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02/05/2017

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2017

Ces livres que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2017

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Je reviens ce soir avec un billet autour des romans que je n'ai pas chroniqués au mois d'avril 2017.

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Commençons par une biographie sur Louis Jourdan, le dernier French lover d'Hollywood. Dans cet ouvrage, Olivier Minne entremêle habilement les souvenirs de l'acteur et ses impressions sur leurs rencontres dans sa demeure californienne. Ce mélange se révèle passionnant car il permet tant au lecteur de saisir l'homme derrière la star que de s'immerger dans l'âge d'or des studios hollywoodiens. On découvre ainsi le fonctionnement de ces grandes machines de production, des castings imposés, des producteurs omnipotents...On en apprend plus sur les tournages de certains films mythiques comme Lettre d'une inconnue d'Ophüls ou Gigi. Certains acteurs nous sont dévoilés autrement. Je pense notamment à James Dean, croisé lors d'une série de représentations théâtrales...et qui, des années plus tard, demeure toujours l'objet du mépris de Louis Jourdan. On quitte à regret cet homme du cinéma, d'une grande culture et à la langue particulièrement acérée. Bref, vous l'aurez compris: je ne peux que vous recommander ce titre que j'ai dévoré.

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Autre temps, autre lieu: Rouge Paris nous entraîne cette fois-ci sur les traces de Victorine Meurent, un des modèles les plus célèbres de Manet (elle a posé notamment pour Olympia ou Le Déjeuner sur l'herbe), devenue elle-même peintre. L'auteur Maureen Gibbon nous propose de s'attarder sur la relation de ces deux artistes, de leur rencontre au sommet de leur collaboration. Dans ce roman d'apprentissage, tout est vu par le prisme de la jeune femme. Ce qui donne un accent de sincérité voire de naïveté à la narration. En effet, la plupart du temps, on a l'impression d'entendre la voix de Victorine, 17 ans, qui pénètre dans un univers complètement opposé au sien. Cette initiation aux couleurs, au dessin, à la peinture...est bien rendue. De même, j'ai trouvé le traitement de sa relation avec Manet assez intéressante. En revanche, j'ai moins adhéré aux nombreuses réflexions assez crues qui coupent le récit. La sexualité et le désir sont liés à la force créatrice de ces deux artistes et en constituent un moteur. Il est donc normal que leurs ébats solitaires ou à deux voire à trois soient évoqués. Cependant, une fois ce point souligné et compris, j'ai jugé que certaines scènes n'apportaient rien de plus et finalement, amoindrissaient la qualité du récit. Bref, vous l'aurez compris: Rouge Paris constitue une lecture somme toute agréable mais dispensable.

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Pour finir, j'aimerais dire quelques mots du Palais d'épines et de roses de Sarah J. Maas. Je lis rarement des romans de fantasy mais pour une animation à destination des adolescents à la médiathèque, je me suis laissée tentée par ce titre. Feyre, une jeune femme de 19 ans, qui vit dans une masure avec sa famille tue, lors d'une chasse, un loup. Elle ne le sait pas encore mais cet acte la condamne à devenir la prisonnière d'un puissant seigneur magicien, mi-homme, mi-bête. Enfermée contre sa volonté dans son palais, notre héroïne se rapproche, au fil des jours, de son hôte...Vous l'aurez reconnu: l'auteur a transposé la Belle et la Bête dans un univers de fantasy.  Tout en gardant la trame originelle, elle insuffle des éléments de fantasy et crée un mélange plutôt réussi. Même si certains aspects trop "romance" m'ont parfois énervée, je n'ai pas boudé mon plaisir.  Bref, vous l'aurez compris: si vous cherchez une lecture divertissante, ce titre est idéal pour vous.

