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époque victorienne

  • Le coeur battant du monde de Sébastien Spitzer

    Le cœur battant du monde

    de

    Sébastien Spitzer

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    Le cœur battant du monde, c'est dans ce Londres de 1851, celui de tous les espoirs. Ceux qui palpitent au creux de Charlotte qui rêve de rejoindre bientôt son amant en Amérique. Ceux qui bruissent dans la tête d'Engels qui croit à un avenir meilleur et qui soutient sans réserve son ami le Maure dans son combat.

    Le cœur battant du monde, ce sont ses machines qui déshumanisent et piétinent les rêves enfouis. Inexorablement. Comme si les idéaux ne pouvaient pas résister longtemps face à leurs mâchoires de fer et à cet argent qui jaillit des mains des riches industriels.

    Le cœur battant du monde, ce sont tous ces faibles broyés par cette loi du plus fort.

    Le cœur battant du monde, c'est ce récit à la manière de Dickens qui nous emporte sur leurs traces dans cette Angleterre vibrante des années 1850 à la fin des années 1860.

    Au centre de l'intrigue, un garçon que nous voyons devenir homme. Freddy, le fils de Karl Marx qui aurait dû disparaître mais qui a été recueilli par Charlotte. Elle l'a élevée comme une mère et a tenté de le protéger de ceux qui lui veulent du mal.

    En développant cette relation, l'auteur continue de creuser le sillon de l'amour maternel, déjà abordé dans son premier roman avec la figure de Magda Goebbels. Charlotte et Freddy s'élèvent et résistent ensemble face à la vague de misère qui ne cesse de vouloir les engloutir. Certaines de leurs scènes sont d'une beauté qui étreint le cœur.

    Mais cette interaction n'est pas la seule explorée dans cette trame. La dynamique entre Engels et le Maure/Marx est également finement analysée. Tout comme le trio amoureux autour d'Engels.

    De même, le récit permet de plonger dans l'effervescence de cette période industrielle. Les réfugiés Irlandais, la crise du coton liée à la Guerre de Sécession, les rébellions écrasées, la pauvreté, l'opium comme échappée belle, nous sont ainsi dépeints au fil des pages.

    Le cœur battant du monde constitue donc une fresque mouvante et tout simplement passionnante. L'écriture hachée épouse au plus près les émotions, les éclats de violence, les scènes d'action et les mouvements des machines. J'ai trouvé ce choix stylistique pertinent, même si, sans doute, certaines descriptions auraient gagné à se faire plus amples.

    Le cœur battant du monde, c'est cette phrase finale. Somptueuse. Ce sont tous ces éclats de poésie lovés au creux de chaque chapitre.

    Bref, un ouvrage qui confirme tout le bien que je pense de cet auteur dont j'avais tant apprécié le précédent opus. Et si vous aimez comme moi les ouvrages où la petite et la grande histoire s'entremêlent, laissez-vous tenter rapidement.

     

     

  • La découverte d'une nouvelle héroïne récurrente

    Penelope Green tome 1: La Chanson des enfants perdus

    de

    Béatrice Bottet

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    "Je vais me retrouver toute seule. Absolument toute seule"

    Londres, années 1880: Penelope Green , jeune femme de 18 ans, assiste à l'agonie de son père, James Alec Green, emporté par une pneumonie. Journaliste et enquêteur au Early Morning News, il lui demande de lui apporter tous ses dossiers afin de les trier. A la fin, il n'en reste qu'un: celui du 21 Foxglove Court. Il le met alors à brûler dans la cheminée et demande à sa fille de l'oublier.

    Mais quelques mois après, Penelope ne peut plus résister à la curiosité et décide de mener une enquête pour découvrir ce que dissimule Foxglove Court.

    Elle est bien loin de se douter que son goût prononcé pour l'aventure va lui faire croiser  un marin français; un club de vengeurs; des enfants musiciens.... Et va surtout la mettre en danger...

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    Depuis l'enfance, je suis fan des séries où les héroïnes mènent l'enquête. J'ai dévoré les histoires de Fantômette et d'Alice et plus récemment, je suis tombée sous le charme d'Enola Holmes, la petite soeur de Sherlock imaginée par Nancy Springer (j'ai déjà parcouru les six tomes qui lui sont consacrés).

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    Aussi, lorsque j'ai entendu parler sur divers blogs et sites des trois volumes de Penelope Green, je n'ai pu résister à la tentation.

    Tout d'abord, j'ai adoré le personnage. Béatrice Bottet a su créér une héroïne très attachante, dotée d'une forte personnalité et d'un courage hors norme. J'ai beaucoup apprécié également l'irrespect qu'elle montre vis-à-vis des convenances.

    En effet, elle ne se conforme pas aux normes en vigueur dans la société rigide de l'époque victorienne. Pour preuve, elle ne porte pas de corset, ne met pas ses vêtements de deuil le temps imparti, accepte d'être dans la même pièce qu'un jeune homme en l'absence d'un chaperon...

    Ce manque de respect donne d'ailleurs lieu à des scènes très drôles. Je fais notamment référence aux dialogues entre notre héroïne et Mrs Black, la domestique de la maison. Ou bien entendu aux entrevues avec Mrs Hillier et son fils Wilfrid qui tente de la convaincre de l'épouser.

    Ce roman permet donc de se faire une idée de la vie et de la condition des femmes sous le règne de Victoria. Les explorations de Penelope dans les quartiers défavorisés de la capitale anglaise (l'East End) donnent une vision de la misère  qui prédominait dans certaines couches de la population.

    De même, l'auteure a réussi à nous offrir, grâce à Cyprien, l'autre protagoniste important du roman qui sert de garde du corps à notre héroïne, une description du monde des marins.

    De plus, j'ai trouvé que l'intrigue policière était assez bien ficelée. Jusqu'au 2/3 de l'ouvrage, je ne voyais pas comment tout allait se conclure. Puis, peu à peu, j'ai commencé à deviner l'identité du ou des coupables.

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un bon moment de lecture en compagnie de Penelope Green et je la retrouverai avec plaisir dans ses prochaines aventures.

    Ce billet marque ma quatrième participation au Challenge victorien organisé par Arieste.

     

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    Casterman, juin 2011, 15 €, 311 pages