant, bien vite, leur quiétude est troublée par un mystérieux corbeau qui prend tour à tour tous les habitants comme cible.

    Jusqu'au jour où une des victimes se suicide. Mais a t-elle réellement mis fin à ses jours? Ne serait-on pas plutôt en présence d'un meurtre?

    Notre héros décide de mener l'enquête...

    Agatha_Christie.png

    Pour ce mois anglais, j'avais envie de me replonger dans un Agatha Christie. J'ai donc opté pour cet opus de la série des Miss Marple que je ne connaissais pas.

    Tout débute par l'installation d'un blessé et de sa sœur à la campagne, dans un cottage. Au fil des jours, ils s'habituent à leur existence à Lymstock, à leur voisinage si différent de celui qu'ils connaissent à Londres, au rituel du thé ou du bridge, aux cancans...

    J'ai justement beaucoup apprécié cette partie d'introduction car je crois que c'est ce que je recherchais dans cette lecture: voyager dans l'Angleterre profonde. Le héros et sa sœur m'ont semblé des personnages attachants et j'ai apprécié les rencontres qu'ils faisaient. Tout comme l'ironie de la plume de la romancière.

    Puis, rapidement, une première lettre est arrivée...Et une seconde...

    "Une haine aveugle....Oui, une haine aveugle. Mais même un aveugle peut viser juste par hasard et vous atteindre au coeur"

    Malgré l'accumulation de courrier anonyme, je n'ai jamais ressenti cette haine se développer. Et c'est là que le premier bémol de cet ouvrage m'est apparu. Cette attente insatisfaite s'explique sans doute par une comparaison inconsciente avec Le Corbeau, un film que j'adore et où le même phénomène survient.

    Après le premier meurtre, j'ai commencé à m'ennuyer. Je ne me suis passionnée ni pour l'intrigue policière ni pour les histoires amoureuses connexes.

    Même l'ironie de plus en plus prégnante et les références à certains opus précédents ("Dans les romans, quand un détective se déniche un collaborateur sur le terrain, ledit collaborateur est les trois quarts du temps un assassin") n'ont pas trouvé grâce à mes yeux.

    Et que dire de l'absence de Miss Marple? J'avais choisi La Plume empoisonnée car je souhaitais suivre une de ses aventures et finalement, elle n'est arrivée que dans le dernier quart du texte. Certes, elle a joué le rôle de deus ex machina comme elle sait si bien le faire mais j'ai regretté de ne pas plus entendre ses comparaisons avec les gens qu'elle connaît, de la voir poser des questions apparemment innocentes...

    Bref, vous l'aurez compris: je crois que c'est la première fois que je n'ai pas été conquise par un Agatha Christie. Mais je retenterai prochainement l'aventure avec un autre Miss Marple comme Un cadavre dans la bibliothèque.

    Le Livre de Poche, 221 pages

    Billet dans le cadre du mois anglais et du Challenge Agatha Christie chez George.

    mois anglais.jpg

     

     challange-agatha-christie.jpg

  • La Ballade de Lila K. de Blandine Le Callet

    La Ballade de Lila K.

    de

    Blandine Le Callet

     

    ballade de lila k,blandine le callet,livre de poche,roman d'anticipation,roman d'apprentissage,littérature française

    "Dans la vie, il y'a toujours un avant, un après, vous avez remarqué? Avec entre les deux, une cassure franche et nette, heureuse ou malheureuse-c'est une question de chance. Elle ne peut pas sourire à tout le monde, évidemment. Je suis sûre que personne n'y échappe."

    Pour Lila, la rupture s'est produite quand des hommes l'ont arrachée à sa mère et l'ont emmenée dans un centre pédagogique.

    Dans cette société futuriste de 2100 où chaque activité est encadrée, normée, épiée, elle a dû réapprendre les gestes du quotidien, le contact avec les autres...Elle a grandi, a été accompagnée par des tuteurs, est devenue savante...

