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roman épistolaire - Page 2

  • Une lettre de vous de Jessica Brockmole

    Une lettre de vous

    de

    Jessica Brockmole

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    "Chère Madame,

    J'espère que vous ne jugerez pas ma démarche trop audacieuse, mais je souhaitais vous écrire pour vous exprimer mon admiration devant votre livre, Du haut d'un nid d'aigle.

    Je l'avoue, je ne suis pas très porté d'ordinaire sur la poésie. On me trouve plus souvent avec un exemplaire écorné des Aventures de Huckleberry Finn ou tout autre texte truffé de dangers mortels que le héros doit affronter. Mais quelque chose dans votre poème m'a touché comme rien ne l'avait fait depuis des années."

    Mars 1912, David Graham envoie une missive à la poétesse Elspeth Dunn afin de lui exprimer son admiration devant son recueil de poèmes Du haut d'un nid d'aigle.

    A sa grande joie, Elspeth lui répond. S'engage alors une correspondance fournie entre eux. Puis, la Première Guerre mondiale éclate et....tout bascule.

    Juillet 1940, lors d'un bombardement à Édimbourg, Margaret découvre une lettre d'amour parmi les affaires de sa mère. Mais le lendemain, quand elle revient dans leur appartement, cette dernière a disparu sans laisser de trace. Margaret entreprend donc une enquête pour la retrouver et comprendre quels mystères recèle son passé.

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    Cela faisait quelque temps que j'avais remarqué ce livre sur la blogosphère et j'ai été ravie de pouvoir l'emprunter dès qu'il est arrivé à la médiathèque.

    J'aime beaucoup les romans à tiroirs où deux histoires se déroulent sur deux temporalités différentes, s'entremêlent et se rejoignent à la fin pour donner tout son sens à l'intrigue.

    De plus, autre avantage à mes yeux: tout cet ouvrage se construit autour d'échanges de lettres, tant en 1912 qu'en 1940.

    "Une lettre n'est pas toujours qu'une simple lettre. Des mots sur une page peuvent submerger ton âme si tu savais. "

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    L'île de Skye

    Sur l'île de Skye, Eslpeth Dunn mène une existence paisible auprès de sa famille et de son mari. Un jour, elle reçoit une missive d'un admirateur américain, un certain David Graham. Elle décide de lui répondre et s'engage dans une correspondance abondante avec lui.

    Au fil des lettres, un lien fort se tisse entre eux. Des répliques pleines d'humour et des références littéraires du début, on passe aux confidences, aux révélations....Peu à peu, un sentiment amoureux s'installe entre eux.

    Mais la guerre éclate. Le mari et le frère d'Elspeth s'engagent. De même, David décide de s'enrôler comme ambulancier. Notre poétesse se voit donc contrainte d'attendre et d'espérer. Sans savoir si elle reverra l'un d'entre eux.

    Comme son mari reste muet, elle n'a des nouvelles de la guerre que par David. Sous sa plume, on en apprend plus sur le quotidien d'un ambulancier au front, sur les fracas des combats, sur l'absence de nourriture, sur l'attente des permissions....

    Amour de la littérature, secrets, guerre, passions inavouées et contrariées constituent donc les caractéristiques de ce fil de l'histoire.

    "Jamais je ne pourrai poster cette lettre. Elle finira dans l'âtre dès que j'aurais couché ces mots sur le papier. [...] Si tu savais ce qu'on éprouve en courant retrouver brièvement quelqu'un, et comment l'espace d'un instant, le monde cesse de tourner lorsqu'on tient cette personne dans ses bras, et comment il recommence ensuite, si vite qu'on en tombe à la renverse, pris de vertiges. Si tu savais combien chaque bonjour peut être plus douloureux que mille au revoir. Si tu savais. "

    Tout comme la première partie, la seconde se déroule en temps de guerre. Encore une fois, deux amoureux se retrouvent séparés. Mais, surtout ce qui prime dans cette branche de l'intrigue, c'est l'enquête menée par Margaret pour comprendre son passé et celui de sa mère.

    "N'est-ce pas le propre des enquêtes sur le passé que de conduire à des révélations surprenantes, bouleversantes, peut-être même un peu effrayantes? On ne sait jamais sur quoi on va tomber."

