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26/01/2015

The Affair saison 1

The Affair

Saison 1,

une série américaine créée par Sarah Treem et Hagai Levi

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Noah Solloway est un professeur new yorkais de 45 ans, père de quatre enfants et marié depuis plus de vingt ans à une riche héritière. Justement il doit passer l'été dans la famille de celle-ci à Montauk. L'occasion pour lui de se lancer dans la rédaction de son second roman.

Alison Lockhart est une serveuse de trente ans. Depuis sa plus tendre enfance, elle réside à Montauk. Elle est d'ailleurs l'épouse d'un homme du coin, propriétaire d'un ranch en perte de vitesse. Leur union traverse également une mauvaise passe depuis la mort  de leur petit garçon deux ans auparavant.

A priori rien ne prédisposait ses deux personnages aux destins totalement opposés à se rencontrer. Mais dès le premier regard, l'attirance est réciproque...Et, malgré tous leurs efforts pour être raisonnables, ils cèdent à cette passion. Sans savoir que leur relation extraconjugale va avoir des conséquences plus que néfastes pour eux et leur entourage.

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J'avais entendu beaucoup de bien de cette série depuis le début de sa diffusion en octobre aux États-Unis et je me suis décidée à la regarder en fin de semaine dernière. J'ai été tellement happée qu'en trois soirs, je l'ai terminée.

Chacun des dix épisodes (de cinquante minutes environ) est découpé en deux parties, racontées soit du point de vue de Noah, soit de celui d'Alison. Tantôt on revit les mêmes événements par deux prismes différents, tantôt le récit s'attarde sur les destins parallèles des deux héros. J'ai totalement adhéré à ce concept. Ces deux regards apportent une lumière différente au téléspectateur sur les faits. Entre les deux séquences, des détails changent: l'habillement, les phrases...Ce qui nous déstabilise et nous interroge sur la fiabilité de l'histoire. Qui dit la vérité? Qui a fait le premier pas? Et, si, finalement, chacun nous donnait une partie de la vérité et nous laissait libre de croire l'un des deux ou les deux?

A ce récit scindé se superpose un autre procédé narratif extrêmement intéressant: celui des flash-backs. On alterne sans cesse entre des scènes sur ce fameux été à Montauk et sur ses conséquences avec des scènes d'interrogatoire de Noah et d'Alison. Visiblement, quelqu'un de leur entourage (on met pas mal de temps à découvrir son identité) est mort dans des circonstances mystérieuses. Une enquête est diligentée et un coupable activement recherché. Là encore, on sent bien que nos deux héros ne répondent pas toujours sincèrement et dissimulent certaines de leurs actions.  Est-ce que ces mensonges, pour autant, constituent une preuve de leur culpabilité?

D'épisode en épisode, on en redemande. On se fait mener de fausse piste en fausse piste, on doute, on s'interroge...

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Néanmoins, l'intérêt de cette série ne repose pas uniquement sur les procédés narratifs ni sur l'intrigue policière qui joue avec nos nerfs. Elle tient également à la performance des acteurs. J'ai été bluffée par la prestation de Dominic West et de Ruth Wilson en amants maudits (quelle alchimie! J'attendais avec impatience les moments entre eux). Tout comme par celle de Maura Tierney et de Joshua Jackson en époux trahis.

Ce qui est intéressant dans ce récit de liaison, c'est que personne n'est tout blanc ou tout noir. Au contraire, chacun porte sa part de responsabilité. Usure, deuil impossible à faire, pression sociale trop forte, poids de l'éducation des enfants, regard des autres, besoin d'évasion...représentent autant de raisons qui peuvent expliquer le déclenchement de cette affaire extra-conjugale.

J'ai été aussi très sensible à la réalisation. Les plans à Montauk sont tout juste magnifiques. De même que ceux sur le jeu des regards, sur les étincelles de désir, sur les ravages de la tristesse....

