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robert laffont - Page 3

  • La lumière des étoiles mortes de John Banville

    La lumière des étoiles mortes

    de

    John Banville

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    "Billy Gray était mon meilleur ami et je suis tombé amoureux de sa mère. Amoureux est peut-être trop fort, mais je ne vois pas de terme plus faible qui convienne. Tout ça s'est passé il y a un demi-siècle. J'avais quinze ans et Mme Gray trente-cinq. Ce sont des choses qui se racontent volontiers, puisque les mots n'ont aucun complexe et ne sont jamais surpris."

    Alex, plus de cinquante ans après, se remémore sa liaison avec la mère de son meilleur ami.

    "Ces choses que nous partagions, celles-là et une myriade d'autres, une myriade, myriade, elles demeurent, mais que deviendront-elles lorsque je serai parti, moi qui suis leur dépositaire, le seul à même de préserver leur mémoire ?"

    A ces souvenirs se superposent également ceux de sa fille Cass, disparue en mer quelques dix ans auparavant.

     

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    J'avais entendu parler de ce roman sur le blog de Fanny Dans le manoir aux livres et son billet m'avait donné envie de m'y plonger. Aussi, quand Babelio a proposé ce titre lors d'une de ses masses critiques, je me suis précipitée dessus et je l'ai lu en compagnie de Fanny du blog Le cottage aux livres.

    Ce qui m'a immédiatement frappé dans cet ouvrage, c'est le style. Un style à la fois dense, poétique et sensuel. Chaque phrase se déguste.

    Le narrateur revient sur son histoire d'amour avec Mrs Gray, la mère de son meilleur ami. Une histoire dont il ne se rappelle pas bien le commencement.

    Et nous sommes invités à suivre le fil de sa mémoire. Une mémoire qui lui fait souvent défaut et qui interroge le lecteur sur la teneur des souvenirs. En effet, n'a t on toujours pas tendance à reconstruire notre passé, à l'enjoliver?

    A ces flashbacks s'adjoignent ceux sur sa fille Cass. Et le récit de son tournage actuel sur le film L'invention du passé. Trois temporalités s'entremêlent donc au fil des pages et brouillent quelque peu la lecture.

    Si vous parcourez régulièrement mon blog, vous savez que j'apprécie beaucoup les romans à tiroirs aux intrigues enchâssées. Malheureusement, la grand difficulté dans ce type de construction est de parvenir à rendre les trois récits aussi intéressants.

    Et je n'ai pas été convaincue de la même manière par les trois niveaux de narration. En effet, je me suis surtout intéressée à l'idylle avec Mme Gray, lors d'un été pas comme les autres qui a bouleversé Alex. J'ai trouvé ces passages lumineux, sensuels. Comme si cette étoile morte du passé brillait plus fort que les autres...

    De même, ce roman, empreint de nostalgie, invite à une réflexion sur l'existence, sur le poids du passé, sur les regrets qu'on peut avoir, sur l'amour, sur l'amitié, sur les relations familiales...

    Bref, vous l'aurez compris: une belle leçon de vie qui souffre néanmoins parfois de longueurs et d'un certain déséquilibre. Il s'agissait de ma première incursion dans l'univers romanesque de John Banville, mais assurément pas de la dernière...

    Un grand merci aux éditions Robert Laffont et à Babelio pour cette découverte!

    Robert Laffont, 2014, 21,50 €, 346 pages

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Fanny

     

     

     

     

  • Les Cendres de l'oubli

    Phaenix tome 1: Les Cendres de l'oubli

    de

    Carina Rozenfeld

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    "Enfin.

    Un signe.

    Etre séparé d'elle était la pire des tortures. Cela faisait quatre mois déjà qu'elle était partie, ses beaux yeux verts baignés de larmes, écarquillés sur des images qu'elle ne parvenait pas à chasser. Elle avait claqué la porte avec violence, après avoir hurlé une promesse terrible, un sort scellé à jamais. Il ne l'avait pas crue. C'était impossible. Elle ne pouvait pas faire ça...Le pouvait-elle? Après tout, qu'en savait-il? Cette situation ne s'était jamais présentée en plusieurs milliers d'années"

    Pendant l'été, juste après son bac, Anaïa a déménagé en Provence. En effet, ses parents ont décidé de transformer une partie de la maison familiale dont ils venaient d'hériter en chambres d'hôtes de luxe.

