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24/09/2018

Des Gens d'importance de Mariah Fredericks

Des Gens d'importance

de

Mariah Fredericks

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"Je vais vous raconter. Je raconterai mal, en oubliant des détails essentiels et en me souvenant de faits qui jamais ne sont arrivés. En cela, ma version ne sera pas différente de toutes les autres. Seule la particularité de ce qui est omis ou évoqué lui apposera une marque distinctive."

Bien des décennies après, Jane Prescott, ancienne femme de chambre, revient sur un drame qui a fait les unes de nombreux journaux pendant plusieurs mois.

"A quoi bon la raconter alors, cette histoire déjà rebattue, où entrent en jeu de riches familles, un couple séduisant et un assassinat?

Parce que celle que vous avez entendue est fausse. Tout ce que vous avez lu: les gros titres, les éditoriaux poignants déplorant le pitoyable état de notre monde moderne...Faute de connaître le fond de l'affaire, ils sont tous passés à côté."

Tout commence en mai 1910. Nouvellement entrée au service des Benchley, une famille de riches parvenus, Jane a pour mission d'aider les deux filles de la maison à se faire une place dans la haute société new yorkaise. Elle assiste ainsi aux fiançailles de Charlotte, la cadette avec le très en vue Norrie Newsome. Des fiançailles qui doivent être annoncées lors d'une fastueuse réception au réveillon. Mais rien ne se passe comme prévu. En effet, le futur époux est retrouvé assassiné dans la bibliothèque.

Qui a commis ce crime? Un membre de la famille? Une jeune femme éconduite? Un anarchiste?

Jane va mener l'enquête. Et elle est bien loin de se douter de ce qui l'attend.

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New York vers 1910

Ce roman policier, je l'ai repéré sur l'instagram de Shelbylee et j'ai eu envie de le découvrir à mon tour. Aussitôt acheté, aussitôt lu.

J'ai immédiatement aimé le personnage principal. Jane Prescott est une jeune Écossaise qui a immigré très jeune avec sa famille. Après la mort de sa mère et de sa sœur, son père l'a abandonnée sur les quais de New York. Heureusement son oncle paternel l'a recueillie. Et elle a grandi en sa compagnie, dans la maison que ce pasteur avait obtenue pour sauver les filles de mauvaise vie. A 14 ans, après avoir appris à lire et à écrire, elle est entrée au service d'une grande dame. A la mort de celle-ci, elle a accepté de rejoindre le foyer des Benchley.

Ces éléments biographiques que je viens d'évoquer, son caractère ainsi que son savoir la placent dans une position délicate, à cheval entre deux mondes. Elle maîtrise à la perfection les codes de ces deux univers. Mais elle n'appartient vraiment à aucun des deux et tout au long de l'intrigue, on sent ce déchirement et cette place à part, qui la fait converser tant avec des grands de ce monde qu'avec son amie d'enfance, introduite dans les milieux anarchistes.

Ce tiraillement la rend profondément complexe, intéressante et attachante. Ses découvertes questionnent sa fidélité à ces deux environnements et la tourmentent.

De plus, Jane se révèle une femme très intelligente, dotée d'un certain tempérament, courageuse et empreinte d'un fort sens de la justice. C'est un plaisir de la voir évoluer au fil des pages. J'espère juste que, dans le prochain tome, elle s'oubliera moins...

Autour d'elle évolue une galerie de protagonistes tout aussi attrayants. A commencer par Michael Behan, le journaliste qui va la seconder dans ses investigations. Quand il fait son apparition, on pense tout de suite aux duos de Charlotte et Thomas Pitt, Hester Latterly et William Monk ou Lizzie Martin et Benjamin Ross, concotés par Anne Perry et Ann Granger. Leur rencontre fait des étincelles. Et on observe avec un certain amusement leurs joutes verbales. Tout comme on s'attendrit devant leurs rares moments de confession.

Leur tandem constitue un contrepoint joyeux au reste de l'intrigue, placée sous une tonalité plus tragique. Avec Des gens d'importance, Mariah Fredericks nous fait entrer dans les sombres coulisses du "Gilded age". Elle évoque des drames que je ne connaissais pas tels que l'incendie de la Triangle shirtwait factory où 126 personnes périrent dans les flammes car les propriétaires les avaient enfermées pour les empêcher de sortir fumer. Ou l'explosion de la mine à Schuykill. D'autres thèmes sont également abordés comme la misère, la pédophilie, la prostitution ou le poids de l'exclusion. Autant de sujets qui peuvent concerner les  plus pauvres que les plus riches. Un grand de ce monde n'est jamais à l'abri d'un scandale et la mise au ban de la société peut lui être fatale.

