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des films et des séries - Page 5

  • Rectify

    Rectify

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    Comme vous le savez déjà certainement si vous suivez régulièrement ce blog, je suis fan de séries. Et après vous avoir parlé en septembre de mon coup de cœur pour Peaky Blinders, je voulais vous dire quelques mots sur ma nouvelle série du moment: Rectify.

    Le pitch: Après dix-neuf années passées en prison dans le couloir de la mort pour viol et meurtre, Daniel Holden est finalement relâché. En effet, des analyses d'ADN prouveraient que le sperme retrouvé sur le cadavre ne serait pas le sien.De retour dans sa ville natale, il essaie de se réadapter à un quotidien normal. Mais forcément, cela se révèle très difficile tant pour lui qui, depuis l'âge de 18 ans, a été confronté à la violence et à la solitude carcérale que pour son entourage qui a évolué (sa mère s'est remariée et a eu un enfant, sa nouvelle belle-famille complètement inconnue jusque lors nourrit quelques soupçons à son encontre...)

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    J'avais entendu beaucoup de bien de ce feuilleton mais j'avais quelques réticences à me lancer car le sujet me semblait trop difficile. Mais, hier, j'ai entamé la saison 1 et j'ai regardé les six épisodes en deux soirées.

    Dès les premières images, j'ai été captée par l'ambiance. Pourtant, contrairement à beaucoup de séries que je suis, Rectify ne se termine jamais par un cliffhanger et ne brille pas par un scénario tordu où les retournements de situation s'enchaînent et malmènent les nerfs du pauvre spectateur.

    Au contraire, chaque épisode se démarque par une atmosphère assez lente, propre à un approfondissement psychologique de chacun des protagonistes et de leurs interactions.

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    Et, justement chacun des personnages, suscite de nombreuses interrogations. A commencer bien entendu par le héros. Un  héros forcément profondément marqué par ses années de détention, par les sévices physiques et moraux subis en prison, par des changements qu'il ne maîtrise pas...Au fil des heures, on le voit s'adapter à sa nouvelle situation, retrouver un confort...Mais en même temps, se chercher, tenter de comprendre les liens sociaux, se perdre aussi...Certains flashbacks surgissent de temps en temps pour nous permettre de mieux cerner cet être si différent des héros "normaux" de séries télévisées.

    Autour de Daniel Holden, gravitent des hommes et des femmes tout aussi atypiques. Soit parce qu'ils ont été marqués par l'affaire qui a conduit à son emprisonnement (je pense à sa mère ou à sa soeur), soit parce que le retour de cet innocent éventuellement coupable bouleverse leurs habitudes et questionne certains fondements de leurs relations.

    C'est assez fascinant de voir comment cette libération peur avoir autant de répercussions. Parfois, d'ailleurs assez inattendues. Et c'est là que réside une des qualités essentielles de Rectify: nous faire réfléchir sur la nature humaine et sur les chemins de vie que chacun peut emprunter ou quitter à tout moment.

    A ce ressort psychologique essentiel se superpose la question de savoir si le héros a commis ou non l'acte reproché. D'autres pistes sont évoquées et...

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    J'ai été également extrêmement sensible à la réalisation. Certaines scènes se révèlent sublimes. Je pense notamment à celles entre Daniel et Tawny où tous les ingrédients sont réunis (interprétation, luminosité, dialogues, mouvement de la caméra...) pour les rendre inoubliables.

    Bref, vous l'aurez compris: je ne saurais que vous recommander cette série poignante et profondément émouvante dont certaines scènes vont longtemps m'accompagner cette année. Et ce soir, je commence la saison 2 en espérant qu'elle sera autant à la hauteur.

    Rectify, saison 1, 6 épisodes, 2013/2014

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  • Belle, un film de Amma Asante

    Belle

    un film de Amma Asante

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    Me voici de retour après quelques jours d'absence avec un billet autour d'un film que j'ai découvert hier grâce à Emji.

    Ce long métrage, inspiré d'une histoire vraie, retrace le destin de Dido Elizabeth Belle, à la fin du 18ème siècle. Cette jeune métisse est la fille illégitime d'un amiral de la marine anglaise. Après la mort de sa mère, son père la confie à son grand-oncle, Lord Mansfield, le Président de la Haute Cour de Justice.

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    A Kenwood House, elle grandit en compagnie de sa cousine Elizabeth. Les années passent et malgré la très bonne éducation qu'elle a reçue, Dido se retrouve souvent écartée des dîners, thés...et autres mondanités en raison de sa couleur de peau.

    Puis, à la mort de son père, elle devient une riche héritière et les regards de la haute société se font moins mesquins (surtout, comme vous l'avez deviné ceux des fils cadets désargentés).

    A la même époque, Lord Mansfield doit rendre un arrêt sur une affaire qui divise le pays: celui du navire négrier Zong. Quelques 142 esclaves ont été jetés par dessus bord lors d'une traversée. Il convient de déterminer si les assurances doivent payer l'armateur pour ses pertes ou si ces pertes n'étaient pas justement calculées par la compagnie afin de faire du profit sur une marchandise déjà "avariée".

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    J'ai été immédiatement captée par l'ambiance de ce film. Comme dans tout bon period drama anglais, les décors et les costumes ont été particulièrement soignés.

