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04/02/2016

Le Souffleur de rêves de Bernard Villiot & Thibault Prugne

Le Souffleur de rêves

un album de Bernard Villiot

illustré par Thibault Prugne

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"Au Nord de Venise, cernée par la lagune, s'étendait l'île de Murano. On ne comptait plus ses somptueux palais bordés de jardins dans lesquels la bonne société aimait se promener, grisés par les parfums du jasmin et des bosquets d'orangers.

Les gens venaient aussi du monde entier, car on y soufflait le verre."

Parmi les apprentis souffleurs de verre, se trouve Zorzi Ballari qui ne ménage pas sa peine et dispose tous les soirs "d'une simple paillasse pour dormir".

"Pour dormir et pour rêver, car les années passant, Zorzi avait nourri l'espoir de devenir souffleur."

Malheureusement, un accident brise son rêve et le laisse boiteux.

Les années passent et Zorzi n'a pas oublié son ambition. Tous les soirs, il se glisse dans les ateliers déserts pour apprendre à maîtriser son art.

"Et à force de persévérance, son souffle [devient] si délicat et si précis qu'il s'[étire] comme un soupir."

Un soupir capable de se transformer en bulle de rêve...

Des rêves bleus, des rêves roses, des rêves extraordinaires qui accompagnent les petits Vénitiens dans leur sommeil.

Mais son grand talent fait des jaloux....Et, bien vite, des obstacles se dressent devant lui.

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J'ai immédiatement été attirée par la couverture de ce très bel album et par ce titre à la fois intrigant et poétique.

Dès la première page, débute le voyage.

Ligne après ligne, image après image, Bernard Villiot et Thibault Prugne nous entraînent dans une Venise magnifiée sur les traces des souffleurs de verre.

Un métier capable de générer tant de beauté/Un métier cruel aussi où la concurrence se fait rude et où le moindre faux pas n'est pas toléré.

Notre héros va en faire l'amère expérience, lui qui voit ses ambitions ruinées par la chute d'un pain de verre sur son pied.

Récit d'apprentissage donc...Cruel apprentissage même...

Récit d'obstination également...Celle d'un héros déterminé à aller au bout de ses rêves et qui, à force de persévérance, fabrique des bulles si fines qu'elles deviennent des songes enfantins.

Que j'ai aimé cette idée! Si poétique! Des songes qui s'envolent et circulent dans les rues et sur la lagune de Venise.

Et puis, le talent du héros fait des jaloux. A lui de franchir ou non ces nouvelles épreuves.

On suit avec plaisir  toutes les étapes de ce conte onirique, à la fois tendre, sensible et plein de rebondissements.

A la plume tout en légèreté de Bernard Villiot répond à merveille le pinceau de Thibault Prugne. Grâce à son talent, on a l'impression de se promener dans les rues de Venise, aux eaux étincelantes et miroitantes, aux rues colorées. Et on est emportés dans ce rêve d'histoire.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai beaucoup apprécié cet album et je vous en recommande fortement la lecture.

Gautier-Languereau, 2015

 

21/12/2015

Casse Noisette

Casse-Noisette

un album de Pierre Coran

illustré par Delphine Jacquot

raconté par Valérie Karsenti

et accompagné par la musique du ballet de Tchaïkovski

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"L'étrange histoire que je vais vous conter se passe dans une ville de Bavière où la magie des jouets n'étonne personne, surtout en ce soir de Noël.

Entrons dans la Maison d'Argent, une grande demeure avec, en cette fin décembre de la neige au-dehors et du soleil au-dedans."

Tout le monde est assemblé autour du beau sapin. Lorsque, soudain, arrive l'oncle Drosselmeyer, porteur d'objets de sa création, tous plus fascinants les uns que les autres. Mais il semble avoir oublié Marie, la jeune fille de la maison.

Jusqu'à ce qu'il lui offre un joli casse-noisette...

"Peu à peu, le temps se fatigue, le soir s'en va et la nuit vient..."

"Mais bientôt, les deux aiguilles de la pendule ne font plus qu'une. Une chouette en sort et ulule douze fois."