    Mais elle n'a jamais oublié son objectif principal: celui de retrouver sa mère.

    Jusqu'au jour où...

    ballade de lila k,blandine le callet,livre de poche,roman d'anticipation,roman d'apprentissage,littérature française

    De Blandine Le Callet, je connaissais Une pièce montée, un roman que j'avais découvert à sa sortie et beaucoup apprécié et le premier tome de la bande dessinée Médée. Mais je ne m'étais jamais lancée dans La Ballade de Lila K., malgré les très bons échos que j'en avais eus. Aussi, quand ma copinaute Bianca m'a proposé cette LC, je n'ai pas hésité longtemps avant de me lancer.

    J'ai commencé cet ouvrage hier soir et je l'ai achevé cet après-midi. Avec son style toujours aussi percutant, l'auteure m'a happée dans l'univers qu'elle a imaginé.

    Dans cette société de 2100, il existe une forte scission entre l'intra-muros et la Zone, divisée en de nombreux districts réputés dangereux.

    Dans cette société, chaque acte de la vie humaine est réglementé: le travail, la sexualité, la reproduction....

    Dans cette société, des caméras surveillent et enregistrent en permanence tout.

    Dans cette société, les livres sont perçus comme extrêmement dangereux. Les manipuler sans gants est réputé mortel et on tâche de les faire disparaître petit à petit pour les remplacer par des fichiers pour grammar books.

    Dans cette société, Lila, profondément asociale et marquée par la séparation avec sa mère, tente de trouver sa place. On la suit ainsi de 4 à 21 ans.

    Sur son chemin, elle croise plusieurs personnes: M. Kauffmann, Lucienne, Fernand, Justinien...et ce mystérieux "vous", destinataire de sa confession. Même si certaines rencontres vont se révéler plus déterminantes que d'autres, chacune va lui permettre de s'ancrer plus dans la vie et de se rapprocher des autres.

    "On passe sa vie à se construire des barrières au-delà desquelles on s'interdit d'aller: derrière, il y'a tous les monstres qu'on s'est créés. On les croit terribles, invincibles, mais ce n'est pas vrai. Dès qu'on trouve le courage de les affronter, ils se révèlent bien plus faibles qu'on les imaginait. Ils perdent consistance, s'évaporent peu à peu. Au point qu'on se demande, pour finir, s'ils existaient vraiment."

    Je me suis attachée à cette héroïne atypique, à son parcours hors du commun. J'ai aimé la voir évoluer, s'humaniser au contact de cette galerie de personnages secondaires réussis.

    J'ai attendu ses retrouvailles avec sa mère, émue de la force des sentiments qu'elle éprouvait toujours pour elle au bout de quinze ans. J'ai guetté les explications qui justifiaient leur isolement.

    Cependant, le destin de Lila n'a pas constitué le seul attrait de ce roman. En effet, je me suis particulièrement intéressée à la vie en 2100. Reprenant des thématiques chères aux œuvres de science-fiction, à l'instar de la surveillance des caméras ou de la dangerosité des livres (l'ombre de George Orwell et de Ray Bradbury n'était jamais loin), Blandine Le Callet a su créer un monde qui fait froid dans le dos.

    Surtout qu'il ne paraît pas improbable. Je ne sais pas si cela tient au fait qu'elle utilise des lieux que nous connaissons déjà: Paris, la banlieue, la BNF à Tolbiac ou qu'elle accentue des phénomènes déjà en cours (les livres papier scannés et détruits...).

    On sort de ces pages, un peu hagards et la tête pleine de réflexions sur le moyen d'éviter de telles dérives.

    On sort également de ces pages profondément émus par cette intrigue qui sait si bien parler d'amour, d'amitié, de pardon, d'espoir, de deuil...et de vie.

    "C'est cela sans doute, faire son deuil: accepter que le monde continue, inchangé, alors même qu'un être essentiel à sa marche en a été chassé. Accepter que les lignes restent droites et les couleurs intenses. Accepter l'évidence de sa propre survie."