22/12/2014

L'Appel du coucou de Robert Galbraith

L' Appel du coucou

de

Robert Galbraith

 

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"La rue bruissait d'une agitation fébrile, comme envahie par un essaim de mouches bourdonnantes. Des photographes étaient massés derrière les barrières gardées par la police, tenant en équilibre leurs appareils au museau protubérant, leur souffle s'élevant dans l'air sur une vapeur blanche. La neige tombait, dense et régulière, sur les couvre-chefs et sur les épaules, et des doigts gantés essuyaient les lentilles. De temps à autre, ils tuaient le temps en faisant retentir quelques déclics, prenant un cliché de plus de la tente en toile blanche, dressée au bord de la chaussée, de l'entrée du grand immeuble et du balcon au dernier étage d'où le corps était tombé"

Le célèbre mannequin Lula Landry vient de se défenestrer. Et très vite, l'enquête conclut à un suicide.

Quelques mois après, son frère, John Landry, persuadé que la police a fait une grossière erreur, demande à Cormoran Strike de mener des investigations. Le détective privé, au bord de la faillite, accepte cette mission, même s'il est convaincu que le mannequin a attenté à ses jours.

Mais, au fil de ses rencontres avec l'entourage de Lula et de son infiltration dans le monde de la mode et des people, sa muraille de certitude commence à se fissurer. Et si John Landry avait raison?

 

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Voilà quelques temps que je n'avais pas lu et pour me distraire, j'ai eu envie de me lancer dans cette nouvelle série policière. Je suis une grande fan de la saga Harry Potter et je dois avouer que j'avais trouvé le roman Une place à prendre, plutôt bien écrit. Aussi, j'avais hâte de voir ce que donnerait cette incursion de JK Rowling dans le genre policier. Surtout après le coup de cœur de ma copinaute Céline.

J'ai immédiatement été happée par l'intrigue et par les personnages. Le héros (ou peut-être devrais-je parler d'anti-héros) est un détective paumé, un ancien lieutenant revenu d'Afghanistan et dont la vie personnelle se révèle un naufrage. Il se retrouve contraint de dormir dans son bureau sur un lit de camp de fortune et d'avaler des nouilles chinoises le soir.

Cette enquête va lui servir de rédemption. En effet, chapitre après chapitre, on le voit redresser la barre, retrouver une certaine estime de lui-même...J'ai apprécié cette évolution tout en douceur et qui sonne si juste.

Son rapport avec sa nouvelle assistante Robin (clin d'oeil à Batman et Robin ?) m'a également beaucoup plu. L'auteur a imaginé un duo qui fonctionne et dont les qualités et les défauts se complètent à merveille. J'ai d'ailleurs hâte de les retrouver dans un prochain tome car maintenant que les présentations sont pour ainsi dire faites, je suis curieuse d'assister à leurs futures interactions.

Une autre qualité de ce roman policier réside dans la teneur de son intrigue. Jusqu'aux dernières pages, je n'avais pas compris l'identité du ou des meurtriers et je suis assez admirative de la façon dont j'ai été menée de fausse piste en fausse piste.

L'appel du coucou permet aussi une incursion dans le monde de la mode et des people, de l'autre côté du miroir. J'avais un peu peur que cet aspect de l'histoire ne soit pas crédible. Mais je dois reconnaître que cet écueil a été bien évité.

Bref, vous l'aurez compris: malgré quelques longueurs, il s'agit d'un pari réussi pour JK Rowling et je pense que je ne tarderai pas à me lancer dans le Ver à soie.

Le Livre de Poche, 2014, 714 pages

Billet dans le cadre du challenge Un pavé par mois de Bianca

 

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11/06/2013

Berthe Morisot de Dominique Bona

Berthe Morisot

de

Dominique Bona

 

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"C'est une femme en noir: le chapeau dont les rubans s'enroulent autour de son long col de cygne, et la robe à peine échancrée sur sa peau mate ont l'éclat lustré des ailes du corbeau. Le noir a coloré les yeux, sans pour autant effacer leur reflet d'or: le regard qu'ils portent sur la vie est mordoré et chaud, étranger à tout cet attirail funèbre que la femme arbore avec désinvolture et élégance"

C'est ainsi que débute cette biographie de Dominique Bona consacrée à Berthe Morisot. Par la description d'un tableau de Manet.

