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des films et des séries - Page 3

  • Loin de la foule déchaînée

    Loin de la foule déchaînée

    un film de Thomas Vinterberg

    d'après le roman homonyme de Thomas Hardy

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    Bathsheba Everdene vient d'emménager chez sa tante. Lors d'une de ses promenades, elle fait la connaissance de Gabriel Oak, un jeune fermier un peu plus âgé qu'elle et, qui, à force de sacrifices et de travail, a réussi à monter dans la hiérarchie sociale.

    Il tombe sous le charme de Bathsheba et la demande en mariage. Malgré cette proposition avantageuse, elle refuse. En effet, elle ne veut pas perdre sa liberté au profit d'un homme.

    Quelque temps plus tard, elle apprend qu'elle hérite de la ferme de son oncle. Direction donc Weatherbury. Elle y recroise Gabriel Oak que le destin a frappé et qui doit louer ses services comme berger.

    Désormais, plus rien n'est possible entre eux. Mais d'autres hommes gravitent autour de la jeune femme...Et il se pourrait bien qu'elle donne son cœur à l'un d'eux...

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    Il y a des films magiques. De ceux dans lesquels on plonge immédiatement, une fois la lumière éteinte et le générique lancé. De ceux qui nous font voyager. De ceux qui nous enthousiasment. De ceux qu'on veut revoir bientôt.

    Et Loin de la foule déchaînée appartient à cette catégorie.

    Parce que Bathsheba Everdene est une héroïne éprise de liberté et d'indépendance dans cette Angleterre victorienne où les femmes sont enfermées dans des carcans.

    Parce que cette volonté de non-soumission et cette fierté parfois mal placée dans son comportement envers les hommes guident toute sa conduite au fil des années.

    Parce qu'on la voit se tromper, se relever, se battre, rêver, hésiter, espérer.

    Parce que Carey Mulligan l'incarne à la perfection. Dès les premières images. Dès ce moment où elle monte à cheval de façon si osée.

    Parce qu'elle montre toutes ses contradictions, cette oscillation incessante entre force et fragilité.

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    Parce que son chemin croise celui de Gabriel Oak. Un héros comme je n'avais pas rencontré depuis longtemps. Un homme fou amoureux. Un homme à la fois viril et prêt à s'incliner devant la loi de sa bien-aimée. Un homme interprété avec beaucoup de talent par Matthias Schoenharts, d'une sensibilité rare dans ce rôle.

    Parce qu'autour d'eux, on retrouve toute une galerie de personnages tour à tour tragiques, savoureux et drôles.

    Parce que cette intrigue se déroule dans des paysages anglais magnifiques.

    Parce que Thomas Vinterberg, pourtant bien éloigné de cet univers, a su très bien lui rendre hommage. Par le jeu des caméras. Par celui des lumières. Par le souffle qu'il a donné à certaines scènes. Par cette attente qu'il a construite au fil des dialogues...et qui trouve sa réponse dans la dernière séquence.

    Parce que les costumes sont superbes et, néanmoins, très modernes.

    Parce que la bande-son vaut vraiment le détour.

    Parce que cela faisait longtemps que je n'avais pas autant vibré devant un period drama.

    Parce que, désormais, j'ai envie de découvrir toute l’œuvre de Thomas Hardy.

    Parce que...

    Bref, vous l'aurez compris: ce film est un vrai coup de coeur et je vous conseille d'aller l'admirer dès demain dans les salles obscures.

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    Billet dans le cadre du mois anglais organisé par Titine, Cryssilda et Lou.

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  • Testament of youth

    Testament of youth

    un film de James Kent

    d'après les mémoires de Vera Brittain

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    En ce printemps 1914, le seul souci qui occupe l'esprit de Vera est celui de convaincre sa famille de passer les tests d'admission à Oxford. Son père craint de la voir se transformer en "bas bleu", incapable de trouver un mari.

    Lors d'une de leurs mémorables disputes, ils sont interrompus par un des camarades de classe de son frère Edward, le ténébreux Roland Leighton.

    Entre ces deux gens passionnés, se noue très vite une idylle. Ils se promettent de passer tout leur temps libre ensemble quand ils partiront à l'université à la rentrée.

