Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/05/2015

Le Peintre des drapeaux

Le Peintre des drapeaux

un album écrit par Alice Brière-Haquet

et illustré par Olivier Philipponneau

peintre.jpg

« Le peintre des drapeaux adorait son boulot. Les gens les plus brillants des plus brillantes maisons venaient à sa maison pour lui passer commande. »

C’est ainsi que notre petit peintre se retrouve à dessiner des drapeaux qui affichent haut les idéaux de chacun des commanditaires.

« Et quand sa palette était prête, plus belle que l’arc-en-ciel, il dessinait sur le drap blanc, des croix, des traits ou des croissants, des soleils, des étoiles ou un aigle volant. »

Mais, un jour, notre artiste est contraint de sortir de chez lui pour satisfaire les desiderata d’un de ces chefs. Et il se rend compte des conséquences de ses créations.

« Sur le champ de bataille tout y était gris et sale : la boue, les uniformes, les gens. Et pas un rire d’enfant. A gauche et à droite, derrière et en face, flottaient les drapeaux qu’il trouvait hier si beau »

Devant ce constat, comment peut-il réagir ?

peintre 2.jpg

Je vous parlais récemment d’un album qui m’avait enthousiasmée:Le mot qui arrêta la guerre. Un album sur les rapports entre art et guerre.

Et, de nouveau, dans cet ouvrage, on se retrouve confrontés à cette thématique. Quelle réaction peut adopter un artiste face aux armes ? Surtout quand il est l’auteur des emblèmes des deux camps.

Je me suis retrouvée happée par ce récit. Un récit qu’on ne peut prévoir et dont la conclusion touche. Forcément.

Un texte qui, derrière sa simplicité apparente, nous fait réfléchir et se révèle extrêmement percutant.

A la sobriété des mots s’allie celle des dessins. Des illustrations minimalistes, des formes simples...Du noir omniprésent et qui fait ressortir encore plus les éclats de couleur présents sur chaque page.

Bref, encore un album très réussi ! Et que je vous recommande vivement.

Editions Frimousse, 2012

 

26/04/2015

Le Mot qui arrêta la guerre d'Audrey Alwett

Le Mot qui arrêta la guerre

un album d'Audrey Alwett

illustré par Ein Lee

le-mot-qui-arreta-la-guerre.jpg

« Ce matin encore, les frères Nagato se levèrent tôt. Plus exactement, c’est Seï, le plus jeune, qui réveilla Shigeru.

-Dépêche-toi, lui dit-il, si tu traînes, nous raterons le soleil qui étend ses rayons et les grues qui prennent leur élan vers le ciel. »

Les deux frères, après s’être sommairement préparés, courent vers les rives du lac Yamagata. Chacun dispose son matériel : expert en origami, Shigeru crée des oiseaux qu’on croirait voir s’envoler tandis que Seï, féru de calligraphie, dessine des mots.

Mais après ce lever magique du soleil, les attend une désillusion. Le daimyô a décidé d’entrer en guerre contre son voisin. Et Shigeru, du haut de ses 16 ans, dispose de trois jours avant de rejoindre l’armée.

Refusant de se séparer, les deux frères élaborent chacun une stratégie pour mettre fin à la guerre. Alors que l’aîné entame le pliage de 1000 grues censées réaliser son souhait le plus cher, Seï décide de peindre un mot capable de toucher le daimyô et de surseoir à tout conflit.

mot qui arrêta.jpg

J’avais remarqué cet album sur la blogosphère et j’avais vraiment hâte qu’il arrive à la médiathèque où je travaille. Il nous est parvenu cette semaine et je me suis immédiatement jetée dessus.

Dans cet ouvrage, Audrey Alwett nous narre le destin de deux frères dans un Japon médiéval.

Deux frères que la folie des hommes veut séparer.

Deux frères qui veulent à tout prix empêcher un bain de sang.

Deux manières de s’attaquer au problème. L’un, plus idéaliste et convaincu par une vieille légende, entend résoudre le problème par le pliage de 1000 grues. L’autre, au contraire, fourbit son pinceau pour dessiner un mot capable d’enrayer tout désir de guerre.

L’art contre les armes. L’art malgré les menaces.

mot 2.jpg

Forcément, ce texte revêt une résonance contemporaine.

Forcément, il nous fait penser à tous ceux qui sont tués pour un mot ou un dessin.

Un album qui questionne.

Mais un album dont l’engagement ne doit pas faire oublier la poésie.

Poésie des mots, poésie des dessins.

On admire les illustrations colorées et inspirées de l’univers des mangas d’Ein Lee.

Bref, une très belle réussite ! Je ne saurais que vous recommander de vous plonger dans cette petite merveille.

Nobi-Nobi, 2015

 

19/03/2015

Autrefois l'Olympe...Mythes en haïku

Autrefois l'Olympe....

Mythes en haïku

de Agnès Domergue

illustré par Cécile Hudrisier

autrefois l'olympe.jpg

"Un cri de couloir

Tout au bout de la ficelle

Une corrida"

Après le petit bijou Il était une fois...Contes en haïku dont je vous avais parlé précédemment, voici le retour du duo Agnès Domergue/Cécile Hudrisier.

Cette fois-ci, place aux mythes.

Sous forme de devinettes poétiques, les grandes figures de la mythologie sont invoquées.

Et, au lecteur, à chaque fois, de retrouver leur identité.

"La toile filante

face à la mer sans bateau

la nuit se défile"

A chaque page, son mystère.

autrefois l'olympe 2.jpg

A ces énigmes ciselées se superposent les illustrations tout en délicatesse de Cécile Hudrisier.

"Lune des moissons-

sous la terre infinie pousse

un grain de blé"

Bref, vous l'aurez compris: comme pour le précédent opus, je suis conquise par cet album à la fois harmonieux, élégant et pédagogique. Je ne peux donc que vous le recommander, surtout si vous êtes des amoureux, comme moi, de la mythologie gréco-romaine.

Éditions Thierry Magnier, 2015, 11 €