    Je dois avouer que j'ai moins adhéré à cette époque. J'avais même hâte de retrouver Elspeth et David. Cela tient peut-être à l'histoire d'amour qui existe entre ces deux personnalités fortes ou au fait que j'ai assez rapidement compris la connexion entre les deux temporalités.

    De même, la fin m'a quelque peu déçue.

    Bref, vous l'aurez compris: un roman épistolaire à tiroirs qui m'a emportée et fait voyager en Ecosse (j'ai encore plus envie d'aller dans ce pays) de 1912 à 1940. Si vous aimez les passions contrariées, les secrets de famille..., il détient tous les ingrédients pour vous faire passer un très bon moment.

    Presses de la Cité, 2014, 283 pages, 21 €

    Billet dans le cadre du Challenge Première Guerre mondiale.

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  • Melissa et son voisin

    Melissa et son voisin

    de

    Meg Cabot

    Melissa et son voisin.gif

    "Chère Melissa Fuller,

    Ceci est un message automatique du département des ressources humaines du New York Journal, le principal quotidien new-yorkais du photo-reportage. Veuillez noter que, selon votre supérieur, M. George Sanchez, directeur de rédaction, votre journée de travail au N.Y. Journal débute à 9 heures précises. Votre retard aujourd'hui est de 68 minutes. Il s'agit de votre 37ème retard de plus de 20 minutes, depuis le début de l'année, Melissa Fuller"

    Melissa Fuller tient la rubrique des potins du New York Journal. Quand commence le roman, elle est de nouveau en retard. Mais elle n'a prévenu personne. Tous ces collègues tentent de la joindre-sans succès-et élaborent divers scénarii quant à son absence. N'a t'elle pas supporté, par exemple, sa rupture avec le critique littéraire Aaron Fuller?

    La vérité est toute autre. Ce matin-là, en se levant, Melissa a remarqué des aboiements anormaux dans l'appartement de sa voisine octogénaire. Et, après avoir poussé la porte entrebaillée, elle a retrouvé Mme Friedlandler, inanimée et visiblement victime d'une agression. Elle a contacté immédiatement les urgences et s'est occupée des animaux domestiques.

    Malheureusement, après une opération réussie, Mme Friedlander est toujours dans le coma et Melissa contrainte de s'occuper de son chien et de ses deux chats. Ce qui perturbe passablement son quotidien. Elle parvient, finalement, à contacter Max Friedlander, le neveu de sa voisine, un photographe assez côté.

    Ce dernier n'a pas le moins du monde envie de s'intéresser aux problèmes de sa tante. Il dépêche donc à sa place son vieil ami, John Trent qui lui doit une faveur et accepte ainsi de se faire passer pour lui.

    La situation se complique quand John/Max tombe sous le charme de Melissa...

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    J'avais repéré ce roman dans la médiathèque où je travaille. J'avais envie de lecture toute en légèreté et il me semblait parfait.

    La structure épistolaire de cet ouvrage, paru en 2002, s'apparente à celle d' Attachement de Rainbow Rowell dont j'avais parlé précédemment. En effet, toute l'histoire est racontée sous la forme d'échanges de mails. Mais, là où ces échanges ne concernaient que peu de personnes dans Attachement, le lecteur est ici confronté à une quinzaine d'expéditeurs. Personnellement, je n'ai pas été dérangée par cette multiplicité de points de vue (surtout que l'intrigue se concentre essentiellement sur les courriels de Melissa, sa meilleure amie, John, son frère et Max).

    Je me suis assez vite attachée aux personnages. Melissa Fuller, jeune célibattante de 27 ans, m'a beaucoup fait rire, notamment lors de ses échanges avec les ressources humaines ou son directeur de rédaction.

    Comme, dans tout roman de chick lit, on retrouve face à elle le prince charmant. Un jeune homme doté de toutes les qualités mais maladroit. C'est un trait de caractère qui m'a touché et rappelé un certain Mark Darcy.

    Tous deux enchaînent les rendez-vous manqués...Bien vite, d'autres obstacles se dressent  devant eux, quand le vrai Max Friedlander refait surface. Les péripéties s'accumulent et font sourire...

    Parmi les amis, donneurs de plus ou moins bons conseils, que l'on retrouve toujours aussi dans ce genre littéraire, j'ai particulièrement accroché avec Nadine. Elle tient la rubrique culinaire du New Tork Times et doit se marier prochainement avec un chef cuisinier. Malheureusement, elle est très gourmande et ne parvient pas à rentrer dans la taille de ses rêves. Sa façon de parler de son mal être oscille toujours entre l'humour et la tristesse. Je n'ai pu m'empêcher de penser qu'elle préfigurait sans doute une autre héroïne de Meg Cabot: l'ex star de la pop Heather Wells de la série Une irrésistible envie de...

