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enquête

  • Retrouve-moi de Lisa Gardner

    Retrouve-moi

    de

    Lisa Gardner

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    "Une journée d'automne idéale. C'était louche. D. D Warren, enquêtrice de la police de Boston, le savait d'expérience: il faut toujours se méfier des journées idéales. Et pourtant, devant son fils Jack qui gloussait d'excitation en enfilant son sweat-shirt et son mari Alex, expert en scène de crime, qui souriait jusqu'aux oreilles en sortant un sac de toile L.L Bean du placard, difficile de ne pas se prendre au jeu."

     

    Un prologue comme un cauchemar où une jeune femme assiste au massacre de ses colocataires et peine à se remettre de ce traumatisme.

    Puis, retour dans un présent plus apaisé où l'héroïne enquêtrice savoure les prémices d'un dimanche bostonien aux allures de journée idéale. Au programme: cueillette de pommes et adoption d'un chien pour leur foyer. Mais bien vite, cette quiétude est brisée par un coup de fil. Quatre membres d'une même famille ont été sauvagement assassinés chez eux. Une des leurs semble avoir échappé à cette tuerie. Une adolescente de 16 ans. Victime ou coupable? Telle est une des nombreuses questions que vont se poser D.D Warren et son équipe dans une course contre la montre. 

    Mais ils ne sont pas les seuls à rechercher la jeune fille. En effet,  Flora et Sarah, deux membres d'un forum de soutien aux victimes de violence mènent leurs propres investigations.

    Et si ils n'arrivaient jamais à temps?

    Il s'agit du deuxième titre de Lisa Gardner que je découvre. Et ce qui me frappe comme pour la première fois, c'est le mécanisme narratif bien huilé qui lui permet de toujours demeurer dans une action soutenue et de tenir en haleine son lecteur. Un mécanisme qui s'appuie notamment sur la multiplicité de points de vue, sur un flash-back introductif fort et sur les extraits d'une rédaction de l'adolescente disparue. Autant de manières de faire avancer l'intrigue et de nous apporter des clés de compréhension sur les pourquoi de cette affaire et sur les implications de chacun des protagonistes.

    J'ai donc vite tourné les pages, happée par cette histoire. Et même si le dénouement se révèle cohérent avec l'ensemble, je dois confesser que j'aurais apprécié une autre issue.

    Outre le sens du rythme, un des autres atouts de l'autrice réside selon moi dans sa manière d'évoquer certains problèmes qui secouent la société américaine, comme ce déficit de structures d'accueil et de personnel d'encadrement pour les enfants enlevés à leurs parents provisoirement ou définitivement. Chapitre après chapitre, elle évoque ainsi la spirale de violence subie par certains des protagonistes. Une spirale qui fait froid dans le dos et qui lui permet de pointer tant les défaillances du système que la peine ressentie par certains des acteurs de ce même système face à leur aveuglement ou leur impuissance. 

    Et je crois que c'est ce que j'aime souvent dans un polar, cette dimension sociologique qui se superpose et qui donne à voir un peu du monde qui nous entoure. Même si j'aurais préféré que certains thèmes évoqués soient encore plus approfondis, je suis donc ressortie de ce page-turner avec la sensation d'avoir un peu appréhendé certains des sujets qui ébranlent les piliers du Boston way of life.

    Bref, vous l'aurez compris: une lecture efficace qui me donne envie de découvrir d'autres titres de Lisa Gardner.

    Un grand merci aux Editions Albin Michel pour l'envoi.

    Editions Albin Michel, 2021, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Deniard, 471 pages

  • L'Homme à la lèvre tordue de Conan Doyle

    L'Homme à la lèvre tordue

    de

    Conan Doyle

    texte intégral traduit par Thibault Vermot

    illustré par Anton Lomaev

    IMG_20210203_073729_092.jpg

    "Isa Whitney, frère du regretté Elias Whitney, directeur de la Faculté théologique de Saint-George, était sacrément dépendant de l'opium. L'habitude lui était venue, comme j'ai cru comprendre, d'un certain scélérat imbécile fréquenté à l'université; après avoir lu dans le livre de Quincey la description des rêves et des sensations engendrés par l'opium, il s'était mis à inonder son tabac de laudanum pour essayer d'en tirer les mêmes effets."