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Cette artiste est née en 1841 à Bourges. Elle grandit dans un milieu intellectuel bourgeois. Sa mère tient régulièrement salon rue de Passy et tente de donner une éducation artistique à ses trois filles. Très vite, Edma et Berthe se passionnent pour la peinture.

Mais l'Ecole des Beaux-Arts reste un bastion inaccessible à toute personne de sexe féminin. Alors, les deux jeunes filles prennent des cours auprès de plusieurs maîtres. Guichard, l'un d'eux, souligne les dangers d'un tel engouement auprès de Mme Morisot.

"Avec deux natures comme celles de vos filles, ce ne sont pas des petits talents d'agrément que mon enseignement leur procurera; elles deviendront des peintres. Vous rendez-vous bien compte de ce que cela veut dire? Dans le milieu de grande bourgeoisie qu'est le vôtre, ce sera une révolution, je dirais presque une catastrophe. Etes-vous bien sûre de ne jamais maudire un jour l'art, qui une fois entré dans cette maison si respectablement paisible, deviendra le seul maître de la destinée de vos enfants?"

Malgré cet avertissement, les deux soeurs poursuivent leur éducation. Elles passent notamment de longues après-midi au Louvre à copier les grands: Velazquez, Rubens, Goya...

Elles exposent dans différents salons: celui de 1864, de 1867...La critique semble même préférer au début Edma à Berthe. Mais Edma choisit le mariage et abandonne Berthe à son destin d'artiste.

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A l'hiver 1868, Manet entre dans sa vie.

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Elle va accepter d'être son modèle pour le célèbre Balcon. S'ensuivent dix autres portraits. Nulle autre femme n'aura autant posé pour le peintre marié. Les séances s'arrêtent au moment du mariage de Berthe avec le frère de Manet après l'énigmatique tableau du bouquet de violettes.

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On a beaucoup glosé sur leur histoire mais les preuves viennent à manquer. Toute leur correspondance a disparu. Ne serait-ce pas justement la preuve de leur relation car Berthe proclamait souvent qu'il valait "mieux brûler les lettres d'amour"?

Ce qui est sûr, c'est que leur art s'est mutuellement nourri. Alors que lors de leur première rencontre, Manet pensait qu'elle pourrait faire une bonne épouse d'académicien, il la considère au fil des années comme son égale.

Berthe Morisot se fait une place parmi les artistes de son temps. Elle expose avec les impressionnistes; noue de solides amitiés avec Monet, Mallarmé...

C'est ce destin extraordinaire que retrace Dominique Bona. Même si elle a cruellement manqué d'une "chambre à soi", elle a réussi à s'imposer dans un milieu misogyne et à être reconnue.

"Ses toiles sont les seules toiles peintes par une femme qu'on pourrait détruire sans laisser un blanc, un hiatus dans l'histoire de l'art. "(George Moore)

Cette femme m'a vraiment impressionée. Je l'ai trouvée tour à tour libre, forte, émouvante dans son amour pour Manet et sa fille, fragile, tourmentée, engagée, déterminée...

Toutefois, j'ai regretté que parfois, l'auteure ne s'attarde pas plus sur certains éléments. J'ai eu ainsi l'impression de perdre de vue certains protagonistes (la soeur aînée..) et de découvrir avec surprise ce qui leur était arrivé. De plus, j'aurais aimé trouver plus de reproductions des tableaux évoqués.

Bref, vous l'aurez compris: je vous recommande cette biographie pour découvrir qui se dissimulait derrière la jeune femme en noir au bouquet de violettes.

Le Livre de Poche, 2002, 376 pages, 6,90 €

Je vous mets en lien une vidéo que j'ai trouvée avec ses principaux tableaux (j'avais eu la chance de les admirer lors d'une exposition à Lille quand j'étais étudiante)