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28/04/2018

Deux albums autour de l'enfance

Deux albums autour de l'enfance

Me voici de retour aujourd'hui avec un billet autour de deux albums jeunesse autour de l'enfance.

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Tout petit de Marie Sellier et Ilya Green

« Mon tout petit, mon tout petit plein de vie, sur cette terre, il y a bien plus grand que toi. »

« Mais il y a [aussi] plus petit que toi. »

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J’ai toujours aimé l’œuvre d’Ilya Green et quand j’ai vu qu’elle s’était alliée avec Marie Sellier pour réaliser cet album, je n’ai pas pu résister à la tentation.

Une maman s’adresse à son tout petit, pour le comparer à son entourage et pour lui montrer qu’il participe au monde et en constitue un des rouages.

J’ai beaucoup apprécié cette réflexion sur la place de l’enfant. Et, plus généralement, autour de l’idée que chacun, à son échelle, joue un rôle dans l’univers.

Le texte, réduit à l’essentiel, nous immerge, page après page, sous une vague d’infinie poésie. Et que dire des illustrations d’Ilya Green ? Une fois encore, elle démontre son grand talent. C’est doux, sensible et coloré.

Un album qui parlera aussi bien aux grands qu’aux petits et une jolie déclaration que je recommande à partir de l’âge de deux ans.

Casterman, 2018

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Pas de géant d'Anaïs Lambert

Direction le jardin avec ce second album.

« Ce matin, je me suis préparé. Sans faire de bruit, je suis sorti. »

Un petit garçon sort, sans faire de bruit, dans son jardin.

Pas après pas, tout un monde fabuleux s’ouvre à lui. Scarabées, escargots, fourmis croisent son chemin. Et, emporté par le souffle de l’imagination, notre héros croit même suivre la course d’un ours ou enjamber des rivières et des forêts. Et si un géant se mettait à le poursuivre ?

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Voici un joli album sur les premières découvertes d’un enfant. Véritable ode à la curiosité et à l’imagination, cet ouvrage nous permet de suivre la première promenade solitaire d’un petit garçon. Pour accompagner le texte au ton résolument enfantin, l’autrice a opté pour des images à hauteur justement de gamin. Les couleurs et les détails de ce monde qui fourmille m'ont beaucoup plu.

En revanche, j’ai moins adhéré aux visages humains qui ne m’ont pas semblé assez ciselés par rapport au reste de l’environnement.

Malgré cette légère réserve, je vous recommande cette ballade au creux d’un jardin.

Les Editions des Eléphants, 2018

 

19/11/2013

Des albums pour rêver

Des albums pour rêver


Ce soir, j'avais envie d'essayer un nouveau type de billets autour des albums jeunesse. Je regrette de ne pas en parler plus sur ce blog alors que j'en lis beaucoup.

Voici donc une petite sélection des albums qui m'ont récemment fait rêver.

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Commençons tout d'abord par Folles saisons, un album de Jean-François Chabas, illustré par David Sala et publié chez Casterman en 2013. Un jour, sur un coup de tête, l'Hiver rend visite à son frère, l'Eté car il ne le croise jamais. Leur rencontre perturbe tout l'équilibre de la nature et suscite de la jalousie chez l'Automne et le Printemps qui décident également de se réunir.

"Enivrés par leur audace, les frères donnaient toute leur puissance pour montrer ce dont ils étaient capables. L'hiver fendit des rochers énormes. L'automne fit souffler des vents déments. L'été gonfla son soleil rouge, et le printemps réveilla les pauvres êtres qui s'efforçaient de trouver le repos dans le sommeil."

J'ai apprécié l'intrigue de cet ouvrage. Mais je dois avouer que j'ai surtout eu un coup de cœur pour les magnifiques illustrations qui m'ont rappelé certaines œuvres de Klimt. Je vous laisse juge....

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Après ce dérèglement des saisons, direction la Vallée des Moulins, un livre de Noelia Blanco et Valeria Docampo, paru chez Alice jeunesse en 2013.

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"Dans la Vallée des Moulins vivaient des hommes, des femmes et des enfants semblables à tous les autres. Puis, un jour, les Machines parfaites sont arrivées" Elles ont permis à tous d'avoir tout ce qu'ils désiraient. Alors, les gens ont cessé de rêver et les moulins  de tourner.

Seule Anna parvient encore à songer. Elle s'imagine "broder de la dentelle de mer, des boutons d'étoiles, des manteaux de nuage..."Une nuit, son chemin va croiser celui de l'homme oiseau, lui aussi à la poursuite d'un but. Pour l'aider à "danser avec les nuages", elle se rend au Jardin des pissenlits, [là] "où les villageois faisaient leurs vœux avant l'arrivée des machines parfaites"

Je ne dirai rien de plus de cette histoire, pleine de poésie, qui sait si bien évoquer la nécessité d'avoir des rêves et de tenter de les accomplir. Je me suis également laissée emporter par les très belles illustrations. Elles nous font ressentir toute l'immobilité et l'ennui d'un monde parfait, puis, le souffle du vent et le retour de l'espoir...