    Par une soirée de juin 1889, Watson et sa femme sont dérangés par une de leurs amies qui s'inquiète de la disparition de son époux, parti depuis trois jours et sans doute égaré dans un taudis de l'East End au milieu de volutes d'opium.
    Le docteur s'engage à le ramener. Mais, pendant sa mission, il tombe sur son ami Sherlock, déguisé en fumeur d'opium et qui tente lui aussi de résoudre la disparition d'un mari. Dans des circonstances assez extraordinaires. Tout semble laisser penser à un meurtre au coupable idéal. Pour autant, notre détective continue de douter. Et voilà nos deux compères engagés dans une nouvelle enquête.

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    J'aime beaucoup le principe de cette collection des grands classiques illustrés. Une jolie manière d'appréhender certains titres du patrimoine littéraire avec ce bal des images qui les scandent et les accompagnent.

    C'est l'artiste Anton Lomaev qui s'est attaqué à cette nouvelle de Sherlock Holmes (la troisième de la collection après l'Aventure du ruban moucheté et le Diadème de Beryls).

    Même si je n'ai pas trouvé l'intrigue aussi frappante que les précédentes et que le dénouement moral m'a moins convaincue, je me suis laissée porter par les rebondissements. Jeux d'apparences qui nous permettent une plongée dans les quartiers les plus pauvres du Londres Victorien, où se côtoient notamment les amateurs de paradis artificiels et certains criminels.

    Une incursion rendue encore plus frappante par ces tableaux qui occupent toute la page. Représentations en grand format des ambiances et des étapes décisives de cette aventure. Des représentations aux couleurs
    souvent sombres ou bleutées, aux détails d'orfèvre parfois d'inspiration russe, aux perspectives qui attirent le regard... Comme autant de pauses dans le cours de l'histoire. Comme autant de manières également de rendre encore plus palpables les mots.

    Bref, vous l'aurez compris: même s'il ne s'agit pas de mon investigation préférée de Sherlock Holmes, j'ai passé un bon moment à parcourir cet album pour les plus grands. 

    Editions Sarbacane, 2020, 61 pages

     

  • Des Gens d'importance de Mariah Fredericks

    Des Gens d'importance

    de

    Mariah Fredericks

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    "Je vais vous raconter. Je raconterai mal, en oubliant des détails essentiels et en me souvenant de faits qui jamais ne sont arrivés. En cela, ma version ne sera pas différente de toutes les autres. Seule la particularité de ce qui est omis ou évoqué lui apposera une marque distinctive."

    Bien des décennies après, Jane Prescott, ancienne femme de chambre, revient sur un drame qui a fait les unes de nombreux journaux pendant plusieurs mois.

    "A quoi bon la raconter alors, cette histoire déjà rebattue, où entrent en jeu de riches familles, un couple séduisant et un assassinat?

    Parce que celle que vous avez entendue est fausse. Tout ce que vous avez lu: les gros titres, les éditoriaux poignants déplorant le pitoyable état de notre monde moderne...Faute de connaître le fond de l'affaire, ils sont tous passés à côté."

    Tout commence en mai 1910. Nouvellement entrée au service des Benchley, une famille de riches parvenus, Jane a pour mission d'aider les deux filles de la maison à se faire une place dans la haute société new yorkaise. Elle assiste ainsi aux fiançailles de Charlotte, la cadette avec le très en vue Norrie Newsome. Des fiançailles qui doivent être annoncées lors d'une fastueuse réception au réveillon. Mais rien ne se passe comme prévu. En effet, le futur époux est retrouvé assassiné dans la bibliothèque.

