Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/07/2018

Rendez-vous avec le mal de Julia Chapman

Rendez-vous avec le mal

de

Julia Chapman

rendez-vous avec le mal,julia chapman,les détectives du yorkshire,la bête noire,robert laffont,cosy mystery,date with malice,roman policier,yorkshire,roman anglais

"-Elle essaie de me tuer!

Au désespoir, Samson O'Brien résista à la tentation de se prendre la tête dans les mains. Les jointures blanchies par l'effort, il resserra sa prise sur son stylo à bille et sourit à la vieille dame, assise face à lui.

-Madame Shepherd, commença -t-il, je ne crois pas que...

-Mais si! J'en suis sûre, le coupa-t-elle. Je l'ai vue, vous comprenez. Et maintenant, elle veut que je disparaisse."

Un matin, à l'Agence de Recherche des Vallons, Samson O'Brien reçoit Mme Shepherd. Cette pensionnaire de la maison de retraite de Fellside Court est persuadée qu'on en veut à sa vie. Parce qu'une montre a disparu. Parce qu'elle a aperçu une chevelure blonde dans les couloirs la nuit. Plus elle fournit d'explications, plus elle semble s'embrouiller...Et plus, notre détective peine à la croire. Et si cette vieille dame ne perdait pas tout simplement la tête?

Pour cette raison, Samson refuse l'affaire. Aussi, quelques jours plus tard, quand il apprend le décès de celle qui aurait pu être sa cliente, les regrets l'assaillent...Malgré les déclarations du coroner, il décide donc de mener sa propre enquête et de faire la lumière sur les drames qui s'enchaînent à Fellside.

rendez-vous avec le mal,julia chapman,les détectives du yorkshire,la bête noire,robert laffont,cosy mystery,date with malice,roman policier,yorkshire,roman anglais

Au début du mois de mai, j'ai eu l'occasion de découvrir Rendez-vous avec le crime et de vous en parler sur le blog. En dépit d'une introduction un peu longue, j'avais vraiment apprécié ce premier opus et cette première rencontre avec Samson, Delilah et les autres habitants de Bruncliffe. Aussi, lorsque j'ai reçu ce deuxième tome, je me suis immédiatement plongée dedans.

Cette fois-ci, l'aspect introductif est complètement gommé. Et, dès les premières lignes, par un jeu de dialogues, nous voilà immergés dans une des deux enquêtes qui vont occuper Samson et sa propriétaire Delilah. Même si, de prime abord, notre héros refuse de prendre au sérieux les déclarations de Madame Shepherd, la disparition brutale de cette dernière va l'amener à réviser ses doutes.

Quelques instants plus tard, un second client se présente: son bélier reproducteur aurait disparu. A la charge de Samson de le retrouver.

Deux pistes à suivre, deux lieux bien distincts: une maison de retraite et les champs de Bruncliffe, plusieurs acteurs qui interagissent...Tel est le défi narratif que s'est fixé Julia Chapman. Ce parti pris m'a totalement convaincue. Il nous permet d'explorer plusieurs strates sociales et géographiques de ce petit village du Yorkshire. De plus, s'entremêlent ainsi plusieurs registres. A une certaine tendresse vis-à-vis des occupants de Fellside Court répond un regard cocasse sur les "pieds nickelés" de la ferme.

Même si j'ai trouvé l'intrigue policière concernant la maison de retraite plus aboutie, je ne regrette pas la seconde qui m'a fait beaucoup rire et qui apporte un autre éclairage sur Samson, ce fils de fermier et sur son village d'enfance.

Une des qualités de cette série réside certainement dans sa galerie de personnages et dans l'évolution de leurs interactions. Loin de brusquer de possibles évolutions, l'autrice prend son temps. Des liens se renouent petit à petit, des revirements ont lieu...Et tout sonne juste. On prend plaisir à faire plus ample connaissance avec chacun de ces protagonistes. La dernière page tournée, on les quitte d'ailleurs à regret.

Les ingrédients du "cosy mystery" sont toujours bien présents. Cependant, notamment par le biais de Delilah et de ses gagdets, un certain vent de modernité souffle et "dépoussière" les traditionnelles enquêtes autour d'une tasse de thé.

Bref, vous l'avez compris: une fois encore, j'ai passé un très bon moment à Bruncliffe. Vivement novembre pour la suite!

Un grand merci à Filippa et aux éditions Robert Laffont pour cet envoi!

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec mon amie Bianca.

