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editions 1018 - Page 5

  • Half Moon Street

    Half Moon Street

    de

    Anne Perry

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    "La brume montait en volutes de la surface argentée du fleuve, étincelant dans les premières lueurs de l'aube. Sur sa droite, contre le ciel perlé, se dressait l'arche sombre de Lambeth Bridge. Des péniches suivaient le courant descendant en direction du port de Londres, vers des docks encore invisibles dans le brouillard."

    Debout sur une dalle de pierre humide, le commissaire Pitt observe une petite barque sur laquelle le cadavre d'un homme, habillé en robe verte, a été menotté. Comme si le meurtrier avait voulu livrer une parodie de l'Ophélie de Millais.

    Alors que les soupçons se portaient d'abord sur un diplomate disparu, notre héros se rend très vite compte qu'il a affaire au corps d'un photographe renommé. Mais qui aurait pu en vouloir à cet artiste apparemment bien sous tous rapports?

    Pour les besoins de cette enquête délicate, Thomas va tantôt arpenter les salons bourgeois, tantôt se mêler aux acteurs d'une troupe de théâtre.

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    Comme à chaque début de mois, me voici de retour avec mon billet autour de la série des Thomas et Charlotte Pitt.

    Et, contrairement à Bedford Square, je dois tout de suite avouer que j'ai été moins convaincue par cet opus.

    Certes, comme souvent, ce tome permet à Anne Perry de se livrer à une radioscopie de la société victorienne anglaise. A la suite du commissaire, on découvre ainsi les réunions artistiques d'Oscar Wilde, les rencontres photographiques de Hampstead, la vie d'une troupe de théâtre...Ces investigations se révèlent également l'occasion de rappeler certains combats de cette fin du 19ème siècle, tels que le droit au divorce des femmes.

    Et comme souvent, j'ai été conquise par le talent de cet écrivain à ressusciter cette époque.

    Toutefois, j'ai été moins séduite par ses tentatives de confrontation avec la société américaine et française.  Par le biais de Samuel Ellison, beau-frère américain de Caroline, nouvellement débarqué à Londres et par le biais des lettres de Charlotte en voyage à Paris, elle essaie, en effet, de souligner les différences de ces trois pays. Mais tout m'a semblé un peu trop plaqué et assez maladroit.

    En l'absence de Charlotte, de Grace et d'Emily, j'ai apprécié en apprendre un peu plus sur Caroline Ellison et sur son irascible belle-mère. Caroline est un personnage que la romancière a su formidablement faire évoluer et qu'on prend plaisir à voir heureuse avec son mari, Joshua. Finalement, suivant une voie assez parallèle à celle de sa fille cadette, elle a su se débarrasser du carcan de la société et choisir un mariage d'amour.

    Et, n'est-ce pas ce justement que lui reproche le plus Mariah Ellison? Au fil des pages de Half Moon Street, de nombreuses révélations sont faites sur le passé de cette protagoniste. Et on comprend que cette femme n'a pas osé défier ses pairs et combattre un ordre établi. Un moyen pour Anne Perry de mettre en lumière toutes celles qui ont subi le joug de leur mari.

    En ce qui concerne l'intrigue policière, je ne lui ai pas trouvé grand intérêt. Je n'ai pas compris ce début de recherches sur la disparition du diplomate. Tout comme j'ai eu l'impression que souvent, l'enquête passait en second voire troisième plan avant de trouver une issue assez mal tournée.

    Bref, vous l'aurez compris: même si j'ai goûté l'arrière-plan historique et l'évolution des rapports entre Caroline et Mariah, je n'ai pas pris autant de plaisir que d'habitude avec cet opus de la série. Vivement la Conspiration de Whitechapel et le retour de Charlotte et de Grace!

    Editions 10/18, 2006, 284 pages

    Billet dans le cadre du challenge Anne Perry et d'une lecture commune avec Bianca, Céline, Fanny, Sybille et Soie.

     

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  • Le Calice des esprits de Paul Doherty

    Le Calice des esprits

    de

    Paul Doherty

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    "-Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché...Il y'a bien des années que...