Marie se réveille. Et commence alors pour elle une merveilleuse aventure....qui l'emmènera notamment au Palais enchanté.

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J'aime beaucoup la musique classique. Aussi, j'ai été ravie quand j'ai appris la sortie de cet album-CD autour de Casse-Noisette, un ballet que j'affectionne tout particulièrement.

Pierre Coran s'est inspiré tant du livret de Tchaïkovski que de l'Histoire d'un casse-noisette d'Alexandre Dumas et de Casse-Noisette et le Roi des rats d'Hoffmann.

Et je trouve que c'est plutôt réussi. Par quelques phrases choisies, il parvient à nous plonger dans cet univers féerique et fantasmagorique. Ainsi, on retrouve notre âme d'enfant et, comme Marie, l'héroïne, on va de surprise en surprise...

L'affrontement avec le Roi des Rats/le voyage vers le Château enchanté/la Fée dragée/les Danses/la Valse des fleurs constituent autant d'étapes de ce périple onirique.

Aux mots ciselés répondent les illustrations tout en finesse et en profondeur de Delphine Jacquot. J'avais déjà eu l'occasion de vous parler de son travail avec le magnifique Fil de soie. Une fois encore, j'ai été frappée par la finesse du trait, par les choix audacieux de représentations ou de couleurs, par la richesse des détails. On se perd dans ses images. Un peu comme dans un rêve...

Un rêve sublimé par la musique de Tchaïkovski...

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un très bon moment en compagnie de ce conte musical et je le recommande à tous ceux qui souhaitent découvrir ou redécouvrir Casse-Noisette.

Didier Jeunesse, 2015

En bonus, je vous joins un de mes airs préférés, celui de la Fée dragée.


 

 

29/10/2015

Le Voleur d'enfants

Le Voleur d'enfants

de

Michael Escoffier,

illustré par Clément Lefèvre

voleur d'enfants.jpg

« C’est un voleur d’enfants

Avec de longues dents

Pointues, comme des couteaux.

A la faveur de la lune

Son chariot de fortune

Sillonne la campagne.

C’est un voleur d’enfants

Avec de longues dents

Et de très vieux chevaux.

On ne sait pas d’où il vient

Qui il est, encore moins

Mais on sait où il va. »

Ce voleur d’enfants, la nuit venue, s’introduit dans les maisons et dérobe les petits garçons et les petites filles. Il les enferme dans une cage rouge et les ramène dans sa cabane au fonds des bois.

Nul ne sait le sort qu’il leur réserve…A moins que….

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Michael Escoffier fait partie de mes auteurs d’albums préférés. Il a toujours une façon très originale de narrer des histoires souvent pleines de rebondissements.

Dès le début, on a l’impression de plonger dans une histoire sombre, un conte des anciens temps où il ne fait pas bon être enfant. Surtout avec cet individu dans les parages…

Page après page, à la manière d’une ritournelle inquiétante, ce voleur de gamins aux longues dents pointues comme des couteaux nous fait frémir. Quel sort attend ceux qu’il a enlevés ?

Et c’est là justement que réside le talent de Michael Escoffier. A nous faire frémir, puis à nous surprendre..Avec une chute totalement inattendue. Mais je n’en dirai pas plus de peur de vous gâcher la surprise.

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Au texte à la fois sombre et tendre répondent les très belles illustrations de Clément Lefèvre. Il joue sur les images références du fantastique (des chevaux lancés au galop, un carrosse au loin, un manoir brinquebalant, des ombres qui se dessinent sur les murs et envahissent tout…) pour contribuer à l’atmosphère angoissante.

Mais il y rajoute également une tonalité onirique avec ce voleur mi-ogre mi-oiseau, ses dessins tout en rondeur, son choix de couleurs….Comme si tout n’était qu’un rêve….Bon ou mauvais ? A vous de le découvrir…

Bref, vous l’aurez compris : j’ai beaucoup aimé cet album et j’espère que vous serez aussi conquis que moi.

 

Editions Chocolat jeunesse, 2010