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24/05/2015

Testament of youth

Testament of youth

un film de James Kent

d'après les mémoires de Vera Brittain

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En ce printemps 1914, le seul souci qui occupe l'esprit de Vera est celui de convaincre sa famille de passer les tests d'admission à Oxford. Son père craint de la voir se transformer en "bas bleu", incapable de trouver un mari.

Lors d'une de leurs mémorables disputes, ils sont interrompus par un des camarades de classe de son frère Edward, le ténébreux Roland Leighton.

Entre ces deux gens passionnés, se noue très vite une idylle. Ils se promettent de passer tout leur temps libre ensemble quand ils partiront à l'université à la rentrée.

Mais la guerre survient et balaie toutes leurs certitudes.

Roland, Edward et une toute une génération de jeunes hommes s'engagent.

Et, plus rien ne sera jamais pareil pour les survivants.

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Cela faisait longtemps que j'attendais ce period drama. Aussi, j'ai été ravie de pouvoir le regarder aujourd'hui.

Ce film se fonde sur Testament of youth, l'ouvrage autobiographique de Vera Brittain, paru en 1933 et qui a obtenu un succès immédiat.

On y suit l'itinéraire douloureux de cette romancière féministe et pacifiste.

Toute la première partie, aux tons lumineux, colorés, vifs, à la musique joyeuse, s'attache à cette Vera de l'avant-guerre. Celle qui a grandi dans une famille bourgeoise à la campagne. Celle qui étudie la nuit pour parvenir à entrer à Oxford. Celle qui se bat avec son père pour passer les tests d'admission. Celle qui plaît aux camarades de son frère mais n'a pas encore rencontré l'amour.

Jusqu'à l'arrivée d'un certain Roland Leighton. Fils d'une auteure à succès, il a connu le frère de Vera dans le cadre d'une école de cadets. Tout comme la jeune femme, il aspire à des études universitaires. Tout comme elle, aussi, il nourrit le secret désir de se voir publier un jour.

Ces deux intellects vont immédiatement tomber sous le charme l'un de l'autre. Mais, maladroits et apeurés, ils vont un peu se tourner autour avant de tout se confesser.

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J'ai beaucoup aimé toutes les scènes de ce printemps-été 1914. Elles expriment à merveille toute cette vitalité de la jeunesse, tous ces désirs, toute cette sève aussi. Que ce soit dans les scènes de jeux dans la forêt, dans les étangs, dans les champs ou celles de garden-party...on sent cette envie de vivre.

Et que dire de ces brefs instants entre Roland et Vera? Effleurements de main, déclarations... Toujours sous l’œil de la tante, chaperon attitré. Que j'ai ri de les voir tenter de semer cette dame patronnesse!

Cependant, on sent bien que ce bonheur ne peut durer. Vera se montre sans doute aveugle, tant elle est occupée par ses émois amoureux ou par sa réussite ou non aux tests d'Oxford. Mais, par quelques gros plans sur les unes des journaux, le réalisateur nous fait bien ressentir le danger imminent.

Et c'est d'ailleurs, à partir de la déclaration de guerre, que le long métrage bascule dans une seconde partie. Aux tons cette fois-ci crépusculaires. Pour accompagner cette idée de testament, d'enterrement d'une jeunesse si prometteuse.

Afin de préserver le suspense, je ne vous révélerai pas ce qu'il advient de ces jeunes gens qui gravitaient autour de Vera. De son côté, elle s'engage comme infirmière pour mieux être près d'eux. Et c'est son apprentissage de la guerre et de ses conséquences que nous allons découvrir.

Je dois avouer que j'ai trouvé cette section un peu trop longue. Certes, je comprends l'intérêt de certaines scènes pour souligner l'engagement pacifiste de Vera après l'armistice et tout au long de sa vie. Mais je me demande s'il fallait autant les multiplier. C'est d'ailleurs le seul bémol que j'ai rencontré dans ce visionnage.

