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amour - Page 3

  • La Petite boutique des objets perdus d'Agnès de Lestrade, illustré par Sébastien Chebret

    La Petite boutique des objets perdus

    un album d'Agnès de Lestrade

    illustré par Sébastien Chebret

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    "Dans la petite boutique de Mara, on trouve des objets perdus. Pas perdus pour toujours puisque ici on les retrouve.

    Sur les étagères de la boutique de Mara, les objets perdus attendent qu'on vienne les chercher.

    Ils attendent des heures, des jours, des mois, parfois même des années."

    Dans sa boutique, Mara recueille tous les objets perdus et espère qu'ils retrouveront leurs propriétaires.

    Jour après jour, elle voit ainsi passer devant son comptoir des gens qui ont égaré leurs clés, leur chemin ou leur mémoire.

    "Pour les clients fragiles, Mara a toujours un mot doux au bord des lèvres, une caresse au bout des doigts."

    Mais derrière sa profonde empathie, Mara dissimule aussi des blessures....

    Un soir, une vieille dame pousse la porte de son magasin. Dans ses mains, elle tient "un objet chaud [qui] sent bon la terre, gigote, palpite..." et le confie à notre héroïne.

    "Je me demande comment on vit quand on a perdu son cœur, chuchote la vieille dame en sortant."

    Cet album, je l'ai découvert par hasard, en farfouillant dans les rayons d'une librairie. C'est le titre qui a retenu mon attention...Je l'ai donc ouvert et, aussitôt, la magie a opéré...

    Comme souvent, j'ai été happée par l'infinie poésie du texte d'Agnès de Lestrade.

    En quelques phrases, elle nous dépeint une île refuge dans une petite ville comme beaucoup d'autres. Une île refuge où Mara, naufragée elle-même d'un drame, s'est abritée et aide les autres à récupérer ce qu'ils ont égaré.

    S'ensuit un défilé de clients aux problématiques toutes différentes et pour lesquels il existe toujours une solution.

    Cette succession de cas permet à l'auteur de jouer avec le langage, tantôt en reprenant des expressions courantes (avec le verbe perdre), tantôt en faisant appel à la connivence de son lecteur (le chat de la mère Michel).

    Au fil des pages, on s'amuse donc. On s'attendrit. On s'émeut...

    "Les deux lacs vides se remplissent de larmes."

    Aux mots tout en finesse et en sensibilité répondent les illustrations réalistes de Sébastien Chebret. Même si je n'ai pas été forcément sous le charme des ses dessins, je trouve qu'ils apportent un contrepoids intéressant et qu'ils ancrent cette histoire dans un quotidien qui pourrait être le nôtre, avec des objets et des êtres chers perdus. La réflexion autour de cette thématique s'en trouve donc encore plus renforcée.

    Bref, vous l'aurez compris: même s'il n'a pas été un coup de cœur, je vous conseille cet album optimiste, émouvant et qui ne vous laissera pas indifférent.

    Alice Editions, 2016

     

  • Mon Oiseau...

    Mon Oiseau...

    un album de Christian Demilly

    illustré par Marlène Astrié

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    "Mon oiseau est doux et quand il vient picorer dans ma main, il ne me pique pas."

    "Mon oiseau, c'est mon oiseau, mais il n'est pas vraiment à moi, il n'est à personne, il est lui"

    Ainsi s'ouvre cet album d'une infinie délicatesse.

    Puis, page après page, on en apprend un peu plus sur la magnifique relation entre un enfant et son oiseau. Une relation d'amour forcément. Mais surtout une relation où chacun s'appartient, où chacun s'épanouit,  où chacun suit sa trajectoire en respectant celle de l'autre, où chacun s'apporte quelque chose sans forcément réclamer en retour une attention, où le temps n'a pas d'impact...

    "Lorsque je ne comprends plus très bien ce qui m'arrive, lorsque je suis un peu perdu, lorsque je ne sais plus si la vie est jolie, je regarde mon oiseau. Et alors je comprends, et je ne suis plus perdu, et je sais que la vie est jolie."

