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humour

  • Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman

    Rendez-vous avec le crime

    de

    Julia Chapman

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    "Brouillard. Brume. Ou même bruine. Un nuage épais s'enroule comme une écharpe autour du réverbère de la gare, assourdit sa lueur. Sortis de nulle part, des rails jumeaux émergent de la purée de pois, tandis que le néant avale doucement le bout du quai. L'endroit se trouve trop loin de la mer pour que ce soit le haar ou le fret-comme on appelle localement la brume marine apportée par le vent d'est-mais quel que soit le nom qu'on lui donne, cela confère à l'ombre sombre de ce début de matinée des relents de mort."

    Richard Hargreaves attend sur un quai de gare, au petit matin. Mais, au moment où arrive son train, une ombre surgit dans son dos et le pousse sur la voie. Personne n'a assisté à ce crime et tout le monde est persuadé que le défunt s'est suicidé. Tout le monde....sauf ses parents. Sa mère profite du retour de Samson O' Brien, un ancien flic, qui a décidé de se lancer dans une carrière de détective et d'ouvrir une agence dans son village natal. Elle lui confie sa première enquête et le conjure de trouver la vérité.

    Notre héros se lance donc à corps perdus dans son investigation. Richard Hargreaves n'est pas le seul mort récemment. Un randonneur et un ouvrier agricole ont aussi péri dans ce qui semble être des accidents.

    Le point commun de ces trois hommes: tous les trois se sont inscrits au même site de rencontres amoureuses et ont participé au même speed dating. Ce site est tenu par Delilah, la propriétaire du local de l'agence de détectives. Une ancienne amie de Samson qui nourrit de forts ressentiments à son égard.

    Pourtant, ils vont conjuguer leurs forces et tenter tous les deux de comprendre qui frappe les membres du site.

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    Comme vous le savez peut-être déjà, j'aime beaucoup les aventures d'Agatha Raisin. J'en ai déjà parlé d'ailleurs à plusieurs reprises sur le blog. Aussi, quand j'ai vu qu'une nouvelle série, dans l'esprit "cosy mystery" allait être publiée à la Bête noire, j'ai été ravie. Je tiens à remercier les éditions Robert Laffont pour leur envoi. Aussitôt reçu, aussitôt entamé.

    Pour tout vous confesser, j'ai mis quelques chapitres à entrer pleinement dans l'intrigue. En effet, malgré la scène choc du prologue, j'ai trouvé que l'histoire tardait à prendre de l'ampleur. En revanche, dès que cela a été le cas, j'ai été captée et je n'ai pas pu m'arrêter.

    Cette entrée en matière un peu plus ardue tient sans doute au caractère introductif de ce tome. Comme il s'agit du premier livre, nous sommes invités à faire connaissance avec tous les personnages et avec Bruncliffe, leur village du Yorkshire. Il faut prendre la mesure de chacun et s'habituer à ce nouveau lieu. Une fois tous ces éléments posés, l'envie de rester là-bas avec toute la communauté se fait tellement forte que les dernières pages se tournent à regret.

    Dans cette enquête, il y a deux héros: Samson et Delilah. J'ai jugé ce choix de prénoms intéressants car il m'a fait penser à la Bible. Et je me demande si, comme dans cette histoire, Delilah va trahir Samson et choisir le camp de ses ennemis. Ou, au contraire, si l'autrice va prendre le contrepied de cette légende et en faire une alliée de Samson, envers et contre tout.

    Tout part mal entre eux au début de cet ouvrage. Samson, sorte de fils prodigue, est parti il y a des années du village et il n'est jamais revenu, malgré la mort de son meilleur ami, le frère de Delilah. Tout le monde, à commencer par notre héroïne, le considère comme un traître. En découlent certaines scènes villageoises très drôles.

    Mais, sans le savoir, Delilah a accepté Samson comme locataire de son rez-de-chaussée. Cette proximité forcée va les rapprocher. Tout sonne juste entre eux et on sent que Julia Chapman se réserve le droit d'explorer plusieurs pistes relationnelles dans les opus suivants. J'ai hâte de savoir ce qu'ils deviendront l'un pour l'autre.

    Autour d'eux, gravite toute une galerie de protagonistes savoureux. Certains ne sont encore qu'esquissés, d'autres, au contraire, sont approfondis. Je pense notamment à Ida Capstick, la femme de ménage de Delilah. Elle m'a fait beaucoup rire et j'apprécie sa générosité bourrue.