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Cap maintenant sur l'Orphelinat du Bout du monde, un album d'Emna, illustré par Coralie Saudo et paru chez les P'tits bérets en 2012.

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Pépine et Pato ont découvert qu'ils ne pourraient jamais avoir de bébé ensemble. Un jour, ils trouvent un oeuf et décident de s'en occuper.

"Un papa crocodile, une maman autruche et un petit perroquet: quel beau présage pour un monde coloré"

Très vite, leur histoire se répand de "bec à oreille" et on se met à leur envoyer d'autres oeufs....Si bien qu'ils fondent l'orphelinat du bout du monde, destiné à donner un foyer affectueux à tous ceux qui en ont besoin...

Cette histoire autour de l'adoption, un sujet encore trop rarement abordé dans la littérature jeunesse, m'a semblé vraiment jolie. Les illustrations très colorées et très riches (j'adore les détails de chaque animal) l'accompagnent à merveille.

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Pour clore cette exploration et toujours dans une veine très poétique et propice au rêve, j'aimerais parler de l'album Voir le jour de Emma Giuliani, publié aux éditions des Grandes personnes en 2013.

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Il s'agit d'un petit livre animé qui, autour d'une fleur, aborde des sujets essentiels tels que l'amour, l'amitié, la beauté, la vieillesse, la mort....Ce qui m'a impressionnée, c'est l'économie des mots. Tout est exprimé en peu de phrases.

Visuellement, l'auteur a pris le parti de faire des dessins en noir et blanc. La lumière et la couleur n'apparaissent que lorsqu'on soulève les rabats.

Une très belle réussite, tant stylistique que visuelle!

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J'espère vous avoir donné envie de découvrir ces quatre bijoux.

02/11/2012

La découverte d'une nouvelle héroïne récurrente

Penelope Green tome 1: La Chanson des enfants perdus

de

Béatrice Bottet

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"Je vais me retrouver toute seule. Absolument toute seule"

Londres, années 1880: Penelope Green , jeune femme de 18 ans, assiste à l'agonie de son père, James Alec Green, emporté par une pneumonie. Journaliste et enquêteur au Early Morning News, il lui demande de lui apporter tous ses dossiers afin de les trier. A la fin, il n'en reste qu'un: celui du 21 Foxglove Court. Il le met alors à brûler dans la cheminée et demande à sa fille de l'oublier.

Mais quelques mois après, Penelope ne peut plus résister à la curiosité et décide de mener une enquête pour découvrir ce que dissimule Foxglove Court.

Elle est bien loin de se douter que son goût prononcé pour l'aventure va lui faire croiser  un marin français; un club de vengeurs; des enfants musiciens.... Et va surtout la mettre en danger...

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Depuis l'enfance, je suis fan des séries où les héroïnes mènent l'enquête. J'ai dévoré les histoires de Fantômette et d'Alice et plus récemment, je suis tombée sous le charme d'Enola Holmes, la petite soeur de Sherlock imaginée par Nancy Springer (j'ai déjà parcouru les six tomes qui lui sont consacrés).

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Aussi, lorsque j'ai entendu parler sur divers blogs et sites des trois volumes de Penelope Green, je n'ai pu résister à la tentation.

Tout d'abord, j'ai adoré le personnage. Béatrice Bottet a su créér une héroïne très attachante, dotée d'une forte personnalité et d'un courage hors norme. J'ai beaucoup apprécié également l'irrespect qu'elle montre vis-à-vis des convenances.

En effet, elle ne se conforme pas aux normes en vigueur dans la société rigide de l'époque victorienne. Pour preuve, elle ne porte pas de corset, ne met pas ses vêtements de deuil le temps imparti, accepte d'être dans la même pièce qu'un jeune homme en l'absence d'un chaperon...

Ce manque de respect donne d'ailleurs lieu à des scènes très drôles. Je fais notamment référence aux dialogues entre notre héroïne et Mrs Black, la domestique de la maison. Ou bien entendu aux entrevues avec Mrs Hillier et son fils Wilfrid qui tente de la convaincre de l'épouser.

Ce roman permet donc de se faire une idée de la vie et de la condition des femmes sous le règne de Victoria. Les explorations de Penelope dans les quartiers défavorisés de la capitale anglaise (l'East End) donnent une vision de la misère  qui prédominait dans certaines couches de la population.

De même, l'auteure a réussi à nous offrir, grâce à Cyprien, l'autre protagoniste important du roman qui sert de garde du corps à notre héroïne, une description du monde des marins.

De plus, j'ai trouvé que l'intrigue policière était assez bien ficelée. Jusqu'au 2/3 de l'ouvrage, je ne voyais pas comment tout allait se conclure. Puis, peu à peu, j'ai commencé à deviner l'identité du ou des coupables.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un bon moment de lecture en compagnie de Penelope Green et je la retrouverai avec plaisir dans ses prochaines aventures.

Ce billet marque ma quatrième participation au Challenge victorien organisé par Arieste.

 

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Casterman, juin 2011, 15 €, 311 pages