    Je m'assis sur mes talons et contemplai le visage cireux du cadavre étendu sur une civière basse devant moi. Les moines allaient porter à l'église le père gardien, âgé d'au moins quatre-vingt cinq printemps, enveloppé dans son linceul."

    Mathilde de Westminster qui vit désormais en ermite dans le couvent franciscain de Newgate, entreprend, à la demande du père gardien, de raconter ses mémoires.

    "Il n'ignorait pas qui j'étais. Il savait que j'avais servi la reine mère, Isabelle de France. Que je l'avais accompagnée de l'époque de sa descente aux enfers jusqu'à sa glorieuse remontée, qui n'avait conduit qu'à sa nouvelle chute. Que je m'étais longtemps abritée à l'ombre de la Louve et avais été une disciple de cette" nouvelle Jézabel". Oh, oui, tel un chevalier masqué,  je m'étais trouvée au cœur de cette sanglante mêlée en ces temps ou les puissants basculaient des échelles du gibet ou bien étaient contraints de se tenir à genoux"

    Le lecteur est ainsi invité à remonter le fil de ses souvenirs. Après avoir perdu son père, apothicaire de son état, Mathilde a été envoyée par sa mère à Paris auprès de son oncle Réginald de Deyncourt. Dans la capitale, elle parfait ainsi ses connaissances des herbes et de la médecine. Jusqu'à devenir une femme très savante.

    Mais en octobre 1307, Philippe le Bel s'attaque à l'ordre des Templiers. Tous sont recherchés et arrêtés. Aucun membre de leur entourage n'est également épargné.

    Heureusement, Réginald a eu vent de ce qui se tramait et est parvenu à cacher sa nièce chez un banquier de ses amis.

    Ce dernier, afin de sauver la jeune femme, décide de la faire devenir dame de compagnie d'Isabelle de France, la fille du Roi qui doit prochainement épouser le roi Edouard II d'Angleterre.

    Par conséquent, Mathilde se retrouve à la Cour de France, au milieu de ceux qui ont condamné les siens et qui la recherchent activement.

     

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    Le Calice des esprits constitue le premier tome d'une série consacrée à Mathilde de Westminster. Une série écrite par Paul Doherty, un universitaire anglais très prolifique en polars historiques. Outre ceux qu'il a publiés sous son nom, il en a fait paraître d'autres sous des pseudonymes aussi variés que Paul Harding ou C.L Grace.

    On s'attache donc au destin de cette jeune femme qui désire ardemment devenir médecin mais qui, suite à la chasse aux Templiers, se voit contrainte de rentrer au service d'Isabelle de France.

    Quand elle rencontre la princesse, cette dernière a 13 ans. En proie aux mauvais traitements de son père et des frères (certains d'entre eux aiment visiter sa couche), elle aspire à partir en Angleterre.

    Immédiatement, Mathilde et Isabelle se comprennent et se rapprochent. Toutes deux, fort intelligentes dans une époque où les femmes ne doivent pas prétendre à occuper une place importante, elles se soutiennent et s'entraident.

    Ainsi, l'apprentie médecin espionne pour le compte de la fille de Philippe Le Bel et tente de comprendre pourquoi les émissaires envoyés par le roi d'Angleterre disparaissent tous dans des circonstances mystérieuses.

    Cette enquête, maintes fois dangereuse, va se poursuivre quand les deux jeunes femmes arrivent à Londres.

    Après avoir lu et beaucoup apprécié les Rois maudits il y'a une dizaine d'années, j'ai été ravie de me replonger dans cette époque. Au lieu de s'intéresser au sort du roi, de Marigny et des princes, l'auteur s'attarde plutôt sur celui d'Isabelle de France, surnommée "La Louve de France". Et j'ai aimé ce prisme féminin.

    A la suite de Mathilde et d'Isabelle, on en apprend beaucoup sur la condition des femmes  (un sujet qui ne me laisse décidément pas indifférente), sur les coulisses de la Cour, sur la vie au quotidien....On voyage dans le Paris et le Londres du 14ème siècle. Mais on découvre  aussi un pan de l'histoire anglaise et française: les alliances entre ces deux pays, l'opposition des barons au nouveau roi Edouard II, l'existence de son favori, l'esprit machiavélique de Philippe le Bel...