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    Je n'évoquerai pas tous les protagonistes car la liste serait trop longue. Néanmoins, je tiens à souligner que je les ai tous trouvés bien campés. Même si elle ne les fait apparaître que pendant quelques mails, l'auteure est parvenue à leur donner à tous leur propre identité.

    Bref, vous l'aurez compris: on se doute bien vite de l'issue de ce roman, comme toute chick lit qui se respecte, mais on passe un très bon moment de détente grâce à une intrigue plaisante et des personnages attachants et drôles.

    Le Livre de Poche, 2008, 380 pages, 6,50 €

    Lu dans le cadre du challenge La Plume au féminin 2013

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  • Vingt-quatre heures d'une femme sensible

    Vingt-quatre heures d'une femme sensible

    de

    Constance de Salm

     

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    "Lettre première

    Mercredi, à une heure du matin

    Mon amour, mon ange, ma vie, tout est trouble et confusion dans mon âme! Depuis une heure entière, j'attends, j'espère. Je ne puis me persuader que tu ne sois pas venu, que tu n'aies pas écrit au moins quelques lignes, après cette fatale soirée. Il est une heure....peut-être es-tu encore chez cette femme!..Quelle nuit je vais passer! Ah! mon Dieu! je n'ai pas une pensée qui ne soit une douleur"

    Dans la nuit, une femme se lance dans une lettre à son amant qu'elle vient de voir partir au bras d'une rivale, la trop belle Mme de B***. Puis, assaillie par mille émotions contradictoires, elle en entame une autre...Et encore une autre...Jusqu'à en rédiger quarante-six en vingt-quatre heures...

     

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    J'avais beaucoup aimé Mrs Dalloway de Virginia Woolf et Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig, notamment en raison de l'unité de temps (une journée). Aussi, j'ai été immédiatement attirée par le titre de ce livre.

    Constance de Salm est une poétesse française née en 1767. Elle a défendu ardemment la cause féminine et tenu un brillant salon littéraire où se sont côtoyés Alexandre Dumas, Stendhal...

    En 1824, est paru son unique roman Vingt-quatre heures d'une femme sensible. Elle l'a écrit "en [s']imposant la loi de n'y pas dire un mot qui ne fût pas dicté par le sentiment ou la passion; en faisant éprouver, dans le court espace de vingt-quatre heures, à une femme vive et sensible, tout ce que l'amour peut inspirer d'ivresse, de trouble, de jalousie"

    La narratrice, qui se reconnaît dotée d'une jalousie extrême, va tenter de comprendre les raisons du silence et du départ soudain de l'homme qu'elle aime. Elle va perdre ainsi toute dignité pour trouver des réponses à ses questions (soudoyer les domestiques..)

    Le format épistolaire adopté par l'auteure me semble parfait pour restituer les différentes émotions qui traversent cette femme fortement éprise et en proie au doute. Chaque missive aux accents tragiques souligne la tension de plus en plus palpable.

    L'absence de réponse de l'objet amoureux permet au lecteur de rester dans l'obsession de l'héroïne. A chaque page, on espère, comme elle, trouver un billet de sa main.

    "Reviens à moi, mon amour, mon ange, mon seul bien ! Reviens, je t'en conjure. Cette femme t'a séduit, je le vois; tu n'auras pu résister"

    On tourne les pages jusqu'au dénouement final. J'avoue avoir été surprise par celui-ci. Puis, j'ai compris en lisant la postface que Constance de Salm l'avait voulu ainsi afin de donner une leçon morale.

    J'ai trouvé la prose très élégante. Mais je n'ai pas réussi à complètement compatir avec le personnage principal. Sans doute parce que j'ai pensé que parfois, elle allait trop loin à partir d'indices trop minces.

    Bref, vous l'aurez compris: un court roman épistolaire intéressant autour de la passion et de ses ravages qui a sans doute influencé de nombreux auteurs tels Stefan Zweig. Mais, même si je l'ai lu d'une traite, je reste sur un sentiment de légère frustration.

    Editions Phébus, 2007, 189 pages

    Ma note: 15/20