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20/04/2015

Les Brumes de Riverton de Kate Morton

Les Brumes de Riverton

de

Kate Morton

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"Madame,

J'espère que vous excuserez mon insistance: toutefois, je me permets de vous écrire à nouveau, n'ayant pas reçu de réponse à ma précédente lettre, par laquelle je vous exposais dans les grandes lignes mon projet de film: Les Brumes de Riverton.

C'est donc un film d'amour-l'histoire des relations entre le poète R.S. Hunter et les sœurs Hartford, avant son suicide, survenu en 1924."

En 1999, une jeune réalisatrice décide de faire un film autour de la mort tragique d'un poète à Riverton.  Pour comprendre ce qui a pu mener à ce geste fatal, elle tente de rentrer en contact avec Grace Bradley, le dernier témoin vivant...

De prime abord, cette ancienne domestique refuse de coopérer et de donner les détails de cette nuit fatidique. Mais cette demande va réveiller les fantômes du passé...

Et, très vite, elle va dérouler le fil de ses souvenirs.

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Depuis que j'ai découvert Kate Morton avec le Jardin des secrets, j'aime sa manière de bâtir des intrigues gigognes où différentes temporalités s'entremêlent et où tout prend sens dans les dernières pages.

Des quatre ouvrages qu'elle a pour l'instant écrits, il ne me restait que les Brumes de Riverton à parcourir. Il s'agit de son premier roman et j'ai trouvé que cela se ressentait.

C'est comme si elle testait dans ses pages sa future mécanique. On retrouve les ingrédients que j'affectionne: plusieurs époques, un mystère du passé, des histoires d'amour tourmentées,un voyage dans les méandres de la mémoire...Mais tout ne se déroule pas de façon aussi efficace que dans ses autres opus.

En effet, on sent quelques hésitations, quelques indices maladroits glissés en avance et trop révélateurs (quand on connaît déjà sa façon de faire), un sens de la découpe encore imparfait...

Néanmoins, ces quelques défauts m'ont paru émouvants. C'est comme si on assistait à la genèse de son art romanesque. Et j'ai beaucoup aimé cela.

J'ai également trouvé l'historie très prenante. Elle enchâsse deux intrigues: une plus contemporaine où on suit une Grace Bradley vieillie et qui se perd dans ses souvenirs et une qui court sur dix ans, de 1914 au drame de 1924.

Très vite, la seconde prend le dessus. Ce qui m'a rendue heureuse car c'est nettement cette partie que je préférais. On assiste à tous les événements qui ont touché cette famille des Hartford et on observe la vie à Riverton par les yeux de la nouvelle bonne, Grace Bradley. Dès le début, on sent son émerveillement à découvrir une telle richesse, un tel quotidien...et de tels jeunes gens.

Ce choix d'une "outsider" pour parler de Riverton m'a semblé très intéressant. Même si les années ont passé, on sent que la personne âgée n'a pas pris de recul par rapport à la jeune femme qu'elle était au début des années 1910. Seul le lecteur parvient à déceler quelques ombres au tableau idyllique qu'elle dépeint. Comme si sa narration lui échappait...

Ce choix d'une "outsider" permet également de plonger dans le monde des domestiques. Et j'ai beaucoup apprécié cette atmosphère à la Downton Abbey. On apprend beaucoup de choses sur le quotidien de ces serviteurs, sur leurs règles, leurs codes....

Cette description d'un univers en déliquescence constitue d'ailleurs, selon moi, le point fort de cet ouvrage.

A cette ambiance so british se superposent quelques thèmes forts: l'impact de la guerre, le combat de certaines femmes pour s'affranchir des obligations inhérentes à leur rang...

Les pages se tournent vite...La mécanique s'emballe. Jusqu'au drame final que je n'avais pas anticipé..

Bref, vous l'aurez compris: ce roman "jachère" se révèle quand même prenant. Et, même s'il ne figure pas parmi mes préférés de cet auteur, il m'aura permis de passer un bon moment.

Editions Pocket, 2007, 695 pages

Billet dans le cadre du challenge Un pavé par mois de Bianca

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23/12/2014

La lumière des étoiles mortes de John Banville

La lumière des étoiles mortes

de

John Banville

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"Billy Gray était mon meilleur ami et je suis tombé amoureux de sa mère. Amoureux est peut-être trop fort, mais je ne vois pas de terme plus faible qui convienne. Tout ça s'est passé il y a un demi-siècle. J'avais quinze ans et Mme Gray trente-cinq. Ce sont des choses qui se racontent volontiers, puisque les mots n'ont aucun complexe et ne sont jamais surpris."

Alex, plus de cinquante ans après, se remémore sa liaison avec la mère de son meilleur ami.

"Ces choses que nous partagions, celles-là et une myriade d'autres, une myriade, myriade, elles demeurent, mais que deviendront-elles lorsque je serai parti, moi qui suis leur dépositaire, le seul à même de préserver leur mémoire ?"

A ces souvenirs se superposent également ceux de sa fille Cass, disparue en mer quelques dix ans auparavant.

 

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J'avais entendu parler de ce roman sur le blog de Fanny Dans le manoir aux livres et son billet m'avait donné envie de m'y plonger. Aussi, quand Babelio a proposé ce titre lors d'une de ses masses critiques, je me suis précipitée dessus et je l'ai lu en compagnie de Fanny du blog Le cottage aux livres.