    De même, une attention spécifique a été portée au casting: de Gugu Mbatha-Raw  à Matthew Goode (dommage qu'on ne puisse le voir plus longtemps), tous les acteurs se révèlent excellents. Mention spéciale à Tom Wilkinson qui incarne Lord Mansfield. Un personnage miroir de toutes les tensions sociales de son époque et dont on voit l'opinion évoluer au fil des scènes.

    En effet, Belle s'intéresse au problème de l'esclavage en Angleterre en cette fin du 18ème siècle. Et le cas que doit juger cet homme reflète les luttes d'opinion qui animent la société quant à ce sujet.

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    Mais la question de l'esclavage et de la place des gens de couleurs n'est pas le seul thème abordé par le scénario. Non, il s'intéresse également à la condition des femmes. Leur avenir (sauf si elles bénéficient d'une fortune personnelle) passe par l'obtention d'un mari capable de leur assurer un foyer. Si elles échouent dans leur quête, leur salut ne peut provenir que de leur famille et de leur éventuelle invitation à rester chez eux.

    A ces problématiques se superposent quelques péripéties amoureuses. Les deux cousines sont attirées par des jeunes hommes mais font-elles le bon choix...A ce propos, autant j'ai cru à l'idylle entre Dido et John Davinier (même si certains laxismes dans les sorties de Dido me semblent impossibles), autant celle entre la cousine et Lord Ashford m'a semblé trop télescopée. Comme si elle avait été imaginée afin de représenter le courant raciste et machiste d'une partie de la haute société.

    Bref, même si toutes les scènes ne m'ont pas convaincue, j'ai passé un très bon moment devant ce film et j'en suis ressortie avec l'impression d'en avoir plus appris sur un pan de l'histoire anglaise.

     

     

  • Peaky Blinders

    Peaky Blinders

    une série de Steven Knight

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    A Birmingham, en 1919, règne le clan des Peaky Blinders. Un clan surnommé ainsi en raison des rasoirs qu'ils ont l'habitude de cacher dans les visières (peak en anglais) de leur casquette. Un clan à la tête duquel on retrouve l'ambitieux Tommy Shelby, revenu complètement métamorphosé de la Première Guerre mondiale.

    Lors de la scène inaugurale, on le voit demander la bénédiction pour son cheval de la part d'une "sorcière"chinoise. Un cheval qui remporte plusieurs courses et qu'il veut utiliser pour gagner des paris.

    Une manière de se faire remarquer par Will Kimber, le gangster qui a la main mise sur les jeux aux courses dans cette partie de l'Angleterre.

    De plus, avec sa bande, Tommy vient de trouver tout un stock d'armes, notamment des carabines, des fusils et des mitraillettes qui pourraient vivement intéresser l'IRA.

    Mais ce stock déclenche aussi l'arrivée de l'inspecteur en chef Chester Campbell, dépêché par Churchill pour empêcher d'éventuels débordements.

    S'engage alors entre les deux hommes une partie de bras de fer.

    Une partie de bras de fer qui pourrait bien être arbitrée par la belle Grace, nouvellement engagée pour tenir le bar dans le pub des Shelby....

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    Récemment, j'ai parlé des séries que j'avais regardées lors de mon été. A cette occasion, Alexandra m'a conseillé de me lancer dans Peaky Blinders. Je n'en avais jamais entendu parler et j'ai décidé de regarder le premier épisode.

    Immédiatement, j'ai été happée par l'intrigue.

    Dès le pilote, dans une atmosphère crépusculaire, tout en gris et tonalités sombres, on est confrontés à toutes les problématiques qui vont traverser la première saison.

    Poids de la guerre/Amour partagé et non partagé/Lutte d'influence entre les différentes bandes mafieuses/Importance de la famille/Honneur/Trahison/Violence/Fidélité aux idéaux...Autant de thèmes qui jalonnent ces six heures de programme.

    Les scènes s'enchaînent, aussi somptueusement filmées les unes que les autres, sans jamais laisser la place à un temps mort. Le drame guette à chaque coin de rue. Tout comme la violence. Mais, malgré cet aspect profondément tragique, Peaky Blinders n'est pas dépourvu de quelques éclats de bonheur.

    Et que dire du final parfaitement maîtrisé? Et de cette ultime scène de gare extrêmement choquante? De ce fondu qui laisse encore un peu d'espoir et qui nous plonge dans l'attente de la suite? Et si...?

    Mais cette histoire très bien huilée ne serait rien sans la réalisation brillante de Steven Knight (chaque plan fait sens) et sans le casting impeccable (Cillian Murphy en tête)

    J'ai également apprécié la bande-son très rock'n roll (omniprésence de titres de Nick Cave et de Jack White). Les créateurs ont veillé à ce qu'elle ne prenne jamais le pas sur les dialogues ou l'intensité des scènes. Et je le souligne d'autant plus que ce n'est pas toujours le cas dans les productions télévisuelles actuelles.

    Bref, vous l'aurez compris: je vous conseille vivement cette série, inspirée de faits réels et que je placerai dans la lignée de Boardwalk Empire.

    Merci Alexandra pour la découverte! Et vivement la saison 2!

    BBC 2, 2013, saison 1 (6 épisodes)