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01/06/2015

Lettres de mon hélicoptêtre

Lettres de mon hélicoptêtre

un album de Clémentine Beauvais

illustré par Anne Rouguette

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"Mes chers parents chéris

Je ne suis plus dans mon lit

(comme vous avez pu vous en apercevoir)

Voyez-vous hier soir tard

Je m'ennuyais un peu beaucoup

Passionnément à la folie,

Donc j'ai démonté mon vélo

Avec des tas d'outils

Et je l'ai remonté à l'envers

Pour en faire un hélicoptère.

Enfin on va dire un hélico...ptêtre

Et puis je suis partie par la fenêtre.

Promis, je vous enverrai quelques lettres

Allez bisous! Et à bientôt, peut-être"

Un soir, une petite fille décide de démonter son vélo et de le transformer en hélico...ptêtre. L'occasion pour elle de s'envoler, en compagnie de son chat, à la découverte du monde.

Pour raconter son périple, elle adresse à ses parents des missives de chaque pays qu'elle visite.

Ainsi, nous la suivons d'Angleterre en Chine, d'Espagne à New York...

Et, de chaque étape, à son insu, elle ramène des souvenirs pour le moins originaux.

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La semaine dernière, je vous parlais avec beaucoup d'enthousiasme des Petites reines, le roman de Clémentine Beauvais. Un roman que, si on excepte la fin, j'avais adoré!

Aussi, vous pouvez imaginer mon plaisir quand je me suis plongée dans cet album récemment paru chez Sarbacane.

Là encore, un vélo va jouer un rôle très important dans l'intrigue.

Un vélo, légèrement bricolé, pour voyager

Un vélo pour se dépasser

Un vélo pour s'ouvrir au monde

En effet, après l'avoir changé en hélico...ptêtre, la petite héroïne s'en sert pour survoler de nombreux Etats.

De coup de pédale en coup de pédale, se présentent ainsi à chaque page des instantanés de tous les endroits découverts.

Des lettres toujours drôles et qui permettent aux plus jeunes de se familiariser avec certains aspects de la culture mondiale.

Aux mots emplis d'humour de Clémentine Beauvais se superposent les crayonnés d'Anne Rouguette. J'ai trouvé très pertinent ce choix de technique. Elle confère du mouvement, du dynamisme, ce qui convient parfaitement à cette atmosphère de voyage. De même, elle permet de mieux saisir les expressions des visages. Quant aux couleurs vives retenues, elles renforcent cette tonalité joyeuse présente tout au long de l'histoire

Bref, vous l'aurez compris: voici un album gai, ludique dont la lecture se révèle distrayante.

Sarbacane, 2015

Merci à Babelio et à Sarbacane pour cet envoi!

 

 

 

19/05/2015

Au clair de lune

Au clair de lune

une histoire de Catherine Latteux,

illustrée par Oreli Gouel

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"Depuis qui ses nouveaux voisins de palier étaient arrivés, leurs volets restaient fermés ou leurs rideaux tirés.

Dans le quartier, les gens s'interrogeaient:

-Savez-vous qui ils sont?

-Non, aucune idée. Il y a une enfant à ce qu'il paraît.

Lui aussi était intrigué. Pourquoi vivaient-ils cachés?"

Au bout d'un mois, le jeune héros de l'histoire n'a toujours pas rencontré ses voisins. Il se pose de nombreuses questions sur leur identité.

Puis, un jour à la faveur d'une de leurs sorties, il pénètre dans leur appartement. Un appartement plongé dans le noir.

"Quand tout à coup, tel un fantôme, elle surgit de l'ombre. [...] Elle était là, à quelques pas. C'était elle, la fille qui vivait cachée derrière les volets."

Entre elle et lui, débute alors une belle histoire d'amitié.

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J'avais remarqué ce très bel album sur le site de Ricochet et j'ai eu très envie de l'intégrer aux collections de la médiathèque où je travaille.

Cet ouvrage aborde la question de la maladie. Ici, l'héroïne souffre du syndrome des enfants de la lune, une affection génétique rare.

"Comme si elle avait deviné ses interrogations, elle lui conta ses tristes journées passées dans l'ombre pour se protéger du soleil. Elle ne pouvait pas vivre autrement, comme les autres enfants, sinon sa peau serait brûlée par le regard de feu de l'astre lumineux."

Sans pathos et avec beaucoup de pédagogie, Catherine Latteux parvient à nous parler de cette maladie méconnue et à nous faire ressentir l'impatience, l'ennui et la douleur de cette petite fille séparée du monde de dehors et qui rêve de le découvrir.

Sa rencontre avec "il", le petit garçon d'à côté, va lui ouvrir une porte sur cet univers fantasmé.

Jusqu'à ce que les deux enfants bravent l'interdit et sortent de nuit pour visiter cet ailleurs tant espéré.

Les voilà embarqués dans un magnifique voyage vers toutes ces choses inconnues pour elle. Mais, au clair de  lune, il ne faut pas oublier le danger de la lumière.

Sensibilité, justesse des émotions et beauté du langage constituent les maîtres-mots de cet ouvrage.

A la grâce des mots s'allie celle des images. Les couleurs froides, les bleutés qui envahissent les pages et les dessins tout en finesse, nous montrent bien la réalité de cette maladie, cette vie au clair de lune à laquelle elle contraint ses patients...Elle illustre également à merveille cette relation hors du commun qui se tisse entre ces deux enfants.

Bref, vous l'aurez compris: un album "pépite" sur un syndrome peu médiatisé et qui laisse la part belle aux jeux et rires d'enfants dans un univers éminemment poétique.

Éditions Mazurka, 2014

 

05/05/2015

Le Peintre des drapeaux

Le Peintre des drapeaux

un album écrit par Alice Brière-Haquet

et illustré par Olivier Philipponneau

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« Le peintre des drapeaux adorait son boulot. Les gens les plus brillants des plus brillantes maisons venaient à sa maison pour lui passer commande. »

C’est ainsi que notre petit peintre se retrouve à dessiner des drapeaux qui affichent haut les idéaux de chacun des commanditaires.

« Et quand sa palette était prête, plus belle que l’arc-en-ciel, il dessinait sur le drap blanc, des croix, des traits ou des croissants, des soleils, des étoiles ou un aigle volant. »

Mais, un jour, notre artiste est contraint de sortir de chez lui pour satisfaire les desiderata d’un de ces chefs. Et il se rend compte des conséquences de ses créations.

« Sur le champ de bataille tout y était gris et sale : la boue, les uniformes, les gens. Et pas un rire d’enfant. A gauche et à droite, derrière et en face, flottaient les drapeaux qu’il trouvait hier si beau »

Devant ce constat, comment peut-il réagir ?

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Je vous parlais récemment d’un album qui m’avait enthousiasmée:Le mot qui arrêta la guerre. Un album sur les rapports entre art et guerre.

Et, de nouveau, dans cet ouvrage, on se retrouve confrontés à cette thématique. Quelle réaction peut adopter un artiste face aux armes ? Surtout quand il est l’auteur des emblèmes des deux camps.

Je me suis retrouvée happée par ce récit. Un récit qu’on ne peut prévoir et dont la conclusion touche. Forcément.

Un texte qui, derrière sa simplicité apparente, nous fait réfléchir et se révèle extrêmement percutant.

A la sobriété des mots s’allie celle des dessins. Des illustrations minimalistes, des formes simples...Du noir omniprésent et qui fait ressortir encore plus les éclats de couleur présents sur chaque page.

Bref, encore un album très réussi ! Et que je vous recommande vivement.

Editions Frimousse, 2012