La bande originale accompagne également à merveille toutes ces images.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai eu un coup de cœur pour cette série très bien construite et réalisée, au casting réussi et dont l'intrigue tient en haleine. Que j'ai hâte de retrouver tous ces protagonistes dans une saison 2 et d'obtenir les réponses qui manquent encore!

Décidément, après Rectify, mon année séries débute sous les meilleurs auspices.

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20/01/2015

Pas son genre, un film qui est tout à fait mon genre

Pas son genre

un film de Lucas Belvaux

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Clément vient juste de se séparer de sa dernière compagne. Après un café aux Deux Magots, ce professeur de philosophie rentre chez lui et découvre avec horreur son affectation à Arras. Pour ce pur produit du Parisianisme, cette nouvelle sonne comme une sanction.

Au même moment, à Arras, Jennifer, mère célibataire, se prépare à passer une journée comme les autres, entre son travail dans un salon de coiffure et les instants qu'elle partage avec son fils.

A priori, rien ne prédispose donc ce féru de littérature, de philosophie, de Rive gauche et cette coiffeuse, chanteuse de karaoké à ces heures perdues, fan de Jennifer Aniston et de romans populaires à se rencontrer. Et pourtant, le destin frappe à la porte...

Mais peut-on s'aimer, malgré les différences de classe sociale et de références culturelles?

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J'avais remarqué ce film à sa sortie. Et, malheureusement, je l'avais raté. Récemment, ma copinaute Camille du très bon blog Vive la rose et le lilas m'en a reparlé et a réactivé mon envie de le visionner.

Dès les premières images, Lucas Belvaux nous plonge dans le cœur de son film. Des séquences parallèles s'intéressent aux deux héros: tantôt on suit le quotidien de Clément, tantôt celui de Jennifer. Deux quotidiens aux antipodes. Deux personnes a priori radicalement différentes tant par leurs intérêts que par leurs habitudes.

Cependant, Clément, par le jeu des affectations, se voit contraint de s'installer trois jours par semaine à Arras, "une ville où on ne vit pas mais où on meurt", comme le lui annonce sa collègue de philosophie.

Un soir, il décide d'aller se faire couper les cheveux et se retrouve servi par Jennifer. Forcément, on guette l'étincelle... Il repart comme si de rien n'était. Dans la rue, il s'arrête, comme mu par une soudaine impulsion qu'il préfère ignorer.

Quelques jours plus tard, il revient. Premiers échanges dans l'Irish Pub de la Grande Place. Aussitôt, des obstacles à cette possible relation apparaissent, justement soulignés par Jennifer.

Et pourtant, de séances de cinéma en retrouvailles dans des cafés, une liaison amoureuse se noue. Chacun essaie de trouver de l’intérêt dans ce qu'apprécie l'autre.

Comme Jennifer, on pourrait croire au conte de fées. Et si chacun bousculait l'autre dans ses idées et ses retranchements?

Mais voilà, dans cette histoire, le prince charmant semble peut-être trop lâche et phobique de l'engagement, la princesse sans doute trop impatiente...

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Autour de cette question de l'amour plus fort que tout, Lucas Belvaux parvient à tisser une trame très intéressante et tout en finesse. Sans jamais sombrer dans le manichéisme ou enfermer ses personnages dans des stéréotypes. Au contraire, il leur apporte une certaine profondeur et montre qu'on peut parfois échapper au déterminisme de la naissance ou du milieu et qu'on parvient parfois à être plus que le rôle assigné ou attendu par la société.

Dans les rôles de Clément et de Jennifer, Loïc Corbery et Emilie Dequenne se révèlent parfaits. On croit à leurs personnages, à leur relation, à leur alchimie, à leurs dissensions...Tour à tour, ils m'ont émue, amusée, bouleversée, énervée...Et la réussite de ce film repose en grande partie sur eux.

De même, Pas son genre offre quelques très belles scènes: celle du karaoké où certaines barrières se brisent chez Clément, celle de la plage ou encore celle du carnaval d'Arras...