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Une fois encore, j'ai été bluffée par le talent d'Alicia Vikander (déjà aperçue dans A Royal affair). Elle incarne à la perfection cette jeune femme intelligente, ambitieuse, sensible, passionnée, que la guerre va définitivement changer. Elle m'a tour à tour émue, amusée...Tout comme son partenaire Kit Harrington, aux antipodes du Trône de fer, et qui se révèle très juste dans toutes les séquences où on l'aperçoit. De même, le reste du casting (Emily Watson, Dominic West...) se montre à la hauteur.

Testament of youth: film d'apprentissage, film d'amour, film de guerre...Et, également témoignage d'une époque qu'on met en terre.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai vraiment beaucoup apprécié ce long métrage très bien réalisé et interprété. Je crois qu'il rend un bel hommage à l’œuvre originale que j'aimerais parcourir dans les prochains mois.


Billet dans le cadre du challenge Première Guerre mondiale.

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30/04/2015

Le Labyrinthe du silence

Le Labyrinthe du silence

un film de Giulio Ricciarelli

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Francfort, 1958, le jeune procureur allemand Johan Radmann vient d'entamer sa carrière. Comme tous les nouveaux, il est dévolu aux cas d'infraction routière.

Jusqu'au jour où Griechka, un journaliste, fait irruption dans les bureaux du procureur général. Il prétend qu'un de ses amis a reconnu un ancien soldat SS parmi un groupe de professeurs du lycée des environs.

Alors que tous ses collègues dédaignent cette affaire, Radmann entame une enquête. Il est bien loin de se douter que ses recherches vont lui faire découvrir les horreurs d'Auschwitz.

Bouleversé par tout ce qu'il entend et apprend, notre jeune héros se bat pour ouvrir une instruction contre tous les officiers SS en poste dans ce camp et qui mènent une existence paisible partout dans le pays.

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Normalement, cet après-midi, je devais voir avec un de mes meilleurs amis le deuxième volet d'Avengers. Puis, au dernier moment, nous avons changé pour ce long métrage.

Bien nous en a pris car cela faisait longtemps que je n'étais pas sortie aussi sonnée d'une projection.

Je ne savais pas qu'en 1958, tout ce qui entourait Auschwitz et les camps de concentration n'était pas connu de la population.

Naïvement, j'étais persuadée que, suite au procès de Nuremberg, tous les Allemands savaient ce qui c'était passé.

Dès les premières scènes, je me suis rendue compte qu'il n'en était rien. Notamment lors de cette séquence très forte où le journaliste Griechka interpelle plusieurs jeunes entre 20 et 30 ans sur la signification d'Auschwitz pour eux et où il réalise qu'il se heurte à des murs d'ignorance.

Ignorance des événements pour certains, volonté d'oublier, d'avancer...pour les autres...Désir de croire que ce qui a été dénoncé après guerre n'était qu’œuvre de propagande des vainqueurs...

Dans cette société allemande de la fin des années 50, il n y a pas de place pour ces victimes des camps.

Et, pourtant, le jeune procureur Johan Radmann va leur redonner la parole. Petit à petit.

C'est passionnant d'assister à l'évolution de ce juriste, pétri d'idéalisme. Quand on le découvre, on fait la connaissance d'un homme épris de justice et qui tente sans cesse de respecter la loi.

On sent bien que, quand il se saisit de l'affaire apportée par Griechka, il ne mesure pas toutes les conséquences de son acte. Il veut juste appliquer ce qui lui semble légitime.

Et il va se faire dépasser par les événements. De bureau en bureau, de témoignage en témoignage, de manipulation en manipulation, Johann se retrouve emprisonné dans un labyrinthe du silence.

Difficile de ne pas se perdre dans ses méandres, comme le lui rappelle son chef, le procureur général Bauer.

Johann va affronter bien des épreuves dans ce labyrinthe, se confronter à bien des culs de sacs...

Nous suivons donc sur ses traces le chemin long et difficile de cette instruction extraordinaire.

Mais le film, bien entendu, ne se résume pas à cette procédure judiciaire.