L'autrice révèle donc un certain talent pour la reconstitution historique. En refermant son ouvrage, j'ai eu l'impression d'en savoir plus sur les aspects politiques et sociétaux de cette période.

Quant à l'intrigue policière, même si je me doutais un peu de l'identité du ou des coupables, je n'avais pas perçu quels pouvaient en être les motifs ou les moyens. Par conséquent, j'ai quand même apprécié les étapes de l'enquête. Notamment avec le recours à certains éléments des débuts de la police scientifique.

Bref, vous l'aurez compris: j'ai passé un très bon moment en compagnie de Jane Prescott. Et j'espère retrouver dans la suite de ses aventures son duo avec Michael tout comme le même souci de reconstitution historique.

Éditions 10/18, Grand détectives, 2018, 335 pages

 

 

 

 

17/04/2017

La Conspiration du globe de Thierry Bourcy et François-Henri Soulié

La Conspiration du globe

de

Thierry Bourcy et François Henri-Soulié

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"N'eût été la violente querelle qui éclata au cours du quatrième acte entre deux marchands de chevaux, pris de boisson, la représentation d'Hamlet pouvait être considérée comme un succès. Les spectateurs avaient ri aux bons endroits, hurlé en vain pour sauver Polonius et frémi à l'arrivée du fantôme. Quand aux deux invités exceptionnels de Shakespeare, deux princes venus du Danemark, ils avaient semblé fascinés par la pièce."

En ce début du mois de mars 1603, les émissaires Rosencrantz et Guildenstern ont été envoyés par le roi du Danemark pour mener à bien des négociations secrètes avec la reine Elizabeth I. A la demande de William Shakespeare, rencontré dix ans auparavant, ils ont assisté à la représentation d'Hamlet où le dramaturge a créé deux personnages éponymes.

Justement, à la suite d'une méprise, les deux comédiens interprètes de ces rôles sont retrouvés morts dans les coulisses. Afin de faire la lumière sur ce double assassinat, la reine réquisitionne Lord Dawson, le commandant de sa garde, et dépêche Lady Dorchester, une de ses dames de compagnie, à Prague pour chercher le capitaine Kassov. Ce dernier s'était distingué dans la résolution du crime du prince Tsycho Brahé et la souveraine tient à mettre toutes les chances de son côté pour enrayer la crise diplomatique qui couve.

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Je n'avais pas lu Le songe de l'astronome, le premier volet des aventures du capitaine Kassov. Mais, en parcourant les allées de Gibert Jospeh avec mes copinautes Titine et Emjy jeudi dernier, j'ai immédiatement été attirée par le ce titre. En effet, j'espère pouvoir visiter ce fameux théâtre lors de mon prochain séjour londonien. Aussitôt acheté, aussitôt lu.

J'ai été ravie de retrouver cette période de l'histoire qui m'a toujours fascinée. Contrairement à la série des Marston dont j'avais précédemment parlé sur le blog, ce roman se situe dans le dernier mois de l'existence de la reine Elizabeth I. Désormais, au Conseil, elle s'appuie sur le fils de son fidèle Sir William Cecil, sir Robert qu'elle a surnommé méchamment le "Pygmée" et dont elle admire les qualités politiques. Lors de plusieurs scènes, notamment dans la salle du Trône , le lecteur est convié à partager le point de vue royal. Ne serait-ce que lors des épineuses négociations avec le Danemark.

Cependant, l'aspect gouvernemental n'est pas le seul thème abordé. En effet, les deux auteurs ont pris le parti de s'attarder sur un des fleurons du règne d'Elizabeth I, à savoir le théâtre. Lors d'une représentation  d'Hamlet, deux comédiens sont tués. L'occasion pour le lecteur de mieux découvrir le fonctionnement du Globe, le rythme des représentations, les répétitions, les interactions entre Shakespeare et sa troupe... J'ai beaucoup apprécié toute cette partie et mon envie de visiter ce lieu artistique n'a fait que croître.

Pour lier ces deux aspects, politique et artistique, Thierry Bourcy et François-Henri Soulié ont eu recours à un habile procédé narratif: un double meurtre par méprise des protagonistes des deux princes danois. Comme si la création du dramaturge lui échappait et prenait vie en réservant le même sort aux deux émissaires du roi du Danemark, Rosencrantz et Guildenstern. Ce ressort de l'intrigue m'a bien plu.