    Mais la guerre survient et balaie toutes leurs certitudes.

    Roland, Edward et une toute une génération de jeunes hommes s'engagent.

    Et, plus rien ne sera jamais pareil pour les survivants.

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    Cela faisait longtemps que j'attendais ce period drama. Aussi, j'ai été ravie de pouvoir le regarder aujourd'hui.

    Ce film se fonde sur Testament of youth, l'ouvrage autobiographique de Vera Brittain, paru en 1933 et qui a obtenu un succès immédiat.

    On y suit l'itinéraire douloureux de cette romancière féministe et pacifiste.

    Toute la première partie, aux tons lumineux, colorés, vifs, à la musique joyeuse, s'attache à cette Vera de l'avant-guerre. Celle qui a grandi dans une famille bourgeoise à la campagne. Celle qui étudie la nuit pour parvenir à entrer à Oxford. Celle qui se bat avec son père pour passer les tests d'admission. Celle qui plaît aux camarades de son frère mais n'a pas encore rencontré l'amour.

    Jusqu'à l'arrivée d'un certain Roland Leighton. Fils d'une auteure à succès, il a connu le frère de Vera dans le cadre d'une école de cadets. Tout comme la jeune femme, il aspire à des études universitaires. Tout comme elle, aussi, il nourrit le secret désir de se voir publier un jour.

    Ces deux intellects vont immédiatement tomber sous le charme l'un de l'autre. Mais, maladroits et apeurés, ils vont un peu se tourner autour avant de tout se confesser.

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    J'ai beaucoup aimé toutes les scènes de ce printemps-été 1914. Elles expriment à merveille toute cette vitalité de la jeunesse, tous ces désirs, toute cette sève aussi. Que ce soit dans les scènes de jeux dans la forêt, dans les étangs, dans les champs ou celles de garden-party...on sent cette envie de vivre.

    Et que dire de ces brefs instants entre Roland et Vera? Effleurements de main, déclarations... Toujours sous l’œil de la tante, chaperon attitré. Que j'ai ri de les voir tenter de semer cette dame patronnesse!

    Cependant, on sent bien que ce bonheur ne peut durer. Vera se montre sans doute aveugle, tant elle est occupée par ses émois amoureux ou par sa réussite ou non aux tests d'Oxford. Mais, par quelques gros plans sur les unes des journaux, le réalisateur nous fait bien ressentir le danger imminent.

    Et c'est d'ailleurs, à partir de la déclaration de guerre, que le long métrage bascule dans une seconde partie. Aux tons cette fois-ci crépusculaires. Pour accompagner cette idée de testament, d'enterrement d'une jeunesse si prometteuse.

    Afin de préserver le suspense, je ne vous révélerai pas ce qu'il advient de ces jeunes gens qui gravitaient autour de Vera. De son côté, elle s'engage comme infirmière pour mieux être près d'eux. Et c'est son apprentissage de la guerre et de ses conséquences que nous allons découvrir.

    Je dois avouer que j'ai trouvé cette section un peu trop longue. Certes, je comprends l'intérêt de certaines scènes pour souligner l'engagement pacifiste de Vera après l'armistice et tout au long de sa vie. Mais je me demande s'il fallait autant les multiplier. C'est d'ailleurs le seul bémol que j'ai rencontré dans ce visionnage.

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    Une fois encore, j'ai été bluffée par le talent d'Alicia Vikander (déjà aperçue dans A Royal affair). Elle incarne à la perfection cette jeune femme intelligente, ambitieuse, sensible, passionnée, que la guerre va définitivement changer. Elle m'a tour à tour émue, amusée...Tout comme son partenaire Kit Harrington, aux antipodes du Trône de fer, et qui se révèle très juste dans toutes les séquences où on l'aperçoit. De même, le reste du casting (Emily Watson, Dominic West...) se montre à la hauteur.

    Testament of youth: film d'apprentissage, film d'amour, film de guerre...Et, également témoignage d'une époque qu'on met en terre.

    Bref, vous l'aurez compris: j'ai vraiment beaucoup apprécié ce long métrage très bien réalisé et interprété. Je crois qu'il rend un bel hommage à l’œuvre originale que j'aimerais parcourir dans les prochains mois.