Non, il brasse tant de thématiques: le poids des souvenirs, les traumatismes, le fossé entre les victimes et les bourreaux, les tabous de cette société allemande en apparence guérie mais qui panse encore ses blessures, l'absence de culpabilité, les menaces contre ceux qui veulent tout révéler, la présence des anciens Nazis ou de leur soutien dans bien des rouages de l’administration....

Le Labyrinthe du silence dit tout cela. Sans jamais sombrer dans le pathos. Sans jamais verser dans le manichéisme.

Chacun est libre, à l'instar de Johann, de réfléchir à la notion de justice, à la nécessité d'un procès pour ce qui ne peut être réparé...

On s'interroge, on s'émeut, on frémit d'horreur, d'indignation...On rit aussi.

Bref, vous l'aurez compris: ce film, mené par un très bon casting et qui éclaire tout un pan de l'histoire allemande, vaut largement le détour. Personnellement, je sais que certaines scènes m'accompagneront longtemps.


 

 

 

 

 

11/03/2015

Maestro

Maestro

un film de Léa Fazer

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Henri est un jeune acteur qui rêve de tourner dans des films d'action mais ne décroche que des rôles insignifiants dans des séries télévisées ou des publicités pour des jus d'orange. Grâce aux conseils d'une de ses amies, il passe une audition pour le réalisateur Cédric Rovère, monstre sacré du cinéma d'auteur.  Son naturel et son aplomb convainquent et très vite, il se retrouve sur les lieux d'un tournage, bien différent de tout ce qu'il avait pu envisager...

Débute alors pour lui une expérience hors du commun. L'attendent en effet de très belles rencontres amicales, amoureuses et culturelles.

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Pour créer ce film, Léa Fazer s'est inspirée de l'expérience de Jocelyn Quivrin sur le dernier long métrage d'Eric Rohmer les Amours d'Astrée et de Céladon. L'acteur avait même participé à la rédaction du scénario avant de trouver la mort dans un accident tragique.

A priori, rien ne prédispose Henri à rejoindre le casting du dernier Cédric Rovère. Au quotidien, ses préoccupations semblent bien éloignées de l'univers de cet artiste. Films d'action, jeux vidéo, réflexion sur comment échapper aux huissiers, occupent ces journées.

Quand il obtient donc le rôle, il se prend à rêver d'un tournage haut de gamme, entre hôtels cinq étoiles, agents, caravanes...Or, rien ne se passe comme prévu. Au contraire, il découvre l'envers des décors des films d'auteur, confectionnés avec très peu de moyens: répétition dans des cryptes avec des chaises qui se cassent, manque de pellicule, figurants interchangeables grâce à des perruques farfelues, effets spéciaux "maison" (avec des branches levées au passage de certains protagonistes par des acteurs cachés dans l'herbe)...

J'ai beaucoup ri à toutes ces péripéties qui ponctuent les différentes séquences. Tout sonne juste (car inspiré par une expérience réelle) et désormais, je me représente mieux comment ce genre de production émerge, dans un chaos créatif.

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Maestro constitue également un bel hommage au "Maestro" Eric Rohmer. De son œuvre, je n'avais vu que des extraits et je trouve que c'est là une des forces justement de ce film: même les néophytes peuvent comprendre les références et les savourer.

Dans le rôle titre, on retrouve Michael Londasle dont j'avais déjà admiré le jeu dans Des hommes et des dieux et qui se révèle une nouvelle fois excellent. Face à lui, Pio Marmaï, un acteur qui incarne son personnage à la perfection. On croit à leur duo, on savoure leurs échanges...Et quel bonheur d'assister à cette transmission! Sous l'influence du maître, Henri s'ouvre à la poésie, au théâtre, se met à acheter des livres et avoue ne plus être tout à fait le même.

Car ces semaines sur les Amours d'Astrée et de Céladon auront eu un impact sur tous les participants. Un impact plus ou moins grand certes, mais un impact quand même...Des graines de bonheur auront germé en chacun.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai beaucoup aimé ce film au casting épatant. Un film sur le cinéma, la vie, l'amour, la création et les petites joies du quotidien que je vous recommande fortement.