    Derrière cet amour, déclamé de façon si poétique, on peut y lire l'amitié qui unit deux êtres ou le lien entre un parent et son enfant.

    "Peut-être (et même sûrement) il s'envolera plus loin-parce qu'il a sa vie d'oiseau à vivre-et ça me rend un peu triste. Mais ce n'est jamais pour longtemps, parce que je sais que ça le rendrait triste, et ça, je n'aime pas."

    C'est beau, c'est percutant, c'est sensible...Et cela fait du bien tout simplement de lire de si jolies et si sages déclarations.

    Ces mots à la fois justes et touchants s'accompagnent de dessins qui n'envahissent jamais l'espace mais au contraire, se mettent au service du texte. Comme si l'oiseau noir, par son regard ou sa position dans l'espace, se faisait le miroir des émotions de l'enfant et de celles du lecteur.

    "Ce n'est pas parce qu'il est mon oiseau que je l'aime: c'est parce que je l'aime qu'il est mon oiseau."

    Bref, vous l'aurez compris: je ne saurais que vous recommander la lecture de cet ouvrage si réussi. N'hésitez pas à partager cette ode à l'amour et à la liberté avec tous ceux qui comptent dans votre vie!

    Grasset Jeunesse, 2014

     

     

     

  • Salammbô et Aimé

    Salammbô et Aimé

    Un air de liberté

    une fantaisie lyrique de Gaëlle Callac

    interprétée par Carole Gourrat

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    "A la cime de la plus haute montagne d'une île tropicale, un étonnant palais domine une vaste forêt. Dans cette citadelle bordée d'un grand parc, la princesse Salammbô partage avec Aimé, son rossignol adoré, la passion de la musique.

    Ainsi, chaque jour, la jeune virtuose s'abandonne à un de ses instruments, et l'oiseau, à l'unisson, accompagne ses compositions. Pas une journée ne s'écoule sans qu'une cantate s'élance dans la forêt, pour le plus grand bonheur de ses hôtes."

    Il y a quelques années, la princesse Salammbô a recueilli un oisillon inanimé. Elle l'a soigné et nourri. Elle a également appelé ce rossignol Aimé.

    Pas un jour ne se passe sans que ces deux êtres ne s'adonnent à leur passion de la musique. Pour le plus grand plaisir de la faune et de la flore aux alentours.

    Mais voilà, malheureusement, dans sa cage, Aimé s'ennuie et s'étiole. Il rêve de nouveaux horizons et de liberté.

    Un soir, par une nuit d'orage, sa prison dorée s'ouvre. Et l'oiseau en profite pour s'enfuir.

    Il plonge ainsi sa maîtresse dans un grand chagrin. Le silence s'établit. Puis, la musique recommence. Cependant, sans son partenaire, Salammbô ne joue plus que des airs tristes. Et la faune et la flore se mettent à dépérir...

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    J'avais remarqué cet album au Salon du Livre jeunesse. Et j'avais immédiatement accroché avec les illustrations extrêmement colorées.

    Pour accompagner cette histoire, Carole Gourrat utilise une palette de teintes vives. Une palette qui s'harmonise tout à fait avec les dessins tout en douceur et en rondeur.

    A la beauté de ces images s'adjoint une intrigue intéressante.

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    Cet album parle de l'amour de la musique.

    Cet album parle aussi de l'amour en général et de la nécessité de laisser l'autre libre afin qu'il s'épanouisse.

    Autant de sujets qui invitent au rêve et à la réflexion. Néanmoins, j'aurais souhaité que cette dernière soit poussée un peu plus loin. En effet, j'ai eu parfois la sensation qu'il manquait certaines étapes.

    Par exemple, j'aurais préféré qu'on en apprenne plus sur le périple du rossignol et qu'on comprenne mieux pourquoi il est heureux de retourner auprès de sa princesse. Ce sujet n'est qu'effleuré. Pourtant, s'il avait été plus longuement abordé, il aurait donné plus de force à cette idée de la nécessité de laisser de la liberté à ceux qu'on aime.

    Bref, vous l'aurez compris: un album très réussi visuellement mais qui aurait gagné à voir certains passages approfondis.

    Le Buveur d'encre, 2011