    Le jour de la rentrée arrive...Anaïa a opté pour une licence en littérature et théâtre. Elle retrouve dans son cursus Garance, une ancienne amie d'enfance. Et fait très vite la connaissance d'un groupe de garçons. Parmi eux, les troublants Eidan et Enry qui ne la laissent pas indifférente...

    Son existence semblerait tout à fait normale si elle n'était pas assaillie par des rêves étranges. A chaque fois, elle se retrouve dans la pinède près de sa maison. Ses pas l'amènent vers l'ancienne tour. Elle rentre dedans et va à la rencontre d'un homme dont elle n'arrive jamais à saisir l'identité mais qui la complète parfaitement.

    Le matin, lorsqu'elle se réveille, un mystérieux grain de beauté a toujours fait son apparition...

    Quelle peut être la signification de ces phénomènes? Pourquoi Enry et Eidan semblent les comprendre?

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    Carina Rozenfeld est un auteur français spécialisé dans le domaine de l'imaginaire. Elle a notamment écrit les trilogies Doregon, La Quête des livres-mondes...J'avais eu l'occasion de lire d'elle Les Clés de Babel, un très bon roman de science-fiction.

    Aussi, quand une de mes collègues m'a conseillé de me lancer dans cette nouvelle série, publiée dans la collection R, je n'ai pas hésité longtemps.

    Je suis immédiatement entrée dans l'histoire. Sans doute en raison de l'habileté de la construction de l'intrigue. Tout commence par un mystérieux prologue qui donne aux lecteurs quelques clés de compréhension et instaure une certaine tension dramatique.

    Puis, la parenthèse se referme et on bascule dans le quotidien d'Anaïa. Une jeune femme qui vient de passer son bac et qui après un déménagement en Provence, redoute de ne pas se faire de nouveaux amis. Elle est extrêmement stressée à l'idée de sa nouvelle rentrée. Mais, bien vite, elle se lie d'amitié avec tout un groupe de jeunes gens, se découvre une passion pour le rock et les concerts, hésite entre deux garçons...

    Un quotidien simple a priori. Cette impression de normalité est d'ailleurs soulignée par le style. On a réellement l'impression d'entendre une jeune fille de 18 ans s'exprimer. Les pages consacrées à de faux commentaires sur facebook renforcent cette sensation.

    Mais cette routine est troublée par des rêves inquiétants. Toujours les mêmes mais dont la fin varie au gré des événements. Plus l'action avance, plus ces rêves semblent s'ancrer dans la réalité...Jusqu'à laisser une marque physique sur le poignet de notre héroïne.

    Une marque physique que semble comprendre les deux soupirants d'Anaïa...Tout comme le lecteur...En effet, l'auteur glisse de nombreux indices au fil de l'intrigue sur la vraie nature du personnage principal.

    Ces indices empruntent tant à la mythologie qu'à la littérature contemporaine. C'est d'ailleurs un des aspects que j'ai le plus apprécié dans ce roman: la multitude de références, telles que le pouvoir des larmes du phenix dans la saga des Harry Potter.

    Le thème du rêve se révèle également un hommage à Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. Comme Scarlett, Anaïa avance dans son songe et trouve quelqu'un. Mais elle ne parvient jamais à saisir son identité...Ce renvoi est souligné au milieu de l'ouvrage. On assiste à un échange entre Garance et notre héroïne sur la tristesse de la fin de la saga.

    De même, j'ai apprécié les nombreux instants musicaux. Anaïa est violoncelliste et elle va être intégrée dans un groupe de rock. L'occasion pour elle de s'ouvrir aux artistes plus contemporains et pour nous, lecteurs, d'assister à quelques répétitions ou concerts et de découvrir certaines chansons...

    Bref, vous l'aurez compris: un roman efficace dont les pages se tournent rapidement. Néanmoins, contrairement à de nombreux lecteurs enthousiastes, il m'a manqué quelque chose... Je me lancerai quand même dans le second volet qui vient de paraître.