    Pour nous dérouler le fil de son intrigue, l'autrice a choisi une structure narrative chorale. Même si on entend surtout les points de vue de Samson et Delilah, se greffent parfois ceux d'Ida, de certaines victimes ou même du meurtrier. Ainsi, le lecteur est toujours tenu en haleine et il en apprend plus sur chacun de ses narrateurs.

    L'équilibre entre mystère et humour est bien respecté. Aux scènes comiques se succèdent des séquences qui relancent l'enquête. Celle-ci m'a semblé maîtrisée. Cependant, je dois confesser que, vers la fin, je me doutais de l'issue et mes suspicions se sont avérées justes.

    De même, la description de la vie dans un petit village constitue une réussite. On sent bien le poids de la communauté (dans le rejet quasiment en bloc de Samson dans les premiers chapitres) et en même temps, le soutien qu'elle représente pour ceux qui en font partie. Le chemin des rumeurs est également dépeint avec beaucoup de véracité. Tout comme les événements qui rythment les semaines à Bruncliffe (le tournoi de fléchettes)

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai vraiment passé un très bon moment avec Samson et Delilah et j'ai hâte de les retrouver dans un prochain titre. Si, comme moi, vous êtes fans de résolutions de meurtres à l'heure du thé et d'humour so british, n'hésitez pas à prendre ce rendez-vous avec le crime.

    Robert Laffont, 2018, 383 pages

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec mon amie Bianca

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Agatha Raisin tome 2 : Remède de cheval

    Agatha Raisin tome 2: Remède de cheval

    de

    MC Beaton

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    "Agatha Raisin débarqua à l'aéroport d'Heathrow, bronzée à l'extérieur et rouge de honte l'intérieur. Comme elle se sentait stupide en poussant son chariot de valises en direction de sa sortie."

    Après avoir pourchassé en vain James Lacey, son ténébreux voisin lors de vacances ratées aux Bahamas, Agatha Raisin retrouve le calme de son cottage des Costwolds.

    Mais le petit village de Carsely est en ébullition, suite à l'arrivée d'un nouveau vétérinaire, le séduisant Paul Bladen. Comme toutes ses voisines, notre héroïne succombe aux charmes de ce nouveau parti. Qui ne semble pas indifférent en retour...

    Malheureusement, le lendemain de leur premier rendez-vous, le praticien succombe à une injection de tranquillisant, destinée à un cheval.

    Pour Agatha, il s'agit bien d'un meurtre. Et cette conviction est partagée par James Lacey. Tous deux décident donc de mener une enquête informelle.

    Et s'ils avaient raison?

    "N'allez pas trop remuer la vase, vous pourriez provoquer un véritable assassinat."

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    Alors que le premier tome, Agatha Raisin et la quiche fatale, constituait plus un tome d'installation, tant pour le lecteur que pour la fraîche retraitée (tourisme dans les Costwolds, introduction aux us et coutumes  de Carsely, participation à la vie locale...), ce nouveau cru nous plonge d'emblée dans le quotidien de la bourgade. Comme si nous ne l'avions jamais quittée! Et quel plaisir que ces retrouvailles!

    MC Beaton possède un talent indéniable pour transformer les situations les plus triviales en scènes de comédie et pour créer une galerie de personnages à la fois pittoresques et savoureux.

    Autour de l'héroïne, plus déchaînée et amoureuse que jamais, évoluent ainsi James Lacey, le colonel pas si vieux garçon que cela; Billy Wong, le policier aux sages sentences; Mrs Boxby, la femme du pasteur, pince-sans-rires, Freda Huntigton, la veuve fatale...Sans oublier tous ceux qui épient les moindres faits et gestes de leurs concitoyens.

    En effet, tout se sait à Carsely. Ou tout se suppute. Et la moindre nouveauté est disséquée pendant des heures.

    "On ne croirait jamais, quand on traverse en voiture ces jolis villages de Costwolds que les portes apparentes de leurs vieux cottages puissent abriter autant de colère, de terreur et de passion."

    Même si, selon moi, la qualité principale de la série des Agatha Raisin réside dans leurs portraits pleins d'humour et de justesse et dans leur atmosphère so british, il ne faut pas pour autant sous-estimer leur aspect policier.

    Certes, l'intrigue sert souvent de prétexte pour faire interagir les protagonistes. Néanmoins, elle est très bien ficelée. Comme Agatha et James, le lecteur va de fausse piste en fausse piste. Avant de découvrir dans les ultimes chapitres la clef du mystère.

    Bref, vous l'aurez compris: si vous cherchez un roman policier anglais drôle, ce livre est fait pour vous!!!A déguster sans modération à l'heure du thé!

    Un grand merci à Aurore et aux éditions Albin Michel pour ce très bon moment de lecture!