    De plus, l'énigme policière imaginée est très bien traitée et je ne m'attendais pas du tout à cette conclusion.

    Bref, vous l'aurez compris: Le Calice des esprits constitue un polar historique très intéressant. J'aurais plaisir à retrouver Mathilde et Isabelle dans les prochains opus. Surtout que la malédiction des Templiers ne s'est pas encore exercée...Et que la paix en Angleterre semble bien menacée.

    Editions 10/18, 2009, 350 pages

     

  • Brunswick Gardens de Anne Perry

    Brunswick Gardens

    de

    Anne Perry

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    "Pitt frappa à la porte du préfet de police adjoint et attendit. Ce devait être une affaire urgente sinon Cornwallis ne l'aurait pas convoqué. Depuis qu'il avait été promu commissaire de Bow Street, Pitt n'avait pas suivi d'affaires personnellement, à moins qu'elles n'aient menacé d'embarrasser des gens importants, ou qu'elles n'aient représenté un danger politique, comme le meurtre dans Ashworth Hall, cinq mois plus tôt, en octobre 1890."

    Cinq mois après les tragiques évènements de Ashworth Hall, Thomas Pitt est convoqué par son supérieur pour traiter d'une affaire délicate. En effet, une jeune femme vient d'être retrouvée morte chez le révérend Parmenter. Et ce dernier pourrait bien être derrière cette apparente chute accidentelle dans les escaliers.

    Afin d'éviter un scandale pour l'Eglise, Pitt se précipite sur les lieux. Force est de reconnaître que la victime, Miss Unity Bellwood, a sans doute été poussée.

    Débute alors pour lui une délicate enquête. D'autant plus qu'il retrouve parmi les membres de la maisonnée, un certain Dominic Corde, le beau-frère de Charlotte et surtout son premier amour...

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    Après le précédent opus Ashworth Hall dont je n'avais pas apprécié l'intrigue policière mais dont j'avais goûté l'évolution des rapports entre les personnages (notamment Gracie et Tellman), j'avais hâte de retrouver Charlotte et Thomas dans leurs nouvelles aventures.

    Mais, dès les premières pages, j'ai eu du mal à entrer dans ce volet. Un crime a été commis dans la demeure d'un éminent révérend. Tout porte à penser qu'il serait le coupable. On l'aurait en effet entendu se disputer avec son assistante et cette dernière aurait crié "Non, révérend".

    Cependant, malgré les preuves qui s'accumulent, Pitt a du mal à croire à la culpabilité de l'homme d'église et continue ses investigations.

    On suit donc ses tâtonnements, ses allées et venues dans la maison, ses démarches pour en apprendre plus sur le passé de la belle Unity Bellwood...Le tout sur fond de querelles religieuses.

    En effet, à cette intrigue policière, vient se greffer un débat autour de l’Église protestante et catholique, mais surtout autour de la religion mise à mal par les théories de Darwin... Un thème que j'ai eu du mal à trouver intéressant. J'aurais préféré qu'on s'appesantisse plus sur celui du féminisme, étant donné les combats menés par la victime.

    En revanche, j'étais heureuse de revoir Dominic Corde car je me demandais avec curiosité ce qu'il était advenu du premier amour de Charlotte. Comme d'habitude, j'ai été impressionnée par le talent d'Anne Perry à imaginer l'évolution de ses protagonistes.

    Dommage qu'elle ne se soit pas plus appesantie sur celle de Gracie, Tellman, Charlotte...Cette dernière est quasiment absente dans ce tome, même si elle parvient à trouver la solution de l'énigme.

    Une solution que j'avais trouvée assez rapidement, tant elle rappelait un ressort déjà utilisé par la romancière.

    Bref, vous l'aurez compris: Brunswick Gardens constitue une déception. J'espère que Bedford Square, le cru de septembre, sera plus à la hauteur.

    Editions 10/18, 2005, 441 pages

    Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Bianca, Céline, Fanny, Sybille, Belette et Lara et dans le cadre des challenges Anne Perry et 19ème siècle.

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