    Robert Laffont, 2012, collection "R", 437 pages, 17,90 €

    En bonus, je mets le lien vers un morceau coup de coeur d'Anaïa: le magnifique Breathe me de Sia.


  • L'Agence de Lorraine Fouchet: un changement de vie réussi

     

    L'Agence

    de

    Lorraine Fouchet

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    "Juliette entra sans frapper dans le bureau de Loïc, son rédacteur en chef. Elle adorait cette vaste pièce entourée de bibliothèques de bois blond remplies de livres"

    Juliette, une jeune trentenaire, arrive à cumuler à grand peine sa carrière d'assistante de rédaction et de mère de famille. Elle doit s'occuper, en effet, de son fils de 10 ans, Aurélien, récemment diagnostiqué diabétique et de sa soeur Alice, âgée de 15 ans, à sa charge depuis la mort de leurs parents.

    Elle revoit Sarah, son ancienne correspondante anglaise, venue s'installer récemment dans le Gers avec son mari, non loin de l'ancienne maison de la grand-mère de Juliette où elles passaient leurs vacances adolescentes. Son amie tente de la convaincre de quitter la capitale et de venir la rejoindre.

    Et un jour, après avoir été virée de son job, notre héroïne décide de se lancer. Elle achète une ancienne école et fonde avec Sarah l'agence Changer tout.

    "Notre agence s'adresse à tout le monde: les jeunes en début de carrière, les salariés qui désirent rebondir après cinquante ans, bref, tous ceux qui veulent aller au bout de leur rêve! Nous proposons à nos clients de les aider dans toutes leurs démarches, de leur dénicher leur travail et la maison idéale, de leur faire découvrir la région et ses trésors cachés, d'organiser de A à Z leur changement d'existence"

    Malheureusement, l'arrivée de cette "étrangère" et de sa famille n'est pas du goût de tous les autochtones...

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    Lorraine Fouchet est devenue médecin, conformément aux voeux de son père Christian Fouchet, ancien ministre du général de Gaulle (elle tient d'ailleurs son nom de la croix de Lorraine) et décédé d'un infarctus quand elle avait 17 ans.

    Puis, un jour à 40 ans, elle a entendu à la radio la même phrase que son héroïne Juliette "On naît, on meurt, on rencontre l'amour ou on décide de changer de vie en une seconde". Et elle a décidé d'aller au bout de ses rêves et de devenir écrivain et scénariste.

    Je n'avais jamais entendu parler d'elle avant de voir une critique de ce roman sur le blog Les Vacances de Léontine. La semaine dernière, j'ai trouvé l'ouvrage dans ma bibliothèque de quartier et je me suis lancée.

    Je dois reconnaître que j'ai beaucoup aimé sa thématique principale: l'idée qu'il n'est jamais trop tard pour changer de vie et qu'il faut avoir le courage de parfois tout recommencer pour atteindre le bonheur. C'est quelque chose vers lequel on devrait tous tendre mais il est facile de l'oublier, un peu Juliette quand on est englués dans le quotidien. Et ce roman a l'art de nous remettre face à cette réalité.

    Le style de Lorraine Fouchet est assez simple mais j'ai apprécié les multiples références qu'elle fait, notamment à la littérature jeunesse.

     " Tu t'appelles Pome, c'est plutôt toi qui es verte" (j'adore la série de Marie Desplechin)

    Elle a l'art de crééer des personnages attachants, même si certains m'ont paru un peu caricaturaux (le maire méchant jusqu'au bout, la campagnarde métamorphe...). 

    De même, l'intrigue se révèle sans doute trop touffue. Beaucoup d'événements surviennent, beaucoup de problèmes surgissent mais à chaque fois, tout se résoud facilement. J'ai eu beaucoup de mal à imaginer qu'il en serait de même dans la vie réelle. En revanche, les rapports entre les Gascons et la Parisienne m'ont bien fait sourire au début et je crois qu'ils reflètent pas mal ce qui pourrait advenir.

    Bref, vous l'aurez compris: une lecture divertissante qui a le mérite de faire réfléchir sur les changements de vie qui parfois s'imposent car comme le rappelle l'exergue "la vie est trop courte pour être petite" (Christian Fouchet). 

    Robert Laffont, collection "Best-sellers", 2003, 18 €