    Editions Albin Michel, 2016, 265 pages

    Billet dans le cadre du challenge A year in England, organisé par ma copinaute Titine.

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  • Les Petites reines de Clémentine Beauvais

    Les Petites reines

    de

    Clémentine Beauvais

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    "Ça y est, les résultats sont tombés sur Facebook: je suis Boudin de Bronze.

    Perplexité. Après deux ans à être élue Boudin d'Or, moi qui me croyais indéboulonnable, j'avais tort.

    J'ai regardé qui a remporté le titre suprême. C'est une nouvelle, en seconde B; je ne la connais pas. Elle s'appelle Astrid Blomvall. Elle a des cheveux blonds, beaucoup de boutons, elle louche tellement qu'une seule moitié de sa pupille gauche est visible, le reste se cache en permanence dans la paupière. On comprend tout à fait le choix du jury.

    Le Boudin d'Argent a été décerné à une petite de cinquième, Hakima Idriss. C'est vrai qu'elle est bien laide aussi, avec sa moustache noire et son triple menton; on dirait un brochet."

    Avez-vous déjà entendu parler des Boudins? Ce sont les récompenses décernées chaque année au collège-lycée Marie Darrieussecq à Bourg-en-Bresse aux filles qui ont le plus brillé par leur laideur.

    Et, pour la première fois, la narratrice Mireille Laplanche n'a pas obtenu le titre. Elle a même rétrogradé en troisième place.

    Ce qu'elle n'avait pas prévu non plus, c'est que le palmarès lui donnerait l'occasion de se rapprocher des autres gagnantes.

    Bien vite, ces trois cibles des moqueries se retrouvent en plein de choses, notamment dans leur envie de "gate crasher" la garden-party du 14 juillet.

    Chacune a ses raisons: Mireille souhaite enfin faire la connaissance de son père biologique, le mari de "Barack Obamette", la Présidente de la République; Astrid désire assister au concert d'Indochine, son groupe préféré, et Hakima veut confronter l'ancien commandant de son frère sur une opération militaire catastrophe.

    Mais comment faire pour rejoindre la capitale? Et si ces trois "boudins" enfourchaient leurs bicyclettes et se transformaient en "petites reines" de la route?

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    J'avais déjà eu le plaisir de découvrir le talent de Clémentine Beauvais avec Comme des images et j'avais donc hâte de retrouver sa plume.

    Les Petites reines constituent un roman qui détonne dans la production actuelle. Dès les premiers pages et le début du monologue de Mireille Laplanche, notre narratrice pour toute l'aventure, on a la sensation de plonger dans une histoire pas banale. De celles qui se démarquent de toutes les autres qu'on a déjà pu rencontrer.

    Une histoire qui brasse une multitude de thématiques: difficulté à accepter son corps, moqueries des autres, recherche du père, solidarité, blessure de guerre, traumatisme d'être un survivant...

    Autant dire qu'avec de tels sujets, on aurait pu assister à une intrigue pleine de pathos. Mais il n'en est vraiment rien. Au contraire, tout l'ouvrage est placé sous le signe de l'humour.

    L'humour pour parler de ce qui est grave

    L'humour pour s'opposer à la méchanceté

    L'humour comme arme contre le regard des autres

    L'humour comme lien social...

    On rit donc souvent, au fil de cette épopée pas comme les autres.

    Après avoir bataillé contre leurs parents, les trois boudins obtiennent gain de cause et s'embarquent pour un voyage à vélo entre Bourg-en-Bresse et Paris. Un voyage pendant lequel (summum de l'autodérision), elles vont vendre des boudins noirs, blancs et...végétariens...

    A chaque étape, son lot de surprises, son contingent de nouveaux fans,....De belles rencontres qui contribuent à l'apprentissage de ces trois jeunes filles courageuses et leur donnent encore plus la force de s'assumer.

    Difficile de lâcher ce livre, une fois entamé, tant l'intrigue surprend, tant les dialogues ou les considérations de Mireille font mouche et tant on s'attache aux personnages!

    Cependant, je dois avouer que j'ai été un peu déçue par la conclusion de cette odyssée. J'ai trouvé que tout se résolvait de manière peut-être trop simple pour ces Cendrillons d'un jour et pour le beau Soleil, Kader, le frère d'Hakima. Je m'attendais notamment à autre chose concernant la confrontation entre Mireille et Klaus, son philosophe de père.

    Bref, vous l'aurez compris: malgré ce léger bémol, cet ouvrage se révèle une vraie petite pépite. On rit, on réfléchit et on quitte à regret ces trois battantes.

    Éditions Sarbacane, 2015, 270 pages