Ce qui m'a immédiatement frappé dans cet ouvrage, c'est le style. Un style à la fois dense, poétique et sensuel. Chaque phrase se déguste.

Le narrateur revient sur son histoire d'amour avec Mrs Gray, la mère de son meilleur ami. Une histoire dont il ne se rappelle pas bien le commencement.

Et nous sommes invités à suivre le fil de sa mémoire. Une mémoire qui lui fait souvent défaut et qui interroge le lecteur sur la teneur des souvenirs. En effet, n'a t on toujours pas tendance à reconstruire notre passé, à l'enjoliver?

A ces flashbacks s'adjoignent ceux sur sa fille Cass. Et le récit de son tournage actuel sur le film L'invention du passé. Trois temporalités s'entremêlent donc au fil des pages et brouillent quelque peu la lecture.

Si vous parcourez régulièrement mon blog, vous savez que j'apprécie beaucoup les romans à tiroirs aux intrigues enchâssées. Malheureusement, la grand difficulté dans ce type de construction est de parvenir à rendre les trois récits aussi intéressants.

Et je n'ai pas été convaincue de la même manière par les trois niveaux de narration. En effet, je me suis surtout intéressée à l'idylle avec Mme Gray, lors d'un été pas comme les autres qui a bouleversé Alex. J'ai trouvé ces passages lumineux, sensuels. Comme si cette étoile morte du passé brillait plus fort que les autres...

De même, ce roman, empreint de nostalgie, invite à une réflexion sur l'existence, sur le poids du passé, sur les regrets qu'on peut avoir, sur l'amour, sur l'amitié, sur les relations familiales...

Bref, vous l'aurez compris: une belle leçon de vie qui souffre néanmoins parfois de longueurs et d'un certain déséquilibre. Il s'agissait de ma première incursion dans l'univers romanesque de John Banville, mais assurément pas de la dernière...

Un grand merci aux éditions Robert Laffont et à Babelio pour cette découverte!

Robert Laffont, 2014, 21,50 €, 346 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Fanny

 

 

 

 

17/08/2014

Ahsford Park

Ahsford Park

de

Lauren Willig

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"Kenya, 1926. Les gants d'Addie étaient tâchés de sueur et de poussière rouge."

1926. Addie vient d'arriver au Kenya à l'invitation de sa cousine Béa. Dès le début de ce séjour, on sent bien que les tensions sont exacerbées entre les deux femmes. Et le drame éclate...

1999. New-York, Clementine, une juriste renommée dans une grande entreprise, se rend aux quatre-vingt dix-neuf ans de sa grand-mère. Lors de cette réception, elle découvre un secret de famille enfoui depuis des années.

Je tiens tout d'abord à remercier Babelio et les éditions Presses de la Cité pour m'avoir sélectionnée lors de la dernière masse critique. J'avais uniquement choisi ce titre car j'avais déjà eu l'occasion de découvrir un roman en anglais de Lauren Willig (malheureusement pas encore traduit) The secret history of the pink carnation. J'avais passé un très bon moment et je souhaitais donc approfondir ma connaissance de cette auteure.

De plus, Ashford Park offre une structure narrative comme je les aime: deux histoires, l'une située dans le passé et l'autre dans le présent, s'entrecroisent sans cesse. Jusqu'à ce qu'on comprenne leurs liens et qu'elles prennent entièrement leur sens.

Dans cet ouvrage à tiroirs, on fait donc la connaissance de deux héroïnes: Addie et Clementine.

En 1905, suite au décès de ses parents, Addie est recueillie à contrecœur par son oncle et sa tante. Elle grandit dans le manoir d'Ashford Park aux côtés de la belle et éclatante Bea. Quand la première guerre éclate, les deux cousines choisissent un destin différent. Tandis qu' Addie s'engage en tant qu'infirmière, Bea décide de se marier par convenance. Mais, bien vite, elle se lasse de cette situation et décide de s'enfuir au Kenya avec le premier amour d'Addie.

Toute relation est alors interrompue entre les deux jeunes femmes. Jusqu'à cette invitation lancée en 1926 de venir au Kenya. Une invitation acceptée par Addie et qui va avoir d'immenses conséquences...

En 1999, Clementine a tout sacrifié à sa carrière de juriste. Elle vient de rompre les fiançailles avec Dan et ne pense qu'à Jon, un homme marié avec lequel elle a coupé les ponts après un séjour à Rome. Mais elle va renouer avec lui pour comprendre et démêler les fils du passé.

Comme souvent dans ce genre de romans, j'ai plus été intéressée par le récit qui se déroule au début du 20ème siècle. J'ai aimé suivre l'éducation d'Addie à Ashford Park, la vie londonienne, l'effervescence de la guerre, le contraste avec le voyage en Afrique...De plus, je me suis beaucoup attachée à cette protagoniste.

Même si les mystères sont plutôt simples à résoudre, je me suis prise au jeu de l'intrigue. Et je n'ai pas vu le temps passer en compagnie d'Addie et Clementine.

Bref, vous l'aurez compris: une belle saga familiale de secrets enfouis parfaite pour l'été.

Editions Presses de la Cité, 2014, 480 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Céline et Bianca et dans le cadre du Challenge Un pavé par mois de Bianca