Néanmoins, je regrette que les deux auteurs n'aient pas réussi à brosser des personnages aussi intéressants que leur description de l'époque. Peut-être est-ce dû à la multiplicité des figures dépeintes. Certains sont esquissés avec plus de soin et retiennent davantage l'attention, tels que Lady Dorchester qui m'a fait penser à la Milady de Dumas. D'autres, même s'ils sont présentés par quelques détails pittoresques, ne suscitent pas le même intérêt. Par exemple, je suis complètement passée à côté du neveu du capitaine, Matteus, dont le côté jeune premier trop accentué, ne m'a pas convaincue.

Quant à l'histoire policière, elle sert plus de prétexte finalement à plonger le lecteur dans cette Angleterre du début du 17ème siècle, à la fin d'un règne et d'en saisir l'atmosphère, sur fonds de conspiration et d'instabilité.

Bref, vous l'aurez compris: la Conspiration du Globe m'a permis de passer un moment de lecture agréable et je me laisserai peut-être tenter par les prochaines aventures de Kassov.

Editions 10/18, 2017, 258 pages

Billet dans le cadre du challenge de Titine A year in England.

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23/09/2015

Les Neuf géants d'Edward Marston

Les Neuf géants

de

Edward Marston

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"Atterré, Lawrence Firethorn contempla le corps de son épouse et exhala un soupir de désespoir qui donna le frisson à tous ceux qui l'entendirent. Vacillant devant la silhouette prostrée de sa toute jeune femme, arrachée à lui au soir de leurs noces, il hurla comme un animal blessé et leva des mains suppliantes vers le ciel."

Nicholas Bracewell doit affronter plusieurs situations périlleuses. Non seulement sa troupe, les Hommes de Westfield, est menacée d'expulsion par l'aubergiste de la Tête de la Reine, mais il doit aussi porter secours à un apprenti chapelier, poursuivi par des meurtriers.

Et si tout cela ne suffisait pas, voilà qu'il découvre un cadavre atrocement mutilé et abandonné dans les eaux boueuses de la Tamise....

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Après avoir laissé Nicholas Bracewell sur la Route de Jérusalem, j'ai eu plaisir à le retrouver pour ce quatrième opus dans les rues de la capitale anglaise.

Même si je dois confesser que j'ai été moins emballée par cette aventure que par les précédentes. J'ai remarqué que, parfois, le défaut des polars historiques résidait dans la trop grande importance accordée au contexte et aux protagonistes, au détriment de l'intrigue policière.

Et c'est exactement sur cet écueil que ce tome a buté. Comme dans les titres précédents, Edward Marston démontre son talent pour nous plonger dans le monde du théâtre élisabéthain.

Ainsi, on en apprend plus sur la difficulté des troupes, sur la nécessité pour elles d'avoir un endroit de référence où faire venir le public, sur l'importance des choix des pièces, sur le rôle des protecteurs....

A cette peinture de l'univers des saltimbanques se superpose toute une description de la vie politique londonienne et des combats menés pour obtenir le titre de maire. Toute cette partie m'a passionnée.

De même, j'ai beaucoup apprécié les ressorts comiques développés au fil des chapitres. L'auteur s'amuse à reprendre les codes de la farce et nous livre quelques scènes vaudevillesques très réussies. Je fais notamment référence à un morceau d'anthologie: le duel entre le très cabotin Lawrence Firethorn et un batelier, qui se prétend poète. J'ai beaucoup ri!

Venons en maintenant aux bémols...Comme vous vous en doutez, j'ai jugé que l'intrigue policière n'était pas des plus réussies. Meurtres et complots s'enchaînent sans jamais vraiment accrocher l'intérêt du lecteur...Et le rebondissement, quelque peu attendu, ne m'a pas convaincue.

De plus, selon moi, un des avantages des séries réside  dans les retrouvailles avec les protagonistes et dans l'avancée de leurs interactions. Or, dans ce roman, même si on revoit avec plaisir Nicholas, Lawrence..., on a l'impression de ne pas les voir évoluer. Comme si leur caractère était figé et comme si les comédiens n'avaient plus qu'un seul type de rôle...et donc de réaction. Dommage car j'aurais préféré que leur psychologie soit un peu plus creusée.

Bref, vous l'aurez compris: cette lecture, même si elle m'a intéressée sur le plan historique, ne me laissera pas un souvenir impérissable...

Editions 10/18, 275 pages

Billet dans le cadre d'une lecture commune avec Shelbylee