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25/10/2016

Chez moi de Davide Cali et Sébastien Mourrain

Chez moi

de

Davide Cali

illustré par Sébastien Mourrain

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"J'ai toujours eu du mal à considérer un lieu, une ville, une maison comme mon "chez-moi". Mais tout le monde a besoin d'avoir un "chez-soi", non?"

De la maison de son enfance à la capitale, de New York à une cabane de pêcheurs, on suit les différents "chez-soi"qui ont peuplé la vie du narrateur.

"Parfois, on a besoin de faire le tour du monde, simplement pour revenir au point d'où on est parti"

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Dans cet album, Davide Cali trace le portrait d'un artiste qui peine à trouver son "chez-soi". Au fil des années, il déménage ainsi de lieu en lieu, perpétuellement insatisfait. Jusqu'au jour où, peut-être, il trouve enfin un sens au mot "chez-moi". Pour combien de temps...nul ne le sait!

On suit avec beaucoup d'intérêt cette quête d'identité, cette redéfinition incessante des envies, ce besoin de s'ancrer quelque part et d'utiliser cette expression toute simple "chez-moi". Un "chez moi" dont la définition se fait autre selon l'âge qui passe, selon les expériences, selon les rencontres.

Forcément, cet ouvrage résonne en nous adultes, nous interroge sur notre vie, sur nos choix. Avec une infinie poésie.

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A chaque nouvelle destination, on marque une pause à l'aide d'une double-page d'illustrations qui nous permet de mieux saisir ce nouveau foyer du narrateur. C'est là d'ailleurs que le travail de Sébastien Mourrain revêt toute son importance. Il remplit les blancs laissés par Davide Cali dans son texte et nous permet, avec ses dessins tout en finesse et en sobriété, de mieux capter l'environnement de notre héros.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai beaucoup aimé cet album, à la fois poétique et porteur de sens. Et je ne pourrais que le conseiller à tous.

Actes Sud, 2016

 

 

13/04/2016

Mon Oiseau...

Mon Oiseau...

un album de Christian Demilly

illustré par Marlène Astrié

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"Mon oiseau est doux et quand il vient picorer dans ma main, il ne me pique pas."

"Mon oiseau, c'est mon oiseau, mais il n'est pas vraiment à moi, il n'est à personne, il est lui"

Ainsi s'ouvre cet album d'une infinie délicatesse.

Puis, page après page, on en apprend un peu plus sur la magnifique relation entre un enfant et son oiseau. Une relation d'amour forcément. Mais surtout une relation où chacun s'appartient, où chacun s'épanouit,  où chacun suit sa trajectoire en respectant celle de l'autre, où chacun s'apporte quelque chose sans forcément réclamer en retour une attention, où le temps n'a pas d'impact...

"Lorsque je ne comprends plus très bien ce qui m'arrive, lorsque je suis un peu perdu, lorsque je ne sais plus si la vie est jolie, je regarde mon oiseau. Et alors je comprends, et je ne suis plus perdu, et je sais que la vie est jolie."

Derrière cet amour, déclamé de façon si poétique, on peut y lire l'amitié qui unit deux êtres ou le lien entre un parent et son enfant.

"Peut-être (et même sûrement) il s'envolera plus loin-parce qu'il a sa vie d'oiseau à vivre-et ça me rend un peu triste. Mais ce n'est jamais pour longtemps, parce que je sais que ça le rendrait triste, et ça, je n'aime pas."

C'est beau, c'est percutant, c'est sensible...Et cela fait du bien tout simplement de lire de si jolies et si sages déclarations.

Ces mots à la fois justes et touchants s'accompagnent de dessins qui n'envahissent jamais l'espace mais au contraire, se mettent au service du texte. Comme si l'oiseau noir, par son regard ou sa position dans l'espace, se faisait le miroir des émotions de l'enfant et de celles du lecteur.

"Ce n'est pas parce qu'il est mon oiseau que je l'aime: c'est parce que je l'aime qu'il est mon oiseau."

Bref, vous l'aurez compris: je ne saurais que vous recommander la lecture de cet ouvrage si réussi. N'hésitez pas à partager cette ode à l'amour et à la liberté avec tous ceux qui comptent dans votre vie!

Grasset Jeunesse, 2014

 

 

 

08/03/2016

Cinq minutes et des sablés

Cinq minutes et des sablés

un texte de Stéphane Servant

illustré par Irène Bonacina

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"Dans sa petite maison, la Petite Vieille s'ennuyait.

Plus personne ne venait la voir.

Et elle ne regardait plus personne.

Il n' y avait plus que la pendule de la cuisine

pour s'intéresser au temps qui passe.

La Petite vieille s'ennuyait tellement

que pour tuer le temps,

elle avait juste décidé d'attendre:

d'attendre Madame la Mort."

Justement Madame la Mort est passée à proximité de la maison de la Petite Vieille. Elle a frappé. Et pour la faire patienter alors qu'elle enfilait ses chaussures, la Petite Vieille lui a servi du thé.

Puis, des sablés au gingembre...

Puis, elle a déroulé une pelote de laine...

Puis, elle a joué à la marelle...

"Cinq minutes de plus ou cinq minutes de moins, quelle importance?"

Et si, justement, ces cinq minutes supplémentaires lui permettaient de goûter à nouveau aux joies de la vie? Et de, peut-être, vouloir faire patienter Madame la Mort?

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Cet album, j'en ai entendu parler sur différents blogs et lors d'une matinée de présentation chez Didier Jeunesse. Aussi, quand il est arrivé à la médiathèque, je l'ai relu avec plus d'attention. Et je m'y suis replongée ce soir...

Il existe déjà plusieurs récits en jeunesse autour de l'approche de la mort et des astuces pour la repousser. Ce thème, on le retrouve également dans maints contes populaires.

Ce qui fait l'originalité, selon moi, de ce livre, c'est l'idée que son héroïne attend la mort avec une sorte d'impatience. Comme si elle avait déjà épuisé tous les plaisirs de l'existence...Comme si les petits bonheurs du quotidien n'avaient plus de sel..

"Cinq minutes de plus ou cinq minutes de moins, quelle importance?"

Pourtant, page après page, au fil de ses activités avec Madame la Mort, la vieille dame va retrouver un entrain et une énergie depuis longtemps oubliés.

La Mort pour comprendre à quel point la Vie l'emporte, à quel point il faut la savourer.

La Mort pour rappeler l'importance de toutes ces cinq minutes de gagnées.

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Au texte de Stéphane Servant qui invite à la réflexion, aussi bien les petits que les grands, répondent les illustrations colorées d'Irène Bonacina.

Ses dessins saisis sur le vif (qui m'ont rappelé Quentin Blake) savent traduire l'ennui de cette vieille Dame esseulée.

Puis, par quelques touches, comme la fumée qui s'échappe des petits sablés, une pelote qui roule..., un nouveau souffle s'installe dans cette maison qui paraissait vide...et qui se remplit de sourires, de rires, de mouvements, de danses....

Bref, vous l'aurez compris: j'ai beaucoup aimé cet album qui rappelle à quel point le temps sur Terre est précieux et à quel point il faut saisir tous ces instants sublimes du quotidien.

Vous prendrez bien cinq minutes et des sablés pour vous immerger dans cet univers à la fois sage, gai et poétique.

Didier Jeunesse, 2015