La Bête noire, Robert Laffont, 2018, 391 pages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20/06/2018

Agatha Raisin tome 11 L'enfer de l'amour

Agatha Raisin tome 11: L'enfer de l'amour

de

M.C Beaton

enfer de l'amour, mc beaton, agatha raisin, albin michel, cosy mystery, enquête policière, costwolds

" Le mariage idéal-comme un rêve devenu réalité. Agatha Raisin avait enfin convolé avec l'objet de tous ses fantasmes, son voisin James Lacey, et pourtant le bonheur n'était pas au rendez-vous."

Malgré les exhortations de ses amis Mrs Bloxby et de Sir Charles, Agatha a épousé James Lacey. Pour le pire mais surtout pour le meilleur. Très vite, des ombres viennent entacher leur union: James refuse qu'elle travaille ou n'accepte pas de partager son cottage. Il se rapproche également de Melissa. Ce qui suscite maintes crises et remises en question chez Agatha.

Jusqu'au jour où James disparaît. Laissant derrière lui sa maison saccagée.

Tout se complique encore plus quand le cadavre de Melissa est retrouvée chez elle. Et si James avait pris la fuite en raison de sa culpabilité?

Passé l'abattement premier, Agatha décide de tout entreprendre pour disculper son mari. Heureusement, lors de ses investigations, elle peut compter sur le fidèle Sir Charles.

enfer de l'amour, mc beaton, agatha raisin, albin michel, cosy mystery, enquête policière, costwolds

Cela faisait quelque temps que je ne vous avais pas parlé de cette chère Agatha. Pourtant, je continue à suivre ses tribulations, tantôt en anglais, tantôt en français.

Dans cette nouvelle aventure, notre héroïne m'a fait furieusement penser sur certains plans à Scarlett O'Hara. Comme cette dernière, elle a toujours voulu James. Malgré l'antagonisme de leurs caractères...Malgré leurs désirs radicalement opposés...James restait son objectif. D'autres hommes passaient dans sa vie, plus assortis mais elle les repoussait pour son cher voisin. D'ailleurs, si je filais encore plus la métaphore, je dirais que, par rapport à Agatha, James serait Ashley et Sir Charles Rhett.

Ce ressort m'a paru encore plus évident dans cet opus. Le mariage avec James apporte son lot de désillusions à Agatha. Et quand James part, Sir Charles apparaît. Pour l'accompagner, la soutenir. Sans jamais la juger. Je ne sais pas ce que MC Beaton réserve à l'avenir pour ces deux protagonistes mais j'aimerais les revoir plus souvent ensemble ou même assister à leur rapprochement. Affaire à suivre...

Comme vous l'avez compris, j'apprécie donc beaucoup le duo Agatha/Sir Charles. Non seulement MC Beaton donne un tournant intéressant à leurs relations, mais elle place leur paire sous le signe de l'humour. Comme pour le tome à Malte, leur répliques font toujours mouche. Et on les regarde évoluer, le sourire aux lèvres.

Un des autres atouts de cette série réside dans la galerie des personnages qui évolue autour de nos héros. Au fil des tomes, nous avons appris à mieux connaître Mrs Bloxby, Bill Wong, Roy Silver... Et, maintenant, quand ils apparaissent, ils semblent familiers. Comme des cousins éloignés qu'on verrait de temps en temps et qu'on aurait plaisir à redécouvrir autour d'une tasse de thé.

Une fois encore, l'ambiance d'un petit village anglais m'a semblé très bien retranscrite. Entraide, potins, jalousie, disputes et rabibochages restent toujours les maître mots.

En revanche, j'ai trouvé que l'intrigue policière passait trop au second plan. Certes, la mort de Mélissa et les entretiens avec ses précédents époux présentent un contrepoint intéressant à l'union ratée de James et Agatha. Comme une sorte de miroir déformant de leur propre enfer conjugal. Cet effet se révèle très intéressant. Néanmoins, comme l'enquête se centre surtout sur les dérives psychologiques de la victime et les brutalités de ses maris, il y a moins de rebondissements ou de chausse-trappes. Et la résolution arrive de façon trop abrupte. J'espère que MC Beaton parviendra à recréer un équilibre entre la dimension relationnelle et l'aspect policier dans les prochains livres.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai apprécié cette excursion dans les Costwolds et je retrouverai avec grand plaisir Agatha Raisin pour une douzième aventure.

Un grand merci à Mariane et aux éditions Albin Michel pour cet envoi!

Albin Michel, 2018, 353 pages

 

 

 

 

 

 

09/05/2017

De l'arsenic pour le goûter

De l'arsenic pour le goûter

Une enquête trépidante du club Wells & Wong

de Robin Stevens

de l'arsenic pour le goûter,robin stevens,club weels & wong,daisy wells et hazel wong,roman policier,roman policier pour adolescents,roman britannique,années 30,manoir anglais,cosy mystery

"Il est arrivé quelque chose d'atroce à Mr Curtis.