    Qui a commis ce crime? Un membre de la famille? Une jeune femme éconduite? Un anarchiste?

    Jane va mener l'enquête. Et elle est bien loin de se douter de ce qui l'attend.

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    New York vers 1910

    Ce roman policier, je l'ai repéré sur l'instagram de Shelbylee et j'ai eu envie de le découvrir à mon tour. Aussitôt acheté, aussitôt lu.

    J'ai immédiatement aimé le personnage principal. Jane Prescott est une jeune Écossaise qui a immigré très jeune avec sa famille. Après la mort de sa mère et de sa sœur, son père l'a abandonnée sur les quais de New York. Heureusement son oncle paternel l'a recueillie. Et elle a grandi en sa compagnie, dans la maison que ce pasteur avait obtenue pour sauver les filles de mauvaise vie. A 14 ans, après avoir appris à lire et à écrire, elle est entrée au service d'une grande dame. A la mort de celle-ci, elle a accepté de rejoindre le foyer des Benchley.

    Ces éléments biographiques que je viens d'évoquer, son caractère ainsi que son savoir la placent dans une position délicate, à cheval entre deux mondes. Elle maîtrise à la perfection les codes de ces deux univers. Mais elle n'appartient vraiment à aucun des deux et tout au long de l'intrigue, on sent ce déchirement et cette place à part, qui la fait converser tant avec des grands de ce monde qu'avec son amie d'enfance, introduite dans les milieux anarchistes.

    Ce tiraillement la rend profondément complexe, intéressante et attachante. Ses découvertes questionnent sa fidélité à ces deux environnements et la tourmentent.

    De plus, Jane se révèle une femme très intelligente, dotée d'un certain tempérament, courageuse et empreinte d'un fort sens de la justice. C'est un plaisir de la voir évoluer au fil des pages. J'espère juste que, dans le prochain tome, elle s'oubliera moins...

    Autour d'elle évolue une galerie de protagonistes tout aussi attrayants. A commencer par Michael Behan, le journaliste qui va la seconder dans ses investigations. Quand il fait son apparition, on pense tout de suite aux duos de Charlotte et Thomas Pitt, Hester Latterly et William Monk ou Lizzie Martin et Benjamin Ross, concotés par Anne Perry et Ann Granger. Leur rencontre fait des étincelles. Et on observe avec un certain amusement leurs joutes verbales. Tout comme on s'attendrit devant leurs rares moments de confession.

    Leur tandem constitue un contrepoint joyeux au reste de l'intrigue, placée sous une tonalité plus tragique. Avec Des gens d'importance, Mariah Fredericks nous fait entrer dans les sombres coulisses du "Gilded age". Elle évoque des drames que je ne connaissais pas tels que l'incendie de la Triangle shirtwait factory où 126 personnes périrent dans les flammes car les propriétaires les avaient enfermées pour les empêcher de sortir fumer. Ou l'explosion de la mine à Schuykill. D'autres thèmes sont également abordés comme la misère, la pédophilie, la prostitution ou le poids de l'exclusion. Autant de sujets qui peuvent concerner les  plus pauvres que les plus riches. Un grand de ce monde n'est jamais à l'abri d'un scandale et la mise au ban de la société peut lui être fatale.

    L'autrice révèle donc un certain talent pour la reconstitution historique. En refermant son ouvrage, j'ai eu l'impression d'en savoir plus sur les aspects politiques et sociétaux de cette période.

    Quant à l'intrigue policière, même si je me doutais un peu de l'identité du ou des coupables, je n'avais pas perçu quels pouvaient en être les motifs ou les moyens. Par conséquent, j'ai quand même apprécié les étapes de l'enquête. Notamment avec le recours à certains éléments des débuts de la police scientifique.

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un très bon moment en compagnie de Jane Prescott. Et j'espère retrouver dans la suite de ses aventures son duo avec Michael tout comme le même souci de reconstitution historique.

    Éditions 10/18, Grand détectives, 2018, 335 pages