Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/04/2018

Deux albums autour de l'enfance

Deux albums autour de l'enfance

Me voici de retour aujourd'hui avec un billet autour de deux albums jeunesse autour de l'enfance.

tout petit,maie sellier,illya green,casterman,littérature jeunesse,à pas de géant,anais lambert,editions des éléphants,enfant,découverte,curiosité,marcher,promenade,poésie,premiers pas,monde

Tout petit de Marie Sellier et Ilya Green

« Mon tout petit, mon tout petit plein de vie, sur cette terre, il y a bien plus grand que toi. »

« Mais il y a [aussi] plus petit que toi. »

tout petit,maie sellier,illya green,casterman,littérature jeunesse,à pas de géant,anais lambert,editions des éléphants,enfant,découverte,curiosité,marcher,promenade,poésie,premiers pas,monde

J’ai toujours aimé l’œuvre d’Ilya Green et quand j’ai vu qu’elle s’était alliée avec Marie Sellier pour réaliser cet album, je n’ai pas pu résister à la tentation.

Une maman s’adresse à son tout petit, pour le comparer à son entourage et pour lui montrer qu’il participe au monde et en constitue un des rouages.

J’ai beaucoup apprécié cette réflexion sur la place de l’enfant. Et, plus généralement, autour de l’idée que chacun, à son échelle, joue un rôle dans l’univers.

Le texte, réduit à l’essentiel, nous immerge, page après page, sous une vague d’infinie poésie. Et que dire des illustrations d’Ilya Green ? Une fois encore, elle démontre son grand talent. C’est doux, sensible et coloré.

Un album qui parlera aussi bien aux grands qu’aux petits et une jolie déclaration que je recommande à partir de l’âge de deux ans.

Casterman, 2018

CVT_Pas-de-geant_8037.jpg

Pas de géant d'Anaïs Lambert

Direction le jardin avec ce second album.

« Ce matin, je me suis préparé. Sans faire de bruit, je suis sorti. »

Un petit garçon sort, sans faire de bruit, dans son jardin.

Pas après pas, tout un monde fabuleux s’ouvre à lui. Scarabées, escargots, fourmis croisent son chemin. Et, emporté par le souffle de l’imagination, notre héros croit même suivre la course d’un ours ou enjamber des rivières et des forêts. Et si un géant se mettait à le poursuivre ?

a pas de geant.jpg

Voici un joli album sur les premières découvertes d’un enfant. Véritable ode à la curiosité et à l’imagination, cet ouvrage nous permet de suivre la première promenade solitaire d’un petit garçon. Pour accompagner le texte au ton résolument enfantin, l’autrice a opté pour des images à hauteur justement de gamin. Les couleurs et les détails de ce monde qui fourmille m'ont beaucoup plu.

En revanche, j’ai moins adhéré aux visages humains qui ne m’ont pas semblé assez ciselés par rapport au reste de l’environnement.

Malgré cette légère réserve, je vous recommande cette ballade au creux d’un jardin.

Les Editions des Eléphants, 2018

 

19/01/2017

La Petite boutique des objets perdus d'Agnès de Lestrade, illustré par Sébastien Chebret

La Petite boutique des objets perdus

un album d'Agnès de Lestrade

illustré par Sébastien Chebret

la petite boutique des objets perdus,agnès de lestrade,sébastien chebret,alice editions,album jeunesse,famille,amour,mémoire,rapport filial,poésie

"Dans la petite boutique de Mara, on trouve des objets perdus. Pas perdus pour toujours puisque ici on les retrouve.

Sur les étagères de la boutique de Mara, les objets perdus attendent qu'on vienne les chercher.

Ils attendent des heures, des jours, des mois, parfois même des années."

Dans sa boutique, Mara recueille tous les objets perdus et espère qu'ils retrouveront leurs propriétaires.

Jour après jour, elle voit ainsi passer devant son comptoir des gens qui ont égaré leurs clés, leur chemin ou leur mémoire.

"Pour les clients fragiles, Mara a toujours un mot doux au bord des lèvres, une caresse au bout des doigts."

Mais derrière sa profonde empathie, Mara dissimule aussi des blessures....

Un soir, une vieille dame pousse la porte de son magasin. Dans ses mains, elle tient "un objet chaud [qui] sent bon la terre, gigote, palpite..." et le confie à notre héroïne.

"Je me demande comment on vit quand on a perdu son cœur, chuchote la vieille dame en sortant."

Cet album, je l'ai découvert par hasard, en farfouillant dans les rayons d'une librairie. C'est le titre qui a retenu mon attention...Je l'ai donc ouvert et, aussitôt, la magie a opéré...

Comme souvent, j'ai été happée par l'infinie poésie du texte d'Agnès de Lestrade.

En quelques phrases, elle nous dépeint une île refuge dans une petite ville comme beaucoup d'autres. Une île refuge où Mara, naufragée elle-même d'un drame, s'est abritée et aide les autres à récupérer ce qu'ils ont égaré.

S'ensuit un défilé de clients aux problématiques toutes différentes et pour lesquels il existe toujours une solution.

Cette succession de cas permet à l'auteur de jouer avec le langage, tantôt en reprenant des expressions courantes (avec le verbe perdre), tantôt en faisant appel à la connivence de son lecteur (le chat de la mère Michel).

Au fil des pages, on s'amuse donc. On s'attendrit. On s'émeut...

"Les deux lacs vides se remplissent de larmes."

Aux mots tout en finesse et en sensibilité répondent les illustrations réalistes de Sébastien Chebret. Même si je n'ai pas été forcément sous le charme des ses dessins, je trouve qu'ils apportent un contrepoids intéressant et qu'ils ancrent cette histoire dans un quotidien qui pourrait être le nôtre, avec des objets et des êtres chers perdus. La réflexion autour de cette thématique s'en trouve donc encore plus renforcée.

Bref, vous l'aurez compris: même s'il n'a pas été un coup de cœur, je vous conseille cet album optimiste, émouvant et qui ne vous laissera pas indifférent.

Alice Editions, 2016