Je suis étonnée que ça m'affecte autant. Si, ce matin, on m'avait demandé ce que je pensais de lui, j'aurais répondu que Mr Curtis n'était pas un homme bien. Mais même le plus mauvais des hommes ne mérite pas un tel sort."

En ce samedi pluvieux du mois d'avril 1935, Hazel Wong, secrétaire et vice-présidente du club de détectives Wells& Wong, entame le récit des circonstances qui ont mené à la mort de Mr Curtis, empoisonné à l'arsenic lors d'un goûter d'anniversaire.

Une fois encore, Daisy et Hazel, nos deux détectives en herbe se retrouvent donc confrontées à un décès violent et une fois encore, elles décident de mener l'enquête. Sauf que cette fois-ci, le drame n'est pas survenu dans leur pensionnat de Deepdean mais dans le manoir de Fallingford, propriété de la famille de Daisy. Ce qui signifie que le coupable peut faire partie de ses proches. En effet, chacun d'entre eux a un bon motif... Une situation plus que compliquée pour notre investigatrice amateure...

de l'arsenic pour le goûter,robin stevens,club weels & wong,daisy wells et hazel wong,roman policier,roman policier pour adolescents,roman britannique,années 30,manoir anglais,cosy mystery

Je vous avais parlé récemment du premier volet des aventures de Wells & Wong. Depuis cette lecture, j'avais hâte de me plonger dans la suite. Aussi, quand elle est arrivée à la médiathèque, je me suis jetée dessus. Et je n'ai pas boudé mon plaisir.

Profitant des vacances d'avril, nos deux héroïnes ont délaissé leur pensionnat pour le manoir de Fallingford. L'occasion pour Daisy de fêter avec tous les siens son anniversaire. Toutefois, l'arrivée intempestive de Mr Curtis, un ami de sa mère, confère très vite à l'assemblée une atmosphère plus que glaciale. Les tensions s'accumulent quand on découvre son rapprochement amoureux avec Lady Hastings, la mère de Daisy. Et quand on l'aperçoit expertiser de nombreux meubles et tableaux dans la demeure.

La situation inconfortable atteint son paroxysme juste avant le goûter d'anniversaire de Daisy. Tout pourrait prendre un tour catastrophique pour la famille de cette dernière....Mais la mort suspecte de Mr Curtis enraye le mécanisme infernal. Tous auraient pu le tuer pour une raison bien particulière. Et, dans la maison isolée du reste du monde par la pluie, l'assassin pourrait encore sévir.

Je ne peux que saluer l'habileté narrative de Robin Wells. Même si elle reprend un schéma classique des "cosy mystery" (mise en situation/meurtre/enquête en huis-clos/dénouement lors d'une confrontation collective), elle sait instiller une bonne dose de suspense et induire en erreur son lecteur. De même, le fait d'avoir utilisé la même narratrice (Hazel Wong) mais d'avoir séquencé ce récit entre un retour rétrospectif (avec des réflexions à rebours) et un compte-rendu plus resserré et situé dans le moment présent des actions engagées après la mort de Mr Curtis se révèle très adroit. Cela casse le rythme et j'ai trouvé cela plutôt bienvenue.

Chaque personnage est bien campé. En quelques traits choisis, on parvient à saisir leurs ressorts psychologiques, leurs défauts aussi et leurs façons d'être. Certains se montrent plus drôles que d'autres (je pense notamment à Tante Saskia, la cleptomane qui égare des petites cuillères ou à Lord Hastings qui raffole de blagues plus ou moins douteuses).

De même, les rapports évoluent entre Daisy et Hazel. Elles se connaissent de mieux en mieux et cela se ressent dans la manière dont Hazel décrit sa camarade. Désormais, sa sensibilité et ses failles affleurent et lui ôtent un peu de son côté holmésien.

J'ai beaucoup apprécié également l'atmosphère so british de ce séjour dans le manoir de Fallingford, avec ses pièces pas toujours bien entretenues, son majordome un peu branlant, sa grande bibliothèque, ses tasses de thés et ses "sponge cake"...

Bref, vous l'aurez compris: ce roman est une vraie réussite et ravira tous les amateurs d'ouvrages policiers britanniques dans la lignée de ceux d'Agatha Christie ou de Patricia Wentworth. Vivement le troisième opus!!!

Éditions Flammarion, 2017, 348 pages

Billet dans le cadre du challenge A year in England de Martine.

de l'arsenic pour le goûter,robin stevens,club weels & wong,daisy wells et hazel wong,roman policier,roman policier pour adolescents,roman britannique,années 30,manoir anglais,cosy mystery