J'ai été également particulièrement sensible à toutes ces séquences où chacun des protagonistes tente de faire entrer l'autre dans son monde. Que ce soit par des séances de lecture de classiques (ah! la voix de Loïc Corbery!) ou par des chansons populaires (très jolie reprise de Il était une fois).

Bref, vous l'aurez compris: un long métrage à la fois romantique, dramatique, pétillant, sensible, émouvant...et qui fait passer un bon moment.


 

 

 

 

 

 

12/01/2015

Rectify

Rectify

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Comme vous le savez déjà certainement si vous suivez régulièrement ce blog, je suis fan de séries. Et après vous avoir parlé en septembre de mon coup de cœur pour Peaky Blinders, je voulais vous dire quelques mots sur ma nouvelle série du moment: Rectify.

Le pitch: Après dix-neuf années passées en prison dans le couloir de la mort pour viol et meurtre, Daniel Holden est finalement relâché. En effet, des analyses d'ADN prouveraient que le sperme retrouvé sur le cadavre ne serait pas le sien.De retour dans sa ville natale, il essaie de se réadapter à un quotidien normal. Mais forcément, cela se révèle très difficile tant pour lui qui, depuis l'âge de 18 ans, a été confronté à la violence et à la solitude carcérale que pour son entourage qui a évolué (sa mère s'est remariée et a eu un enfant, sa nouvelle belle-famille complètement inconnue jusque lors nourrit quelques soupçons à son encontre...)

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J'avais entendu beaucoup de bien de ce feuilleton mais j'avais quelques réticences à me lancer car le sujet me semblait trop difficile. Mais, hier, j'ai entamé la saison 1 et j'ai regardé les six épisodes en deux soirées.

Dès les premières images, j'ai été captée par l'ambiance. Pourtant, contrairement à beaucoup de séries que je suis, Rectify ne se termine jamais par un cliffhanger et ne brille pas par un scénario tordu où les retournements de situation s'enchaînent et malmènent les nerfs du pauvre spectateur.

Au contraire, chaque épisode se démarque par une atmosphère assez lente, propre à un approfondissement psychologique de chacun des protagonistes et de leurs interactions.

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Et, justement chacun des personnages, suscite de nombreuses interrogations. A commencer bien entendu par le héros. Un  héros forcément profondément marqué par ses années de détention, par les sévices physiques et moraux subis en prison, par des changements qu'il ne maîtrise pas...Au fil des heures, on le voit s'adapter à sa nouvelle situation, retrouver un confort...Mais en même temps, se chercher, tenter de comprendre les liens sociaux, se perdre aussi...Certains flashbacks surgissent de temps en temps pour nous permettre de mieux cerner cet être si différent des héros "normaux" de séries télévisées.

Autour de Daniel Holden, gravitent des hommes et des femmes tout aussi atypiques. Soit parce qu'ils ont été marqués par l'affaire qui a conduit à son emprisonnement (je pense à sa mère ou à sa soeur), soit parce que le retour de cet innocent éventuellement coupable bouleverse leurs habitudes et questionne certains fondements de leurs relations.

C'est assez fascinant de voir comment cette libération peur avoir autant de répercussions. Parfois, d'ailleurs assez inattendues. Et c'est là que réside une des qualités essentielles de Rectify: nous faire réfléchir sur la nature humaine et sur les chemins de vie que chacun peut emprunter ou quitter à tout moment.

A ce ressort psychologique essentiel se superpose la question de savoir si le héros a commis ou non l'acte reproché. D'autres pistes sont évoquées et...

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J'ai été également extrêmement sensible à la réalisation. Certaines scènes se révèlent sublimes. Je pense notamment à celles entre Daniel et Tawny où tous les ingrédients sont réunis (interprétation, luminosité, dialogues, mouvement de la caméra...) pour les rendre inoubliables.

Bref, vous l'aurez compris: je ne saurais que vous recommander cette série poignante et profondément émouvante dont certaines scènes vont longtemps m'accompagner cette année. Et ce soir, je commence la saison 2 en espérant qu'elle sera autant à la hauteur.

Rectify, saison 1, 6 épisodes, 2013/2014

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