    Billet dans le cadre du challenge Première Guerre mondiale.

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  • Le Labyrinthe du silence

    Le Labyrinthe du silence

    un film de Giulio Ricciarelli

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    Francfort, 1958, le jeune procureur allemand Johan Radmann vient d'entamer sa carrière. Comme tous les nouveaux, il est dévolu aux cas d'infraction routière.

    Jusqu'au jour où Griechka, un journaliste, fait irruption dans les bureaux du procureur général. Il prétend qu'un de ses amis a reconnu un ancien soldat SS parmi un groupe de professeurs du lycée des environs.

    Alors que tous ses collègues dédaignent cette affaire, Radmann entame une enquête. Il est bien loin de se douter que ses recherches vont lui faire découvrir les horreurs d'Auschwitz.

    Bouleversé par tout ce qu'il entend et apprend, notre jeune héros se bat pour ouvrir une instruction contre tous les officiers SS en poste dans ce camp et qui mènent une existence paisible partout dans le pays.

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    Normalement, cet après-midi, je devais voir avec un de mes meilleurs amis le deuxième volet d'Avengers. Puis, au dernier moment, nous avons changé pour ce long métrage.

    Bien nous en a pris car cela faisait longtemps que je n'étais pas sortie aussi sonnée d'une projection.

    Je ne savais pas qu'en 1958, tout ce qui entourait Auschwitz et les camps de concentration n'était pas connu de la population.

    Naïvement, j'étais persuadée que, suite au procès de Nuremberg, tous les Allemands savaient ce qui c'était passé.

    Dès les premières scènes, je me suis rendue compte qu'il n'en était rien. Notamment lors de cette séquence très forte où le journaliste Griechka interpelle plusieurs jeunes entre 20 et 30 ans sur la signification d'Auschwitz pour eux et où il réalise qu'il se heurte à des murs d'ignorance.

    Ignorance des événements pour certains, volonté d'oublier, d'avancer...pour les autres...Désir de croire que ce qui a été dénoncé après guerre n'était qu’œuvre de propagande des vainqueurs...

    Dans cette société allemande de la fin des années 50, il n y a pas de place pour ces victimes des camps.

    Et, pourtant, le jeune procureur Johan Radmann va leur redonner la parole. Petit à petit.

    C'est passionnant d'assister à l'évolution de ce juriste, pétri d'idéalisme. Quand on le découvre, on fait la connaissance d'un homme épris de justice et qui tente sans cesse de respecter la loi.

    On sent bien que, quand il se saisit de l'affaire apportée par Griechka, il ne mesure pas toutes les conséquences de son acte. Il veut juste appliquer ce qui lui semble légitime.

    Et il va se faire dépasser par les événements. De bureau en bureau, de témoignage en témoignage, de manipulation en manipulation, Johann se retrouve emprisonné dans un labyrinthe du silence.

    Difficile de ne pas se perdre dans ses méandres, comme le lui rappelle son chef, le procureur général Bauer.

    Johann va affronter bien des épreuves dans ce labyrinthe, se confronter à bien des culs de sacs...

    Nous suivons donc sur ses traces le chemin long et difficile de cette instruction extraordinaire.

    Mais le film, bien entendu, ne se résume pas à cette procédure judiciaire.

    Non, il brasse tant de thématiques: le poids des souvenirs, les traumatismes, le fossé entre les victimes et les bourreaux, les tabous de cette société allemande en apparence guérie mais qui panse encore ses blessures, l'absence de culpabilité, les menaces contre ceux qui veulent tout révéler, la présence des anciens Nazis ou de leur soutien dans bien des rouages de l’administration....

    Le Labyrinthe du silence dit tout cela. Sans jamais sombrer dans le pathos. Sans jamais verser dans le manichéisme.

    Chacun est libre, à l'instar de Johann, de réfléchir à la notion de justice, à la nécessité d'un procès pour ce qui ne peut être réparé...

    On s'interroge, on s'émeut, on frémit d'horreur, d'indignation...On rit aussi.

    Bref, vous l'aurez compris: ce film, mené par un très bon casting et qui éclaire tout un pan de l'histoire allemande, vaut largement le détour. Personnellement, je sais que certaines scènes m'accompagneront longtemps.