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai adoré La Ballade de Lila K. Et je pense que cette lecture va continuer à m'accompagner pendant les prochains jours.

     

    ballade de lila k,blandine le callet,livre de poche,roman d'anticipation,roman d'apprentissage,littérature française

     

    Le Livre de Poche, 2012, 354 pages, 7,10 €

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca et Yuko

    Et pour finir, je vous mets en bonus un lien vers Summertime, cette magnifique chanson qui joue un rôle si important dans les souvenirs de Lila.


  • Robe de marié

    Robe de marié

    de

    Pierre Lemaître

    robe de marié,pierre lemaître,livre de poche,thriller

     "Assise par terre, le dos contre le mur, les jambes allongées, haletante.

    Léo est tout contre elle, immobile, la tête posée sur ses cuisses. D'une main, elle caresse ses cheveux, de l'autre, elle tente de s'essuyer les yeux, mais ses gestes sont désordonnés. Elle pleure. Ses sanglots deviennent parfois des cris, elle se met à hurler, ça monte du ventre"

    Voilà quatre mois que Sophie Duguet s'occupe de Léo Gervais. Elle doit l'emmener à l'école, le récupérer après les cours et s'occuper de lui en attendant le retour de ses parents.

    Mais, ce matin-là, quand elle va le chercher dans sa chambre, elle le retrouve mort.

    Elle craint d'avoir commis ce crime, dans un moment d'absence et s'enfuit, espérant ainsi échapper tant à la police qu'à la folie dans laquelle elle semble s'enfoncer un peu plus, jour après jour.

    Mais son douloureux passé ne tarde pas à la rattraper....

    robe de marié,pierre lemaître,livre de poche,thriller

     

    Cela faisait longtemps que j'avais entendu parler des romans policiers de Pierre Lemaître. Mais, j'ai attendu la lecture d'Au-revoir là haut, un ouvrage que j'ai vraiment beaucoup aimé et une discussion avec mes deux copinautes Bianca et Céline pour me lancer.

    J'ai entamé Robe de marié vendredi soir et j'ai eu beaucoup de mal à m'en séparer avant de l'avoir terminé.

    L'auteur a choisi un schéma narratif extrêmement efficace. Tantôt Sophie, tantôt Frantz racontent l'histoire. Puis, leurs récits se rejoignent dans la partie finale.

    Par conséquent, dès les premières pages, on est frappés par l'horreur et l'urgence de la situation de Sophie. Et le "je" amplifie encore plus cette sensation. Comme elle, on en vient même à douter de sa culpabilité...De plus, notre héroïne a beau changer d'identité, les morts continuent de s'accumuler sur son chemin.

    Puis, le basculement vers le récit de Frantz nous fait réaliser toute l'abomination de la vie de Sophie. Ou comment une existence banale d'attachée de presse, heureuse en mariage, peut changer en quelques mois, sous l'action d'un homme. Un passage qui fait réellement froid dans le dos...et dont la chute m'a impressionnée. Je ne m'étais pas du tout attendue à cette manière de faire évoluer l'intrigue.

    C'est justement ce que j'ai adoré dans ce roman: je n'ai jamais rien pressenti de ce qu'il allait advenir. Au contraire, j'ai été en permanence bluffée par les retournements de situation.

    Mais je n'en dirai pas plus, par peur de trop vous en dévoiler et de vous gâcher le plaisir de la découverte.

    Néanmoins, je tiens à souligner un seul petit bémol: même si elle éclaire le titre, la fin ne m'a pas paru à la hauteur du reste de ce thriller.

    Bref, vous l'aurez compris: je vous recommande vivement ce roman policier très prenant et qui m'a donné envie de revoir certains films d'Hitchcock tels que Fenêtre sur cour ou Sueurs froides.

    Le Livre de Poche, 313 pages, 6,60 €

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca et Céline.